‹ Histoire du Canada et des Canadiens, sous la domination anglaise [microforme] (volume 2)Chapitre 42 sur 56 · LION · texte numérisé non relu

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anglais, et par la Gazette de Québec, “ publié par autorité,” étaient renvoyés par le Spectalor au gouverneur même.* Les autorités avaient cru voir ‘“ dans les écrits foudroyants qui paraïissaient tous les jours dans la Canadian Spectator,”f Vidée fixe, le dessein formel et prémédité, de faire tomber dans le mépris et la haine du peuple administration du gouvernement et de la justice. Le grand-jury d’une cour d’Oyer et Terminer, tenue à Mont-réal, au commencement de novembre, avait rapporté comme fondés deux actes d'accusation pour libelle contre l'éditeur et l’imprimeur. Déja des cours de justice avaient été exhortées, indirectement au moins, à Juger d’une manière plutôt que d’une autre : mais pour la première fois, peut-être, en Canada, on vit des jurés et des juges loués ou blâmés à outrance, en conséquence de leurs décisions. Les très estimables grandsjurés de la cour du banc du roi,f qui avaient rejetté tous

#4 The official Gazette talks of the Speaker (of a House of Assembly) being an organ of “ conciliation”... Is it conciliation wità his Excellency? What conciliation can be hoped for with an administration which for seven years had been violating the laws, violating the constitutional rights of the country? Wäich has transacted with the ministers in England to declare against us, which has vowed an interminable war to our rights ; which has dishonored and defamed the Lieutenant Governor . .. which had refused communications of necessary documents on important subjects; which had defamed, insulted, injured {ke representative body. .... What hope of conciliation, remains with such an administration, which revives military ordinances agaïnst the plain-

est rules of legal construction, #ravels about thanking any half

dozen of remote, fawning or designing individuals... . There can be little doubt that suc: an administration will be considered as a nuisance by the British Government, and that its own follies and misconduct will if the country co-operate with firm and decisive mrasures, speedily extinguish.”—7 novembre.

t Comme dit le Spectateur Canadien.

f MM. Samuel Harr, président, T. BLACK woon, P. de Rocuz- BLAVE, P. M'Grxx, Jean DessaurLEs, Adam L. MACNIDER, E, N. L. Dumoxr, John Mozsow, F. A. Laroque, J. Leslie, J. B. R. H. px Rouvizze, J. MizLER, J. DEziGNY, L. Kipp, A. Fir- L10N, J, Masson, W. PEDDIE, J, M'GiLL-DESRIVIERES, George

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les actes d'accusation qui leur avaient été présentés, pour voies de fait, émeutes, parjures, &c., n'étaient pas de violents partisans politiques, comme étaient ceux qui avaient trouvé matière à procès contre l'éditeur et l'imprimeur du Canadian Spectator.*

Presque aussitôt après le retour des membres de l'assemblée dans leurs foyers, il y eut des assemblées publiques, pour ou contre le gouverneur. A Montréal, le 5 décembre, à une assemblée “ des personnes disposées à présenter une adresse au gouverneur, au sujet de la présente prorogation du parlement,” il fut adopté des résolutions dont la substance était, ‘ Que les prétentions subversives des droits les plus incontestables de la couronne, avancées de temps à autre, par la chambre d’assemblée, avaient causé entre les différentes branches de la législature un mésaccord très préjudi-

Davis, Gabriel MARCHAND, W. STEPHENS, P. WEILBREXER, T. PExx, M. TurGEOoN. “ Mone of tlem violent partisans themselves, or bound by any ties to violent partisans, or long conspicious in society for their hatred to the Canadian people, so devoted partisans of absolute submission to the governor, &ec. ... The late grand jury of the court of Oyer and Terminer have done all in their power to give F'isher's Official Gazette and the Mercury, axd the Montreal (Gazette, an unresisted sway ; but they will not succecd ;as Jar as depend on us, we will never cease to grapple with the faction, with the sycophants, the despots and the slaves, who must be uiterly defeated, or they will ultimately reduce this fine country, against the will of the British Government, to the state of a Grecian province under the dominion of the Turks.”

