DU CANADA, 151 CY'OE CO
anches La chambre d’assemblée a pris sur elle, sans la par- W ticipation des autres branches de la législature, de déci-
biles à à der qu'un juge ne pent ni siéger ni voter dans la cham-
bre, ct [NM bre... Je ne puis regarder ce procédé que comme une | imenda, ‘. violation directe d’un acte du gouvernement impérial ; le il ne } de ce parlement qui vous a conféré la constitution à JA ment.* ‘ laquelle vous avouez devoir votre prospérité actuelle. ée n’é- + Je ne puis regarder la chambre d’assemblée que comme AE 4 urent, \ ayant inconstitutionnellement privé de leur franchise ! olution [M élective un grand nombre de sujets de sa Majesté, et \ e vote, J rendu inéligible, par une autorité qu’elle ne possède res, | LA 1 juge [SN une autre classe assez considérable de la société... En | | À éclaré … conséquence de l'exclusion d'un membre pour le comté [LEUR | de Québec, on a déclaré une vacance dans la représen- | | | | ait les | tation de ce comté, et il serait nécessaire qu’il fût émané HU LA en per- D un nouveau writ (ou ordre) pour l'élection d’un mem- | | ex esto, } bre; ce writ doit être signé par moi: messieurs, je ne [is 1] À pros- D puis, je n'ôse me rendre participant de la violation d'un ni 1 qu’on acte du parlement, et je ne vois d'autre moyen par lequel | | | (! ar dans | je puisse éviter de le devenir, que celui que je prends,” us | { | tion de DEN (la dissolution de la chambre d'assemblée). tal | > Où il M La conduite du gouverneur fut envisagée et jugée | 1 1.3 recou- : diversément ; les uns pensant qu'il n'avait pu agir autre- ESA menter ! ment qu'il n'avait fait, et les autres attribuant sa der- | | srande D nière démarche aux instigations de ses conseillers, Des ï blée sa | adresses approbatrices, préparées par des agens, ou des | | partisans de l'administration, lui furént envoyées de | ) MATS, à différents endroits, particulièrement des villes de Qué- HA ur ré- | bec, de Montréal, des Trois-Rivières et de Sorel, et des renou- à comtés de Québec, de Warwick (Berthier), et d’Or- | ement à léans. D'un autre côté, les membres influents de l’assemblée ne s’oublièrent pas, ou ne furent pas oubliés 4, ni LÀ par leurs amis: des écrits violents, des critiques amères, 1!
des remarques sarcastiques et réprobatrices de la con-
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duite du gouverneur, plurent, pour ainsi dire, et plus abondamment que jamais, dans le Canadien. Quoi. que ce ne fût que la liberté de la presse dégénérant peut. être en licence, ou portée trop loin dans les circonstances les conseillers exécutifs y virent, ou feignirent d'y voir des plans, ou des préparatifs de cabales séditieuses, ou même de rebellion et d’insurrection : ils allèrent jusqu insinuer qu'il y avait correspondance entre le ministre français aux États-Unis et les mécontens canadien: Bientôt, le bruit courut dans Québec que la correspon. dance avait été interceptée par des agens du gouverne. ment. Le gouverneur devait connaître la fausseté de cette dernière rumeur: pouvait-il ajouter foi aux as. tres ? Il paraît certain qu’elles furent attribuées d’aborr, dans le public, à un aveugle esprit de parti, et ensuite à d’indignes et coupables inventions, pour préparer k esprits à l'espèce de coup d'état qui allait avoir lieu. Le 17 mars, un parti de soldats, ayant à leur tête juge de paix et deux constables (officiers de paix se rendirent, sous la sanction du gouvernement, à l’imprimerie du Canadien; s'y emparèrent forcément de li presse, des caractères, et des papiers trouvés dans le bureau, et firent porter le tout dans les voutes du palaï de justice. L’imprimeur, M. LEerrancotis, fut arrêt et après interrogatoire, emprisonné. Pour que cet act de despotisme fût coloré d’un prétexte plausible, le:
gardes des différentes portes furent renforcées; des pa- | trouilles parcoururent la ville dans tous les sens, comme k
si l’on se fût attendu à un soulèvement immédiat de hi population. Cette population, loin de songer à se sou lever, devait être fort étonnée et comme stupéfaite, eu voyant ce qui se passait sous ses yeux; ne savoir que penser des bruits de complots et de conspirations qu'ol persévérait à faire courir, et s'attendre à d'importantes révélations.
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Pendant trois jours, des magistrats furent occupés à examiner les papiers trouvés au bureau du Canadien ; et puis, comme si ces papiers eussent contenu une correspondance criminelle, des projets de trahison, de révolte, &c., trois des propriétaires ou correspondans du journal, MM. P. Bedard, F. BLanou&r, et J. T. Tas- CHEREAU, furent appréhendés, en vertu d'un ordre signé oar trois conseillers exécutifs, et incarcérés. Trois citoyens du district de Mont-réal furent aussi emprisonnés, comme prévenus de pratiques sentant la trahison.* L'arrestation de quelques autres citoyens notables de Mont-réal, avait été ordonnée aux conseillers exécutifs de l'endroit, ou par eux projettée; mais elle n’eût pas lieu.f
Si les rédacteurs, ou les correspondans du Canadien avaient abusé de la liberté de la presse, le gouverneur, dans une proclamation publiée deux jours après l’emprisonnement de MM. Bedard, Taschereau et Blanchet, dépassait de beaucoup les bornes de la modération, et à des plaintes peut-être fondées, mêlait des accusations entachéss de fausseté.
