‹ Histoire du Canada et des Canadiens français de la découverte jusqu'à nos jours [microforme]Chapitre 42 sur 54 · J0S HISTOIRE DU C · texte numérisé non relu

J0S HISTOIRE DU C

lions fermaient les ports du Ca seaux qu'à ceux de la marine Canada put importer des ma directement ses produits. La anena dans le Saint-Laurent de français, allemands et autres.

mème époque avec le gouver permit aux Canadiens de recev chandises destinées aux États-l par les Etats-Unis les march portation. Ainsi le Canada de indépendant, tant au point de point de vue politique, de la m ce régime nouveau, son industi devaient pas tarder à prendre C'est encore en cette année langue française fut officielleme libérations du Parlement can:

judiciaires. Lord KElgin pouss:

prononcer lui-même le discou langue francaise. L’'émotion fi occupés pur les députés de rac sens heureux et soulagé, s’écris d'entendre dans ma langue les

trone! »

On comprend que ces conces terre, que ces conquêtes préc Canadiens francais désormuai:

d'égalité parfaite avec les Angla à la tête du cabinet, aient dés et produit une détente général

ntles ports du Canada it tous autres Vaiseux de la marine anglaise. Désormais le importer des marchandises et exporter ses produits. La liberté de la navigation le Saint-Laurent des vaisseaux américains, emands et autres. Un traité conclu à la ue aveu le gouvernement des Etats-Unis “inadiens de recevoir en douane les miatstinées aux États-Unis et de faire passer Unis les marchandises destinées à l’ex- Ainsi le Canada devenait de plus en plus , tant au point de vue commercial qu'int e politique, de la métropole anglaise : Sous ouveau, son industrie et son commerce ne $ tarder à prendre un nouvel essor.

ore en cette année 1849 que l'usage de la aise fut officiellement rétabli dans les dédu Parlement canadien et dans les actes Lord Elgin poussa lt courtoisie jusqu'à lui-même le discours de li couronne el œuise, L'émotion fut grande sur les bancs r les députés de race française. «Que je me ux et soulagé, s’écria le vénéruble M. Viger, dans ma langue les paroles du discours du

rend que ces concessions faites par l'Angle-

ces conquêtes précieuses obtenues pur les francais désormais placés Sur un pied rfaile avec les Anglais et voyant un des leurs | cabinet, aient désarmé bien des rancunes une détente générale dans les dispositions

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de toute celle population de race et de Tangue francaises, qui après avoir si longtemps lutté ee ses droits les plus élémentaires, voyait maintenant dé indépendance et ses libertés assurées. | L'erreur de M. Papineau — le vieux combattant de toutes les luttes libérales, que la reconnaissance de ses concitoyens venait de renvoyer au Parlement, — fut de ne pas s'associer, à ce moment, à cette détente universelle et de conserver dans une situation toute nouveile l'attitude et le langage, les passions et les défiances d'autrefois. Au lieu de reconnaitre les avantages déjà obtenus sur le terrain constitutionnel et de lite dé pe à ceux de MM. Lafontaine, Caron et autres ei ächaient de tirer des institutions en vigueur e qu'elles pouvaient donner, pour au de . à plus la condition de la race francaise au Carat et rettresser ses derniers griefs, M. Papineau s'obstinalt à dénoncer l'Acte d'Union de 1841, au moment même où — par suite de l'accroissement de la population du Haut-Canada, qui promettait de dépasser sous peu celle du Bas-Canada, — le vice originel de la constitution, l'inégalité qu'elle consacrait dans la représentation des deux provinces, allait disparaitre ou même profiter à la province inférieure. En homme qui « n'a rien oublié, ni rien appris », il se posait en tbdüricten de labsolu ; il citait en exemple les nations d'Europe alors travaillées, à la suite de notre République de 1848, de la fièvre des révolutions; il attaquait, il harcelait le ministère Lafontaine-Baldwin, lui épro. chant de trahir les principes qui l'avaient porté au pouvoir et laissant entendre que, pour son compte personnel, il préférerait l'annexion à la grande Répu-

bliqre voisine, à un état de choses où le Canada framcais n'aurait pas sa complète autonomie.

Mais celte attitude de l'ancien tribun populaire ne correspondait plus à la situation, non plus qu'aux senliments de la grande majorité de la population d'origine française. Aussi cette voix, qui soulevait autrefois des orages, n'éveillait-elle plus que de rares échos: presque isolé dans le Parlement, son influence allait aussi diminuant «après de ses concitoyens. Le temps était à la conciliation, non aux luttes, ni à la discorde.