*MM. H. MeKexzie, président, S. GerraRp, J.P.S. DE Brat- JEU, J. L. DE Marrieny, McKENZIE, Jules Quesnel, John YuLEe, E. M. LEepronoN, G. Gr£Gory, L. I. D’EsCHAMBAUIT, John JAMIEsoN, T. Baron, C. SruarT, L. BARBEAU, A. WEs- STER, B. JOLIETTE, John Porreous, G. D. Arnozpi, W. Morsox, Jh. Roy, W. Sriru, B. RocHer. ©. Morrison, I. VALEN- TINE.

Le rédacteur et l'imprimeur du Heri.ld s'étaient libérés, sous Sir G. Prévost, en nommant l’auteur d’un libelle supposé: ici l'auteur, ou le rédacteur était tout nommé; et certainement M. Duvernay ne pouvait pas être plus coupable que M. Gray, et devait l’être moins que M. Kay, si celui-ci l'était,

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ciable à la législation, au commerce, &c., de la province; qu'entre les pouvoirs inconstitutionnels que s'était arrogés l'assemblée était celui de nommer son président, indépendemment de l'approbation du roi ; que dans cette circonstance sans exemple, le gouverneur avait agi avec une sagesse et une fermeté bien en harmonie avec son caractère élevé, et avec les égards dûs à la dignité de la couronne, et au bien-être du peuple.”

En répondant à cette adresse, le gouverneur dit, entre autres choses; qu’il considérait comme rien la tendance funeste des mesures adoptées, depuis quelques années, dans la chambre d’assemblée provinciale,quoique l'effet de ces mesures fût depuis longtems senti dans la stagnation des améliorations publiques, quand ïl les comparait à la tentative audacieuse qu’elle avait faite récemment contre une des prérogatives royales, qui n'était pas un droit douteux, ni une simple formalité de mots vides de sens, mais une prérogative indubitablement établie et universellement reconnue: contestée une fois, à une époque reculée, dans i2 narlement britannique, et quelquefois dans les assemblées coloniales, elle a toujours été clairement établie, et fermement maintenue. ... Mon devoir est bien simple, et je vous prie d'être assurés que je m'étudierai à mainteniravec fermeté à prérogative de la couronne, tout en respectant aussi scrupuleusement les droits du peuple.”

L'assemblée des partisans de la majorité de la chambre élective, eut lieu à Mont-réal, le 18 décembre, sous la présidence de M. Jules Quesnerz. M. Viger et M. Cuvillier y parlèrent, le premier en français, et le second, en anglais, avec une énergie et une véhémence extraordinaires, contre l'administration, et au soutien de h conduite de la chambre ; et il y fut adopté, unanime-

ment et cordialement, une série de résolutions rédigées d'avance, avec une violence inouie, malgré tout ce qui avait déja été publié dans ce genre.* En « rendant à cette assemblée, le rédacteur et l’imprimeur du Canadian Spectator furent arrêtés de nouveau, pour « libelle” contre le gouvernement ct le grand-jury dela dernière cour d’Oyer et Terminer.f A cette assemblie du 18 décembre, il fut recommandé aux campagnes de former des comités de comtés et de paroisses, de rédiger des résolutions ct des adresses conformes à celles qui leur étaient transmises, et de les envoyer au comité de Mont-réal; &c. L'expérience acquise en 1822, et encore tout récemment, rendait ces procédés on ne peut plus faciles; de sorte que “le parti populaire,” ou plutôt de la majorité de la chambre d’assemblée, put “faire prévaloir ses opinions sur l'état actuel dc affaires. ”"f

Des résolutions de l’assemblée du 18 décembre provint une pétition au roi et aux deux chambres du parlement, qui pouvait être regardée comme un coup déscspéré, ou du moins comme un acte d'accusation contre le gouverneur, rédigé sous l'influence de l'irritation, pour ne pas dire de l2 colère, parvenue au plus haut degré. Lord Dalhousie y était accusé d'avoir,