“Vu dit, entre autres choses, Sir James Craig, dans cette proclamation, qu'il a été publié et dispersé des écrits méchants, séditieux et traitres, faits pour séduire les bons sujets de sa Majesté, pour remplir les esprits de défiance et de jalousie contre son gouvernement; pour détourner leurs affections de sa personne sacrée, et pour
*« Sir James Craig was no doubt led into those odious measures by his council, who were chiefly men who had acquired undue influence in the province, and who, üader pretence of upholding his administration, but in reality with mercenary views, persuaded him to do foolish and unjust things.” —M. M'‘GREGoR, British America.
Ces citoyens, du nombre desquels étaient M. D. B. Viger et M. Joseph BEeparp, eurent vent des bassesinirigues qui se tramaient contre eux, et purent les déjouer, grâces à la franchise et à l'honnêteté de M. James Browx, l’imprimeur dont on avai$ voulu faire, préparatoirement, un instrument de déception.
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faire mépriser et vilipender l'administration de la justice et du gouvernement de ce pays; et vu que pour accomplir ces desseins méchants et traitres, leurs auteurs & fauteurs ne se font pas de scrupule d'avancer avec audace les faussetés les plus grossières et les plus effrontées, tandis que l’industrie qui a été employée à les disperser et à les répandre à grands frais, dont la source n’est pas connue,* fait voir évidemment la persévérance et l'implacabilité avec lesquelles ils se proposent de venir à bout de leur dessein; . ..et vu qu’il m’a été impossible de passer plus longtems sous silence, ou de souffrir des pratiques qui tendent si directement à renverser le gouvernement du roi, et à détruire le bonheur du peuple; J'annonce qu'avec l'avis et le concours du conseil exécutif, il a été pris des mesures pour y mettre fin, ... et qu’il a été émané des warrants, (ou prises-de-corps) tels qu’autorisés par la loi,f en vertu desquels quelques uns des auteurs, imprimeurs et éditeurs des écrits susdits ont été arrêtés.”
Après s'être étendu sur la bienveillance de la métropole envers la colonie, et sur les bruits, “les faussetés les plus basses et les plus noires,” qu’il dit avoir été insidieusement publiés et répandus sur son compte, il apostrophe ainsi ceux qu’il suppose en être les auteurs: “ Vils et téméraires fabricateurs de faussetés, sur quelle partie, ou sur quelle action de ma vie fondez-vous l’assertion que je veux opprimer vos compatriotes? Canadiens, rapportez-vous en à ceux que vous consultiez autrefois avec attention et respect, aux chefs de votre église, qui { 1t occasion de me connaître : ce sont là des
* Quelque temps avant la saisie du Canadien, il avait été défendu aux bureaux de la poste de le recevoir.
f Pour plus de brièveté, nous donnons ici plutôt le sens que les termes mêmes de la proclamation.
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hommes d'honneur et de connaissances; ce sont là des hommes à qui vous devriez demander des renseignemens et des avis: les chefs de factions, les démagogues
à de partis, ne me voient point, et ne peuvent me con- D naitre.”
Après de longues remarques sur ses intentions et ses démarches, le gouverneur requiert de toutes les per-
} sonnes bien disposées, et particulièrement des curés et À ministres de la religion, de faire “les plus grands efforts D pour empêcher les mauvais effets des actes incendiaires Let traitres,” dont il a parlé; et il enjoint strictement à | ‘tous magistrats, capitaines de milice, officiers de paix, D ct autres bons sujets de sa Majesté, de chercher diligem- À ment à découvrir, tant les auteurs que les éditeurs et À disséminateurs d’écrits méchants, séditieux et traitres, 2 ct de nouvelles fausses, tendant à enflammer les esprits
et à troubler la paix et la tranquillité publique.” Si les écrivains du Canadien avaient été “ indus-
À tricux” nour disséminer leurs productions, Sir James | Craig ne le fut pas moins pour répandre partout sa | longue et fulminante proclamation : des messagers furent } envoyés dans tous les coins de la province, pour en dis- | tribuer des exemplaires; “ et, dit M. Robert CHRISTIE,*
B le bruit d’une insurrection et d’une rebellion se répandit
au-dehors, et fut répété par le Monde, à une époque qui
sue fournit pas un exemple unique du procès, encore } moins de la condamnation d’un seul habitant de la colo- | nie, comme coupable de trahison ou de sédition.”
D'après le désir du gouverneur, la proclamation fut
| lue, en quelques endroits, dans l’église, pendant le serà vicedivin; en d’autres, à la porte de l’église, à l'issue de ce | service. À Québec, l’évêque prononça un discours élo- » quent, dans lequel, après avoir parlé de la loyauté du RE ie a ad de
* Memoirs of the Administration of Sir James H. Craiy.
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