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CHAPITRE XIX

DEPUIS L'ADOPTION DU BILL APPELÉ L'ACTE DE QUÉBEC, EX 4774, JUSQU'A LA MORT DE LOUIS-PHILIPPE MARIAUCHEAU D'ESGLIS, HUITIÈME ÉVÊQUE DE QUÉBEC, EN 4788.

1 pärlement d'Angleterre adopte le bill appelé l'acte de Québec. Effets de ce hill en ce qui regarde la Religion Catholique en ‘Canada (1774). Injustice de l’Angleterre, Révolte des colonies anglaises de l'Amérique, et déclaration de l'indépendance des États-Unis (1778). Les États-Unis cherchent à entrainer le Canada. M: Carroll, depuis premier évêque de Ballimore, à Montréal. Prise de cette ville par les Américains. Exemple magnanime de fidélité dopné per l’évêque de Québec, Les Canadiens se lévent à sa voix pour la défense du gouvernement anglais. Siége de Québec per les Américains, Mort de Montgomery. Le siége est levé (1776). Divisions entre l'évèque de Québec et la fabrique de sa cathédrale. ‘Extinction du chapitre, Le gouvernemem s'empare du collége des Jésuites de

Québec (1776). Nouvelles spoliations. Profanations par les Anglais de l'église des

Récollets. L'évèque Briand résigne l'épiscopat. Mariaucheau d'Esglis, huitième

évêque de Québec (1784). François Hubert choisi pour coadjuteur. Défiances

de l'Angleterre envers les prêtres français. Prètres irlandais en Canada. Érection d'un siége épiscopal anglican à Halifax. Mort de Mariauchesu d’Esglis, huitième évoque de Québec.

L'année suivante, 1774, quatorzième du règne de George IIT, le parlement d'Angleterre adopta un acte contenant diverses dispositions relatives aux habitants du Canada. Cet acte, vulgairement appelé l’Acte de Québec, établissait un conseil législatif pour les affaires du Canada, et entre autres clauses remarquables portait celles qui suivent :

Art. 5. « Et pour la plus entière sûreté et tran- » quillité des habitants de ladite province, il est, par

cés présentes, déclaré que les sujets de Sa Majesté professant la religion de l'Eglise de Rome dans la. dite province de Québec, peuvent avoir, conserver

et jouir du libre exercice de la religion de l'Eglise:

de Rome, soumise à la suprématie du roi, déclarée et établie par un acte fait dans la première année du règne de la reine Elisabeth, sur tousles domaines et pays qui appartenaient alors ou qui appartiendraient par la suite à la couronne impériale de ce royaume, et que le clergé de ladite église peut tenir, recevoir el jouir de ses dus et droits accoutumés, eu égard seulement aux personnes qui professeront ladite religion. »

Art. 6. à Pourvu néanmoins qu'il sera loisible à Sa Majesté, ses héritiers et successeurs, de faire telles applications du résidu desdits dus et droits accoutumés, pour l'encouragement de la religion protestante, et pour le maintien et la subsistance d’un clergé protestant dans ladite province, ainsi

qu’ils le jugeronten tout temps nécéssaire et utile. » :

Art. 8. « Il est aussi établi par la susdite autorité que tous les sujets canadiens de Sa Majesté en ladite province de Québec (es ordres religieux et communautés seulement exceptés) pourront aussi tenir leurs proprités et possessions, et en jouir ensemble de tous les usages et coutumes qui les concernent, et de tous les autres droits de citoyens, d’une manière aussi ample, aussi étendue et aussi avantageuse que si lesdites proclamations, commissions,

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» ordonnances et autres actes n'avaient pas été faits, » etc. » .

A la lecture de ces articles, il semble tout d'abord qu'ils n’ontété statués que pour l'avantage de la population catholique du Canada et du clergé séculier, auquel ils assurent une entière liberté, la suprématie du roi, en vertu de l'acte de la première année de la reine Elisabeth, ne portant que sur l’ordre temporel. Or, la conséquence naturelle des dernières dispositions de Particle 5 est que les règles de l'Eglise Catholique, relativement à l’inaliénabilité et l'affectation exclusive des biens, doivent être maintenues dans toute leur intégrité.

L'article 8 du même acte, en garantissant aux habitants et au clergé leurs propriétés, ajoute ces mots : Les ordres religieux et les communautés seulement eæceptés. Ainsi, malgré la justice rendue aux habitants et au clergé séeulier, ces articles:n’en sont pas moins évidemment contraires aux articles 32 et 34 de la capitulation de Montréal, et à l’ensemble du traité de 1763, qui garantissaient tous les droits et privilèges des communautés et des ordres religieux.

