‹ Histoire du Canada, de son Église, et de ses missions [microforme]Chapitre 29 sur 55 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

COMPRENANT LES COMMENCEMENTS DES PÈRES OBLATS EN CANADA; ET L'HISTOIRE DES MISSIONS DE LA RIVIÈRE-ROUGE.

tawa et du lac Temiskaming.., Ils sent appelés par le vicaire-apostolique du territoire de la baie d'Hudson. Hitire promire dos Indices de la Rivire- Rouge.

Les Assiniboines, les Kinistinoks oe Cris. Premiers voyages des Français dans ces contrées. Les compagnies de la bals d'Hudson et du Nord-Ouest. Destruction des Chippewas et des Assiniboines par la petite-vérole. Misère de ces Indiens. Colonie de lord Selkirk. à tuent Mae à Fi à Qué Fruits de leur apostolat. Les Oblats chez les Têtes-de-Boule. Missions du Saint- Maurice. Les pères Aubert et Taché envoyés à la Rivière-Rouge. Leur voyage sur les fleuves et les lacs du désert. Chiarmes de la solitude. Le lac Nipissing et le

lac Supérieur. Description du nn dcr sé Mission de Saint- Boniface. Mœurs et coutumes de ses habitants. de l'évêché de Saint- Suite

Boniface. des. ‘des Oblats. Description du Saguenay. Incendie des chantiers de Ha-ha. Évéché de Bytown.

Les pères Oblats de Marie Iniméculée que l'évêque de Montréal avait annoncés à ses ouailles arrivèrent au nombre de quatre, accompagnés dé deux frères lais, le 2 décembre de la même année 4841. Ils furent reçus-par le prélat avec toute la joïé d’un tendre père, et quatre jours après ils furent installés au presbytère de Saint-Hilaire de Rouville, dont ils furent chargés de desservir la paroisse en attendant qu'ils pussent commencer leurs missions. Une maison avec-une vaste propriété leur ayant été plus tard donnée à Longueil, sur le Saint-Laurent , leur permit de se constituer ré-

LA

246 ‘HISTOIRE gulièrement et d'y former un noviciat de leur ordre. Dès ce moment, ils s’accrurent promptement ; quatre ans après ils possédaient déjà trois établissements : le premier'à Longueil, où réside le visiteur -général, qui est spécialement chargé des missions des townships ou terres à défricher ; le second dans la ville alors naissante de Bytown sur l'Ottawa, «et le troisième sur la rivière du Saguenay, au diocèse de Québec! . L’'Ottawa,qui serait ailleursun fleuve magnifique,est

un des affluents du Saint-Laurent, dans lequel il. se jette au nord-ouest des îles deMontréaletde Jésus. Il prendsa

source dans le lac Temiscaming à trois cent cinquante milles plus haut, dessinant: dans son cours des détours sans nombre ,embellis par tous.les charmes dont la:nature se revêt dans ces contrées septenitrionales. C’est au confluent de la Gatineau, qui forme en se joignant à l'Ottawa des scènes ravissantes, que le colonel By avait jeté, quelques années auparavant, sur la rive droite de cette rivière, les fondements de la ville qu’il'appela de son nom Bytown ?..Cette ville, dont: les.accroissements furent extrêment rapides, appartenait alors au diocèse de Kingston dans le Haut-Canada. C’est Jà que les pères Oblats allèrent formerleur second établissement. Cette communauté était destinée à évangéliser la -po-

! C'est aussi vers la même époque que l'archevêque de Québec organisa la première mission qui fut envoyée dans l’Orégon, qui iétait alors regatdé comme une dépendance de la compagnie de la- bai d'Hudson. Les premiers missionnaires furent M. Blanchet, aujourd'hui archev/que d'Orégon-City, et M. Demers, depuis évêque de Vancouver. Mais ces contrérs n’appartenant réellement: pas.au Canada, j'enometsiti Phistoire, qui entrera plus tard dans celle. des Rtats:Unis.

3 By-town, ou ville de By.

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es détours dont.la na- 8. C’est au

pas:au Canada, Unis.

DU CANADA 247 pulation catholique disséminée dans les hautes terres, surtout celle des chantiers. On appelait ainsi les nombreux bûch-rons dispersés. pandant six.mois:de l'année dans l'intérieur -des forêts, pour:s’y livrer à l’exploitation des bois, :et qui.pendant tout ve temps demeuraient, sous.le rapport religieux, dans.Je dénûment le plus.complet. Les Oblats de vette mission étaient chargés en outre de porter le flambeau de la:foi aux Algonquins et ‘aux Abbitibbes, restes des anciennes nations sauvages si attachées autrefois. à la France, et qui étaient alors répandus ans les régions canadiennes entre,le 48°et le.50° degré .de: latitude ‘. Le rpère Laverlochère.fut un des:premiers à parcourir ces. inmenses solitudes; du lac Temiskaming aux postes les plus reculés de la baie James, il exerça son zèle apostolique, que Dieu récompensa souvent,par les:fruits les plus heureux et.les plus inattendus.

L'évêque Provencher, vicaire-apostolique du territoire dela: baie d'Hudson, les appelait de son côté dans les régions soumises. à sa juridiction. Elle comprenait alors cette immense surface de :terres, de bois , et d'eaux, aussi vastes que l'Europe, qui s'étend d’un côté depuis les limites occidentales du Labrador jusqu’au-delà des montagnes :Rocheuses, vers les rivages de la mer Pacifique, et de l’autre depuis le lac Supérieur et les frontières septentrionales des États-Unis jusqu’à l'océan Arctique. Ce vicariatavait dès l’origine

‘Annales de la Propagation de la :Foi, année 4845, pages 939 et suivantes.

