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teurs de Mont-réal, la chambre résolut de prendre «x considération l'autorité exercée par les juges de la pro. vince; et après avoir fait paraître devant elle le grefñer de la cour d’appel, et les greffiers des cours du banc du roi, et obtenu des copies des règles de pratique de ce cours, elle en vint à résoudre, en substance, “qu'elle regardait ces règles comme des actes législatifs, ct conséquemment comme un empiétement sur les privi. iôges de la législature ; que ces règles affectaient les droits civils des sujets de sa Majesté, étaient subversives des lois de la province,” &ec.* Pour ces faits ‘et autres hauts crimes et déüts,” disait-elle, dans le style ridiculement exagéré de la chancellerie anglaise. commis sous l'administration de Sir J. H. Craig, &e,
les deux j 1ges en chef étaient formellement accusés nar RS
les communes du Bas-Canada.”
M. James Stuart, le premier ct le plus ardent moteur de Ja mesure, fut nommé agent, pour poursuivre eflica. cement ces accusations de Ia part de l'assemblée, qui, dans un D Œaide, accorda £2,009, pour le mettre en état de passer en Angleterre; mais ce bill fut rejetté par le conseil.
Après rédaction, il se trouva dix-neuf chefs d'aceusation contre le juge en chef de la province, Jonathan SEWELL, écuyer, et hnit contr: le juge en chef de Mont-réal, James Monx, écuyer, entre lesquels tait celui d'avoir “refusé un ordre d’habeas corpus à de individus qui y avaient droit.”
Le 3 mars, la chambre se rendit au châtesa Saint- Louis, et présenta au gouverneur une adresse, où dll le priait de transmettre aux ministres sa requête € prince régent,
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Le ouverneur répondit qu'il transmettrait la requête,
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| sujet desquelles le conseii législatif n'avait pas été con-
Sir George Prévost aurait pu ne pas motiver son refus, ou dû, peut-être, en trouver d’autres raisons : aussi l’assemblée
sulté, et auxquelles il n'arait pas concouru.
résolut-ele, “Que son Excellence, le souverneurvéneral, par sa réponse à l'adresse de la chambre d'assemblée, avait violé les droits et priviléges de cette chambre.”
Cette violente censure était indubitablement le fruit de lirritation du moment: la chambre crut la rendre moins poignante, en résolvant, quelques jours après, “Que nonobstant l'avis méchant et pervers donné au gouverneur, au sujet des droits et priviléges de cette chambre, et les efforts de conseillers mal-intentionnés, pour l'induire en erreur, et pour le mettre en mésintelligence avec les fidèles communes de cette province, la chambre n'avait, en aucune manière, perdu l'opinion qu’elle avait toujours eue de la sagesse de l’administration de son Excellence ;” &c.
La législature fut prorogée le 17 mars. Dans le cours du même mois, il arriva à Québec une députation de chefs Outaouais, Chippéouais, Sakis, Outagamis, Kikapous, Ouinébagos, et autres. Dans l'audience que leur donna le gouverneur, au château Saint-Louis, ils se plaignirent des Américains, comme étant des hommes qui n'avaient ni cœur ni pitié pour eux ; qui les dépouilhient petit à petit de leurs terres, et voulaient les chasser au-dela du soleil couchant. Sir George Prévost les
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exhorta à persévérer dans leur alliance avec l'Angh. terre et le Canada; leur recommanda d'épargner, en toute occasion, les femmes, les enfans et les prisonnier; de guerre, et les renvoya chargés de présens,
Le 26, son Excellence émana un ordre général, exnri. mant l'approbation du prince récent de laflaire de Châteauguay, et le plaisir particulier qu'il ressentait cn voyant que les Canadiens avaient eu enfin locecasion de réfuter, par leurs brillants cf leur pays, les accusations calomnieuses de mécontcnte. ment et de déloyauté, dont l'ennemi avait fait précéder le premier envehissement de la province. L'ordre géntral faisait connaitre au licutenant-colonel de Salaberry en particulier, et aux officiers et soldats qui avaient été sous son commandement, le cas que son Altessc royale faisait de leurs services distingués et zélés.*
Au commencement de la campagne de cette même année 1814, il y eut quelques mouvemens militaires, ct quelques escarmouches, sur les frontières, près du lac Champlain,
Le fort Ochouëgo, ou Ossouégo, nt attaqué et pris le G mai, par un fort détachement de troupes anglaises puis abandonné, Le 3 juillet, le fort Krié se rendit aux Américains sans coup-férir, Trois jours après, cut lieu la bataille de Chippéouais, où les Américains eurent le dessus, et forcèrent lemajor-xénéral RrArL£ àretraiter. Cette bataille fut suivie de celle de Lundy's Lane, 0ù corimandait le lieutenant-général Drummond, et qui st
* Ou mériteiros, si l'on pouvait traduire airsi l'expression aglaise, En eïfet, les Canadiens méritaient d'autant mieux de l'Angleterre, qu'ils ne &'fendaient leur pays que pour lui en conserver la possession, et qu'ils le défendaient contre une nation qui loin de manacer leurs biens et leurs libertés, leur promettait, par une uiliance avec elle, de nombreux avantages dont elle les disait privés.
