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plus ouvert aux souffles des lointaines entreprises coloniales. C'est le commencement du déclin maritime de la France. « La richesse, en effet, la subsistance même, iront toujours diminuant en ce siècle. La France, sous Richelieu, maigrira de sa gloire, et n’engraissera pas sous Colbert. En 1709, je la cherche, et ne vois plus qu'un os rongé. » (MICHELET.)
A la faute qu'il faisait en abattant la Rochelle, le cardinal de Richelieu, — qui pourtant entrevit si bien la force du bras protestant dans sa lutte contre l’Autriche et l'Espagne, -- en ajouta une autre non moins grave, en fermant aux huguenots la porte des colonies françaises, dans le temps même où il leur rendait le séjour en France presque impossible. C'était aller directement contre les vues de Henri IV, qui avait positivement assigné la Nouvelle-France aux huguenots comme refuge contre la tempête qu'il prévoyait pour eux dans un avenir plus où moins éloigné.
Le principal historien du Canada, Garneau, quoique catholique, s’est très bien rendu compte de la maladresse de cette politique. « Le XVIIe siècle, remarque-t-il, fut pour la France l’époque la plus favorable pour coloniser, à cause des luttes religieuses du royaume et du sort des vaineus, assez triste pour leur faire désirer d'abandonner une patrie qui ne leur présentait plus que l’image d’une persécution finissant souvent par l’échafaud ou par le bûcher. Les colonies anglaises ne se sont pas formées autrement. Ce sont les républicains vaincus, les catholiques persécutés, les dissidents foulés et méprisés qui ont passé les mers, recevant comme une faveur de passer dans le Massachussets et la Virginie, où le gouvernement de la
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métropole s’empressait, par politique, de laisser éconler ces éléments qui l’embarrassaient.. Richelieu fit donc une grande faute lorsqu'il consentit à exclure les protestants des colonies, car, s’il fallait absolument éliminer une des deux religions pour avoir la paix, l'intérêt de la colonisation demandait que cette élimination tombât sur les catholiques qui émigraient peu ou point du tout, plutôt que sur les protestants qui ne demandaient qu'à sortir du royaume, »
Mais, chez Richelieu, le controversiste catholique, l'évêque de-Luçon, chargé de la pourpre romaine, fil tort souvent au jugement de l'homme d'Etat. Dès 1625, à l'instigation des jésuites, Richelieu avait accueilli le projet d'une dissolution de l'ancienne Compagnie, en majorité composée de protestants, et de la formation d'une Compagnie nouvelle, où l'on n'accueillerait que des catholiques. En 1627, cette Compagnie nouvelle se constitua, au capital de 300,000 livres, et prit le nom de Compagnie des cent associés. Le cardinal de Richelieu, « grand-maitre, chef et surintendant généal de la navigation et du commerce de France », figurait lui-même à sa tête, avec le marquis d’Effiat, surintendant des finances, le commandeur de Razilly, Vabbé de la Madeleine, ete. Champlain, ainsi que plusieurs marchands de Paris, de liouen, de Dieppe et de Bordeaux, avaient été admis à figurer parmi ses membres. Toutes les anciennes concessions de charges et de terres furent révoquées. La nouvelle Compagnie recevait, sous la seule réserve de la foi et hommage au roi, la pleine souveraineté sur « tout le pays de la Nouvelle-France, y compris la Floride, que les rois prédécesseurs de Sa Majesté avoient fait habiter, et