248 HISTOIRE regu le nom de Rivière-Rouge, arrété où le prélst avait établi ss résidence. Les terres qu’ar- ‘rose ls Rivière-Rouge däns toute la longueur dé son cours étaient autrefois coupées par la race guerrière des Sioux, Les Nadowessies, Assiniboines ou Sioux des Rochers, ‘autre famille dela même nation’, occipaient celles qui bordant 1s rive de leur nom, qui 8 jette dns la ‘Rivière-Roûge, à dix-huit lieues de son ’embouchure dans le lac Winipeg *. Mais, 18 division s'étant mit dans ls suite entire les deux'tribus, les As-

“qui lés Français porn ieneeer hors Coürioi hobitaient les bords du lac des Bois, ‘qui, per une chaîne d'autre$'lnes, écoule les! eaux du lac Winipeg dans

le lac Supérieur. Aidés de ces puisiants alliés, les Assiniboines triomphèrat dé leurs rivaux. Les Sioux abandonnèrent aux Kinistinoks les plages fertiles de leurs ancêtres, et émigrèrent vers les ‘régions du sudouest. Depuis lors des mariages cimentèrent l'union des deux nations victorieuses, qui PRREReNt un en paix dans la suite”.

Cette paix continuait ét regurent pour la

x tristes inc nie de ouest-nordouest et ea D ropnie ve de ce lac.est par 50° 37’ nord : il se rétréoit à ds St 45’. En cet endroit, il n’a pas plus de deux et-l'on arrive à la RE Ses A a A pp 0 gent dans la Saskatchiwin, à la latitude de 53° 45’, et d'un autre cit, dans le lac Supérieur par le lac des” Bois, — med Hu Hudson Bay in his British Colontes. :

2 Montgommery-Martin, in his British Colonies. etc. — Lettre dù R. P. Aubert, O.M. !. dans les Annales de la Propagalion de la Foi, année 1848, p. 136.

un quart de sa longueur, formant un détroit à la latitude de’

© en en (9 CD € mm Om © ©

ntlunion des nttoujours en

Hudson Bey in his

> du R. P. Aubert,

anée 41848, p. 436.

em agi per r-ondre, far gg à ent possession, au. Bora de pdt dont l'un entre ne fort de la Reine, en l'honneur de l'épouse de Louis XV, situé à vingt lieues, de. l'Assini wine et.de la Rivière-Rouge, montrait encore ges ruines, il y a quelques années, au milieu de la sombre végétation des forêts. C’est à dater de cette période que les chasseura de castors et les eme ployés des maisons. de. commerce. fondées à. Montréal pour la traite des pelleteries, commencèrent à s’aventurer plus hardiment sur les eaux et daus les sol: 2 de ce territoire . emma don postes. de dissnane en distance. Ce commerce toutefois ne prit de l’exten sion qu'après :la conquête du Connie mor gite, Plus d’un siècle et demi-s’était égpule depuis la découverte de la baie d'Hudson, ainsi nommée:én 4610 de Henry Hudson , qui avait été chargé par une com- Il 44

250 HISTOIRE pagnie anglo-russe de chercher un passage ay nord- ouest. Divers voyages ÿ avaient eu lieu depuis, surtout sous Îe règne de Charles, roi d'Angleterre, Ce prince, sur lasuggestion du prince Rupert, avait en 4669 oc- | troyé le monopole du commerce de la baie d'Huësonà une compagnie qui en prit son nom, et-qui en garda le privilége jusqu'après la conquête du Canada. Ce ne fut qu'en 1773 que le gouvernement le partagen avec la compagnie du Nord Quest, à laquelle fut adjugée là moitié de ces immenses territoires ‘. L'extension que prit alors le commerce des fourrures y attira un grand nombre de Franco-Canadiens, qui, pour le profit de quelques riches marchands, se soumettaient, par l’amour d'une vie indépendante et vague dans les fo rêts, aux privations les plus dures, et es même leur vie à des périls continuels.

Le nombre de ces étrangers croissant chaque ph dans ces forêts, finit par donner de l’ombrage aux an- ‘ciennes tribus indiennes : un coraplot fut formé par “les Assiniboines, réunis aux Kinistinoks eteux Chippewas *. Ces derniers occupaient alors, comme au temps des Jésuites, les forêts baignées par les innombrables rivières et les bassins non moins nombreux qui forment comme une chaîne immense entre le lac Supérieur et le lacWinipeg. Ils résolurent d'exterminer tous les Européens. Mais un évènement que la Providence

! Elle s'appelle en anglais The Norik West Fur Company.

2 Les Chippewas sont ceux que les missionnaires actuels appel'ent Sauteux; les Jésuites leur donnaient celui d'Outchibouecs,

e au nord-

. Ce prince, en 4669 otd'Huëson à en garda le la. Ce nefut gen avec la jugée lamoiion que prit ra un grand le profit de ent, par l’a , dans les fo- * exposaient

chaque jour Drage aux anut formé par etaux Chip- B. comme au ar les innorombreux qui re Je lac Supéterminer tous a Providence

ppel'ent Sauteux; tes

semblait ménager à dessein vint les tirer de ce danger pour: donner occasion à l'Église Catholique de sintro

Missouri pour livrer uwrcombateux Mandans. Mais la petite-vérole s'était introduite dans cette dernière ttibu et en avait frappé la plus grande partie. Quand l’ennemi arriva dans celui des éampements qu’il cherchait à surprendre, il ne trouva plus dans les wigwams que quelques mourants, qui furent impitoyablement massacrés et auxquels on enleva la chevelure ét les vêtements en lambedux.