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termina par la défaite des Américains. Ces derniers furent vengés, jusqu’à un certain point, par l'irréussite de l'assaut donné au fort Erié, où la perte des Anglais fut considérabie.
Au commencement de juin, la nouvelle étant arrivée à Michillimakinac, que le général CLARKE, de l’armée des Etats-Unis, avait remonté le Micissipi avec une force considérable, et s'était emparé du village de la Prairie du Chien,* et du fort Shelby, qui le protégeait, le lieutenant-colonel McDouall résolut, malgré son peu de moyens, de tenter de reprendre ces postes. Vingt hommes des Fencibles du Michigan furent mis sous le commandement du major William Mackay, de ce corps, fait licutenant-colonel pour l’occasion, avec ceux des Canadiens et des Sauvages qui voulurent se joindre à eux comme volontaires. f Lorsqu’après une marche accompagnée de dificultés nombreuses, mais conduite avec prudence, on fut arrivé près du fort, les arrangemens pour l’attaquer, pour couper la retraite à l’ennerai, &e., ne furent pas faits avec moins de prudence et d’habileté. Mais comme l'assaut allait être donné, le commandant américain se rendit, à condition que la garnison et les habitans seraient garantis de tout mauvais traitement de la part des Sauvages. Les peines que se donna le colonel McKay, pour que cette condition fût stricte-
*4 Le village de la Prairie du Chien, sur la rive occidentale de l'Ouisconsin, est un entrepôt considérable. Cet endroit se présente comme par enchantement, et le contraste est d'autant plus frappant, qu'il annonce une certaine civilisation. La langue française est la dominante: on y est très bien reçu. ... Les Améficains, en général, regardent les Canadiens comme des ignorans, J'ignore s'ils le sont: mais je sais qu'ils sont très polis et très obligeants ; ou du moins, je les ai toujours trouvés tels, même parmi la basse classe.” —M. BecrrAmi.
t Sous les capitaines ANDERSON, J. Rozærre et P. GRIGNONX ; et les lieuteuans Gramam, BrisBois et Augustin GRIGNON.
ment remplie, ne firent pas moins d'honneur à son humanité, que la conduite de l'expédition n’en avait fuit à son habileté.
Comme pour se dédommager de la perte de la Prairiedu Chien,les Américains envoyèrent au Sault Sainte. Marie un détachement de troupes, qui détruisit les magasins qu'y avait la compagnie du Nord-ouest ; maisils furent repoussés de devant le fort de Michillimakinac.
La paix faite en Europe fournit à l'Angleterre le moyen de faire passer au Canada plus de 15,000 hommes de troupes agguerries. Une partie fut envoyée dans le Haut-Cunada, et une autre fut concentrée entre Laprairie et Chambly, sous le commandement du général de Rottenburg. Ayant dessein d'attaquer l'armée américaine concentrée à Plattburg, le général Prévost tra. versa la ligne à Odeltown, le ler septembre, à la tête de 11,000 hommes, tant troupes réglées que milices. Il s’'empara d’abord du vil'age de Champlain ; mais ne croyant pas pouvoir attaquer avantageusement les ouvrages de l'ennemi, sans la coopération de lescadre du lac, l'attaque fut différée jusqu’au 11. Ce jour-là, les deux escadres se rencontrèrent et engagirent un combat, qui se termina par la mort'du capitaine Dow- NIE, et par la reddition de tous les vaisseaux anglais an commodcre McDoxouGH, commandant de l’escadre amt-
ricaine. Ce contretems dérangeait les plans du géné-
Le) ral en chef; quoiqu'il eût pu se rendre aisément maitre de Plattsburg, il pensa qu'il n’en résulterait aucun avantage permanent. Dès le soir même, l’armée était revenue à Chazy, et elle rentra dans le Bas-Canada, après une perte d'environ cinq cents hommes, en tués, blessés, et prisonniers, ou déserteurs,
Une sortie du fort Erié causa à chacune des puissances belligérantes une perte de cinq à six centshommes.
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aussitôt après, les Américains l’abandonnèrent, après l'avoir ruiné,
Quoique les deux puissances eussent construit sur le lac Ontario des vaisseaux de 80 à 109 canons, il n'y eut point de combat naval sur ce lac, mais seulement des mouvemens ou des démonstrations sans résultat. La lotte anglaise avait pour commandant Sir James Lucas Y£0, et l'américaine, le commodore CHAUNCEY.
