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mandant catholique pour conduire ses vaisseaux. Le P, Noyrot, procureur des missions de l'ordre, le P. Caron, le P. de Nouë, un autre encore, passèrent au Canada, avec vingt hommes engagés à leur service. En 1627, le P. Novrot, rentré en France, fit fréter un autre navire pour porter de nouveaux secours à la mission. De Caën prit ombrage de cet armement, et comme il avait à se plaindre du procureur des jésuites, il fit arréter le vaisseau pendant qu’il était encore à l'ancre. Les jésuites poussérent les hauts cris, firent jouer les influences qu’ils possédaient à la cour, et exploitèrent habilement les haines qu'ils avaient su attirer contre les protestants et qui, à ce moment même, allaient se décharger dans l'expédition contre La Rochelle !,
l Écoutons Michelet (Hist. de France), tome XIE, p. 285 :
« ILest fort intéressant de voir l'art persévérant, ingénieux et varié dont ces Pères, depuis 1610, travaillaient les protestants. Ils n'y cmployaient plus la pointe, comme en l'autre siècle, mais plutôt le tranchant du fer, un tranchant mal affilé qu'ils promenérent, douze ans durant, à la gorge des victimes, voulant préalablement lrrilier, démoraliser, abètir et désespérer, mais lentement égorciller, saigner d'un petit coutelet. Et les excellents bouchers ne mirent le fer dans le cœur que quand le patient, déjà affaibli, défaillit et tournait les veux.
« Les protestants étaient l'objet d’une antipathie croissante, Ils fuisaient tache en ce temps d’une France toute nouvelle, Ils avaient l'air d’une ombre arriérée du XVIe siècle, Ils étaient tristes et peu galants, faisant exception à la loi générale du XVIe siècle : luniversalité de l’'adultère, aux mœurs loyales où chacun se pique de tromper son intime ami.
« Autre défaut. Seuls, ils gardaient quelque esprit public, un reste d'attachement pour le gouvernement collectif, le gouvernement de soi pur soi (self government). La France, qui avait abdiqué, s'ennuyait de les voir encore attachés à ces vieilleries. Elle ne voulait plus qu'un bon maitre,
« Troisiéme défaut, Les protestants avaient le tort de voir clair,
Fatale expédition qui, en détruisant le dernier boulevurd de la Réforme, saigna la France à blanc et lui enleva le plus clair de sa substance, au point de vue de son commerce, de sa richesse et de sa suprématie maritime, comme au point de vue des idées d’indépendance ou, comme nous dirions aujourd'hui, d’autonomie municipale, provinciale! La Rochelle anéantie, c'est la dernière ville libre, la dernière commune de France qui disparait, La digue de Richelieu ferme le plus actif, le plus riche de nos ports de commerce, le
de voir que l'Espagne gouvernait la France, que Marie, Goncini, Luvynes, n'étaient qu'une cérémonie, TI distinguaient très bien, derrière ces ombres changeantes, un petit nombre d'étrangers, de vieux ligueurs et de jésuites ; pour âme, le confesseur du roi.
« Le jour de la mort d'Henri IV, chacun croyait qu'il v aurait massacre à Paris. Un jésuite même, en chaire, le conseilla, ou regretta qu'il m'eût pas eu lieu. Dès l'année suivante (1611), on commença à organiser dans les villes catholiques du Poitou et du Limousin et aussi à Saintes, à Orléans, à Chartres, de vives pamques, en criant : « Voilà les huguenots qui arment et qui vont vous « massacrer !» Furieux de peur, les catholiques armaient et voulaient tuer tout. Toujours le même moyen qui avait réussi dans toutes les Saint-Barthélemy du XVI2 siècle !
« Les protestants auraient été fous S'ils n'avaient pas pris des précautions. Ils n'avaient nulle précaution à attendre d'un gouvernement dominé pus l'Espagnol qui eût voulu le massacre. Is recoururent à eux-mêmes, rétablirent les institutions de défense qui seules les avaient sauvés autrefois... Gette organisation de défense, quoique fort mal exécutée, imposa au parti massacreur. Mais elle lui donna une bien belle occasion de calomnier les protestants et de les faire prendre en haine. Ils voulaieut une république, ils faisaient un Etet dans l'Etat, etc., etc. C'est ce qu’on répète encore, s:ins aucune réflexion sur la nécessité terrible qui fit et exigea cela. Chose monstrueuse, en effet, coupable. horriblement coupable! Ils voulaient vivre, ils voulaient sauver leurs femmes et leurs enfants ! »
Il faut lire tout ce chapitre de Michelet, sur une des époques où les opinions de convention ont le plus dénaturé la vérité historique.
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