‹ Histoire du Canada et des canadiens, sous la domination anglaiseChapitre 2 sur 17 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

tout entière, il faut qu’il la remplisse fidèlement, à peine d’ètre qualifié à bon droit de prévaricateur.

Mais les circonstances permettent-elles de publier une histoire contemporaine ? Pouvait-on même écrire sitôt une histoire? Oui, si l’on avait “la conscience de quelque impartialité,” si l’on n’a pas été acteur dans le drame, si l’on a pu demeurer étranger aux passions, et surtout aux actes de partis extrêmes. “ Les partis n’ont point encore parlé, du ihoins historiquement ; pai-lons donc avant eux ; déci’éditons d’avance les relations de la haine, de l’esjDrit de parti et de vengeance.” Il s’élève une génération qui nous demande compte de l’état présent des choses, ou des changemens survenus dans notre situation politique ; n’aura-t-on à lui offrir que les gazettes, ou partiales, ou virulentes, ou licencieuses de l’époque ? La jeunesse n’y pourrait guère puiser que des idées erronées, des opinions exagérées, une éducation politique déplorable. ‘‘ Réserver cette histoire pour un autre temps serait une injure pour la génération actuelle.” (Lacretelle)

“ Au reste nous entendons que dans nos écrits chacun ne puisse être jugé que d’après lui-même, par ses j)roprcs opinions, par ses propres actes, de sorte que sans rien céler de ce que doit contenir cette histoire, rhistorien ne soit pas accusé de prononcer avec malveillance, ou de se livrer à des personnalités inutiles et étrangères à l’instruction que l’on doit au public.” {Durand de MaiUane).

“Comme historien, nous devons à nos lecteurs la vérité tout entière, quelleque soient les réputations

qu’elle puisse blesser . Nous nous croirons suffisam.

ment récompensés de nos peines, si, en nous lisant, on demeure convaincu qu’aucune passion particulière n’a dicté ni influencé notre récit.” (Durand de MaiUane).

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