Fiers de leur triomphe, les Aseintboines den retournaient à leurs cabanes en chantant leurs charte de victoire, lorsque les premiers symptônies de la petitevérole , qu'ils ne connaissaient pas encore ét qu'ils

avaient prise de leurs victimes ; se détlarèrent parmi

eux. ‘La plupart succombèrent à ses atteintes avant même d’être rentrés dans leurs vallées. Douze seulement purent revoir leurs familles ; mais ils portaient avec eux les germes du fl'au, qui se communiqua bientôt à toute la tribu et gagna de proche en proche tous les clans voisins. L’épidémie décima prompterhent ces Indiens, si nombreux jusque-là. Un seul fait donnera la mesure de cette effrayante mortalité. Sar la pointe formés par le confluent des deux rivières, non loin de la bourgade actuelle de Szint-Boniface, s’élevaient cinq cents cabanes, habitées par une population

252 HISTOIRE florissante; ilnes’enéchappa que dix. Cecinous étonne- . ra moins si l’on réfléchit que ces malheureux; en voyant , sortir les boutons-et.en se sentant dévorés per l'ardeur | de la fièvre, couraïent aussitôt se jeter à. l'eau, dans | l'espoir d’éprouver quelque soulagement. dent france. L'expérience ne les a guère corrigésde car ils observent encore aujourd’hui le même usage dans des cas semblables !, Ce qu’il y eut d’affreux, c'est ’ que ces infortunés, vivant sans souci du. lendemain, se trouvèrent dépourvus de toutes provisions au mo- ) ment de l'invasion de la maladie. Plusieurs moururent de misère, d’autres furent dévorés par les loups. On ajoute que les chiens de la tribu,ne voyant:.plus la main qui leur donnait la nourriture, pressés par la violence de la faim, se jetérent sur les corps inanimés de leurs maîtres, qu’ils dévorèrent.

Ces scènes se passaient dans l'automne de Y'année 41782. Plusieurs Franco-Canadiens qui avaient. quitté le service de la compagnie d'Hudson et de celle du Nord-Ouest, s'étaient établis déja depuis quelque | temps dans ces contrées et avaient épousé des femmes sauvages. Leur exemple fut suivi par-quelques : hardis chasseurs, qui formèrent en peu: d'années un commencement de population semi-cenadienne presque toute réunie sur les bords de la Rivière-Rouge, dans Ja partie inférieure de son cours. L'existence de ces colons différait peu de celle des Sauvages eux-

‘ Lettre du R. P. Aubert, O. M. L., citée plus haut.

ions AU MO- 8 moururent 8 loups. On plus la main r.la violence imés de leurs

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: d'années un g dienne ‘presivière-Rouge, . L'existence

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DU CANADA mêmes; Ainéi que ‘les Indiens, ils vivaient de la pêcheet dela chasse, Durant l'hiver, ils parcouraient

| les prairies, où le buffie leur fournissait ne noërriture.

sur les rives du fleuve, dont les eaux étaient äbondamment pourvues de poissons. Îls n’avaient d’autres habitations que des cabanes formées de troncs d'arbres, couvertes de peaux de biche ou d’orignal ‘.

Cet'état de choses dura jusqu’en 4812. À cette époque, lord Selkirk ayant formé le projet de fonder une colonie au centré des territoires du nord-ouest, choieit comme le lieu le phis propre à l'exécution de ses desseins la région arrosée par les eaux de la Rivière- Rouge: Dans ce but , il décida plusieurs familles de cultivateurs écossais à s’y établir. Quelques Canadiens attirés par des promesses avantageuses s’y rendirent de leur côté, et ceux des Européens qui se trouvaient déjà sur les lieux s'üunirent au nouveaux venus, Il y eut alors un commencement de culture, mais sur une bien faible échelle, et l'on se mit également à construire quelques maisons en bois. Il est inutile de dire toutes les épreuves qu'eurent à subir ces colons, et les difficultés de tout genre qu’il leur fallut vaincre durant plusieurs années avant d'arriver à rendre ces déserts

habitables. Mais il est temps de faire connaître par

quel concours de circonstances l'Eglise Catholique vint s'établir parmi eux.

! Orignal est le nom que les Canadiens donnent à l'élan américain.

tip —

1768, fut rencontré suv. le.lne des. Bo de Sioux, qui le massaers sut un rocher de eë lee, où l'on monte encore le lieu de son martyre. Le conduite des-olons se ressentit naturellement de l'abhenee de tout principe religieux; et:les Sauvages furent témoins alors de vices qu'ils n'avaient point connus: auparavant. La plupart.des postes établis par les com. pagnies de la traite étaient des écoles publiques. de libertinage. La corruption deseendit de-haut embas; et comme d'ordinaire, dans des eirconstancés analogues, elle produisit les -plus funestes efféts. Lord Selkiri comprit qu’il ne. suffisait. pas pour fonder .ung co» lonie d'employer des moyens matériels, mais qu’il fallait surtout le secours. de la religion. L’ ne des premières années avait dû Jen convaincre.

C’est alors qu’il s’adressa. à l’évêque de Québes,.en lui demandant des prêtres pour cette population qui eu avait été si longtensps privée. Nous avons vu précé: demment comment Plessis avait reçu sa dernande. L'abbé Provencher y avait été envoyé comme chef de la mission, avec le titre de vicaire-général de Québec. Il était accompagné de l'abbé Dumoulin, qui-corame lui était canadien d’origine française. Partis de Mont. réal le 49 mai 1818, ils n’arrivèrent que.deux. mois après à leur destination. Ils trouvèrent un peuple profondément démoralisé, qui n'avait plus qu’une ombre

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DU CANADA 255 pre br 2544

femmes et les enfants, qui n° cars res vu: à d'ecché.