Mais, en admettant que l'exception fût valable en droit, signifiait-elle que le gouvernement pourrait, selon son bon plaisir, s'emparer des biens de ces ordres et communautés ? T1 est impossible d'admettre une explication si contraire à la justice et aux traités, puisqu’il avait été accordé d’ailleurs à tous les sujets français indistinctement de vendre leurs biens, et d'en pas-

ser le produit en France, au cas où ils le jugeraient à propos. La nation conquérante reconnaissait donc évidemment par là qu’elle n’avait pas le droit de s’emparer immédiatement des biens des communautés ni des ordres religieux, c’est-à-dire des Sulpiciens, des Jésuites et des Récollets, spécialement désignés dans l’article 35 de la capitulation , mais encore que ces biens ‘ne pouvaient en aucun cas entrer dans son domaine ; car, s’il y avait eu une éventualité dans laquelle elle eût pu en devenir propriétaire, elle n'aurait pas accordé à ces religieux la liberté de les vendre Ai d'en emporter le produit.

Si les Jésuites et les Récollets avaient vendu leurs biens, k prix, d’après la capitulation, aurait donc pu être emporté hors de la province et employé à d’autres établissements religieux tenus par ces divers ordres, et la Religion Catholique aurait seule profité de la valeur de ces biens. Comment donc cette religion pourrait-elle se trouver dans une situation moins favorable parce que les Jésuites et les Récollets n'avaient pas usé de la faculté de vendre, qui leur était accordée alors ?

L'article qui ble de la garantie accordée aux habitants du Canada par l'acte du parlement les ordres religieux et les communautés, ne pouvait et ne peut encore raisonnablement s'expliquer que de l’une des manières suivantes :

Ou il signifiait que les droits des communautés n’etaient pas aussi absolus que ceux des particuliers, puis-

que, si le excédant, et à l’obje vait emple gion prote ordre ou € de cette co ments cat disposer d anglais le acte du p PÉglise C ses dus et

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que, si le revenu présentait un résidu, c'est-à-dire un excédant, un superflu, non nécessaire à leur existence et à l'objet de leur destination, le gouvernement pouvait employer ce résidu à encouragement de la religion protestante. 7

Ou bien, il signifiait qu’en cas de suppression d’un ordre ou d’une communauté les biens de cet ordre ou de cette communauté passeraient à d’autres établisse-

| ments catholiques, l'Eglise Catholique seule pouvant disposer de ce qui lui appartient; or, le gouvernement

anglais le reconnaissait bien, puisque, par ce même acte du parlement, il admettait que... le clergé de l'Église Catholique pouvait tenir, recevoir et jouir de ses dus et droits accoutumu's ‘.

Je me suis étendu longuement sur les suticles de l'acte du parlement de 1774, parce que c’est avec cet acte, dont les expressions sont parfois ambigués, que l'Angleterre trouva moyen de jeter de la poudre aux yeux des Canadiens et du clergé séculier, et de leur faire croire à sa générosité, dans le temps même où elle allait avoir b 10in de toute l'autorité du clergé catholique pour prêcher la fidélité aux habitants et les empêcher de se joindre à ceux de toutes les anciennes colonies anglaises soulevées contre la mère- patrie. Cela n’empêcha pas les protestants de jeter l’alarme en Angleterre, lors de la publication de l'acte de Québec. L'ONSEUES Blackstone déclama avec véhémence, du

\ Voyez la brochure de M. de Vatimesnil Sur la destination des biens des Jésuites en Canada, imprimée à Québec en 1846.

haut de la chaire de Saint-Paul, contre ee qu’il appelait la connivence du parlement avec les papistes, et la ville de Londres se hâta de présenter une adressé au roi, pour le prier de ne point sanctionner un bill:qui donnait, disait-elle, une existence légale à une église idolâtre et sanguinaire : c’étaient les expressions de l'adresse. Le ministère , en méprisant en apparénce cesclameurs du fanatisme, dont il était lui-même encore imbu, se faisait un mérite, aux yeux du mondé politique, d’une magnanimité inconnue, disent ses panégyristes, dans les fastes de la civilisation ; mais, au fond, il s’apprêtait à dépouiller le clergé catholique d’une partie de ses biens ; et, comme il allait avoir besoin de Jui pour la conservation du Canada, il songeait à lui faire jouer auparavant le rôle du chat de la fable qui tire les marrons du feu, afin de le spolier ensuite plus à son aise, à l’aide de sa propre loyauté. *

En effet, les treize colonies anglaises qui forn tent depuis les premiers Etats-Unis de l’ Amérique Septentrionale s'étaient lassées dé cette suite continuelle d’oppressions que l’Angleterre est-habituéé à faire peser indistinctement sur toutes ses colonies. La dernière avait été l'imposition d’une taxe considérable ‘, sans que les imposés eussent été représentés dans le parlement. Bientôt après, elles se soulevèrent contre la métropole, et déclarèrent leur indépendance (1775). De cette épo-

! L'argent qu'on avait cherché à lever par cet impôt devait servir à couvrir les frais énormes occasionnés par l'occupation du Canado. Quelle étrange série d'événements !

