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et des proscrits de leur race qui parvinrent à les rejoindre. Ces Acadiens français sont principalement établis sur le littoral du golfe Saint-Laurent, depuis l'isthme de Shédiac, jusqu'au fond de la baie des Chaleurs. Les comtés de Westmoreland, de Kent, de Northumberland, de Glocester et de Restigouche sont (avec le comté de Vicloria, dont nous parlerons bientôt) ceux qui en comptent le plus grand nombre. Dans les comtés de Kent et de Glocester, et dans une partie du Westmoreland et de Restigouche, ils forment même le lond de la population !. Leurs principaux centres, sur cette côte, sont : Le Barachois, Shédiac, (où se publie, depuis quelques années, le Moniteur acadien, feuille hebdomadaire qui sert d'organe et de trait d'union à la nationalité acudienne, éparse sur toutes les côtes du volfe Saint-Laurent), Memerancouke, Acadieville, Saint- Louis, Bouctouche, Cocagne, L'Ardouane, Tracadie, Poquemouche, l'Ile de Miscou, Inkermann, Saumarez, Chipegan et Caraquette. On les trouve aussi, en assez grand nombre, dans la banlieue de certaines villes où domine l'élément anglais: Richibouctou, appelé par les Anglais Liverpool; Miramichi, qu'ils appellent Chatham ; Népisigny, qui à pris d'eux le nom de Bathurst, et Dalhousie, au fond de la baie des Chaleurs. Les Acadiens de cette région partagent presque tout leur temps entre la pèche et la culture; beaucoup
! Comté de Kent: Français, 13.013 ; Anglais, 2.881 ; Irlandais, 2.485; Ecossais, 3.837.
Comté de Glocester : Français, 15.687 ; Anglais, 4.065; Irlandais, 3,462 ; Ecossais, 1,179.
Comté de Restigouche: Français, 2.002 ; Anglais, 792; Irlandais, 1.118; Ecossais, 2.928.
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d'entre eux cependant vont aussi travailler dans les forèts pour le compte des négociants anglais qui en font l'exploitation.
Un groupe intéressant de cette famille se trouve, — isolé de tous les autres, — dans le Nord-Ouest du Nouveau-Brunswick, sur la rivière de Madawaska, au point de rencontre de cette rivière avec le fleuve Saint- Jean. Les ancêtres de ces Acadiens habitaient plus au sud, sur l'emplacement actuel de Frederickton ; mais, en 1784, l'administration anglaise trouva à sa convenance de s'emparer des cultures et des habitations de ces pauvres gens, pour les donner à des émigrés « loyalists » venus d'Amérique et à des soldats congédiés. Pour « indemniser » les Acadiens, on leur accorda des terres dans un désert sauvage, sur le cours supérieur du fleuve Saint-Jean, au centre des montagnes qui séparent le Nouveau-Brunswick du Maine, à vingtcinq ou trente lieues de toute contrée habitée. Ces Acadiens, ainsi transportés au mépris de tous les droits, dans ce nouvel établissement de Madawaska, y devinrent la souche d'une forte et nombreuse colonie qui à mul- Liplié dans ces montagnes et qui fait honneur à leur race, Aujourd'hui, cette population atteint ou dépasse mème 15.000 âmes. Le seul comté de Victoria qui dépend du Nouveuu-Brunswick, en renfermait 8.894 au dernier recensement, groupés autour des clochers de Saint-François, Saint-Basile, Saint-Léonard, etc. Ces Acadiens ne sont plus, d’ailleurs, aussi isolés qu’autrefois de tout contact avec une racesœur. Par la vallée de la Madawaska et du lac Temiscouata, ils communiquent facilement avec les Canadiens français, aujourd'hui établis en nombre
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autour du lac Témiscouata, qu’une route directe rejoint à la petite ville de Trois-Pistoles sur le Saint- Laurent. Aussi peut-on espérer que ce groupe, si longtemps battu par les évènements contraires, maintiendra fermement tous les caractères de sa nationalité.
La vaste presqu'île qui fut l’Acadie, et qui porte aujourd’hui le nom de Nouvelle-Ecosse, cette terre qui fut le site des premiers établissements français en Amérique, est aujourd’hui de toutes les provinces maritimes de la Confédération du Canada, celle qui compte, proportionnellement, le moins d'habitants d'origine française. C'est que la violence dont la race acadienne fut victime sévit avec une particulière brutalité dans ces cantons. Aux rares débris échappés à la dispersion ou retournés dans leur pays, après un lamentable exode, le gouvernement anglais, fit en 1767, l'aumône de quelques grèves désertes sur la baie Sainte-Marie. Is y firent souche et c'est là, nous l'avons dit, l’origine des paroisses acadiennes de Sainte- Marie, Chéticamp, Methégan, Saint-Vincent-de-Paul, la Rivière-aux-Anguilles, Pobomcoup, etc., dans les comtés de Digby et de Yarmouth. Vers le même temps, quelques groupes d’autres réfugiés qui étaient demeurés dans les forêts du nord de la presqu'île et quelques prisonniers sortis des geûles d’'Halifax, formérent de nouveaux établissements sur les côtes de l'Océan, le long du détroit de Canceau; c’est ainsi que furent créés les villages de Chezetcouk, Tracadie, Pomquet, etc. L'île du Cap-Breton et la petite ile Madame, dépendances de la Nouvelle-Ecosse, comptent aussi plusieurs
bourgs et villages, Arichat, Chéticamp, l’Ardoise, la Grande-Anse, Fausse-Baie, etc., presque exclusivement peuplés d’Acadiens.