La fin de cette année 1814 voyait rentrer dans leur pays natal, après un voyage autour de l'Amérique, et dans l’intérieur de ce continent, plusieurs Canadiens notables, Pour la première fois, peut-être, en 1810 et 1811, des Canadiens instruits, MM. Ovide ne Moxri- GNY, F. B. Piczer, Gabriel FRANCHÈRE, ils, vovaient les iles Malouines, où Fulklund, doublaïient le cap de Ilorn, visitaient les îles Sandivich, parvenaient, non sans peines 6t périls, à l'embouchure du grand fleuve de l'Ouest ; reconnaissaient des contrées nouvelles, remarquaient des mœurs et des croyances jusqu'alors inconnues. Deux ou trois ans plus tard, ils remontaient ’Orégon, appellé aussi rivière Columbia; remarquaient, dans un ‘“ détroit” de ce fleuve, comme on dirait en langage antique, le chef-licu, pour ainsi dire, des serpens à sonnettes ; traversaient le grand désert d'Amérique, la haute et large chaine des montagnes Rocheuses, et, au moyen des rivières et des lacs de l’intérieur, la vaste région située entre ces montagnes et le lac Supérieur. M. Franchère a donné de ce voyage une relation qui, quoique dépourvue de l’apparat scientifique, ne laïsse pas de se fuire lire avec intérèêt.*
Le parlement du Bas-Canada fut ouvert le 21 janvier
*# Relation d’un Voyage à la Côte du Nord-ouest de P'Améri- . ! c = O7 6 ‘ ») que Septentrionale, dans les annces 1810, 11, 12, 13, et 14.
1815. M. J. A. Panet ayant été appellé au conseil légis. latif, M. Louis Joseph PArINEAU, que recommandaient ses talens oratoires naissants, et plus encore, peut-être, le nom et la réputation de son père, fut élu orateur,* ou président de l'assemblée, Un 4ÿ/! pour lui allouer, où octroyer £1000 par an, fut passé, mais réservé pour h considération du roi.
La chambre d’assemblée ayant de nouveau résol qu'il était expédient qu'il y eût en Angleterre un agent de la province ; et cette résolution ayant 6t6 communiquée au conseil législatif, ce corps résout, à son tour, “ que le gouverneur était le seul intermédiaire convenable et constitutionnel, entre les corps législatifs de la province et le gouvernement impérial.” Persistant dans sa résolution, l'assemblée pria le gouverneur de transmettre au prince régent une requête à cet effet, et une autre au sujet de ses accusations contre les juges en chef, desquelles il paraissait que le gouvernement d'Angleterre ne s'était nullement occupé,
La nouvelle de la conclusion de la paix entre l'Angleterre et les Etats-Unis fut officiellement annoncé aux chambres, le ler mars. La milice incorporée fut aussitôt licenciée. IT fut accordé de petites pensions viagères aux milice ens devenus invalides, ainsi qu'aux veuves et aux erfans de ceux qui avaient été tués. Dans une adresse au prince régent, 11 chambre d’assemblée recommanda qu’il fût donné des terres aux Voltigeurs, et à ceux des miliciens qui avaient servi activement, Elle vota aussi la somme de £5,000 sterling, au gouverneur, pour lui acheter un service de table d’ar-
*# Joseph Papineau, écuyer, membre marquant et influent de l'assemblée, depuis l'établissement de la constitution, et jurisconsulte recommandable par une connaissance approfondie des lois du Canada.
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sent ; mais ce vote n'eut pas de suite, le conseil légis-
latif ayant refusé de concourir à un 4ilE à cet effet.*
La législature fut prorogée le 25 mars. Sir G. Prévost lui annonça, dans son discours de clôture, “qu'il avait reçu ordre du prince régent, de retourner en Angleterre, à l'effet de repousser des imputations affectant son caractère militaire, faites par le ci-devant commandant de la marine sur les lacs du Canada.”
Il doit paraitre un peu singulier qu’un oflicier de marine, un commodore envoyé d'Angleterre pour commander la flottille du lac Ontario, se soit porté pour accusateur d’un général d'armée, et conséquemment pour Juge d'opérations militaires où il ne devait pas étre fort entendu, et dont même il n'avait pas été témoin. Il s'agissait particulièrement de l'affaire de Plattsburg. ‘ Dans sa lettre officielle à l’amirau‘’, le commandant naval, dit M. Christie, ne se fit pas scrupule d'attribuer la perte de l'escadre du lac Champlain à l'impéritie, à l’inconduite (misconduel) du commandant des forces. L'opinion de cet officier, éloigné du lieu de l'engagement, dont il n'avait aucune connaissance locale, doit s'être formée sur les rapports d'autrui.”
Les rapports ne lui manquèrent pas sans doute; car quoiqu'il n'eût rien fait de remarquable, il était devenu le héros, l'idole, pour ainsi dire, d’une partie des marchands anglais de Mont-réal, et même de quelques uns des officiers du gouvernement. Depuis quelques années, il se publiait dans cette ville un nouveau journal, intitulé The Montreal Herald, d'une rédaction violente, injuri-
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* Pensant apparemment qu'un “ témoignage de la haute idée qu'avaient les chambres de la législature des talens et de l'habileté distinguée” de Sir George Prévost, ne viendrait pas à propos, ou aurait l’air d’une décision prématurée, quand son Excellence était formellement accusée d’avoir manqué de talens et d’habileté.
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