* They “ had been prepared by a special committee,” and * the whole were adopted without a dissenting voice, and with the expression of very strong and deep feeling.” —Canadian Spectator.

f Le lendemain, M. Waller prouvait par le paragraphe suivant. que l'administration voulait éteindre la liberté de la presse: “Another attack has been made on the liberty of the press, and on the rights and immmunities of British subjects. When we reflect on the miserable folly which has indelibly marked the present administration; when we consider the indiscretion and passion whicl it has exhibited; when we call io mind what the interest of the country has suffered, what its feelings, its rights, its representative body, its constitution have endured, we cannot be surprised at il attempt now made to extinguish the press, at least to silence ever press that is not in the pay of the administration or submissive t it.

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present adpassion wkicl tof the counrepresentative rprised at ile silence every missive o it.

1°. Cosnmis différents actes arbitraires subrersifs du gouvernement, et tendant à aliéner l'affection des fidèles sujets du roi ;

2°. Tiré, par t6rrants, ou autrement, des mains du receveur-général, des sommes considérables, sans y être autorisé par la loi ;

3°. Volontairement et méchamment tronqué, supprimé, gardé par-devers lui, et soustrait à la connaissance du parlement provincial, divers documens et papiers publics nécessaires à la dépêche (l'expédition)* des affaires, et au bon gouvernement de cette province ;

4, Volontairement, et en violation de son devoir envers son souverain et ses fidèles sujets de cette province, conservé dans l'exercice de ses fonctions, John Caldwell, écuyer, ..../ongtems après que ce fonctionnaire avait avoué sa malversation, &c. :

5°. Nommé, en violation de son devoir, John Hale, écuyer, pour remplacer le dit John Caldwell, &c. ;

6°. Usé, en différents temps, de son autorité, comme commandant en chef, pour influencer et intimider les habitans de cette province, dans l'exercice de leurs droits civils et politiques ;

7°. Renvoyé et disgracié, comme commandant en chef, un grand nombre d'officiers de milice, sans cause ou raison suffisante ;

8°. Privé arbitrairement et despotiquement, plusieurs vfficiers civils des places de confiance et de responsabilité qu’ils occupaient, &c.

9°, Maintenu et conservé en place plusieurs fonctionnaires publics, après qu’il a été prouvé que leur no-

* Dépêche, provision, information, &c., sont encore des mots traduits littéralement de l’anglais, et détournés de leur sens propre, pour signifier expédition, disposition, avis, ou renseignement.

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mination et leur conduite étaient préjudiciables au ser. vice de sa Majesté, &c.

10°. Multiplié sans nécessité des cours d'Oyer et Ter. miner, &c.

11°. Nui aux intérêts publics de cette province, retardé ses progrès, empêché la passation d'actes utiles, par des prorogations et des dissolutions violentes et subites du parlement provincial ;

12°. Accusé faussement, dans ses discours de clôture, les représentans du peuple, afin de les décrier dans l'opinion de leurs constituans, &c. ;

13°. Toléré et permis que les gazettes publiées sous son autorité portassent journellement les accusations les plus fauses et les plus calomnieuses, contre la chambre d'assemblée, ainsi que contre tout le peuple de cette province ;

14°. Menacé, par le même moyen, le pays, d'exercer le prérogative royale d’une manière violente, despotique et désastreuse, de dissoudre et chasser le corps représentatif, .... de punir la province, &c. &e. &c.;

15°. Puni, en effet, le pays, en ne donnant pas la sanction royale à cinq bills d’appropriation, &c.

16°. Violé la franchise élective des habitans de cette province, en essayant directement et indirectement d’influer sur les électeurs des membres de l’assemblée;

17°. Créé, dans tout le pays, par ces divers actes d'oppression, un sentiment d'alarme et de mécontentement ;

*18°. Déprécié l'autorité du pouvoir judiciaire dars l'opinion publique ;

*19°. Affaibli la confiance du peuple dans l’administration de la justice ;

* C'éta'ent-là, en particulier, ce dont les accusateurs étaient accusés.