siastiques, mais qui en avaient souvent entendu parler, ne leur témoignèrent pas moins de vénération; tous, pér leur fidélité à se conformer aux avis qui leur étaient donnés, dédommagèrent promptement, ces guides vertueux des sacrifices qu'ils s'étaient imposés pour ies amener au sein de l'Église et leur pro-

sionnaires produisit même une influence utaire sur les protestar:ts,et depuis lors cesenfants du désert pro-

fitèrent si bien des instructions-et des exemples de leurs

pasteurs, qu'ils formaient au bout de-quelques années une population aussi morèle et'aussi religieuse que celles des vieilles éampagnes du Canada,

Après avoir passé six années parmi ces colons, M. Provencher fut appelé à Québec pour y recevoir la consécrationépiscopale. Ilavaitété eréé évêque deJuliopolis,et le territoire soumis à sa juridiction avait été érigé en vicariat-apostolique (1822). Il retourna ensuite parmi ses ouailles,emmenant avec lui quelques prêtres comme auxiliaires de son apostolat. Mais ils étaient loin d’être suffisants pour une population déjà considérable, et répandue sur une vaste étendne de territoire où les fleuves et les lacs sont les seuls chemins ouverts

aux voyageurs. Mage leur zèle et leur charité, ils

‘n'avaient pu qu'en passant jeter la bonrie resort

parmi les ossi dontla plupart: nt conser teur! in indépendance, mais qui toutes paraissaieht: posées à'accueïllir avec nn les FR

|: Ce n’est que lorsque l'évêque de Montréal eut appelé dans son diocèse les anciens civilisateurs du Canada, ainsi que les Oblats de Marie-Immaculée, que les missions, si longtemps délaissées, et celles des territoires du Nord:Ouestcommencèrént à concevoir quelques espérances. Après l'établissement dé ces derniers à Longueil, l’évêque Provencher s'empressa de leur ouvrir son vicarint, en les conjurant de venir l'aider dans la multiplicité de ses travaux. Le père Péymant et ensuite les pères Marault et Bourrasse furent chargés les premiers de visiter les peuplades de la langue abénakise appelées Têtes-de-Boule, des bourgades de War mantashing. Ils remontèrent le cours sinueux du Saint- Maurice ou fleuve des Trois-Rivières, qui s’écoulé majestueusement, bordé de chaque côté de collines.et de montagnes pittoresques, couvertes de hautes forêts. Ils virent en passant les chutes étonnantes du Shawane-

.gan, dont les eaux s’élancent en mugissant avec la voix

du tonnerre d’une hauteur de cent-cinquante pieds dans un abîme creusé parmi les rochers du Saint- Maurice ‘. Après avoir contemplé quelques-instants ce

1 Celte chute magnifique, une des plus belles du Canada, est à doute lieues environ plus haut que la ville des Trois-Rivières, Le Saint-Maurice est navigable pour

l eut appelé lu Canada, que les miss territoires quelques e8niers à Lonleur ouvrir ider dans la ymant et en- ‘chargés les ngue abénates de War- < du Saint- Ldéccéilé maog forêts. Ils ju Shawaneavec la voix juante pieds s du Saints 2

RD OMR

eat navigable pour

DU CANADA R 257 spectacle grandiose, ils continuèrent leur chemin jus

- 'au rapide de la Tuque; ils y trouvèrent une dépu-

tation de Têtes-de-Baule qui venaient à la recherche du P. Paymant, dont ils déplorsient l'absence depuis une année. Ils continuèrent à remonter.ensemble les eaux du Saint-Maurice j jusqu’au poste de Warmantashing, où ils furent reçus avec des démonstrations extraordinaires de joie par tous les Indiens de la tribu. … Sur les ordres de M. Mac Leod, cominandant du poste au nom de la Compagnie, le pavillon royal fut hissé sur le fort, qui salus l’arrivée des missionnaires au bruit de son artillerie. Ce gentilhomme leur fit lui-

même l'accueil le plus flatteur, et le lendemain ils se

remirent en canot pour se rendre au poste de Kikendate, où il y avait une chapelle catholique, qui n’attendait qu’un missionnaire. Ils y arrivèrent quelques jours après, Les fruits qu'ils y recueillirent parmi les Sauvages compensèrent bien vite les fatigues de leur voyage. Un grand nombre d’Indiens se préparèrèrent au baptême et à la communion, et dès ee moment ils donnèrent constamment l'exemple de la plus touchante fervenr unie à la conduite la plus pure ‘.

À la suite des. missions du Saint-Maurice, d’autres s'établissaient à l’est et à l’ouest des grands lacs. Le : père Aubert, français, et le père Taché, canadien d’oride grands bâtiments jusqu'au rapide de la Tuque, à trente-huit lieues de cette vie, et rend sa soure à cinquante loue av-dotsus, dans lo ne Oukolanay.

— Motgommery Martin, in his Brifish Colonies

’ Lettre du R. P, eue © AM. L., dans les Annales de la Propagation de « Foi, nuiiéro:100, mai 4848."

gine française ‘, étaient envoyés à la Rivière-l Embarqués dans: un. canoë d'écores Las ouleau, :

lainé qu devaient. leur ie, + eur rent Ajoi dodmes den mien An one des lignes pour la pêche. :. ‘+ ah:

Ceux qui ignorent la sie des SA cs déserts deil'Amérique se font diflicilement;une:idée:(le

la mañière avèc laquelle on voyage. dans ces contrées solitaires. Le voyage en canotiest de tous les moyessde

transport:.le plus commun et souvent:le moins pénible, Une nacelle longue de vingt pieds; la

deux de profondeur, porte dix voyagenrs aves-leur be:

gage; elle flotte sur les moindrés ruisseaux et: tra

les lacs les plus étendus; Six haie nt

vingt lieues par jour, et l’on ne s'aperçoit dur qu’ils lui imprimentqu” paie puis

* fur. eut Hure Pis quand la navigotion #8 #roure l'esquif sur Ana ue et traversent le portage * 3.

