LES GOUVERNEURS DU PAYS DEPUIS LA CONFÉDÉRATION
Lord Monck était gouverneur du Canada, à l’époque de l'établissement de la Confédération. C'était un homme sage, paisible et modeste. I fut remplacé en 1869 par Lord Lisgar qui remplit avec grand tact ses fonctions, et
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céda la place au célèbre Lord Dufferin, dont le nom a sa place marquée dans la diplomatie britannique, comme l’un des hommes d'Etat les plus avisés et les plus populaires de son temps. Au Canada, comme aux Indes et en France, il a fait honneur à l'Angleterre et a laissé un souvenir ineffaçable des qualités politiques et oratoires qui le distinguaient, de la largeur de son caractère et de la distinction de son esprit.
Il a, au Canada en particulier, semé en abondance des paroles de paix, de conciliation et de bienveillance que nos hommes publics aiment à citer, Il a exprimé mainte fois, dans le langage le plus raffiné, la haute idée qu’il avait des destinées du Canada, et dit ce que pourraient faire pour la grandeur et la prospérité de ce pays, l’union et l’harmonie des différentes nationalités qui l’habitent. Il ne manquait jamais l’occasion de manifester ses sympathies pour les Canadiens-Français, son admiration pour leurs institutions glorieuses et leur loyauts inébranlable. Doux discours cueillis au hasard dans les journaux de l’époque, donneront une idée juste de ses idées et de sa manière de s'exprimer en français :
Répondant à une adresse de la Société Saint- Jean-Baptiste de Québec, il disait :
“Il est inutile pour moi de vous exprimer
tout le plaisir que j'éprouve en me retrouvant encore une fois au milieu de vous, pour prendre part à ces fêtes distinguées et artistiques, dont la race française aime à occuper ses loisirs ; aujourd’hui, surtout, où je me vois au milieu des bres putriotes et loyaux de la Société 2 Baptiste. Un des traits caractéristiques de votre nationalité, a toujours été celui d’égayer les occupations sérieuses de la vie, et d’introduire comme contraste, à côté de l’ombre monotone des labeurs de chaque jour, cette diversité et cet éclat de couleurs qui donnent un cachet unique à vos relations sociales.
“Cette heureuse disposition de votre caractore s'étend non seulement sur votre existence sociale, mais se retrouve partout où vous aves passé ; dans votre architecture, dans votre littérature et dans votre histoire, qui brillent d’une individualité toute sympathique.
“L’éclat, la puissance dramatique et une inspiration chevaleresque sont les traits domi. nants qui, dès le commencement, ont donné aux annales du Canada ce cachet romanesque que l’on ne rencontre nulle part ailleurs sur ce continent, Le génie de Washington Irving et de Hawthorne a sans doute essayé d’accomplir pour la Nouvelle-Angieterre et les contrées voisines
ce que Sir Walter Scott avait fait pour son pays, mais chacun de ces auteurs a été obligé d'imaginer de temps à autre des décors presque fantastiques, et, grâce au charme de leur style, Ils ont pu un moment faire illusion. Fermez leurs livres, et vous vous éveillez en face de la réalité, qui hélas ! est loin d’être ce qu’ils ont décrit.
“De fait, plusieurs influences ont concourn à décider nos voisins de l’autre côté de la frontière à se séparer complètement de leur passé, et à laisser dans l’oublf les sombres annales des premiers jours de leur colonie.
“Mais, chez vous, la chose est toute diffé rente, votre passé n’a pas voulu mourir, n’a pas voulu s’effacer, sa vitalité était trop exubérante, il est trop riche d'œuvres splendides, trop sonore, trop brillant, trop rempli des exploits des grands seigneurs, des créations des hommes d Etat, du martyre des saints missionpaires, du dévouement de femmes héroïques !
Tout cela ne pouvait res.er enseveli dans l’oubli des âges, ou être étouffé dans le bruit des événements qui se succédaient.
“ Bien que l’arrivée de vos compatriotes anglais parmi vous, et les changements politiques qui ont accompagné leur établissement à Qué-
bec, eussent pu élever une barrière entre le présent et le passé du Canada, la solution de la continuité historique a été bien moins marquée dans ce pays qu'elle ne l’a été aux Etats- Unis.
= “Et sans vouloir faire du changement de régime une époque à part dans l’histoire de cette colonie, le gouvernement et le peuple anglais, par un sentiment qui les honore autant qu’il vous honore vous-mêmes, a préféré adopter votre passé, à condition que vous partagiez leur avegueil et de plaisir que n’importe quel canadiend’origine anglaise, qui n’éprouve autant d’or. gueil et de plaisir que n’importe quel canadieo français à la vue des exploits militaires des capitaines français du XVIIe et du XVIIIe siè.
cles ; des découvertes héroïques et périlleuses des Pères Jésuites; des entreprises et des efforts qui furent couronnés par la fondation de Québec et de Montréal; des splendeurs semi-féo-
dales de vos vice-rvis, De plus, dans le charmant
poème d’Evangéline, dans les romans émysvants de Fenimore Cooper, dans les pages pittoresques, dramatiques et si bien écrites de Parkman, on voit que c’est au Canada, que le poète, le romancier et l’historien, même des Etats-Unis, doivent recourir pour trouver le sujet de leurs romans et l'intérêt de leurs récits.
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“Quant à moi, je puis vous assurer que chaque fois que je parcours la plate-forme garnie de canons de votre citadelle, ou que je fais le
cesseur direct de ces braves et chevaleresques vice-rois qui ont présidé à l’origine de votre colonie, que je suis le successeur de Lord Lisgar, Lord Monk ou Lord Elgin.
„Comment donc pourrais-je ne pas apprécier l’honneur que vous me décernez, en unissant mon nom d’une manière aussi flatteuse que vous le faites aujourd’hui à la mémoire de ces hommes illustres ? Et quelle douce certitude
dits sur le champ de bataille et vous ont rendus victorieux. Ce sont eux qui ont partagé vos souffrances, et qui, dans mille occasions, dans les temps d’épidémie et de famine, de siège et d’invasion, ont exposé leur vie pour vous,
Tout ce que j'ai pu faire pour vous à été
votre génie ; mon espoir dans votre avenir, tel que les circonstances l'ont permis. *
dre sollicitude que j'ai toujours portée à la plus belle cité de ce continent et à ses aimables eitoyens.”
En réponse à une adresse qui lui fut présentée par la Société Saint-Jean-Baptiste de Détroit, Lord Dufferin exprimait des pensées et des sentiments dont le souvenir mérite d’être
Après avoir fait l'éloge des hardis décovvreurs, aaxquels les Etats-Unis et le Cunade doivent les premiers établissements dans les vallées du Mississipi et du St-Laurent, il disait:
“Maïs ce west pas à ce seul titre que nous sommes obligés envers la race française. II
de vous prouver mes sympathies pour vos as- Pirations ; mon respect pour votre caractère et