‹ Histoire du Canada depuis la Confédération, 1867-1887Chapitre 29 sur 37 · RODRIGUE MASSON · texte numérisé non relu

RODRIGUE MASSON

Rodrigue Masson ainsi que les Chapleau, les Desjardins et les Prévost, était de Terrebonne, une bonne terre qui a produit bon nombre d'hommes remarquables.

Il était fils de M. Joseph Masson qui de pauvre petit commis devint le marchand le plus riche, le plus actif et le plus entreprenant de Montréal et même de toute la province de Québec. Il a le mérite et l'honneur d'avoir su faire un bon usage des avantages que sa naissance

et sa fortune lui donnaient. Sa vie a été plus utile que celle de la plupart de nos fils de famille ; il a étudié, il a travaillé, il a été député, ministre, lieutenant-gouverneur, sénateur, et il a rempli toutes ces charges avec honneur pour lui et ses compatriotes. Il entra à la Chambre des Communes en 1867, comme député de Terrebonne, devint ministre de la milice en 1878, président du Conseil en 1880 et fut nommé lieutenant-gouverneur de la province de Québec en 1884. Profondément religieux et sincèrement canadien-français, il parlait avec une chaleur et un accent de sincérité qui produisaient une excellente impression dans le parlement ou les assemblées publiques. Il jouissait de l'estime et de la confiance publiques. Mais on s'est souvent demandé si, dans certaines circonstances, où l'honneur national et les intérêts de la justice étaient en jeu, dans les troubles du Nord-Ouest, et lors de l'affaire Letellier par exemple, il s'est montré aussi indépendant que sa fortune le lui permettait. Ceux qui chercheront une réponse à cette question pourront consulter avec profit un de mes ouvrages antérieurs : " Mes Contemporains. "

LOUIS-FRANÇOIS-GEOEGES BABT :

M. Baby appartenait à une des familles les plus anciennes et les plus distinguées du pays.

HISTOIRE DU pANADA 229

Il était de Juliette où il exerçait avec talent et honnêteté la profession d'avocat. Il fut élu député du comté de Joliette en 1872, entra dans le ministère Macdonald en 1878, et devint juge de la Cour d'Appel en 1880. Les études légales et historiques ont été l'objet constant de ses travaux. Sa vie a été respectable, utile, laborieuse. C'était un homme de parti ardent, intransigeant même, mais un gentilhomme de bon aloi, d'une courtoisie remarquable.

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