‹ Histoire du Canada et des Canadiens français de la découverte jusqu'à nos jours [microforme]Chapitre 18 sur 54 · LA · texte numérisé non relu

LA

DAS © €<° #; e<

Il concéda à Charles Delatour les anciens postes du cap Sable, au sud de la presqu'ile, où il avait autrefois fixé sa résidence, et le bassin du fleuve Saint-Jean (aujourd'hui Nouveau-Brunswick), territoire riche en lourrures, où il s'était porté de préférence dans ces derniers temps, et où il construisit alors, au lieu nommé Jemsek, un fortauquel il donna le nom de fort Delatour:. Nicolas Denvs, négociant entreprenant et industrieux qui s'était attaché à la fortune de Razillv, reçut en liel les côtes du golfe Saint-Laurent, depuis le détroit le Canceau jusqu’à la baie des Chaleurs. La seigneurie de Port-Royal et de ses alentours était réservée pour un autre des compagnons du commandeur, Charles de Menou, seigneur d’Aulnay, issu d’une des familles les plus nobles du Bas-Berry. Quant à la Ilève el à ses dépendances, Razilly se proposait de les donner en fief, sous la suzeraineté du roi de France, à l'ordre de Malte, dont il était un des commandeurs !. Sa mort, survenue en 1036, vint malheureusement interrompre ses projels en donnant lieu, entre Charles d'Aulnuy el Delatour, qui furent nommés ensemble lieutenants gouverneurs pour l’Acadie (10 février 1658), à des conlestations et à des rivalités dont on verra plus loin les ficheux effets pour la colonie,

En mème temps que Razilly se faisait rendre l'Acadie, Emery De Caën reprenuit possession du Canada au nom de la France, le 13 juillet 1632. Les colons français restés dans le pays saluèërent avec émotion le rétablissement du pavillon français sur les murs de leur habitation, récemment noircis pur un incendie, et

ameau, Op, cit, p, 79 et 74.

AD LR ES

quoi ble, :

d'un passa liver c (l'Ang pays.

L'an ses loi:

de ses enmen enseml] colons, des arn flotte n qui ava due du | des mai Montas que les son cout humeur cher qu’ Champl:

on donn porte le ment for donner n

! Edition yeux, 2 « Les

qu'il sort dd

es du autret-Jean he en es derommié Latour.

strieux eut en détroit neurie ie pour rles de iles les el à ses en fief, ‘dre de i mort, ompre Inuy el

Lenants

es CONoin les

l'Acaanada colons tion le rs de

quoique leur situation à ce moment fût assez misérable, ils se consolérent, dès lors, par la perspective d'un meilleur avenir. « Quand on est en un mauvais passage, écrivait à ce sujet le P. Lejeune, il s’en faut liver comme on peut; c'est beaucoup qu'un tel hôte (l'Anglais) soit sorti de notre maison et de lout le pays. » |

L'année suivante, Champlain, qui avait employé ses loisirs en France en publiant une nouvelle édition de ses Voyages', partit de Dieppe, le 23 mars, emmenant trois vaisseaux armés de canons et portant ensemble deux cents personnes, tant malelols que colons, dont trois femmes, outre des marchandises, des armes et des provisions en abondance. La petite flotte mouilla devant Québec le 23 mai. Champlain, qui avait le litre de lieutenant-général dans toute l’étendue du fleuve Saint-Laurent, reçut le commandement des mains d'Emery De Caën. Les sauvages, Hurons et Montagvais, l'accueillirent avec presque autant de joie que l2s Francais. Il leur plaisait non seulement par son courage, mais encore par sa gaité et sa bonne humeur, Pour assurer le succès de la traite et empècher qu’elle ne se maintint aux mains des Anglais,

| Champlain établit un petit fortin dans un ilot, auquel

on donna le nom de Richelieu, en haut du rapide qui porte le même nom encore aujourd’hui ; il fit égale-

M ment fortifier le poste des Trois-Rivières, qui devait

donner naissance à une ville assez importante ?,

{Edition yeux.