1 C'est le même que le Saint-Siége a consaaré, : Ponnedertion és .

de l'évêque de Saint-Boniface de la Riviére-Rouge. 2 J'ai déja dit ailleurs que le rapide est la parte d'ese virièné qui s'esspolas-

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CE

Deus: lés linieis dés Mégvarage or NÉE et les lacs d'Amérique, la vie s’est pas pour cela trop monotone; avec un peu d'habitude on y peut:lire et même écrire à son aise. Les paysages les plus variés se déroulent successivement sous les yeux du mission. naire-comme dans un immense panorama, et les rameurs par leur chant, comme les gondoliers vénitions

lui-même joint sa voix à ls leur, en

ques desa jeunesse, ét ce délassement devient ainsi une source de péousee méilitetions qui se communiquent at matelots.

Les exercices aliens: de l'équipage #6 se bornaient pas là seulement; outre la prière commune sous la tente improvisée chaque soir, ils récitaient ensemble svècles missionnaires lechapelet, sur la barque, et l'uis dés deux prêtres le términait par une pieuse lectüre. Le dimanche se passait dans la solitude des fo: rêts ; mais il n'en était pas moins pour eux le jour du Seigneur. Une‘tente mieux parée que de coutume devenait le tintple du Dieu des arrnées ; on y dressait l'autel sur dés troncs d'arbres couchés près du rivage; des fleurs et dés plantes sauvages l’ornaient de leurs couleurs, et répandaient tout-autour l'encens de leurs parfus, Là descendoit la vietime qui partout s'immole pra es soenau = s’accomplissait d’une ma-

vigable à osuse dés bes-fouds césssiounée pr “apte bi le portage ln distance durant quel où en ab de po- ere canot entre un point navigable et un autre,

HISTOIRE nière touchante la parole du Prophète : « Que du cou- Dr -Arridhagtn asie rémsdceret vtt sans tache. » | | La nélitde par éllemête quelque cho de grand et d'exce el, qui jette, malgré ln variété des

lieux cm climate, ne même hentai

a eUérobent dans la fourrée, le sifflement des écureuils, les gazouillements des oiseaux frappent seuls l'oreille. Des arbres, des rochers, des eaux, des mon: tagnes, un 1 d'azur, c’est là tout ce que l'œil'aper- | coit. À peine trouve-t-on çà et là Len nus sé maines.

Quelques postes appartenant à la sie de la baie d'Hudson, un petit nombre de huttés indiennes, échelonnées à de grandes distances sur les‘bords dés lacs ou des rivières, furent les seules traces du séjour de l’homme que nos deux missionnaires eurent occasion de remarquer sur leur passage. Après avoir quitté'le village de La Chine, ils avaient traversé le lac Saint-Louis et celui des Deux-Montagnes, où les Sulpiciens deMontréal ont éncore une mission pour les Iroquois et:les Algonquins. Îls remontèrent ensuite l'Ottawa, saluèrent en passant la maison que leur ordre y possédait, ainsi que les nombreux chantiers visités par leurs frères. Les rapides qu'on rencontre au-delà de l’Ottawa rendaient souvent nécessaire de transporter le canot d’une rivière à l’autre; mais ces portages sont de peu d’éten-

quitté lé vil- > Saint-Louis ens de Montis et les Alà, saluèrent séda t, ainsi

leurs frères.

à canot d’une e peu d'éten-

Ottawa ren-

due;.on en compte jusqu'à la Rivière-Bouge quatrevingté, qui comprennent à peine | la distance de dix liues dans leur ensémble. |: |

De POkais on entre dans La rivière Mabtayran, ul deses afluents; ; puis daus ls rivière des Vases, où l'on arrive entraversant la chaîne qui sépare Je bassin du Saint-Laurent. de celui de la baie d'Hudson. Cette rivière:est d'abord si étroite, qu’on a de la peine à y naviguer. Elle va en s'élargissant peu à pelt jusqu'au lac Nipissing ‘, ob.elle verse ses eaux. Ce lac, qu'ils traversèrent en partie dans sa largeur, est fort dangereux ; le manque général de profondeur soulève des vagues au moindre vent, et y cause de fréquentes tempêtes. Des croix plantées sur des tombeaux, dans une presqu'ile où l’on touche en passant, avertissent du péril limprudent voyageur. Mais ce n’est pas à seulement qu'on réncontre ces monuments funèbres; ils se montrént encore auprès de quelques rapides, où ils prot-

gent tristément les débris dé plus d’un naufrage ?.

Le lsc Nipissing s'épanche par la rivière des Français dans le lac Huron, où ils entrèrent ensuite. C'est un des plus remarquables de l’Amérique, par sa grandeur, la limpiditéde seseaux, etla multitude de ses îles. La stérilité de ses rives fait naître un sentiment proms tristesse dans l’âme du voyageur. ch arbres

Le ping en sn tel RER 1 0088 de longitude de Green wich, et commence au 46°40’ jusqu'au 4T° 90’ de latitude

? Lettre du. P. ns RE 4 L, AR TAL PONS RAP qIn de de Foi, numéro 108, septembre 1846

annonce un sol fertile en son ri

compensation cependant, ls’ Providence :s doté:ses emtx de poissôné aux espèces variées, qui offrent une pêche abondante ; et ls grandeur séuvage dés rochers entre lesquels le canot glissait rapidement impressionnait vivement l'esprit des deux mission

mr d'où ils débouchièrent uma |

Hits ds Fan Qi Pot 4e Um

comme une suite de fcrtfcations naturelles au

enuix de cet Océan intérieur, on essais de je no hi

quel sentiment d’admirätion pour la g

ve de Dion dl s'hoilie profondément dans:

propre petitesse en contemplant. on irmmensé

dont les fotesernient capables d'inohder toëtu nent. Quand le temps est favorable, on fat en boit

1 Le lac Supérieur, élevé de six cent vingt-sept au-dessus du niveau de la D or tom

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; du niveau de le

Pr les eaux roulent vers Youest, à travers le lac des Bois et la rivière. plan GA Winipeg, qui a près de cent lieues de longueur ‘.