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*20°. Inspiré, dans toute la province, un sentiment insurmontable de méfiance, de soupçon et de dégoût contre son administration, &c.

On conçoit que des accusations de cettenature n'étaient pas faites pour ètre rendues publiques par l'impression. Un grand nombre de Canadiens notables, qui avaient agi avec zèle contre le projet d'union, en 1822, refusèrent de signer la requête qui les contenait ;* et il est plus que probable que les dix-neuf vingtièmes de ceux qui la signèrent ne la lurent point ni ne l’entendirent lire. Elle trouva des approbateurs dans le district des Trois- Rivières, où les esprits n’avaient pas été moins montés qu’à Mont-réal, mais le comté de Warwick (Berthier) la jugea trop violente, et se joignit au district de Québec, dont la requête contenait une longue liste de griefs ou d'abus, vrais ou fictifs, mais n’accusait pas directement lord Dalhousie comme en étant l’auteur. Cette dernière requête, dont #l avait été donné communication au gouverneur, fut confiée à M. Neilson, et celle de Mont-réal à MM. Viger et Cuvillier. On était parvenu

* Ils avaient grand tort, suivant certains politiques du temps, si c'était par scrupule où par timidité: “Les amis du pays ne devaient point s’alarmer ; les accusations portées contre l'administration étaient toutes bien fondées, et très fuciles à prouver; des gouverneurs avaient été rappellés pour des fautes moins grandes que celles du comte Dalhousie ; que feraient les adresses approbatrices de quelques milliers de personnes contre les accusations de tout un pays aussi peuplé que l'était le Bas-Canada? Le point serait facile à décider ; pour faire condamner l’administration, il suffirait d’en exposer les actes, de produire les journaux de

. la législature (particulièrement, sans doute, le rapport concer-

nant Sir Francis Burton et la dernière détermination au sujet des subsides). Ce qui nous devait servir le plus était “le discours de prorogation du 7 mars 1827, (avec le commentaire du Spectator, bien entendu), la cassation subséquente et la prorogation de novembre.—On rapportait que son Excellence avait reçu des dépêches, qui n’avaient pu être tenues secrètes, par lesquelles son rappel lui était annoncé.”--Voir le Spectateur Canadien du 2 février 1828,

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à obtenir, par toutes sortes de moyens,* environ 80,000 signatures, d'hommes, de femmes ct d’enfans,tf Canadiens et Irlandais catholiques.f

Pendant que les cultivateurs des seigneurics signaient pour rester comme ils étaient, pour ‘ détourner le mal qu'on voulait leur faire,” pour n'être pas ‘“ accablés de taxes” par lord Dalhousie, ‘qui ne voulait que le malheur du pays,” &c., les habitans des fownships, travaillés dans un sens contraire, se plaignaient, dans la pétition qu'on leur faisait signer, de griefs divers, et se disaient privés par “l'influence et les trames des meneurs Canadiens-français de la chambre d’assemblée, des avantages qui leur avaient été promis, et auxquels ils s'étaient attendus.” M. Samuel GALE fut chargé d'aller porter leur s quête au pied du trône.

Les ‘éputés chargés des différentes requêtes partirent de Moat-réal, à la fin de janvier 1828. Après leur

départ, l’agitation ne discontinua pas: on avait pris

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*se Petitions to the King. The appruvers of the administration are makiny a great noise about some improper means and improper signatures alleged to exist in respect to these petitions. On ull occasions of this sort, something of the kind will be apt to be resorted to by indiscreet persons on both sides.—Quebve Gazette du 29 janvier 1828.

+ Signatures: Kamourasha, 1451; Rivière-Ouelle, 996; Suint- Gervais, 866; Saint- Thomas, 800; Saint-Gilles, 80, &ce.—Gazctte de Québec.