? « Les François ont nommé ce lieu les Trois-Rivières pour ce qu'il sort des terres un assez beau fleuve, qui se vient dégorger dans

de 1632, C'est celle que nous avons eue sous les

86 YISTOIRE DU CANADA

A ce moment, un courant d'émigration assez prononcé se manifestait principalement dans nos provinces de la Normandie et du Perche. De Dieppe, de Rouen, de Honfleur et de Cherbourg, quelques jeunes gens partirent pour tenter fortune sur les bords du Saint-Laurent, et entrainèrent plus tard tout ou partie de leurs familles. L'un des principaux agents de ce mouvement d’émigration fut un sieur Giffard, originaire de Mortagne, qui avait déjà visité le Canada comme marin attaché aux vaisseaux, et à qui la Compagnie de la Nouvelle-France avait concédé la terre de Beauport, à quelque distance en aval de Québec. Giffard décida des artisans et des laboureurs percherons à partir avec lui pour aller exploiter sa seigneurie, || s’obligea à leur distribuer des terres, en leur imposant des conditions faciles, Un charpentier, nommé Cloutier, eut le fief de la Clouterie ; un macon, nommé Jean Guyon, recut le fief du Buisson, etc. Plusieurs autres censitaires vinrent ainsi se grouper autour du châtelain de Beauportet formérent un établissement qui prospéra.

À la même époque remonte la fondation du premier collège du Canada, on peut dire même de l'Amérique du Nord — car celui de Harvard, fondé par les puritains, près de Boston, ne date que de 1638. — Un jeune gentilhomme picard, René de Rohault, fils du marquis de Gamache, avait légué, dès l’année 1626, une somme de 16,000 écus d’or pour cet objet. Les Jésuites recurent cette samme et, à la fin de 1635, firent com-

la grande rivière de Saint-Laurent par trois principales embouchure causées par plusieurs petites isles qui se rencontrent à l'entrée de c* fleuve, nommé des Sauvages Metaberoutin.» Relation de la Nour: velle-France en l'année 1635, par le P. Lejeune, p, 63.

menc Ch:

de sa voir | 1635, memh Ja Not Québe mort ( de qui furent la pers soldat, un gra tion, d nieux épineu constar plus gr tre-tem V'ESSÉ p pour le ses a d'honné moires, un hor fidèle e altentio un habi

Aprè, fort, co

z prorovin- Je, de jeunes rds du partie de ce origi- Canada a Comerre de 2e. Gilcherons eurie. Îl nposant \é Cloumé Jean s autres hâtelain "OS pra.

premier érique es purin jeune marquis : somme Jésuites ant com-

bouchures trée de ce e La Noir

mencer les travaux pour la construction du collège.

Champlain assista aux débuts de cette restauration de sa chère colonie, mais ne vécut pas assez pour en voir les développements. Frappé, durant l’automne de 4635, d’une paralysie qui lui enleva l’usage de ses membres, celui qu’on a justement appelé « le Père de la Nouvelle-France », mourut peu de temps après à Québec, le jour de Noël de cette même année 1635. Sa mort excita d’universels regrets, et les Indiens, à côté de qui il s'était plus d’une fois si bravement battu, ne furent pas les derniers à manifester leur douleur. En la personne de ce hardi explorateur et de ce vaillant soldat, le Canada fit une perte inappréciable. « 11 avoit un grand sens, écrit Charlevoix, beaucoup de pénétration, des vues fort droites, et personne ne sut jamais nieux prendre son parti.dans les affaires les plus épineuses. Ce qu'on admira le plus en lui, ce fut sa constance à suivre ses entreprises, sa fermeté dans les plus grands dangers, un courage à l’épreuve des contre-temps les plus imprévus, un zèle ardent et désintéressé pour la patrie, un cœur tendre et compatissant pour les malheureux, et plus attentif aux intérêts de ses amis qu'aux siens propres, et un grand fonds d'honneur et de probité. On voit, en lisant ses Mémoires, qu'il n’ignoroit rien de ce que doit savoir un homme de sa profession : on y trouve un historien fidèle et sincère, un voyageur qui observe tout avec attention, un écrivain judicieux, un bon géomètre et un habile homme de mer. »

. Après un court intérim rempli par M. de Châteaulort, commandant au poste des Trois-Rivières, M. de

Montmagny, chevalier de Malte, fut nommé au gouvernement de la Nouvelle-France, avec le titre de lieutenant-général du roi. Il prit possession de ses fonctions le 11 juin 1536. Quelques familles nobles, venues de Normandie, le suivirent de près, entre autres les familles Legardeur de Repentigny et Leneuf de la Poterie, qui ne comptaient pas moins, entre elles deux, de quarante-cinq personnes, Un sieur Juchereau, de la Ferté, amena aussi avec lui nombre d’émigrants du Perche et de l'Ile-de-France.

