partie . C’est une espèce de mensonge que de ne
dire la vérité qu’à demi. Personne n’est obligé d’écrire l’histoire, mais quiconque l’entreprend s’engage à dire la vérité toute entière. M. de Sponde, évêque de Pamiers, ajjrès avoir donné de grandes louanges à l’historien Guichardin, ajoute : que si quelquefois il censure vivement les princes ou les choses dont il parle, c’est la faute des coupables, et non de l’historien ; il serait lui même repréhensible, s’il dissimulait les mauvaises actions qui peuvent rendre les autres plus sages, et les détourner d’en commettre de pa^
reilles. . Moyse ne dissimule ni les crimes de son
peuple, ni ses propres fautes.” (Fleury).
L’écrivain partial s’étendra sur les faits qui lui plairont, et taira les autres, ou les noiera dans des déclamations ou des divagations hors de propos, comme pour jetter de la poudre aux yeux de ses lecteurs. A peine pourrait-on excuser le pamphlétaire ou le journaliste qui en agirait de la sorte, mais l’historien contemporain j quelque désagréable que lui puisse être la tâche de rechercher et de dire la vérité