‘ À l'Editeur du Canadian Spectator.”—" Les habitans irlandais des établissemens sur la Rivière du Nord. ... m'ont fait parvenir 404 signatures à l'adresse demandant le rappel du gou- “erneur, le comte de Dulhousie. , ,.. Ces hommes se montrent les courageux défenseurs des lois et des droits de leur patrie adoptive, Je n’ai aucun doute que vous ne les trouviez toujours zélés pour le soutien de leurs libertés, les adversaires les plus actifs de la persécution, de la tyrannie et de la taxation.” Danl. TRACEY.

“NN. B. J'ai reçu 912 signatures de Skerrington, Hinchinbrooke, &e., de la population Irlanduise, pour le même objet.” D. T,

Il paraîtrait par cette lettre, qu’en arrivant dans ce pays, les émigrés irlandais Ctaient persécutés, tyrannisés, surtaxés par le gouvernement,

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goût'aux assemblées bruyantes,aux foudroyants discours, aux fulminantes et tranchantes résolutions.*

Des jeunes gens, bien intentionnés, sans doute, épris de l'amour de leur patrie et de leurs compatriotes, mais encore sans expérience, s'étaient jettés, à corps perdu, dans la carrière de la politique. Dans leur enthousiasme patriotique, ils devaient, en passant les bornes de la modération et de la prudence, se fourvoyer, et égarer ou mener trop loin, ceux qui les voulurent suivre. Les jeunes gens sont l'espoir de la patrie, non son conseil ;f et pour réaliser, ne pas tromper cet espoir, ils doivent attendre que leur temps soit venu, que l’âge, l’expérience, la réflexion et l'étude aient éclairé leur raison et

“ Résolu, “ Que les prétensions excessives et toujours croissantes de l'administration dans les affaires publiques, causent des craintes el des alarmes parmi les paisibles et loyaux sujets de sa Majesté ; —Que la chambre d'assemblée doit avoir le contrôle des argens rélevés sur la province, et maintenir ce droit avec fermeté, et que h refus de la jouissance de ce droit a causé et cause encore des maux alarmants et préjudiciables à la prospérité, &c. ; —Que cette assemblée approuve la majorité de la chambre d'assemblée, dans la session terminée le 7 mars 1827, ct dans celle du 20 et 21 novembre de la même année, &e, ; —Que le gouverneur, en refusant l'orateur de la chambre d’assemblée, à grandement préjudicié aux intérêts de la province, et qu'un tel refus, après en avoir appelé au peuple, est une injure et un mépris propres à aliéner l'affection des sujets de sa Majesté ; —Que le gouverneur en chef, par ses actes et autres moyens, employés directement owindirectement, par lui ou par ses partisans, pour capter par crainte ou par espérance, l'approbation de certaines personnes, jusqu'alors désapprobatrices de son administration, a perdu la confiance, &c., et n'est aucunement propre à promouvoir le bonheur de cette province.”

Les Romains, tout barbares, ou peu instruits qu’ils étaient, dans les commencemens, ne confièrent pas le manîment de leurs affaires à des jeunes gens, mais à un sénat, c’est-à-dire, à une assemblée d'hommes müris par l’âge.—HEn sortant de l'anarchie où les avaient mis leur Convention nationale, presque entièrement composée de jeunes gens, les Français eurent recours à un conseil des Anciens, comme pour mettre un frein à la fougue de celui des Cinq-Cents, où les jeunes gens pouvaient entrer.—ÆEn Hollande, il faut avoir 30 ans pour être député, et 40 pour être sénateur.—Louis XVIIL exigea, dans sa charte, l’âge de 40 ans, même pour les députés des départemens, et nous ne voyons guère que l’ Angleterre offrir l’anomalie de sénateurs, ou pairs, à peine sortis de l'enfance,