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que mémorable date une ère nouvelle dans l’histoire des nations, dont l'Eglise, à qui il ne faut que la liberté, a su particulièrement profiter pour s'étendre et se développer parmi les peuples. Cette magnifique hiérarchie catholique, qui embrasse les Etats-Unis, et qui, chaque année, du sein de son concile, proclame aux regards de l'univers étonné son agrandissement et son indépendance de toute autre puissance que de Rome, en est certainement le plus beau résultat. Les colons de la Nouvelle-Angleterre et ceux des colonies voisines étaient désormais séparés de la Grande- Bretagne. On leur donna dès lors, exclusivement, le

rom d’Américains. Mais ils n’eurent pas plus tôt dé-

claré leur indépendance, qu'ils s’efforcèrent de s’emparer du Canada, que si peu d’années auparavant ils avaient aidé l'Angleterre à conquérir sur les Français. Vers la fin de l’été de l’année 1775, le Canada fut envahi par les forces américaines, qui s’avancèrent par le lacChamplain, et en même temps du côté des sources du : Kennebec. La première division de l’arméeaméricaine, sous les ordres du brigadier-général Montgomery, eut, dès le commencement, un succès remarquable. Montréal, Chambly, Saint-Jean, Longueil et d’autres postes importants à cetteépoque tombèrent entre leurs mains. Les vivres et les magasins militaires qui se trouvaient à Montréal et sur les rivières voisines furent enlevés en même temps. De nombreux émissaires se répandirent partout, afin d'engager les Canadiens à profiter de la circonstance pour secouer le joug de l’Angleterre. Aux

32 HISTOIRE Américains se joignirent des émissaires français, fai-

sant appel au patriotisme et aux sentiments religieux ;

. du peuple dont ils étaient lesfrères. M. Carroll de Baltimore, depuis évêque et archevêque de cette ville, et la tige' de cet épiscopat: admirable qui couvre le Etats Unis, arriva lui-même à Montréal pour exhorter le clergé catholique’ à se joindre au mouvemént, en lui (ie au nom du congrès américain, la promesse d’une liberté religieuse véritable, bien supérieure à celle que les Anglais se vantaient d'avoir donnée à l'Eglise du Canada, et qu'ils avaient déjà si ouvertement violée. Les Canadiens de: cette frontière ayaient pris les armes en assez grand nombre, et l plupart s'étaient joints aux Américains pour leur soumettre les forts de Chambly. et de Longueil. Mais le clergé hésitait ; doutant que ces mêtues Américains qui avaient commis jadis tant d’excès à. Loyisbourg se sentissent capables de tenir les te a faites par . Carroll. * .… Pendant que Montsinenr Fe à Montréal, la seconde division de l’armée américaine, sous les ordres du colonel Arnold, traversait avec des fatigues inouïes les forêts et les marais: du Maine ; elle arrivait à Satagan, le 4 novembre, et, le 8, venait. camper à la

Pointe-Lévi, vis-à-vis de Québec, sur la rive méridio-

nale du Saint-Laurent. Québec était alors à peu près sans défense, et, si Arnoldavait pu traverser ce fleuve, la capitale du Canada, avec tout son territoire, passait infailliblement entre les mains des Américains.

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Le général Carleton , gouverneur du Canada pour l'Angleterre ; se trouvait avec s+s troupes près de Montréal, cherchant à repousser les attâques c de Montgomery, qui était maître de cette ville, et qui désirait effectuer sa jonction avec la division memoire par le colonel Arnold. Carleton n’avait-avec lui qu’une poignée d'hommes, le pays étant dégarni de troupes anglaisés. Il avait fait d’inutiles efforts pour exciter les milices canadiennes à se lever dans les campagnes, et à s’unir à lui pour la défense du Canada. On demeurait sourd à sa voix, tout en prêtant l'oreille aux cris de Tiberté poussés sur la frontière.

Ce fut un moment d’indécision terrible pour l’Angleterre. Si le clergé canadien se prononçait contre elle ou seulement demeurait dans l'indifférence, c'en était fait de toutes les possessions anglaises de l’Amérique. Mais l’évêque Briand fut sublime de loyauté. Carleton lui écrivit, et, dans sa détresse, il eut recours à celui à qui le gouvernement anglais refusait, au mépris des traités, le titre d’évêque, pour lui donner celui de surintendant de-l’Église romaine. L'évêque, à la réception de sa letire, publia un mandement court, mais énergique, où il rappelait aux Canadiens la foi jurée si récemment au roi d'Angleterre, et la justice qui venait de leur être rendue par l’acte du parlement. Le mandement eut pour effet, sinon de faire prendre les armes à toute la milice des campagnes en faveur du gouvernement, au moins de faire demeurer les habitants paisibles chez eux, et d'empêcher le clergé

