‹ Histoire du Canada et des Canadiens français de la découverte jusqu'à nos jours [microforme]Chapitre 33 sur 54 · EE · texte numérisé non relu

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Ouest de Pile de Terre-Neuve (mais sans le droit de fonder sur ces côtes d'établissements fixes).

Mais ce n'est pas tout, et par le même Braité, France cédait à l'Espagne, en compensation des pertes auxquelles elle Pavait entrainée par suite du pate de famille, outre Minorque que nous avions prise sur les Anglais, la Louisiane qui ne comptait sans doute encore que peu de colons, mais qui valait pourtant là peine d’être conservée !. Ainsi tout l'hémisphère américain se trouva partagé entre les Anglais et les Espagnols, Ainsi encore disparut la « Nouvelle France » d'Amcrique qu'avaient voulu constituer et développer les François 1”, les Coligny, les Champlain, les Poulrincourt, les Flenri IV, les Richelieu, les Colbert, tous er. cénies Si éminemment francais. Elle suecomba vieline du nombre, victime surtout de l'impéritie el des folies d'un gouvernement déshonoré, Elle suecombit en léguant à la vieille France, dont les évènements ha séparaent ainsi brutalement, le souvenir de tout in passé glorieux de découvertes, d'aventures, de batailles, de vaillantises de toute nature, qui ont ajouté de si nobles pages au livre d'or de la vieille race Gauloise. Mais retenons aussi de cette histoire cette lecon que, plus que personne peut-être, nous avons besom de nous répéter constamment à nous-mêmes: c'est que l'esprit d'entreprise, la valeur personnelle, les qualités brillantes et chevaleresques, les dons d'un con

tion sédentaire est surtout composée d’Acadiens français, et prive aux encouragements accordés par la métropole, ces expédition sont incessamment accrues,

4 La Louisiane devait revenir à la Franee en 1701, pour être cédéc en AT, aux Etats-Unis, contre la somme de RO millions de front

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énéreux et bouillant ne valent pas, pour les succès définitifs, durables, les qualités plus modestes de la persévérance, de la suite dans les entreprises, de la enacité au travail, de l’opiniätreté dans l'effort ! est bien évident, pour qui relit ces annales des volonies anglaises et francaises sur le sol du Nouveau- Monde que la France, avant mis pied sur ce continent ant l'Angleterre, à qui elle était d’ailleurs fort supérieure, il Y a trois siécles, en puissance, eût pu gagner h partie dans cette bataille où se décidait probablement celte question capitale de savoir à laquelle des hanches de là famille humaine appartiendra la suprémale de lunivers. Que lui eñtil fallu pour cela? utretenir avec soin sa marine militaire et marchande le facon à pouvoir défier sur mer toute puissance ile: favoriser le mouvement de colonisation qui se srul volontiers porté vers PAmérique française, sur-

out pendant Père des persécutions religieuses : cueillir les huguenots au lieu de les pourchasser el de les tuer: en dernier lieu et quand il ne fut plus possible d'éviter la lutte avec les Anglais, soutenir au noms par des secours moins insuffisants les généraux qu conduisaient cette lutte, tâcher de reprendre lPa- ‘ance perdue et établir à titre de colons sur les bords du Mississipi et de l'Ohio ces milliers d'hommes qu’on envoyail périr chaque année dans les guerres de Holande où d'Allemagne, employer là les millions en- Joulis dans les constructions dispendieuses de Versilles ou, plus tard, dans les orgies du Pare-aux-Ceris. ILest bien possible que cette Nouvelle-France ainsi

ondée au delà des mers se serait un jour séparée de

“Unére-patrie, comme Île firent vingt ans plus tard les

colonies anglaises devenues les Etats-Unis d'Ami. rique. C'est la destinée des peuples comme des indivi. dus que devenus grands, «ils quitteront leur père « leur mère ». Mais qu'importe? C’eût été toujours | France avec sa langue, instrument si parfait el si pri. cis de la pensée, de la philosophie, du droit, des bel. les-lettres, la France avec une religion peut-être c une civilisation supérieures, la France avec son gran cœur, lutrice bienveillante et non destructrice de | race américaine, de la race rouge Ja France, qui ne se fût jamais accomodée d’une législation esclavagiste, une France fille de la nôtre et qui eût probablement mieux valu que l’ancienne.

C’est la ce que ne comprit jamais Voltaire qui Sac commoda si aisément de la perte des « glaces » tn Canada. C’est ce que ne comprirent ni Bernis, n Choiseul, ni les autres ministres de cette triste con de Louis XV. Ils se consolèrent peut-être avec la pen. sée « que les colonies anglaises, animées par la victoire, et n'étant plus contenues par la crainte des Français et le besoin d’un appui », se révolteraien bientôt contre leur métropole et contre les gênes qui étouffaient leur commerce et leur industrie. € Mai, remarque justement M. Laboulaye !, si ce fut la pensée qui décida M. de Choiseul à signer abandon du (ir nada, quelle fausse et médiocre politique ! Sans doute il était bien de prévoir que les colonies, en granilis sant, se détacheraient de l'Angleterre et briseraient tn jour sa toute-puissance maritime; mais ce qu'il élai

1 Article sur le 4r vol, de l'Histoire de la révolution am

caine, de Bancroft, inséré dans le Journal des Débats (ti mui 1859.

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axé de comprendre, c'est que dans cette immense kerritoire s'établirait bientôt un empire aussi grand et

aussi peuplé que l'Europe, et un empire anglais de mœurs, d'idées, de langage, de religion. Un homme l'Etat eût risqué la France pour sauver le Canada et conserver à la civilisation française une part du nouveau continent. Céder, c'était signer l’affaiblissement de notre race; la part que la France à prise à la révolution d'Amérique a bien pu laver son injure, mais elle n'a pas relevé sa puissance abattue, »

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