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506 TIISTOIRE

müri leur jugement ; autrement ils courent le risque de compromettre leur avenir, en faisant ce que, dans la suite, ils voudraient pour beaucoup n'avoir pas fait, après avoir reconnu que le parti embrassé avec chaleur n'était ni le plus sage ni le plus sûr; ou qu’il n’était ni sûr ni sage de l’embrasser trop chaleureusement. Le journaliste, l’orateur, l'historien, qui, loin de chercher à réprimer, à modérer du moins la fougue des jeunes gens, chercherait à l’exciter, nous paraïîtrait manquer essentiellement à son devoir public. Les hommes âgés, les sages, ne doivent pas seulement à la jeunesse le sourire de la bienveillance et des bons souhaits ; ils Ini doivent enccre l'avis de se garder de son âge. Montesquieu avoue qu’il y a dans son premier ouvrage, ses Lettres Persannes, des étourderies de jeune homme, des jurenilia.

Des orateurs, ou des journalistes comme ceux qui alors étonnèrent nos oreilles, ou éblouirent nos regards, auraient pu mettre en feu toute la Grèce, à l'exception, peut-être, de la Béotie, et le sang français qui effervesce* dans les veines de notre jeunesse, ne lui permet pas de résister longtems et victorieusement à l'impression des harangues flamboyantes et des diatribes inflammatoires ; et l’on ne doit pas en être surpris, quand on réfléchit que des discours ou des écrits médiocrement violents ont pu transmucr le phlègme germanique en bile noire, et fanatiser des cerveaux allemands.f

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* Bouillonne nous paraît trop fort, et coule, trop faible. + Témoin, le jeune assassin de KorzeBur.

Les gazettes qu’il avait lues, les harangues qu'il avait entendues, ou le portrait noir qu’on lui avait fait de lord Dalhousie, avaient troublé le cerveau ‘d’un jeune étudiant en médecine, de la paroisse de Saint-Valier, nommé VALLIERES, (dit-on). Il vint à Québec, à la fin d’avril 1827, et confia au docteur PaixcHAUD le dessein qu’il avait formé d’assassiner le gouverneur en

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Pour réprimer, régler l'enthousiasme des jeunes gens, diminuer la violence des partis, ies hommes modérés n'avaient point d'organe public, et n'en pouvaient pas avoir alors ; presque partout l’exaltation politique avait “sagné les devans,”? et comme dit un auteur moderne, * ‘lorsque la presse est livrée à la folie des partis, il y a despotisme sur lu pensée: alors la médiocrité haïneuse et violente usurpe la place du talent, et le génie, qui n'est plus compris, abandonne le sceptre de l'éloquence aux déclamations populaires et aux lieux communs des sectaires.”’f Alors, c'était la raison qui devait rester muette; l'intolérance politique régnait en souveraine, ct malheur aux Canadiens raisonnables et sensés qui essayaient de mettre un frein aux procédés irréguliers, aux étourderies politiques, dont ils étaient les témoins afiligés: il n’y avait pas d’épithète injurieuse qui ne leur fût appliquée: ceux des Canadiens qui avaient pu être amenés à croire que des mérites passés excuseraient des écarts présents, et qu’il leur était permis d'aider à faire que le gouverneur fût détesté par le peuple, étaient désignés comme les défenseurs de leur patrie, les amis de leurs concitoyens, de vrais Canadiens, des % patriotes :” ceux-là, au contraire, qui défendaient

chef, Le docteur, qui vit à sa conversation, dans quel état était son esprit, feignit d'approuver son projet, mais lui persuada d’en remettre l'exécution à deux ou trois jours, afin d’épier une accasion favorable. Le docteur fit sa déclaration, et le jeune homme fut arrôté et conduit à l’asyle des insensés.”—WVew Montreal Gazette,

* M. C. Desmarais, Tableau Historique des Progrès de la Civilisation en France. ;

Ÿ Il n’est pas nécessaire de remarquer, que la Gazette de Montréal, le Herald, &e. n’en voulaient point céder à d’autres, quant à la virulence, la violence, &c.

t“Lorä Dalhousie,” à qui “il était réservé d’éprouver un traitement jusqu’à présent inoui dans le Bas-Canada, depuis qu'il fait partie de l'empire de la Grande-Bretagne.”—Le Spectateur Canadien, 12 janvier 1828.