Il 3

d'écouter les promesses des Américains, ‘promesses conse qu’ils eussent certainement mieux gardées que ne l’a d’asss | faitla Grande-Bretagne. Mais, à la voix del’évêque, la ns noblesse canadienne, au nombre de mille à douze cents D le pl hommes, se réunit à Québec, et fit savoir à Carleton par qu’elle était prête à combattre sous ses ordres. sous | Le gouverneur, reconnaissant que le salut de la pro- qui to vince dépendait de la possession de cette place impor- haute tante, se replia alors sur Québec. Il y arriva le 19 sage é novembre, sans avoir éprouvé la moindre opposition bruit de la part d’Arnold, qui venait de passer le Saint- malgr Laurent, à une légère distance au-dessus de cette ville. D l'ou Toute l’armée américaine ne tarda pas à en occuper rieure ensuite les environs, et Arnold établit son quartier- donna général à la Pointe-aux-Trembles, à vingt-un milles de posa a Québec; attendant l’arrivée de Montgomery ri com- et une mencer l'attaque de la place. . l’assar Le retour du général Carleton à Québec fut salué même avec acclamation par tous ceux qu'avait réunis la d& #l'artil fense commune. Les Canadiens rivalisèrent de zèle lemen avec les vétérans anglais pour travailler aux prépara- verten tifs de la défense; et, malgré la faiblesse numérique bruit de toute la garnison réunie *, ils attendirent avec une entenc confiance parfaite l’attaque des forces combinées des du me Etats-Unis. Le siége ou plutôt le blocus dura pendant delan tout le mois de décembre. Montgomery réunit alors un Corps lante ‘ Outre cette poignée de miile à douze cents Canadiens, il n’y avait pour toute Que

défense dans la place que 350 hommes de troupes régulières et 450 matelots de la . marine anglaise. virent

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conseil de guerre, et il fut résolu d’enlever Québec d'assaut durant la nuit du 34 décembre.

Les assiégeants s’approchèrent de la citadelle dans le plus grand silence, aïdés encore dans leur dessein | par une tempête Ge neige considérable. En arrivant sous la porte de Prescot (Prescot-Gate), par lechemin qui tourne le long du rocher menant de la basse à la haute-ville, l’armée se trouva encombrée dans le passage étroit qui conduisait à la porte de la place, et le bruit confus des soldats américains se faisant entendre, malgré toutes leurs précautions, au-dessus de la voix de l'ouragan, à l'oreille attentive de la sentinelle extérieure, celle-ci ne recevant aucune réponse au qui vive, donna l'alarme à la garde anglaise. Montgomery disposa aussitôt ses hommes à l’attaque, avec une rapidité et une précision admirables, et s’avança vivement à l'assaut. Les Anglais et les Canadiens ouvrirent en même temps un feu terrible sur l'ennemi au moyen de

l'artillerie qui commandait le passage. C’est alors seu-

lement que les gémissements des blessés révélèrent ouvertement l'ennemi, et ce ne fut que lorsque tout autre bruit que celui du feu de la place eut cessé de se faire entendre que les assiégés cessèrent de tirer. L’aube du metin se leva. Mais aucune trace de l'évènement de la nuit n’était visible. Une neige épaisse couvrait le corps du malheureux Montgomery et ceux de sa vaillante troupe tombés victimes de leur bravoure. Quelques autres attaques, aussi infructueuses, suivirent encore de la part de l’armée américaine. Elle

se résolut enfin à levèr le siége, le 6 mai 1776, et repassa la frontière. Elle y fut décidée par l’augmenta-

tion des troupes snglaïises qui arrivèrent au printemps

et par la levée des milices canadiennes, dont l’ensemble présentait une force de plus de treize mille hommes. On peut donc dire avec certitude que si le Canada ne tomba pas au pouvoir des Etats-Unis, l’Angleterre en futredevable à la noblesse canadienne, qu’elle chercha ensuite, et qu’elle ne réussit que trop bien, par sa jalousie, à abaisser et à anéantir. Elle le dut surtout à l’évêque Briand. Ce prélat empêcha seul un soulèvement général des campagnes en faveur des Américains, et prêta.ainsi, par un sentiment extrême de fidélité, son influence au gouvernement britannique, qui l'en récompense par-la suppression de plusieurs des droits de l’Eglisé et l'érection d’un évêché anglican dans le Canada, auquel fut transmis vfoiolioment le titre ph vêque de Québec.

J'ai raconté plus haut la sivinsus iniite par Récher, curé de la cathédrale, et les marguilliers de la fabrique, à la prise de possession de cette église par l'évêque de Québec. En 4768, le curé était mort. Les chanoines, restes vénérables du chapitre, se réunirent alors pour prier l’évêque de rétablir les anciennes dignités. Mais l’opposition formée par le curé subsista aprèssa mort, et les marguilliers continuèrent à nier les droits de l’évêque sur l’église. Cette première cause empêcha le prélat d’obtempérer au désir des chanoines. En 4771, les réparations dé la cathédrale étant terminées,

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on vint prier l’évêque Briand de vouloir bien la bénir, et d’y officier, suivant l’ancienne coutume. C'était le vœu de la population; mais la fabrique continuait dans son oppogition , et l'évêque, ayant sifioncé par mandement qu’il viendrait bénir l'église, fit savoir en même temps aux habitants de Québec qu’il ne la bé. nirait que comme église paroissiale ordinaire, et que, pour les offices pontificaux, il continuerait à les célébrer dans la chapelle du séminaire. Les choses allèrent | ainsi pendant près de trois ans. En 1774, le peuple commença à se plaindre vivement de la fabrique, dont l'opposition désordonnée le privait du spectacle imposant des grandes cérémonies D aux jours des fêtes pontificalcs.

