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at, dont l’avons pa leur raient le par sa sions du e-Dame, alors au-
delà de douze cents communiants, qui tous avaient pour l’abbé Lejamtel, leur digne prsteur, la vénération la plus profonde. .
D’Arishat, où l’évêque administra le sacremént de la confirmation, il prit la côte de l’île du Cap-Breton, qui n'offre qu’un long rocher dénudé, jusqu’à la plage, encore déserte alors, où s’élevaient un demi-siècle auparavant les belles fortifications de Louisbourg. Le port, qui a une profondeurde trois milles sur un mille de largeur, avec tous les accommodements nécessaires aux navires pour faire de l’eau, est.un des plus beaux du monde. Les ruines de ses batteries, jadis st forrhidables, et les larges brèches que la mine et la poudre avaient pratiquées dans ses murs, ne présentaient plus,
lorsque l’évêque de Québec y descendit, que l’image de la désolation. Ses vastes et solides magasins, où la France avait amassé tant de munitions de guerre, demeurés encore presque entiers, étaient recouverts de terre et de broussailles; et, sous leurs voûtes obscures, les troupeaux que l’on mène brouter l'herbe sur cette terre qui recouvre les corps de tant de braves viennent chercher en été un abri contre les ardeurs de la cani- cule. Assis sur ces ruines, si l’on vient à jeter les yeux sur Ja surface limpide et unie de la mer, on peut voir encore les débris de nos vaisseaux coulés à fond, dont les carcasses immenses sont restées là comme un mopument de l'antique puissance française sur ces côtes, avant que la lâcheté du pouvoir eût livré nos colonies à l’Angletetre. On s’attriste en mesurant l’étendue
de ces remparts redoutables, où l’on ne voit que des- ment ‘ie truction : on cherche et l’on écoute ; mais tout est si- | Bret fi lence, et l’on n'entend que les mugissements de la mer, améri ais qui vient briser sourdement ses flots sur le rivage, ou États JR le bélemènt plaintif des troupeaux revenant le sôir du nique Qi pâturage, où les conduit quelque timide descendant des érigé 4 défenseurs de Louisbourg. velleol Huit ou dix familles de pauvres pêcheurs irlandais en fut 4 ") étaient répandues sur la côte de Louisbourg, lorsque après ; € l'évêque de Québec y vint débarquer avec ses compa- de no 11 gnons, le 19 juin 1815. C'était le soir. Les rayons du dant « p soleil couchant éclairaient d’un dernier reflet les huttes parler La h misérables des pêcheurs, dont la pauvreté formait un ep on si affligeant contraste avec les beaux édifices, les fortifi- suite, à cations régulières, la grandeur navale, la pompe mili-. ! des ba 4! taire et l’activité commerciale, dont naguères Louis MR ts bourg uvait été le théâtre. L’évêque visita tous ces dé- ques n bris. Malgrélui,il sentitqu’il avaitencorequelquecnuse térieur de français dans le cœur; et, avant de quitter cette bâtie, triste plage, il semit à genoux avec les prêtres qui l’ac- comnx compagnaient, et récita à haute voix le De Profundis y avait pour le repos des âmes de tant de héros morts en dé- milles fendant leur pays. Tous avaient le cœur navré. Pou- Lejam vaient-ils encore sentir quelque amour pour l’Angle- comme terre en foulant aux pieds ce so] tout arrosé du sang gnage de leurs pères ? C'était la première fois que Louisbourg tant q entendait la voix d’un évêque ; mais son peuple n’était faisaie plus, et l’écho de la solitude répondit seul à cette voix. D s'élevs
Depuis la destruction de Louisbourg, le gouverne- anglic
ment anglais avait complètement négligé l’île du Cap- Breton. Ce ne fut qu’après la guerre de l'indépendance américaine qu’un certain nombre de loyalistes des États-Unis étant venus s’y établir, le cabinet britannique songes à s’en occuper. Le Cap-Breton fut alors érigé en gouvernement particulier, séparé de la Nouvelle-Ecosse, et l’on jeta les fondations de Sydney, qui en fut dès lors la capitale. Maïs èn 1820, peu de temps après la visite de l’évêque Plessis, le Cap-Breton fut de nouveau annexé à la Nouvelle - Ecosse , ne gardant d’autre privilége que d'envoyer deux ps au … parlement d'Halifax.