Quoique peu nombreux relativement au chiffre général de la population du pays (41.219 en face de 395.000 habitants d’autres origines) ces Acadiens de la Nouvelle-Ecosse ne se laissent pourtant pas absorber par l'élément anglais et trouvent même facilement à étendre leurs familles ; et cela par une double raison qu’indique M. Rameau: l’une, qu'ils sont groupés à part, dans de petits cantons, et ne se mêlent pas, au moins par mariage, avec la population d’origine anglaise; l’autre, que la Nouvelle-Ecosse est une des contrées de l'Amérique du Nord où la population anglaise se développe le moins rapidement ; son accroissement ne dépasse guère, même avec le renfort de l’immigration britannique 2,10 à 3 p. 100 par an, ce qui représente à peine le croit que les Acadiens obtiennent annuellement par le chiffre des naissances.
L'ile du Prince-Edouard (ancienne île Saint-Jean), forme une province séparée de la Confédération canadienne. En 1881,la population tout entière de l’île comptait 109.053 habitants, sur lesquels 10.751 Acadiens. Comme dans l'île du Cap-Breton et dans les iles de la Madelaine, ceux-ci sont surtout pêcheurs, et leurs établissements de Cascumpec, Rustico, Tracadie, Souris, Trois-Rivières, etc., envoient chaque année un nombre toujours croissant de navires dans toutes les pècheries du golfe.
58.635 âmes dans le Nouveau-Brunswick; 41.219 dans la Nouvelle-Ecosse ; 10.751 dans l’île du Prince- Edouard, tel était donc en 1881, — sans compter les
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colonies que ce peuple a projetées dans le Maine, dans lesiles de la Madelaine, dans la Gaspésie, au Labrador, à Terre-Neuve et dans les iles (encore françaises) de Miquelon, de Langlade et de Saint-Pierre, — le contingent des Acadiens dans les provinces maritimes de la Confédération canadienne. Et ces 108.605 individus sont bien tous les descendants authentiques des 350 ou 400 familles qui constituaient, à la paix de 1763, les débris du peuple acadien, car sur tout ce nombre il ne se trouve peut-être pas 500 personnes natives de France. Cette population s’est donc accrue, par sa propre vertu, en se doublant tous es dix-huit ans, de 1785 à 1827, et tous les vingt-deux ans depuis lors.
Tous ces groupes ont gardé pour le pays de lerrs ancêtres une sympathie vivace et chaude; dans ces paroisses éparses, disloquées, entourées d'étrangers, ne communiquant guère entr’elles que par la mer, on parle toujours de Ja France avec un sentiment d’affection filiale. Notre race et notre langue peuvent avoir à l'étranger de plus brillants représentants; elles n’en ont pas, er somme, de plus fidèles, de plus tenaces, ni à tout prendre de plus glorieux.
Pour n’oublier aucun des rameaux de la nationalité franco-canadienne, il nous faudrait maintenant parler des colonies canadiennes établies dans le Nord-Ouest américain et notamment dans le Manitoba, et de celles
1 Le Manitoba est divisé en cinq districts électoraux ou comtés : Selkirk, Lisgar, Marquette, Provencher et l’Extension. Les Francais l’emportent en nombre sur les autres origines dans le comté de Provencher, Ils forment à peu près un quart de la population totale
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qu’un courant d’émigration, qui commenca à se produire vers le temps de l'insurrection de 1838, n’a cessé, depuis lors, de projeter dans toutes les villes industrielles du nord des Etats-Unis. Mais cette revue risquerait de nous entrainer trop loin. Au sueplus, les derniers recensements des Etats-Unis n’indiquant que le pays de naissance de leurs citoyens, ne permettent pas de trancher exactement la question de race ; on en peut néanmoins tirer des inductions qui autorisent à fixer approximativement à 500.000 le chiffre des Canadiens d’origine française établis actuellement sur le territoire de l’Union. D’après un document que nous empruntons à la Patrie de Montréal, ces cinq cent mille âmes se distribueraient ainsi dans les divers Etats: Maine, 20.000; New-Hampshire, 35.000 ; Vermont, 15.000; Massachussets, 90.000 ; Rhode-Island, 45.000 ; Connecticut, 90,000; New-York, 57.000; Wis-
consin, 25.000; Michigan, 25.000; Illinois, 40.000; Minesota, 8.000; Dakota, 10.000; Missouri, 10.000; Kansas, 3.000 ; Montana, 9.000; autres Etats, 18.000.
dans les comtés de Marquette, de Selkirk et de l'Extension. Leur principal centre est Saint-Boniface, en face de Winnipeg, sur la rive droite de la Rivitre-Rouge.
nça à se pro- 838, n’a cessé, villes indusette revue risu surplus, les indiquant que ne permettent le race ; on en i autorisent à iffre des Canalement sur le ïent que nous ces cinq cent ns les divers 939.000 ; Ver- Rhode-Island, 97.000 ; Wisnois, 40.000; uri, 10.000; Etats, 18.000.
Extension. Leur ipeg, sur la rive