Les marguilliers se virent forcés de rise avec le pouvoir épiscopal, Le gouverneur britannique se porta médiateur entre eux et l’évêque, etc’est alors.seulement qu’on s’aperçut des corniséquences de cette malheureuse opposition. La fabrique, craignant d’être supplantée dans les attributions qu’elle avait usurpées, si elle laissait le chapitre s'installer dans la cathédrale, avait fait de son côté des plaintes au gouverneur ; elle avait représenté que les chanoines étaient un corps plutôt nuisiblequ’utile aux intérêts de l’église de Québec; que, d’ailleurs, il était sans ressources, puisque la colonie était désormais séparée de la France, qui les avait fournies auparavant, et que le moment était on ne peut mieux choisi pour le supprimer, puisqu'il ne restait plus que quatreou cinq vieux chanoines de l’ancien chapitre.

Le mémoire des marguilliers, envoyé par lé gouverneur à Londres, y fut accueilli avec la plus grande fa- ‘veur. Le ministère y voyait l’occasion de diminuer encore l'influence du clergé par la suppression d’un corps qui relevait l'éclat de l’église de Québec, et dont l’absence priverait l'évêque de ses conseillers naturels. 11 fut décidé que, pour répondre auv vœuw des Catholiques du Canada, représentés par les marguilliers de Québec, on ferait comprendre au surintendant de l’Église Romaine les inconvénients attachés au rétablissement des dignités de la cathédrale ‘. Cette communication, qui fut faite à l'abbé Briand apparemment lorsque les plaintes du peuple eurent forcé les marguilliers à uniarrangement avec l’évêque, dut encore une fois percer son cœur d’une douleur bien amère. On ne sait cependant pas trop comment cette décision fut réellement accueillie par tous. Ce qui est certain toutefois, c’est que l’évêque rentra en apparence avec tous ses droits dans son église, Les chanoïnes y vinrent aussi, et reprirent leurs anciennes places : personne ne les leur contesta ; mais ils s’éteignirent sans que d’autres vinssent les remplacer, et Québec demeura et demeure encore aujourd’hui sans chapitre et sans dignités. Cependant Québec est un siége erchiépiscopal, et Montréal, qui n’est qu’un siége suffragant de cette métropole, a un chapitre, eanoniquement érigé par les soins de l’évèque actuel de cette ville. — La rentrée de l’évêque

1 The justice and policy, etc. — Archives de l’archevéché de Québec,

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Briand dans sa cathédrale eut lieu 1le46 mars 1774.

Ces preuvessi tristementsignificatives de la fâcheuse influence exercée par des laïques dans l'Église ne sont malheureusement pas les sbulés. dont elle ait à se plaindre en Canada, par suite de la trop grar de part qu'ilsse sont arrogée dans les fabriques, aux Aépens de l’évêque et des curés ‘. La suppression du chapitre de Québec avaiteu lieu sans bruit; son extinction sefit de même, et, lorsque ledernier chanoine expira, c’est à peine si l’on

se souvenait encore au Canada que ce corps eût existé.

La fabrique y gagna en pouvoir, mais la religion y perdit proportionnellement une partie de sa considération.

C'était ce que voulait le ministère anglais, qui croyait

voir dans l’avenir le moment où cette suppression, suivie bientôt après de celle des Jésuites et des Récollets, amènerait la décadence complète du Catholicisme en Canada.

Le pape Clément XIV ayant supprimé la Compag ie de Jésus par bref du 21 juillet 1773, les Jésuites avaient dès lors cessé de se recruter. Leurs établissements dans le Canada avaient été fondés dans le but d’instruire la jeunesse et de faire des missions chez les

1 Dans le cinquième concile provincial de Baltimore, tenu en 4848, les Péres décrétérent que désormais, dans toutes les églises où il y avail un board of trustees (conseil de fabrique), aucune décision, de quelque nature qu'elle pût être, concernant les droits temporels de l'Église, ou son administration en ce qui concerne le choix des personnes employées à son service, comme chantres, sacristains, etc., ne serait valable sons le consentement exprès du curé. Plusieurs fabriques résisté

rent; onles excommunia, en leur abandonnant les églises dont elles se prétendaient maîtresses; on interdit ces églises, on en bâtit d'autres où l’on put, et l'on s’en passa ailleurs jusqu’à parfaite soumission des rebelles. Depuis lors, presque tous se sont soumis, grâce à l'énergique volonté de Ms" Hughes, archevêque de New-York.

40 HISTOIRE Sauvages. Les hiens qu’ils possédaient dans cette contrée, destinés à pourvoir à ces divers services religieux, : leur provenaient, partie de fondations dues aux rois de Franceetà des particuliers, partie d’acquisitions faites par :la bociété ellemême. Cette société ayant êté dissoute, il était naturel de laisser aux anciens membres existant en Canada l’usufruit de leurs biens, et, selon le droit de}? Église Catholique, de les transférer ensuite à un autre établissement religieux, régulier ou séculier, qui serait chargé de remplir les fonctions attribuées aux Jésuites, c’est-à-dire, d’instruire la jeunesse catholique, et de porter chez les Sauvages la lumière de l'Evangile et les bienfaits de la civilisation. Nous allons voir comment ces conditions furent remplivs. Trois ans après la suppression de cette illustre compagnie, il y avait encore au Canada douze Jésuites, qui, avec un zèle sans exemple, continuaient, comme de simples prêtres séculiers, à exercer leurs fonctions habituelles, et, jusqu’à la fin de l’année 1776, les classes demeurèrent ouvertes dans leur collége de Québec. Ce collége était vaste et magnifique; un assez grand nombre d’éleves y recevaient encore une éducation gratuite. Mais, en 1776, le gouverriement, comptant, comme toujours, sur l’obéissance et la soumission passives du chef du clerge , signifia aux pères jésuites que leur maison avait reçu une autre destination. On y plaça les archives, et les Jésuites furent obligés de renoncer à l’enseignement. On leur laissa toutefois quelques chambres, où on leur permettait de terminer leurs