De Louisbourg à Sidney, où l'évêque se rendit ensuite, la côte présente partout des rochers abruptes, des bancs, des rivières et de petites îles. Sidney est situé sur une langue de terre élevée, mais étroite, à quelques milles au sud de l'entrée du grand lac ou mer intéieure du Bras-d'Or. C'était une petite ville bien bâtie, d’eviron cinq cents âmes, avec un port vaste et commoüe, capable de contenir de grandes frégutes. On y avait construit dès lors une petite chapelle pour les familles irlandaises que visitait de ::mps en temps l’abbé Lejamtel, au caractère duquel le général Swaine, qui commandait alors à Sidney, rendit un éclatant témoignage devant l’évêque. Ce n’était pas le seul protestant qui parlât en faveur de ce missionnaire : tous en faisaient les plus grands éloges, en même temps qu'on s'élevait partout contre le ministre envoyé par l’évêque anglican d'Halifax, qui fut forcé de se retirer sous le
140 HISTOIPE poids de la haine et du mépris qu'il s'était âttirés de la part de ses coreligionnaires.
Deux longs canaux s’ouvraient sur le grand lac du Bras-d’Or, qui ne sont séparés l’un de l'autre que par la longue île de Boularderie. L'un est appelé le Petit- Bras-d’Or, l’autre le Grand-Bras-d'Or. Celui-ci permet le passage aux plus gros navires, et de la grande mer intérieure on peut communiquer facilement avec une foule d’autres lacs, dont la vlupart sont peu connus. L'un d’eux appelé lac Magré par l’évêque de Québec se trouve sur le plateau d’une grande montagne d’un accès difficile, et peut avoir douze lieues de longueur. C’est apparemment le même que Bouchette ‘ appelle le lac Marguerite, et qui, par la rivière du Saumon (Salmon-River), communique avec le port Marguerite, à l’ouest de l’île. A l’exception d’un petit nombre de Sauvages micmaks catholiques, on ne voyait alors autour de ce lac qu’une centaine de familles de Highlan-
ders écossais, qui, accoutumés dans leur propre pays :
aux escarpements des montagnes, étaient venus s’y établir à cause de l'excellence du sol. Tous étaient également catholiques , et c'était à cause d'eux que l'abbé Lejamtel bravait toutes les aspérités et les difficultés de la route, qui aurait désespéré tout autre qu’un missionnaire. L'évêque de Québec parvourut tour à tour toutes les petites baies du grand lac, administrant les sacrements dans les missionssauvages, acadiennes, écos-
UThe British Dominions of North America, by Col. J. Bouchette.
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saises ou irlandaises, et se trouva de retour à Arishat au troisième jour de juillet. À. la suite de ce voyage, l'un des prêtres qui accompagnaient l’évêque, l’ablé Gaulin, parfaitement instruit du gaëlique, qui est la langue des Ecossais, fut envoyé pour desservir la mission d’Antigonish, dont le vénérable pasteur, Alexandre M’Donnell, était mort depuis quatre ans, après un ministère laborieux de plus de quarante années. Halifax, capitale de la Nouvelle-Ecosse, où le prélat se rendit ensuite, avait déjà une population de près de’ quinze mille habitants. Sa rade, une des plus belles du monde, se montre avec avantage, lorsqu'on s’approche de la ville par mer, en venant de l’océan. À cause de sa situation directe sur l’Atlantique, la navigation y est rarement interrompue par les glaces ; c’est ce qui l’a fait choisir comme la principale station navale de l'Angleterre dans l'Amérique Septentrionale, son port offrant en toute sécurité un «\ncrage commode à plus de mille vaisseaux à la foiu. Des batteries et des redoutes en défendent l'approche. La ville, bâtie sur la côte orientale d’une petite péninsule, s'élève graduellement sur la colline, à mesure qu’elle s'éloigne de la mer. Un grand nombre de quais-pour le déchargement des marchandises (wharfs) sont établis le long de l’eau, à proximité des navires, avec des magasins commodes. Halifax est, depuis l’année 1758, le siége du parlement, du conseil législatif et du gouverneur de la Nouvelle-Ecosse. Elle renferme plusieurs édifices publics assez remarquables, de fort belles maisons, et
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sis
on peut dire que sa situation est une des plus riantes que l’on puisse voir.