H n’y peut-être pas, dit un voyageur?, Par gaifique.pays au monde pour la résidence des nations SAUVAGES ;. -que les territoires qui s'étendent entre la

‘et le 1ac Supérieur : le poisson; 1 gibier de toute dimension, les oiseaux, peuplent les plaines et les forêts ; la terre, d’une exubérante fertilité, malgré la rigueur de l'hiver, produit spontanément et dans la | plus grasde.abondance le ris sauvage, les fraises, les prunes, les cerises, les: noisettes, les poirce, les: gro: silles, ete., eb aucune autre région ne pouvait offrir d'aussi grands avantages à l'établissement d'une colonie. C'était-celle que lord Selkirk avait choisi pour la sienne, :et où: Re ane sa résè dence.. …

Lorsqu Laon evil prié de la M a Winipeg, on & traversé le ne pour prendr: l'e

Qi ME TOUS 08 Ds Bourbon dans les anciennes relations tren-

chure de la Rivière-Rouge, qui s’y décharge en venant du sud, on entre dans une contrée dont l'aspect sourit ” agréablement au voyageur qui vient de l'est. Au lieu d’épaisses forêts, de rochers, de lacs nombreux et de rivières, dont. la navigation est souvent interrompue par des chutes considérables, on découvre une plaine immense qui se déroule vers l’ouest jusqu'aux Montagnes-Rocheuses, et vers le sud-ouest, jusqu'aux rives du Missouri. Coupée seulement par quelques cours d’eau d’une pente presque insensible, elle forme une vaste et fertile prairie; c’est un océan de verdure, dont la vue n’est bornée que par de rares bouquets qui apparaissent isolément sur la surface des prairies. La Rivière-Rouge, qui donne son nom à cette contrée !, roule ses ondes à pleins bords, du sud au

nord, sur un lit bourbeux qui les rend peu limpides.

Après un cours d'environ deux cents lieues, elle recoit les eaux plus rapides et plus profondes de l’Assiniboine, à quelques lieues avant son embouchure.

Avant d'arriver au confluent de ces deux rivières, on commence à voir les premières maisons de la colonie, qui vont en s’échelonnant sur leurs rives, dans une étendue de vingt lieues. Construites en bois, leur aspect

! Les Sauvages lui donnent le nom de Miskouagami Ansiping, ou Eau Ensanglantée, à causé d’un combat qui fut livré sur les bords du lac Rouge, entre les Chippewas et les Assiniboines d’un côté, et les Sinux de l’autre; le sang en ayant rougi les flots, ils désignèrent sous le nom d'Ezu-Ensanglantée le lac et la rivière qui y prend une de ses sources, et les Français le traduisirent par ceux de Lac- Rouge et Riviére-Rouge, Elle prend sa source au lac Travers, vers le 45° 40° de latitude et le 98° de longitude. Sa largeur est de cent cinquante à deux cents mètres, et sa profondeur de quatre dans la plus grande partie de son cours; elle donne cinq mille pieds cubes d’eau par seconde après sa jonction avec l’Assiniboine.

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n’est pas brillant, mais il réjouit, comme un souvenir

de là patrie, l'œil du voyageur ou du missionnaire qui

vient des déserts lointains. C’est au confluent des deux rivières, que s'élève, sur la rive droite, l’église catholi- |

que, placée sous l’invocation de saînt Bonifuce, bâtie en pierre, en forme de croix latine. C’est la cathédrale du vicariat, ayant à côté d’elle la maison qui sert de résidence au prélat, environnée d’un vaste terrain, dont le fondateur de la colonie avait doté la mission. Là se terminaît la longue'et périlleuse navigation des pères Aubert et Taché. L'accueil bienveïllant que leur fit l’évéque Provencher, ainsi que ses commensaux, leur fit promptement oublier les fatigues du voyage. La beauté du pays, l’heureux naturel des Indiens, tout contribua à la douceur des premières impressions qu'ils éprouvèrent en arrivant dans eur nouvelle patrie.

D'un autre côté, la vénération que leur montraient les Hans: Caindlènis, la docilité avec laquelle ils entendaient les instructions des missionnaires, étaient pour eux une source toujours nouvelle de consolation. L'autorité du prêtre y était d'autant plus féconde en vertus, qu’elle est plus grande et plus chérie ; ies vieillards, comme les enfants, écoutaient ses observations avec une égale soumission. Aucun dévouement ne coûtait à leur ferveur. On a vu pendant des

hivers rigoureux de jeunes femmes faire trois lieues à

pied pour aller entendre la messe dans une église ouverte à tous les vents, et où le thermomètre descendait à 28° Récumur. Telle était la vivacité de leur foi, que,

‘268 HISTOIRE larsqu’un malheur les frappait, pour peu qu’ils sentis-

sent les reproehes de leur conseience, ils le régardaient, comme une punition du Ciel, et bénissaient la main qui

les châtiait. Une qualité qui les distinguait surtout de

tant d’autres populations , c'était l'horreur qu'ils avaient pour le blasphême, et l'exactitude avee la. quelleils observaient lé repos:du dimanche !. Deux ans avant l’arrivée des Oblats, des hospitalières connues sous le nom de Sœurs-Grises avaient également été appelées de Montréal à Saint-Boniface, où elles s'étaient consacrées à l'éducation des jeunes filles; leurs soins avaient non seulement contribué à leur instruction religieuse, mais encore à faire d’ellesdes épouses capables et dg bonties mères de famille. L'une de ces religieuses, quai avait des connaissances en médecine était souvent appelée auprès des malades, qui, avant son arrivée, ne pouvaient recoutit qu’à un seul médecin, trop éloigné du plus grand nombre pour donner à temps $es secours.