jours premi d'une Riviè la mo Mont:

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DU CANADA M jours en gardant l'administration de leurs biens. Cette

première spoliation fut bientôt suivie d'une seconde et

d’une troisième ; on leur enleva leur maison des Trois- Rivières, dont le gouvernement fit une prison, et, ‘après la mort du père Well, qui demeurait dans celle de Montréal, lé gouvernement en prit possession, ainsi qu’il avait fait des autres.

Les Récollets avaient, de leur côté, reçu défense de recruter de nouveaux novices; néanmoinson les laissait encore en possession de leure maisons de Montréal, des Trois-Rivières et de Québec. Durant le siége de cette dernière ville par les Anglais, leur église avait beaucoup souffert; ils étaient cependant parvenus à lg réparer convenablement. Mais, tout en se vantant de leur modération, les vainqueurs avaient forcé cesreligieux à leur céder à moitié l'usage de cette église, et chaque dimanche, à l'issue de la grand’messe, jl fallait se hâter d’emporter le saint Sacrement dans la sacristie, afin de laisser le champ libre aux exercices profanes de l’office protestant. C'est ainsi que l’Angleterre observait les traités, et reconnaissait (bill de 4774) que le clergé et l'Église Catholique jouissaient de leurs dus el droits accoulumés.

Instruits par l'expérience, les plus distingués d’entre les Canadiens, animés de l'espoir d'améliorer la condition commune, avaient envoyé à Londres une députation pour solliciter le gouvernement en faveur de l’ancienne population de la colonie. Leurs efforts obtinrent quelque succès. En conséquence, au printemps de l’an-

née suivante (1784), l'ordre vint d'Angleterre au conseil législatif de Québec de passer une loi pour la sûreté étla liberté personnelles des habitants du Canada, aussi bien Anglais que Français. ne mena

pouvait s'opposer directement à la volonté du gouverne-

ment de la métropole, énoncée cette fois dans l'intérêt

des Canadiens ;: mais il:tenta de limiter le bienfait royal en excluant du bénéfice de l'âcte d’Habeas corpusles

réguliers de l’un et de l'autre sexe. Le clergé comprit alors les fâcheuses conséquences que-cette exclusion

pourrait entraîner pour les réguliers, surtout pour les communautés de femmes, et il réclama vivement afin

d'obtenir justice. Des adresses publiques signées du vicaire-généräl du diocèse, des supérieurs du séminaire, et du père: gardien des Récollets, vinrent frapper à la

porte du conseil, pour y être admis comme partie inter-

venante et complaigrante de la nouvelle législation

tée !. 4 Cette siens et le succès qu'elle obtint soomient deux choses dont le clergé aurait dû profiter : la pre-

mière, qu'il avait devant luj une voié légale et toujours libre par laquelle il pouvait demander justice des actes

que l'opposition protestante cherchait à établir contre l'Eglise Catholique; la seconde, que s'il avait toujours eu le courage d'employer cette voie, chaque fois que le

‘ Biband, Fistoire du Canada, Québec.

que l’on sgitoit, et la proposition d’exelusion fut reje |

gouve pour le

pêcher les Catl

contre | mer;q vernem faillit que de

slation it reje-

vaient

la pre-

ujours

s actes contre ujours que le

| DU CANADA | 43 gouvernement avait entrepris quelqué chose de fâcheux pour la Religion Catholique, il aurait pu réussir à empêcher bien des spoliations et des empiètements. © 4:

les Catholiques s6at encore aujourd’hui les victimes, st contre lesquels ils étaient: d'autent plus fondés à récla-

| mer, qu'ilsavaientrendu davantage de services au gou-

vernement, dansle temps des: troubles. Mais le courage faillit trop souvent au clergé, lorsqu'il n'avait besoin que de se montrer ét de faire valoir ses droits, ainsi qu’il aurait dû le faire lors de la. pps du chapitre et du collège des Jésuites de Québec.

soon . Y er Briand avait vu dimi-

canons, # si fondé en sénlthie do

teur et le troupeau, était tombée également en à déuétude. Uni senle dignité existait encore, celle de grandvicaire, et l’évêque, dénué des conseils et des appuis naturels qu'il rencontrait auparavant dans cette hiérarchie secondaire, si utile surtout dans un si vaste diocèse, où ils lui avaient jusque-là facilité les détails de l'administration, paraissait être retombé au rang de simple: vicaire-apostolique, qué lui avaient souhaité les vues ammbitietises du curé Récher. Privé de ces soutiens, qui se trouvaient par leur dignité naturellement interposés entre lui et les missionnaires, il voyait peser sur sa tête tout le poids des affaires et de la de son diocèse, pra

