‹ Histoire du Canada depuis la Confédération, 1867-1887 [microforme]Chapitre 7 sur 35 · LE TRAITÉ DE WASHINGTON · texte numérisé non relu

LE TRAITÉ DE WASHINGTON

Le traité de Washington fut l’œuvre d’une commission conjointe, nommée par l’Angleterre, les Etats-Unis et le Canada, pour régler nombre de questions irritantes suscitées en grande partie par l’abrogation du traité de 16 ciprocité, et en particulier pour résoudre la question des pêcheries.

Sous l'empire du traité de réciprocité les Américains avaient le droit de pêcher dans les eaux canadiennes, mais l’abrogation de ce traits faisait revivre le traité de 1818 qui leur interdisait la pêche en dedans de trois milles marins de nos rives,

La question en litige était de savoir d’où devraient partir ces trois milles.

Les Américains, gens peu scrupuleux en af.

faires et en politique, continuaient de pêcher, comme ils l’avaient fait sous le traité de réciprocité, sans s’occuper le moins du monde des

remontrances du gouvernement canadien et

même des ordres du président des Etats-Unis.

Des croiseurs a

Laurent et des Canaux canadiens. Mais comme il le disait dans une de ses lettres au Dr Tup-

per, l'intérêt de l'Angleterre primait celui du Canada, il fallait avant tout règler les ques. tions de l’Alabama et de Ie San-Juan qui de-

la paix entre les

ehors du poisson et de l’huile de poisson. Ils obtinrent à peu près tout ce qu’ils voul spécialement le droit

monétaire qui commission aussi le droit de

de naviguer libre.

ment dans les eaux du Saint-Laurent.

La question de Alabama fut renvoyée à une

Pour calmer l’irritation publique le gouvernement anglais s'engagen à garantir un em- Prunt de quelques millions de dollars destiné à mettre le gouvernement Canadien en état d'a-

méliorer les canaux, et de construire le fameux chemin de fer du Canadien Pacifique.

En dépit de ces témoignages de bon vouloir, le traité de Washington suscita des critiques et des commentaires violents dans la presse et dans le parlement. On demanda ce que valait pour nous la protection de l’Angieterre si elle nous livrait pièce à pièce aux Etats-Unis pour acheter la paix dont elle avait besoin.

Il ne manquait pas de gens pour insinuer que nous avions bien tort de redouter, en devenant une nation indépendante, la perte d’un appui qui nous faisait défaut dans les circonstances critiques.

Un membre du cabinet, le célèbre Joseph Howe, alla jusqu’à dire, dans une conférence devant une réunion de jeunes gens, que l’Angleterre : : ‘\iflait délibérément les intérêts du Canada et agissait de façon à faire supposer qu'elle voulait se débarrasser de ses colonies.

Le traité de Washington fut néanmoins ratifié par le parlement en 1872, après un débat intéressant où Sir John Macdonald eut besoin de toute son habileté pour lutter contre l’éloquence vigoureuse de Blake. La majorité partagea l’opinion de Sir John et convint qu’elle devait faire le sacrifice demandé dans l'intérêt de la paix.

Les cinq sessions de la première législature

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