L'arrivée de ces nouveaux colons donnait un peu d'animation à Québec. M. de Montmagny dressait luimême les plans de la ville et fixait les nouveaux alignements. Un fort de pierre, le château Saint-Louis, allait remplacer les ouvrages de terre ou de macçonnerie grossière de Champlain. Un jésuite, le P. Lejeune, écrivait dans sa Relation : « Nous commencons à voir l'ouverture de quelques campagnes, par les défrichements qu'on fait en divers endroits. Les familles qui passent chaque année changent la barbarie des Sauvages en la courtoisie naturelle aux François ?... Nous avons de très honnêtesgentilshommes, nombre de sldats de façon et de résolution... La diane nous réveille tous les matins ; nous voyons poser les sentinelles. Le corps de garde est toujours bien muni; chaque escouade a ses jours de faction : en un mot, notre forteresse de

4 Lorsque les Indiens demandèrent le nom du nouveau gouverneur, on leur répondit qu’il s'appelait Grande-Montagne (Mons magnus), en leur langue Ononthio. Ils continuèrent, dans la suite, à denner ce nom à tous les gouverneurs français ; le roi de France fut désigné par le nom de Grand Ononthio (Charlevoix, Bibaud).

2 Relation de ce qui s’est passé en la Nouvelle-France en l’année 1635. Paris, chez Sébastien Cramoisy, 1636.

Quélbie import qui ne s'étonn tant d’e

D'aul de se d Visitanc donnât mission que vou Pére jés ter dan que dir Majesté sions bi VEP, D» —

le P, Lej

ordres q

mière dk

: l'Océan € } veuve de tôt fonde

guillon, | fonds pot command à Rome,

hourgade sés qui c

1 Relatior 3 Relatior

LA NOUVELIS FRANCE 8a

gou- Québec est gardée dans la paix, comme une place re de importante dans l’ardeur de la guerre... Nos sauvages, le ses D qui ne sont pas de grands adinirateurs de l'univers, bles, s'étonnent, disent-ils, de voir tant de capitaines et autres D jant d'enfants de capitaines !, »

l de la D'autre part, tous les couvents de nonnes parlaient deux, B de se déverser sur le Canada. Carmélites, Ursulines, au, de DS Visitandines, Hospitalières suppliaient « qu'on leur nts du donnât part aux souffrances qu'avaient à endurer les missionnaires parmi les nations sauvages. » — « Il faut nm peu que vous sachiez, écrivait l’une de ces religieuses à un it lui- BN Pire jésuite, que la Nouvelle-France commence d'enaligne- D rer dans les esprits de plusieurs personnes... [élas ! Louis, que diriez-vous, mon Révérend Père, si la divine conne- 5 Majesté disposait les affaires en sorte que nous eusjeune, D sions bientôt le courage et le moyen de vous aller trouà voir D ver,» — « 11 y en a tant qui nous écrivent, rapporte riche- le P, Lejeune ?, et de tant de monastères et de divers ss qui D ordres que vous diriez que c’està qui se moquera la pre- Sau- micre des difficultés de la mer, des mutineries de . Nous ES l'Océan et de la barbarie de ces contrées. » Une jeune le sl-

veuve de condition, Madame de la Peltrie, allait bienà tôt fonder le couvent des Ursulines. La duchesse d’Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu, envoyait des fonds pour la fondation. d’un Hôtel-Dieu à Québec. Le commandeur de Sillery, ancien ambassadeur de France à Rome, établissait, à quelques milles de Québec, une

éveille es. Le ouade sse de

TOUVEl- : À : PEER (Mons bourgade qui prit son nom, pour les Indiens christiania suite, sés qui consentiraient à mener la vie sédentaire, Un France k aud).

l'an- 1 Relation de 4626.

3 Relation de 1635, p: 5.

fort destiné à prévenir les incursions des Troquois fut élevé au confluent de la rivière de Sorel. Enfin, par les soins de M. de Maisonneuve, gentilhomme champenois, agissant pour le compte d’une association dévote dont M. Olier, le fondateur de Saint-Sulpice, était l’âme, Montréal commença à s’élever dans l’île de ce nom. Une cinquantaine d'hommes et quelques femmes y furent installés (1642) et mis sous la protection de la sainte Vierge, La nouvelle ville devait s'appeler Ville. Marie; mais le nom de Montréal (Mont-Royal) prévalut. Le premier soin des habitants fut de bâtir, avec des pieux et des palissades, un petit fort en terre dans l'endroit même que Champlain avait désigné trente années auparavant.

