‹ Histoire du Canada, de son Église, et de ses missions [microforme]Chapitre 9 sur 55 · À UN · texte numérisé non relu

À UN

94 HISTOIRE incomplète, dans un rapport! adressé à la Propagande, en réponse’ à la demande qui avait été faite par le car- ‘dinal-préfet de la Sacrée Congrégation, sur la situation TL des contrées soumises à la juridiction de

l'évêque du Canada ;.et, dans sa lettre, le cardinal pa- | raissait avoir pressenti ce prélat sur l'urgence qu'il pouvait y avoir d'établir quatre ou cinq évêchés de | plus dans les provinces anglaises de l'Amérique Septentrionale. C'eût été en effet le. meilleur moyen de consolider les anciens établissements, et d'étendre la

Religion Catholique dans ces Senlis és à afin

de pouvoir agir, en multipliant lépiscopat, avec une | entière efficacité sur l'esprit des peuples. L'évêque de |

Québec, fans son rapport, convenait non seulement de l'opportunité qu’il y aurait d'établir p lusieurs nou-

veaux évêchés, il avouait encore que le rai de trois. ou quatre siéges épiscopaux de plus-serait loin de ré- |

pondre aux besoins des populations répandues sur la vaste étendue de son diocèse. Mais, tout en convenant de l'urgence d’une telle mesure, l'évêque, inspiré plus que jamais par les conseils timides d’une prudence trop humaine, en combattait l'exécution, dans la crainte

que les protestants ne régérdassent de mauvais œil

l'érection de nouveaux évêchés catholiques dans les colonies septentrionales de l’Amérique britannique. Pusillanimité déplorable! qui empêcha pendant un

demi-siècle le bien immense que Rome cherchait à opé-

‘ Mémoire sur le diocèse de Québec, elc., adressé à la Sacrée Congrégation de la !

Propagande, en 1793, MS. de l’archevèché de Québec,

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rer dans le Canada, au dire même d’un évêque canadien. Læ crainte du mécontentement des protestants ! comme s'il était une seule œuvre catholique que le protestantisme ne vit pas de mauvais œil et ne combaîtit pas de‘toutes ses forces. Bi l'on avait toujours ainsi tenu compte du déplaisir et du mauvais vouloir de l'erreur et des méchants, que‘serait aujourd'hui l'Eglise, et que serait devenu lemonde?

Cette fatale préoccupation de la peur ét l'appréhension de déplaire aux maîtres orgueilleux du Canada étaient, depuis la conquête, le grand épouvantail des évêques de Québec, et c'est ce qui leur fit rejeter une seconde fois, en 1796, le: plans que la Propagande leur proposa de nouveau, à l’occasion de la nomination de Pierre Denaut à 1n coadjutorerie de Québec. Le cardinal Gerdit, alors préfet de la Propagande, et dont l’esprit supérieur embrassait. d’un coup-d'œil les grands intérêts du monde catholique, comprenait mieux que l’évêque de Québec ne voulait le lui faire entendre les besoins des colonies britanniques; et, ne pouvant lui faire adopter une division territoriale avec denouveaux sièges titulaires, il lui proposait, dans sa lettre ‘ du 47 janvier 1796, de lui donner trois coadjnteurs au lieu d’un, le premier qui résiderait à Montréal, avec droit de succession au siége de Québec, le second dans le Haut-Canada, . et le troisième dans le New-Brunswick ou la Nouvelle - Ecosse, avec juridiction sur ces deux

! Lettre du cardinal Gerdil, préfet de la Sacrée Congrégation de la Propagande, aux archives de l’archevèché de Québec.

96 HISTOIRE provinces et sur celles du golfe Saint-Laurent, où, faute de pasteurs, tant de malheureux croupissaient dans le mal. Mais les idées fausses où s'engageaient les

évêques de Québec empêchèrent encore la réalisation |

de ée plan. « Des difficultés immenses, répondirentils à la Propagande, s'opposaient à son exécution. » Quelles étaient:ces difficultés? c'est ce qu’ils ne dirent point, n’osant parler avec franchise au chef de l'Eglise,

qui ne cessait de les avertir du danger qu'il y avait à | laisser tant de vastes contrées privées de pasteurs. | Dans son mémoire daté de l’année 1794 l’évêque de | Québec, qui rougissait sans doute de n’oser accepter les offres que lui faisait la Propagande, répondait qu'il | allait toytefois essayer l'effet que produiraient deux | évêques, résidant en deux endroits différents de la province, en assignant à son coadjuteur la résidence de | Montréal ou des environs de cette ville, et ce fut là |

sans doute la cause de la continuation du séjour de

Pierre Denaut à Longueil, après sa consécration. Cette

résidence, toutefois, des deux prélats en deux endroits

divers n'avait rien d’insolite, puisque, déjà aupara-

vant, lecoadjuteur Bailly de Messein avait continné à

demeurer à la Pointe-aux-Trembles, tandis que l’évé-

que était à Québec, et le gouvernement n’avait jamais songé à en faire la moindre remarque. Mais il fallait

dire au moins quelque chose à la Propagande, et l’évé- ! que Hubert ne trouva d’autre moyen d’en imposer sur.

ce sujet à la Sacrée Congrégation que de lui promettre” de faire résider son coadjuteur à Longueil. Aussi est-ce

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sensiblement pour échapper à ls conscience de ses fautes et de son chagrin. Je gémis en racontant des choses si déplorables, suités funestes de la situation que les intrigues anglaises avaient fait à un homme incapable de porter la charge pesante de l'épiscopat, dont ils avaient foreé le clergé à le revêtir ;.et, si j'entreprends de raconter de tels faite, c'est que j'ai cru qu'il serdit utile à la Religion Catholique de faire connaître, par cé scandale, toute la profondeur de la plaie que la politique machiavélique de l'Angleterre avait faite au Canada, et dont les pharisiens de l’anglice-

nisme jouissaient cruellement, en racontant avec insolence aux Canadiens qu’ils avaient trouvé leur évê-

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