Une mesure de haute équité, prise par le Parlement sur l'initiative du Cabinet, vint cependant réveiller, un moment, la violence des partis et raviver le feu des haines de race qu’on croyait éteint. On se souvient que les habitants du Bas-Canada avaient vainement réclamé, sous le ministère précédent, leur part des indemnités accordées à leurs voisins du Haut-Canada en réparation des dommages causés par l'insurrection de 18437- 1838. Le ministère Lafontaine-Baldwin — qui avait déjà obtenu de la couronne une amnistie générale pour les personnes impliquées dans l'insurrection — voulut panser aussi ‘es blessures matérielles de cette crise et proposa d'affecter 100,000 livres sterling, en vue d’indemniser les victimes innocentes de la guerre civile. Les conservateurs du Haut-Canada poussèrent les hauts cris, et voyant là un moyen de reconquérir l'influence qu'ils avaient perdue dans leur province, ils firent de l'agitation autour de cette mesure et réveillèrent les jalousies et les inimitiés de race encore mal assoupies, en prétendant que le ministère voulait récompenser les « rebelles français » et punir, du même

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coup, les « loyaux » de leur dévouement à la métropole. Les discussions furent vives dans le Parlement et ce fut le tour des Anglais de menacer de se joindre aux États-Unis, si on ne faisait pas droit à leurs réclamations. « Les Taut-Canadiens, disait sir Allan Mac Nab se plaignent d’être aujourd'hui placés sous la domination de maitres français. J'avertis le ministère du danger; je l’avertis que sa conduite est propre à jeter le peuple du Haut-Canada dans le désespoir, et à lui faire penser que, s’il doit être gouverné par des étrangers, il lui serait bien plus avantageux d’être gouverné par un peuple voisin et de même race, plutôt que par des hommes avec qui il n'a rien de commun, ni le sang, ni la langue, ni les intérêts. »

Malgré ces clameurs la proposition du gouvernement fut votée à une forte majorité (48 voix contre 23); mais les excitations passèrent de la tribune du Parlement dans le pays et amenèrent en plusieurs endroits de resrettables collisions entre les Canadiens des deux origines. À Belleville, les deux partis en vinrent aux mains et sans cause. À Montréal même, une bande d’Anglo- Saxons fanatiques assaillit le gouverneur, lord Elgin, à sa sortie du Parlement où il venait de sanctionner l'acte réparateur, en lançant sur lui et sur son escorte des pierres et des œufs pourris. Après cet exploit, qui heureusement n’entraina pas d’accidents graves, la bande se retourne contre le palais du Parlement, fait le siège de l’édifice et lance une grèle de pierres dans la salle que les députés abandonnent en désordre. Les émeutiers pénètrent alors dans la salle, brisent les pupitres el les fauteuils, maltraitent les députés qu'ils rencontrent et proclament, de leur autorité propre, la dissolu-

“et

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tion du Parlement. Au même moment une main eriminelle allumait l'incendie; et l'édifice tout entier du Parlement, y compris les archives et la bibliothèque qui contenait vingt-deux mille volumes, devenait la proie cles flammes (25 avril 1849).

L’émeute fut bientôt réprimée et quelques arrestations eurent raison de ces forcenés. Montréal perdit, à ces troubles, son rang de capitale, et l'Assemblée léoislatives vota une adresse au gouverneur, lui demandant! de convoquer la législature alternativement, de quatre ans en quatre ans, à Québec et à Toronto. La session en cours s’acheva à Toronto. Il fut convenu que Québec aurait le Parlement pendant les quatre années suivantes.

Cette agitation passa vite, comme ces torrents qui tombent en grondant des montagnes, qui menacent, pour un moment, de tout engloutir sur leur passage et qui, rentrés ensuite dans leur lit de cailloux, offrent à peine un mince filet d’eau. Le filet d’eau fut iei un manifeste, signé par quelques centaines d’ultra-conservateurs, d’'Américains, de Canadiens-Françaisdémocrales, de commerçants ruinés par le changement de régime commercial, et déclarant que le seul remède aux maux du pays était une séparation amicale et paisible d'avec l’'Angieterre et une union conclue, sur de justes bases, avec les États-Unis, MM. Papineau, Dorion, J. de Witt, membres du Parlement, ainsi que les rédacteurs du Courrier, de l'Avenir et du Moniteur canadien, organes démocratiques de Montréal, étaient parmi les signataires de ce manifeste. On s’en émut un moment en Angleterre, mais il parut bientôt, aux élections partielles qui suivirent, que les chefs de ce mouvement