Malheureusement, ce heau feu de colonisation se ralentit vite. La Compagnie des Cent-Associés, ne trouvant pas sans doute dans le commerce des pelleteries et dans l'exploitation du sol les ressources qu’elle avait espérées, se désintéressait de la colonie. Les immigrants, à qui l’on demandait un brevet de « bon catholicisme », se faisaient de plus en plus rares ; si bien qu’en 1642, la population européenne ne dépassait pas encore 200 âmes ! On peut voir ici quelle faute avait commise Richelieu en fermant aux Huguenots les portes de la Nouvelle-France. Eux seuls, — car les persécutions qui préparaient déjà la révocation de l'édit de Nantes leur rendaient l’émigration désirable — eussent pu peupler en grand nombre la Nouvelle France, s’ils y avaient trouvé, selon les vues d'Henri IV, une nouvelle patrie plus hospitalière que l’ancienne. Et c’était eux qu’on excluait, dans le même temps où les colonies puritaines de la Nouvelle-Angleterre se

fortifi:

forts!

de vin le non du M:

Les impru dange:

par la les ter quois mières ser. À les, ils pour le furent pes; leurs c parmi lies et P. Lale après € propre la «na autrefo les atta saient d’embu même jusqu'a

1 C'éta

quois fut , par les champen dévote ce, était le de ce femmes ion de la v Ville- 1) prévaavec des re dans é trente

ation se ne trouleteries elle avait 3 immipn catho- ; Si bien ssait pas te avait nots les

car les ation de irable — ouvelleenri IV, ncienne.

emps où eterre Se

LA NOUVELLE FRANCÉ M

fortifiaient chaque jour par l'arrivée de nouveaux renforts! Un auteur contemporain n'’estime pas à moins de vingt mille pour une période de dix ans (1627-1637) le nombre des colons qui passèrent ainsi sur les côtes du Massachussets ou du Maryland.

Les Iroquois, que Champlain avait autrefois un peu imprudemment provoqués, devenaient d’ailleurs un danger sérieux pour la colonie. Le fort Richelieu (nommé par la suite Sorel), que M. de Montmagny fit bâtir pour les tenir en respect au débouché de la rivière des Iroquois (rivière Richelieu), devint l’objet de leurs premières agressions et on eut quelque peine à les repousser. À chaqueinstantet sous des prétextes souvent futiles, ils « levaient la hache » quitte à « l’enterrer » ensuite pour la relever un peu plus tard. Nos alliés, les Hurons, furent les premières victimes de leurs incursions sauvages; mais les Français ne demeurèrent pas à l'abri de leurs coups. Les missions que les jésuites avaient établies parmi les tribus huronnes furent plus d’une fois assaillies et détruites. En 1649, le P. de Brébeuf ! et le P. Lalemant, saisis par ces ‘forcenés, furent brûlés vifs après d’atroces tortures. Les Iroquois, exaltés par leur propre fureur, exterminèrent tout ce qu’ils purent de la «nation huronne », et firent un désert d’un pays autrefois populeux. Nos forts seuls purent tenir contre les attaques de ces bandes dangereuses qui connaissaient toutes les ressources de la guerre de bois et d'embuscades. Les laboureurs ne pouvaient s’aventurer même à proximité des habitations, sans être armés jusqu'aux dents; encore étaient-ils souvent, malgré

1 C'était l’oncle du traducteur de la Pharsale.

nm HISTOIRE PTT CANADA

leurs armes, surpris et assassinés, Le commandant des Trois-Rivières, M. Duplessis-Bochart, officier de valeur, fut tué dans une sortie qu’il faisait contre eux.

Nous ne saurions raconter par le menu l’histoire de ces longues hostilités qui étaient moins des guerres que des chasses à l’homme. Les romans de Fenimore Cooper rendent plus exactement que ne le peut faire l'histoire, la physionomie de ces épopées de la forêt, faites de surprises, d'alertes perpétuelles, où les sauvages tour à lour scalpaient les chevelures de leurs ennemis où fumaient avec eux « le calumet de la paix ».

Les gouverneurs, pendant ce temps, se suecédaient à Quéhec de trois ans en trois ans: M. d’Ailleboust après M. de Montmagny (1648-1651); M. de Lauzon et son fils M. de Lauzon-Charny, après M. d'Ailleboust (1651-1657); M. d’Argenson après M. de Lauzon! (1658-1661) ; M. d'Avaugour après M. d'Argenson (1661-1663); M. de Mézy après M. d’Avaugour (1663- 1665); tous gentilshommes de marque et de bravoure incontestée, mais obligés, par le petit nombre de leurs hommes, de se maintenir sur une stricte défensive el de restér les spectateurs le plus souvent impuissants de l’extermination de leurs alliés sauvages.

En 1648 ou 1649, sous l’administration de M. d’Ailleboust, les premiers rapports de voisinage commencèrent à s'établir entre le Canada et les colonies de la Nouvelle-Angleterre. Winthrop, gouverneur du Massachussets, envoya à Québec un délégué chargé de proposer un traité d’alliance et de commerce entre les

4 Il y eut pendant quelques mois un intérim que M. d’Ailleboust remplit avec le titre d'administrateur (1657-58).

Page 1