Halifax avait, .à l'époque dont nous parlons, une congrégation nombreuse et choisie d’Irlandais, qui, sous la conduite d'Edmond Burke, leur pasteur, et de l'abbé Mignault ‘, son vicaire, marchaient à grands pas dans le chemin du Christianisme. Leur église n’était pas la plus belle d’'Halifax ; mais ils avaient le projet d'en bâtir une plus grande, dont le plan était fort beau. Depuis lors il a été mis à exécution. J'ai visité moi-même cette église, à mon passage par la Nouvelle- Ecosse , en 1845; et la cathédrale d’Halifax est aujourd’hui.une des plus belles de toute l'Amérique du Nord. M. Burke avait entrepris également de bâtir un collége ; on a vu ce qui en avait empêché l'ouverture.
Au moment de l’arrivée de l’évêque à Halifax, un religieux trappiste français, que la révolution avait chassé de son pays vingt ans auparavant, venait d'y arriver aussi de son côté. Il avait fait partie de l’abbaye de la Meilleraye; et, après divers essais infructueux dans les États-Unis pour établir un monastère de son ordre, il venait tenter le même dessein dans la Nouvelle-Ecosse, ayec plusieurs de ses compagnons. Mais ceux-ci l’ayant quitté pour retourner en Europe, le père Vincent Merle, c'était le nom de leur chef, était demeuré avec Edmond Burke, qui lui donna dans la suite les moyens de commencer un établisse-
‘ Depuis supérieur du collége de Chambly et curé de cette paroisse, près de Montréal. À
rons «1 etleur de son moyens naire.
Aprè sions d mois d’ ouest d françai déjà, a Acadie Sisibou
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ment dans ce pays. Telle fut l’origine du monastère de Tracadie, à l'extrémité septentrionale de la province, et qui Commence aujourd’hui, par les soins du pire Y ipsees à: se se à avec avantage dans Yin-
Le général sir J obn Sherbrooke, gouverneur d'Ha-
lifax, reçut avec les plus grands égards la visite de l'évêque de Québec, qui profita de ses dispositions bienveillantes pour recommander aû gouvernement les diverses tribus de Micmaks” ‘qui yivaient-aux* environsd'Halifax ; elles étaient toutes catholiques, et leur chef était venu exposer à l’évêque les misères de son peuple. I# prélat leur promit de s’ ocguper des moyens de leur envoyer incessamment un missionnaire. D'Hälifax il se rendit ensuite à Chezzet Cook, le plus ancien établissement qu’eussent eufles Acadiens depuis leur dispersion. 11 n’y avait cependant pas encore de chapelle : l’évêque donna ordre d’en commencer une, avec un presbytèré, et elle fut dédiée plus tard sous le patronage de saint Agua de Cantorbéry.
Après avoir parcouru encore .quélques autres missions de peu d'importance, l’évêque arriva, le 2 du mois d'août, à la baie de Sainte-Marie, qui est au sudouest de la Nouvelle-Rcosse. Un'autre débris du clergé français, l’abbé Sigogne, gouvernait depuis longtemps déjà, au temporel ainsi qu’au spirituel, les nombreux Acadiens de cette baie, établis le long de la rivière Sisibout. Ce prêtre vénérable,” natif du diocèse de
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