On peut diviser en deux classes les habitants du territoire de la Rivière-Rouge : ceux qui cultivent la terre et ceux qui vivent de la chasse. Les premiers sèment du froment, de l'orge, plantent des pommes de terre, et élè. ventdesbestiaux,qui du reste ne leur coûtent que peu de peine ; ils paissent dans des prairies sans bornes et qui sont du domaine de tous. Ces familles agricoles seraient riches si elles pouvaient exporter leurs produits ; mais la difficulté d'arriver jusqu’à la mer, ainsi que l’éloi-

! Lettre du R. P. Aubert, dans les Annales de la Propagation de la Foi, jan-,

vier 1848,

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DU CSNADA 287

gnement où elles sont: des États-Unis, les isolé et:me leur permet. point dé tirer grand avantage. de eve travaux. À la charrue d'autres p ci vivent..de la. chasse : le bufle. est principalement | l’objet de: leurs exploits, et c'est surtout au printemps et dans l'automne qu’ils le poursuivent ayec une adresse: et une bravoure inconcevables. La facilité avec laquelle ils:se procurent ainsi des aliments en abondance leur fait négliger l'exploitation du sol ; on peut prévoircependant, et le temps n’en est pas éloigné,qu’ils seront forcés de: se soumettre au travail de la terre, qui paraît répugner à leurs goûts aventureux. Depuis quelques années, un petit nombre de familles fabriquent pour leur usage des étoffes de laine. Mais on trouve dans les magasins des diverses stations de la compagnie de là baie d’Hudson-tout ce qui est: nécessaire dans ces régions aux divers besoïas de la vie *. Les Indiens commis à la charge pastorale de l’évéque Provencher commencent à se montrer à mesure qu’on avance vers le lac Supérieur ; mais rarement «+ en trouve des elans bien nombreux. Ils ne viennent par bandes qu'aux divers postes de la compagnie, où ils échangent le produit de leur chasse contre ‘ca objets qui servent à leur usage. Le missionnaire trouve parmieux de grandes consolations dans la pratique de son

\ Sous le rapport du climat, il y a peu de différence entre la Rivière-Rouge et le Bas-Canada ; il est ‘rès-sain, mais aussi trésrigoureux en hiver. La température y varie de 60 degrés Réaumur : dans les grandes chaleurs: le thermomètre monte jusqu’à 30°, et dans les plus grands froids il descend jusqu’à: 20° au dessous de zéro,

ministère; et, s’il y avait un nombre suffisant d'ouvriers évangéliques, ils dissiperaïient promptement les té nèbres de l’infidélité. Ceux qui partagent les travaux du vicaire-apostolique ne peuvent se-montrer à un poste sans se voir aussitôt forcés de le quitter pour un autre où leur présence est réclamée. Il n'est pas un prétre qui ne fasse au moins cinq cents lieues chaque année. On est souvent obligé de retourner au point du départ; et, comme on ne peut parcourir ces contrées que durant la belle saison, la plus grande partie du temps destinée à visiter les Sauvages se passe en ph ges ‘.

Pour terminer le récit des missions de la Rivière: Rouge, tibus ajouterons qu’en 1848 le Pape érigea en diocèse ce vicariat-apostolique, et M. Provencher prit dès lors letitre d’évêque de Saint-Boniface. Trois ans après, le père Taché reçut la consécration épiscopale, avec le titre de coadjuteur de la Rivière-Rouge (1851).

Le Saguenay, sur les bords duquel s'établit la troisième mission des Oblats de Marie Immaculée, est une des plus grandes et des plus belles rivières du Canada. C’est une de celles qui méritent le plus aussi en Amérique d'attirer l'attention des voyageurs et des naturalistes : elle sort toute formée du lac Saint-Jean *, etroule ses eaux profondes dans un cours de trente-six lieues,

{ Lettre du révérend père Aubert, etc.

2 Le lac Saint-Jean est siué entre les 48° 97 et 48e 54? de latitude nord, et entre les 74° 35? et 79° 40 ” de longitude ouest ; il a environ cent milles de circonférence, et il est à peu près rond.

t d'ouvriers nent les téles travaux ntrey à un ter pour un ; pas un préchaque anau point du ces contrées de partie du

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pe érigea en vencher prit e. Trois ans épiscopale, uge (1851).

blit la troiulée, est une du Canada.

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DU CANADA 269 après quoi elle s’unit au Saint-Laurent à Tadoussec !, premier sanctuaire de la foi catholique en Canada. En quittant le fleuve pour entrer dans le Saguenay , cette rivière présente durant plus de vingt lieues le spectacle le plus grandiose qu’il soit possible de cuntempler dens le monde. Son lit, d’une profondeur qu’il à été jusqu'ici impossible de mesurer ?,est encaissé entre deux murailles de rochers qui varient en hauteur de cent à deux mille pieds, couronnés à leur sommet de hautes et sombres forêts. À l'aspect de ce canal gigantesque, il semble que la nature dans une de ses convulsions ait fendu la montagne en zig-zag pour laisser passer leseaux du lac Saint-Jeawentre deux rempartsde granit, dont les anfractuosités ‘hardies, parsemées de verdure et de plantes parasites, se déroulent à mesure que l’on avance, avec une variété et une magnificence sauvages rarement surpassées dans le Nouveau-Monde. Trente autres rivières se précipitent dans le Saguenay, et du haut de ses fortifications granitiques des torrents écumeux s'élancent avec impétuosité, formant de distance en distance les chutes pittoresques qui ajoutent encore à la grndeur du paysage. Large et profonde, cette rivière est navigable durant tout son cours pour les plus gros navires, et de nombreux bateaux à vapeur la parcourent tout l'été. À vingt lieues

