‹ Histoire du Canada, de son Église, et de ses missions [microforme]Chapitre 8 sur 55 · AS · texte numérisé non relu

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. d’un désert fit une pe comparativement peuplée

et florissante !.

Lors de la dispersion Abénakis du NewBruns.

wick, au-départ du père Germain, un bon nombre d’ entre eux était encore resté cependant au village de Sainte-Anne, sur la rivière Saint-John. Mais, en 1785, le gouverneur Carleton: ayant fondé, à peu de distance de cé village, la ville de Frédéricton, les Abé-

nakis se trouvèrent en peu de temps environnés d’An-

glais, qui leur‘offrirent d'acheter leurs terres. Le marché se fit sans aucune espèce de bonne foi de la part des

Anglais, qui, après avoir stipulé avec eux un prix bien

au-dessous de la valeur de ces terres , trouvèrent encore le mofÿèn d’en retrancher la moitié. Les Abénakis en témoignèrent vivement leur mécontentement ; ‘en menaçant ces étrangers de prendre leur revanche , et ces menaces eurent pour résultat de répandre: la ter. reur parmi les nouveaux acquéreurs. Sir Guy Carleton comprenait que le seul moyen de les contenir était l'instruction religieuse; mais, lorsqu'il leur envoya des ministres protestants, ils les chassèrent honteusement, comme des intrus, de leur village. I] sentit alors qu'il leur fallait un prêtre catholique, et ayant entendu parler de tout le bien que le père Ciquard produisait parmi les Sauvages du Pénobscot et du Passamaquoddi?, il lui écrivit pour l’engager à venir

‘The British colonies — New-Brunswick, by Montgommery Martin.

2 C'est le même fleuve que celui appelé Sainte-Croix dans les anciénnes relations.

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peuplée prendre la direction de 1a mission de la rivière Saint # : | John, en lui offrant.en outre une pension annuelle de -Bruns- cinquante livres sterling. Ciquard, en ayant alors.eonnombre féré avec l’évêque de Québec, remit à M. Cheverus, lage de de Boston, les missions du Maine ; il fit savoir au goun4785, ! verneur du New-Brunswick qu’il acceptait son offre, de dis: M et se rendit parmi les Abénakis du Saint-Jobn ; il es Abé D acheta un nouveau terrain sur la rivière, plus éloigné sd’An- : de la capitale, et y bâtit une nouvelle chapelle, qui fut Lemar- | dédiée à Sainte-Anne : c'est actuellement la mission de part des | ce nom. Les Sauvages s’y réunirent autour de lui , et rix bien il les gouverua paisiblement jusqu'en 1803. Son ent en- grand âge alors ne lui permettant plus de s’en. occubénokis | per, il se retira au séminaire de Saint-Sulpice à Montnt, 'en | réal, où il vécut encore plusieurs années dans le re-

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An ter- A l’époque où le père Ciquard commença à se charuy Car. | ger des Abénakis de la rivière Saint-John (1794), le ontenir respectable Jones , vicaire-général de Québec , contieur en- nuaïit, avec un zèle infatigable, à gouverner les misnt hon- sions dépendantes d'Halifax ; d’autres prêtres irlan- I] sen- dais étaient venus se joindre à lui. Non loin de cette que, et ville, le père James Grace, Capucin irlandais, plus ère Ci- connu sous le nom de M. Grace, répandaii la parole otetdu de Dieu parmi les familles irlandaises de la côte , vers hvenir | Herring-Cove ; il parcourait avec un courage apostolique les tribus sauvages des Micmacks, qui en habi-

| Voyage de Mer Plessis, etc

« taient le voisinage , et allait en outre passer chaque année quelques semaines parmi les familles acadiennes de Chezzet-Cook. Il n'avait ni. domicile ni cha-

pelle fixes ; mais il allait de l’un à l’autre, portant |

sur son be sa chapelle particulière, mangeant à la table du premier venu, couchant en été souvent à la belle étoile, et partageant en hiver là hutte du pécheur irlandais ou acadien, ou le wigwam du Sauvage. Nous avons déjà parlé de l’Ecossais Alexandre Mac

Donnell, autrefois envoyé par l’évêque Briand dans la Nouvelle - Écosse , et qui avait fixé le centre de ses : courses apostoliques à ns. au nord de la pres- %

qu’île.