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LES GANADIENS FRANCAIS 395

avaient peu d'attaches dans le pays, et depuis lors le parti <annexionniste », vivement combattu par les orsanes conservateurs et catholiques, ou cessa d'exister, ou jugea plus prudent de dissimuler ses aspirations,

Le calme rétabli, le ministère Lafontaine-Baldwin put continuer, avec le concours du Parlement, sa poli-

tique d'améliorations et de réformes sages et progressives, Une loi dota les deux Ganadas d'un meilleur régime judiciaire : le régime municipal fut, de son côté, heureusement modifié, et des droits plus étendus, dans l'administration de leurs affaires locales, furent donnés aux districts et aux paroisses; les écoles furent multipliées, sous le régime du principe confessionnel, c’est-idire de la distinction entre les divers cultes; le contrôle des postes rendu à la province eten même temps le tarif des lettres diminué; un vaste système de canaux, destiné

faciliter dans les passages difficiles (sauts et rapides), la navigation du Saint-Laurent, s'achevait à la même époque. € À la fin de l’année 1850, dit un auteur canadien-francais!, le Canada se trouvait dans une excellente position ; son commerce devenait de plus en plus lorissant; près de cent navires étrangers, profitant des avantages accordés par les nouvelles lois de navign-

lion, avaient visité les ports canadiens, Les canaux de ki province venaient d’être achevés et livrés à la circulation commerciale ; plusieurs chemins de fer étaient en voie de construction; en outre, une abondante récolte avait amené, en 1850, la prospérité dans les cam-

l'Louis P, Turcotte, — Le Canada sous l'Union. T. 11. 148. — Cest à cet ouvrage, très complet sur cette partie de l'histoire du Gand, que nous avons emprunté la plupart des renseignements sur la période qui s'étend de 1841 à 1867.

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pagnes. Dans le même temps, la province jouissait à l’'intérieurde la plus grande tranquillité ; Pidéeannexionniste avait été abandonnée par ceux-là mêmes qui lui avaient donné le jour. Toute l'attention et toute l'énergie des citoyens se concentraient sur les entreprises commerciales, la construction des chemins de fer, la colonisation, ete. » Le succès de la première exposition provinciale, organisée à Montréal en octobre de cette même année 1850 et la part prise par le Canada à l'exposition universelle de Londres en 1851, permettent de constater les progrès constants et très réels faits pa les arts et les industries canadiennes.

C'est ce moment, alors qu'ils jouissaient dans tout le pays d'une popularité de bon aloi et qu’ils pouvaient compter sur une majorité compacte dans le Parlement, que les chefs du cabinet, MM. Lafontaine et Baldwin, choisirent pour résigner, de la façon la plus inopinée, leurs hautes fonctions. M. Baldwin, le premier, donnasi démission, au cours de la session de 1851, à la suite d'un vote sur une motion d'intérêt secondaire, où à n’obtint la majorité que grâce à l’appoint des voix du Bas-Canada, M. Lafontaine annonça l'intention de le suivre dans sa retraite, aussitôt après l'achèvement de la session. Toutes les instances faites pour le faire revenir sur sa détermination furent vaines. La retraite volontaire de ces deux hommes d'État, dans un temps où leur influence et leur autorité étaient encore entiéres pour le bien de leur pays, peut être diversement jugée par l’histoire; toujours est-il qu’elle excita d’universels regrets. Le Canada français, en particulier, perail beaucoup à cette retraite de M. Lafontaine, l’homnr politique le plus distingué, peut-être, dont puisse sil

nee Jouissait à P’idéeannexionmêmes qui lui toute l'énergie treprises comde fer, la coloière exposition tobre de cette r le Canada à 1, permettent réels faits pa

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lustrer son histoire et à coup sûr celui qui réussit le

Mieux à rétablir ses concitoyens de race francaise dans ls franchises et dans les droits dont les avait dépouillés lt conquête,

: M. Lafontaine, après sa démission des fonctions de nistre, reprit sa place au barreau, En 4 chef de la cour d'appel, et OXOPCA Ces venue en 1864,

premier mi- 853, il fut nommé juge en fonctions jusqu'à sa mort sur-

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