1 Le confluent du Saguenay et du Saint-Laurent a lieu à 400 milles plus bas que Québec, vers la mer,

? Le capitaine Martin y jeta à l'embouchure une sonde de 490 brasses et ne put trouver le fond. Fi

; de son embouchure, ces murailles cyclopéennes qui

î semblent ne devoir jamais finir s’ouvrent soudain à

À un détour du fleuve, et une rade 1nagnifique et profonde se présente , capable de contenir les plus gros bâtiments. C'est la baie de Ha-ha, nom que‘ln sur. prise où l’on est en y entrant lui fit donner par les premiers Canadiens qui y pénétrèrent. Sur ses bords s’étendent de belles prairies, des bosquets enchantours, des ‘bois superbes, où sont aujourd’hui établis d'immenses chantiers de construction. Plus loi se trouve uneautre baie tout aussi belle, ainsi queles lacs. de Kiguagomi et

de Chicoutimi, qui ne tarderont pas d’être en commu-

nication avec le Saguenay, et enfin le lac Saint-Jean, le d'où sort,cette noble ::t majestueuse rivière ?. il C'est sur le bord du lac Saint-Jean que fut'établie q lattroisième mission des pères Oblats, au lieu appeléles À 5 Postes du Roi; cet établissement fut chargé en même tu temps d'entretenir un missionnaire sur la baie de Ha- I ha, où une population considérable d'ouvriers était Lu -ontinuellement occupée dans les chantiers. De nom- d breuses tribus sauvages s’y mirent bientôt sous la di- Ve rection des Oblats, qui opérèrent de grands fruits de fo foi parmi eux. Dans les derniers mois de l’année 1844, di EE ua vieillard octozénaire se présentait au missionnaire | % ‘4 | | dela baïe 4e Hs-ha ; il lui avoua humblement que de- ‘qu De puis longtemps il désirait rencontrer une des robes : Ar, ê

1 La baie de Æa-ha a dix milles de large sur une profondeur qui varie de deux

à deux c'illes et demi. :

2Montgommery Martin, The Canadas, in his British Colonies. née

péennes qui nt soudain à fique ét proes plus gros | que ln surr par les prebords s’étenantours, des s.d’immenses ive uneautre Kiguagomi et e en COMMUc Saint-Jean, re?

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qui varie de deux

noires dont il avait entendu parler dans sa jeunesse, sfin d'apprendre la véritable prière. du Grand-Esprit. Ilen reçut les instructions suffisantes, fut baptisé ensuite; et, le lendemein de son baptême, son âme règénérée s'envolait vers le ciel !.

Deux ans après, la baie de ila-ha fut témoin d'en désastre: qui anéantit en peu d'heures les constructions et les chantiers qui s'élevaient sur ses rivages. Un incendie s'était allumé dans les antiques forêts qui s'étendent entre le lac Saint-Jean et la baie; un inoendie de ceux qu'on ne peut voir que dans :les déserts du Nouveau-Monde. Sembiable à ces terrents de lave qui descendent quelquefois des hauteurs de l’Etna, il ceignait ‘de ses bras de feu des territoires entiers qu'il enveloppait dans une mème destruction; et. assuré de-sa proie, il marchait avec cette lenteur majestueuse qui annonce la puissance. C'était à la fin d'avril; la foudre ou un accident quelconque l'avait allumé dans les montagncs qui s’élèvent:près des sources du Saguenay, et, poussé par sa propre force et par le vent qu'il créait par sa vicience, ils’avançait brâlant la forêt vers les chantiers établis sur la baie. — Il serait difficile de se former uneidéede ces forêtsaméricaines : aussi ‘vieilles que 1: monde, .ce n'est qu'avec peine qu'on peut s'y frayer une voie la hache à la:maïn. Sous le feuillage le plus vert s'élèvent à hauteur d'homme des arbres de toute vie tombés de vétusté,qui ss

* Annales dela Propapalin dela Foi, Lettre du père Fissette, pose 256, année 1845.

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272 HISTO?RE

rissent ou se dessèchent depuis des siècles, et-où la ‘

moindre étincelle suffit souvent. pour allumer … ns

‘vaste incendie !, #

Le père Guigues, visiteur-généal des Obats en Ce nada, se trouvait en visite sur le Saguenay lorsque le désastre se déclara. Par un miracle de la Providence,

les flammes, après avoir dévoré les chantiers de Ha-ha, et une partie des maisons de la baie, s'arrêta tout-à-

coup, en se repliant sur lui-même, laissant intactes la chapelle et la maison du missionnaire. Dieu permit que personne ne périît dans cette catastrophe, et la masse des pertes fut supportée par les marchands de bois de Québec.

Le père Guigues, profitant du bateau à vapeur, arriva quélques jours après, implorant des secours pour les habitants des chantiers, et surtout des vivres, les provisions ayant été presque toutes consumées par le feu. La munificence des autorités et des habitants de Québec, et la charité de l'archevêque, parvinrent en peu de temps à sun les maux qu’avait causés ce désastre.

Le père Guigues retourna ensuite à Bytown, sur l’Ottawa, qui était considéré comme un des premiers postes des pères Oblats. L'année d’après, cette ville, à gui sa situation avantageuse, au confluent de l’Ottawa et du grand canal du Rideau qui la met en communi-

! J'étais à Québec lorsque cet incendie eut lieu. Quoique éloigné de plus de trente lieues du théâtre de ce désastre, je voyais de ma fenètre les flammes aussi distinctement que si c'eût été d'un village voisin.

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DU CANADA 273 cation avec le lac Ontario, donnait chaque jour de niou-

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à: la prière de l’évêque de Montréal, et le père Guigues en fit nom le premier pasteur (1847). PF

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