Dans l’île du Cap-Breton, un autre Français. que la révolution. avait chassé de sa patrie, l’abbé Lejamtel, était venu prendre la place, trop longtemps vacante, du vénérable Maillard, dans les. exercices du saint ministère. Après avoir parcouru dans tous les sens cette

île, autrefois le boulevard des pêcheries françaises, il :

avait fixé son séjour parmi les pêcheurs du village d’Arishat, sur la petite île Madame, à l'entrée du-passage de Camseau (1795), Ce. passage ou détroit sépare la Nouvelle-Ecosse de l’île du Cap-Breton, dans une longueur d’environ vingt milles, depuis Sandy-Point jusqu’au Cap-Jack, sur * -* largeur d'environ un mille seulement. Rien n’est t . comme les hauteurs qui dominent de chaque côté le rivage. Les montagnes s’élèvent, couronnées jusqu’au sommet de hautes et sombres forêts, qui laissent tomber sur les eaux de la mer

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une ombre majestueuse, voilant parfois les mille et . mille navires de tout bord qui, durant l'été et, l’automne, s’ y croisent à leur entrée ou à leur sortie du golfe Saint-Laurent. Arishat, village franco-canadien, eujourd’hüi siége d’un évêché nouveau, commandant par sa position le passage de Camseau et l'Atlantique, n’était habité alors que par des pêcheurs, et c'est encore actuellement le centre des vastes établissements où les marins de Jersey viennent chercher le poisson qu’ils treuspurtent dans la Méditerrannée, au Brésil, et aux Indes-Occidentales. C’est de là que l’abbé Lejamtel se transportait le long des côtes, dans un canot

. d’écorces, parcourant les passes multipliées du grand

luc salé ou plutôt du golfe intérieur qui, sous le nom de Bräs-d’Or, coupe Dos en deux toute l’île du Cap-Breton.

Si nous ajoutons à ce tableau celui de l'état où se trouvait alors celui de Terre-Neuve, à cette époque, nous aürons esquissé, au moins, un léger ensemble des missions de la partie orientale des colonies anglaises de l'Amérique du nord. La Terre-Neuve, cette île de brouillards et de glace, si importante pour ses pêcheries, dès le quinzième siècle, aurait, selon d'anciennes traditions! été peuplée d’abord et éclairée du flambeau de la foi par les Norwégiens, auxquels aurait été envoyé, en 1291, Eric, évèque du Groenland. La première colonie bien connue y fut établie, en 4623, par

\ Roberison, Hist. d'Amér:jue. — Pinkerton,

sir George Calvert, depuis lord Baltimore, qui, cherchant à exercer en paix la Religion Catholique, à laquélle il appartenait, obtint la cession de cette Île du roi d'Angleterre, et nomma son ‘fils gouverneur d'A. valon, qui fut regardé comme le chef-lieu de La colonie catholique. Cet établissement s’accrut avec rapidité;

mais la rudesse du climat et les inquiétudes que lui causait la France forcérent bientôt lord Baltimore à . abandonner Terre-Neuve, en place de laquelle il obtint la cession d’une partie du territoire de la Virginie qu’il nomma Maryland. Après avoir été longtemps dis-

putée entre la France et l'Angleterre, Terre-Neuve,

dont la population toute catholique, sous les Français, avait eu pour pasteurs des religieux récollets qu'y envoyaient les évêques de Québec, demeuta enfin aux Anglais par le traité d'Utrecht.

Plaisance, qui en uvait été la capitale sous le gouvernement de la France, céda alors la prééminence à Saint-John, dont la population aujourd’hui varie, selon les HR de vingt à vingt-cinq mille habitants. En 1806, la population totale de l’île ne montait qu’à vingt-six ou vingt-sept mille; aujourd’hui, elle est évaluée à plus de soixante-dix mille âmes, dont la grande majorité est composée d’Irlandais catholiques. Les besoins spirituels de cette colonie firent songer de bonne heure le père commun des fidèles à lui donner un évêque; et, au mois de septembre 1796, le docteur James Lewis O’Donnell, créé évêque de Thyatire, in partibus, reçut la consécration épiscopale dans la ca-

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thédrale de Québec. À l’arrivée de ce prélat dans son diocèse , il ne s'y trouvait encore que deux prêtres, chargés d’administrer les sacrements, nombre bien insuffisant sur une étendue de plus de 250 milles de longueur, et une largeur moyenne d'environ 200 milles. Telle y était alors cependant le fanatisme des s sectaires, que les maisons soupçonnées d'avoir abrité les Saints- Mystères étaient brûlées jusqu'aux fondements par les autorités locales! Aujourd’hui, disait, il y a dix ans, le docteur Fleming, dernier évêque de Terre- Neuve, il existe encore plusieurs témoins de ces excès, et quelques-uns de ceux dont les maisons furent réduites en cendres. L'évêque O’Donnell y amena avec lui cinq nouveaux prêtres, et son coadjuteur , le docteur Lambert, lui conduisit, peu d'années après, un renfort encore plus considéruble. Mais diverses circonstances , et surtout l'amour du lucre dans les prétres qui vinrent d'Irlande en Terre-Neuve, et qui en repartaient aussitôt qu’ils aveient pu ramasser, dans les travaux d’un ministère sacrilégement intéressé, assez de fortune pour pouvoir vivre le reste de leurs jours dans l’aisance et enrichir leurs familles, ces diverses circonstances ruinèrent bientôt les heureux commencements de l'Eglise dans cette île, qui se trouva, peu après, réduite de nouveau à deux prêtres seulement.

Nous avons tracé dans les pages précédentes le tableau des missions du nord-est du diocèse de Québec ; ce tableau avait été esquissé, mais d’une mânière bien

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