FR HISTOIRE ‘| Si l’on ajoute à ce fardeau les souffrances d’une ms

ladie cruelle dont il était attaqué depuis deux ans, il

\ sera facile de faire comprendre la situation pénible où |

se trouvait l'évêque Briand, Dans cet état, se genta

incapable de travailler davantage, il résalut dé rési- | gner entre les mains de son coadjuteur cet évêché dont le gouvernement n'avait été pour lui qu’une seed |

Pr

chagrins et de souffrances, d bles où il en avait été chargé. Ce n'était pos qu'il ne redoutât dé mettre un si pesant fardeau sur des épaule aussi débiles que celles de son successeur ; mais son;

qvancé, ét celui plus avancé encore de: l'évêque ad

rylée, lni faisaient craindre de laisser le.

pasteur, ai tous les deux venaient à mou à is; ;

tandis qu’en donnant sa démission, il yiarait spére que, d'après l'arrar i convenu, on laisserait d’Esglis. prendre. un cosdjuteur plus jeu pe Pre état de conduire les affaires. Da

En conséquence de cette résolution, il hriviten gone verneur Henry Hamilton (24 novembre 1784) ; celui-

ci sccueillit avec hienveillance la demande de l’évêque, en lui exprimant poliment son regret de Jui voir quitter son siège, et, le 29 novembte suivant, Louis-Philippe Mariaucheau d’Esglis accepta la résignation de sen prédécesseur !, en Jui laissant les pouvoirs de vicaire-g

néral du diocèse. Il prit possession de son église ke décembre suivant, et, deux jours après, par mande-

* Documents relatifs à pag de MP Briand septième évêque de Qnébec. Aux archives de l’archevêché de

k2à we

DU CANADA 45 ment adressé à tout le clergé de son diocèse, il annonça la détermination qu'avait prise l'évêque Briand. D’Es- | glis, dont l’épiscopat fut aussi hul que sa personne et son caractère dans l’histoire de l'église c canadienne, se

| rs de le d'Or, Ok il continus à 2 lendemain même de la Koignation d'Olivier ionid % a . , ; qui avec autant de ner

la liste jui avait été ri auparavant pour le cas éventuel ie à Le in ines agis-

ucaractèr à tirside deux: nouveau cradjutit, Mais à cette timidité excessive, commune alors bien plus qu’à présent à une grande partie du clergé franco-canadien, Hubert joignait une grande innocence de mœurs, un désintéressément peu commun, et un. zèle ardent pour le salut des âmes. Elevé au séminaire de Québec, dont il avait été directeur pendant

douze ans, et supérieur pendant cinq, il s'était, depuis trois ans, consacré aux missions parmi les Sauvages, et demeurait alors précisément au village des Hurons de l’Assomption, près de Détroit *, pour lesquels ik con-

serva toujours depuis une affection toute paternelle. | Elevé malgré lui à l’épiscopat ; il fut proposé à Rome

comme s’il avait été le choix spontané du clergé et de l'évêque, qui n'étaient r alheureuscment que les instru. ments timides etcraintifsdu gouvernemert anglais. Accepté, sur la relation de l’évêque de Québec, par la congrégation de la Propagande, il fut nommé évêque d’Almyre, par une bulledu 44juin 1785. Telle était à cette époque l’idée que tout le monde et surtout le clergé avaient lle l’incapacité, pour ne pas dire davantage, de Mariaucheaud’Esglis, alors titulaire de Québec, que le coadjuteur Hubert, craignant que la consécration épis-

copale ne fût atteinte de nullité s’il la recevait de ses

mains, pria l’ancien évêque Briand, qui vivait retiré au séminaire, de vouloir bien la lui conférer 2, ce qui eut lieu au mois de novembre 1786.

La même année que l’évêque Briand avait donné sa

démission, les citoyens de Montréal, appréciant les services que le séminaire de Saint-Sulpice de cette ville avait rendus au pays, adressèrent une supplique au roi d'Angleterre pour obtenir l'autorisation sie

1 Documents relatifs à l'élection de Mi” Hubert. Aux archives de l'archevéohé de Québec.

2 Ce fait m'a été particulièrement affirnié, non seulement-par bien des prêtres en Canada, inais encore par Me” Signay; cer ee Québec, et. par son successeur, Ms Turgeon, devant un usé de personnes.

