LES ÉLECTIONS DE 1872 — LA NOUVELLE CHAMBRE
Le premier parlement de la Confédération qui s’était ouvert dans la paix et l’espérance, au milieu des réjouissances publiques, stei-
guit dans l’agitation et l'inquiétude. Les épines n'avaient par tandé à apparaître sous les
causé beaucoup d’ennuis.
Des élections eurent lieu en 1872.
Le ministère Macdonald Pemporta, mais il se trouva en minorité dans la province d’Ontario et perdit quelques voix dans la province de Québec.
La défaite la plus cruelle pour le parti conservateur fut celle de Sir Georges-Etienne Cartier dans la division Est de Montréal où il fut battu par M. Jetté, le chef du parti national.
Oest là, dans la division Est de Montréal, dans ce milieu essentiellement canadien-français et catholique, que l’effet des questions religieuses et nationales a coutume de se faire sentir tout d’abord.
Toujours, cette division électorale a été considérée comme le baromètre politique de la province de Québec ou tout au moins du district de Montréal.
M. Cartier eut contre lui les programmistes, les nationaux, les libéraux, les protectionnistes et, enfin, tous ceux qui croyaient que, dans les questions du Nord-Ouest, des écoles du Nouveau-Brunswick, et de la division paroissiale de Montréal, il avait sacrifié les intérêts religieux et nationaux de sa province,
Etrange anomalie qui se répétera souvent sous le régime de la Confédération !
Pendant que, dans la province d'Ontario, on reprochait avec tant de succès au gouvernement d’avoir eu trop de ménagement pour les Métis, et en particulier pour ceux qui étaient responsables de l’exécution de Scott, dans la province de Québec, on reprochait non moins amèrement à M. Cartier et à ses collègues de violer les promesses d’amnistie faites aux chefs de l'insurrection.
II arriva alors ce qu'on n’aurait jamais soupçonné. Cartier put revenir siéger au parle.
HISTOIRE DU CANADA ment, grâce à la générosité de Louis Riel qui lui céda le comté de Provence er. On verra le service
tréal-Est avait eu lieu quelques jours avant les élections générales, un plus grand nombre de libéraux auraient été élus et le résultat définitif aurait pu être changé.
Dans le district de Montréal, comme dans celui de Québec, les anciens libéraux avaient rencontré plus de sympathies, ou moins de préventions. Rodolphe Laflamme avait pu se
Mais Il arrivait un peu tard, plus formé pour le barreau que Pour la tribune ou le parlement, Parmi les jeunes députés, brillait au premier rang Honoré Mercier, dont la carrière politique devait être si brillante et si dramatique. II avait fait ses premières armes dans les rangs du parti Conservateur, et s'était fait remarquer par des écrits et des discours d’une grande vi.
gueur, d’une force de raisonnement peu ordi.
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que : Mercier dans le parlement fédéral ; Cha- Pleau et Laurier dans la législature provineiale.
Chapleau et Mercier devinrent, en effet, tous deux premiers ministres, et furent longtemps regardés comme les deux orateurs les plus éloquents de leur province ; quant à Laurier, il était destiné à devenir le premier ministre et l’orateur le plus parfait du Canada.
A l’éclat du talent il joignait, dès cette époque, une raison calme, un esprit droit, juste, désintéressé, des habitudes de travail et d'ordre et une discipline morale, qui devaient contribuer grandement à lui gagner la confiance et l'estime, non seulement de ses compatriotes, mais encore de la population anglaise.
Laurier était moins démocrate que ses deux rivaux, mais plus républicain, plus raffiné d’esprit, de langage et de manières, plus réservé, moins chaud, moins vibrant, mais plus sage, plus prudent, plus maître de lui-même, de ses actes et de ses paroles.
A la tête des députés libéraux d’Ontario, brillaient MM. Blake et Mackenzie.
Ils avaient renversé Sandfleld Macdonald et formé un ministère libéral, mais, ayant fait adopter une loi qui abolissait le double mandat, ils avaient renoncé à leurs portefeuilles provinciaux pour se lancer dans l’arène fédérale, après avoir confié l’administration de leur province à M. Mowat, que son habilets devait maintenir au pouvoir pendant quinse ans. Ils
arrivaient à Ottawa pleins d’ardeur avec le prestige de la victoire et une réputation indiscutée de désintéressement et de patriotisme.