Québec, de la lai

golfe Sa velle-Ec 1784, ?

tiser les Edward

| voir le

* Archive

lique au d’in.ro-

l'archevéohé

es prêtres en

DU CANADA 47 duire des prêtres: européens dans le Canada. Recon. naissant l'insuffisance des prêtres du diocise, ils voyaient avec une douloureuse nqui 7e étude leur Le ninair

la contrée. Mais À is fi pou de éinlitilinur Montréalais pour ne pas deviner que leur:demande serait rejetée. 11 y avait encore trop d'hostilité dans les intentions du cabinet britannique, et sa défiance était trop grande à l'égard du clergé catholique, pour accéder au désir des citoyens de Montréal; aussi ne fut-ce que lorsque la Révolution française eut appris aux Anglais le caractère ec la loyauté du clergé français, qu’il commença à se relâcher sur ce point. | En attendant, la Providence n'abandoñnait: pas les provinces canadiennes, Plusieurs, prêtres -irlandais et ariglais étaient venus s'offrir à l’évêque de Québec, qui leur avait confié le soin des âmes de ceux de la langue anglaise jui habitaient les provinces du golfe Saint-Laurent, du New-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosce. Le défaut absolu de prêtres sivait forcé, en 1784, l'évêque à commettreh un ‘Inique! le soin de baptiser les cnfants et les adultes dans l'ile du Prince- Edward (auparavant ile Saint-Jean), ainsi que de rece-

| voir le consentement des personnes qui voulaient se

‘ Archives de l'archevéché de Québec, Reg. D, E.

48 HISTOIRE marier, pourvu qu'il n’existât aucun empêchement ca. nonique entre les parties. C'était là le moindre des

| maux; cœ qu'il y avait de vraiment déplorable, c'est

qu’une foule de Catholiques vivaient dans le désordre,

faute d'autorité qui les guidât, et étaient réduits ensuite à mourir sans confession, après avoir véeu durant toute leur vie sans sacrements ‘. Enfin, en 1785, l'évéque de Québec se trouva en! \état d’obvier, au moins en partie, à cette triste situation; le prêtre Girouard Tut envoyé en mission dans la baie des Chaleurs, dont les habitants, acadiens-français, étaient abandonnés depuis déjà trop longtemps. L'année suivante, le missionnaire Dufau était envoyé au village des Hurons, près de Détroit, pour prendre la place laissée vaçante par la nomination du condjuteur Hubert.

En 1787, le chanoine Phelan, de l’église d'Ossory en Irlande, quittait son pays et sa position pour venir au secours de ceux de ses compatriotes que l’émigration avait amenés sur les côtes rugueuses du Cap-Breton, où ils étaient venus partager la vie et les privations des pauvres pêcheurs français que l'Angleterre avait consenti à y laisser, à cause de leur pauvreté. Dans la Nouvelle-Ecosse, Halifax, qui tendait chaque jour à prospérer davantage, voyait, avec le nombre de ses habitants, multiplier celui des Catholiques que la misère et les persécutions chassaient de la malheureuse Irlande. Les missions y devenaient chaque jour plus

‘ Voyage de M5" Plessis, évêque de Québec, dans les missions du golfe Saint- Laurent, MS. de l'archevèché,

considé pourvoi titre de Jones, en Car triotes.

mission Montrés Edmonc évêque torbéry d'ériger lifax.

Les septou mais do arrêter.

tiqueme heureus

Louis nistrati de vieil juin 17!

léans, d mitre, 1 autant ( voir pas viens à :

je rougi

nent caidre des le, c’est uits en- \durant 5, l'événoïns en uard rut dont les anés de-

lé mis- Hurons, vacante

’Ossory venir émigraap-Bres privagleterre kuvreté.

chaque abre de 8 que la eureuse ur plus

olfe Saint-

considérables : l'évêque de Québec songea alors à les

pourvoir, en leur envoyant pour les diriger, sous le

titre de supérieur de la Nouvelle-Ecosse, le respectable

Jones, prêtre de la langue anglaise, également amené

en Canada par son zèle pour le salut de ses compa-

triotes. En 4788, Roderik M’Donell était préposé à la mission des Sauvages de Saint-Régis, près de l’île de

Montréal, et la même année voyait arriver en Canada Edmond Burke, que le Ciel destinait à être le premier

évêque de la Nouvelle-Ecosse, où l’archevèque de Can-

torbéry venait, de concert avec le cabinet britannique,

d'ériger un siége css hérétique avec le titre d'Ha-

lifax.

Les missions sauvages, réduites au petit nombre de sept ou huit, étaient occupées par des prêtres vertueux, mais dont la vertu et la charité étaient impuissantes à arrêter les désordres que causait l’ivrognerie systématiquement encouragée par les Anglais parmi ces malheureuses peuplades.

Louis-Philippe Mariaucheau d’Esglis, dont l'administration épiscopale se résume dans quelques caprices de vieillard, mourut dans une espèce d'enfance, le 4 juin 1788, dans son obscur presbytère de l’île d'Orléans, d’où il n'aurait jamais dû sortir pour ceindre la mitre, mais où le clergé canadien chercha à le retenir autant que possible, durant son épiscopat, afin de n’avoir pas à rougir de son premier pasteur. Lorsque je viens à songer à tout ce qui me fut raconté de ce prélat, je rougis moi-même pour ce clergé qui se l’était laissé”

II à 4

imposer, et je déplore le malheur du peuple canadien, à

ce point outragé par ses vainqueurs et ses maîtres dans tout ce qu'il y a de plus sacré, la dignité de sa religion. Su do de

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