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308 HISTOIRE le gouvernement, ou même qui ne voulaient pas s’en d'éclarer les ennemis ouverts, étaient signalés comme dignes de la haine et du mépris du peuple: ceux qui étaient honorés de quelque emploi lucratff,ou honorifique, ne l’avaient obtenu, ou ne le conservaient, “ qu’en ab. jurant leur foi politique, qu'en se déclarant traitres à la patrie, et qu’en flétrissant pour toujours un nom qui ne leur avait été donné que pour y ajouter celui de “ vraicanadien.” Ceux qui ne voulaient pas que la licence de la presse fût réfrénée, auraient voulu étouffer jusqu'à la pensée même, Il y avait réellement ‘“ despotisme sur la pensée.” Cette espèce de coercition, ce système d'intimidation, imité de ce qui avait eu lieu en Irlande, à des époques de grande agitation, et en France, au plus fort de la révolution, augmenta de beauroup le nombre des Canadiens respectables qui descendirent alors des bancs de la magistrature et des grades de la milice, souvent pour faire place à des inconnus, ou à des nouveau-venus.*

Le gouverneur avait reçu, et continuait à recevoir, de différents endroits, des adresses approbatrices de sa

* We are surprised that any respectable man holds a commission in the County of York Battalion, supposing that there is a law for their commissions’ —Canadian Spectator du 10 octobre 1827.— Deux lieutenans-colonels de milice, hommes respectables et respectés dans la société, mais qui n’avaient pas pris connaissance des principes et des usages de l’ Angleterre, que lord Dalhousie voulait suivre en Canada, avaient été les vice-présidens d’une assemblée où ils avaient entendu et approuvé, contre le gouverneur, le discours le plus “foudroyant” qui eût encore été pro: noncé dans la province, sans en excepter celui du docteur LABRIF, à Vaudreuil. Ils furent destitués, ou remerciés. Ce remerciment donna lieu à une assemblée et à des résolutions, dont l’une était ‘“ Que les personnes qui acceptent des commissions en remplacement de ceux qui ont été destitués sans cause légitime, méritent l’improbation publique, et ne doivent être considérés que comme ennemis des droits du peuple.” Si un tel conseil, ou un tel plan, eût été adopté plus généralement, les miliciens canadiens auraient ét* finalement, comme les Cepoys, ou Cipays de l’Inde, tous commandés par des officiers anglais.

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conduite, et désapprobatrices de celle de la majorité de la chambre d’assemblée, Il était dit, dans celle de Berthier: que ‘si les avantages nombreux que la province aurait dû retirer de la sagesse de l'administration de son Excellence, ne s'étaient pas réalisés, il fallait l’attribuer aux prétentions insoutenables de la chambre d’assemblée, et à sa persévérence dans une marche opposée à la prérogative de la couronne, ainsi qu’au caractère et à la dignité de son propre corps.”

Les réponses aux adresses étaient ordinairement plus modérées que les adresses mêmes : en cette occasion, lord Dalhousie parut sortir des bornes de la modération convenable à sa dignité, en répondant, “Qu'on lui rendait justice, en pensant que l’objet de ses” ardents désirs avait été d'avancer le bien public et la prospérité de la province, de concilier les différents, de rétablir l'harmonie troublée par quelques hommes factieux, comme il s’en trouve dans tous les pays; que ce lui était une grande satisfaction de voir, par la teneur de cette adresse, ainsi que de plusieurs autres, reçues récemment, que la conduite de ces chefs factieux était généralement condamnée par tout loyal et respectable habitant du Canada.”

Son Excellence répondit, entre autres choses, à l'adresse “de la Ville et du District des Trois-Rivières:” Je pris, il y a sept ans, les rènes du gouvernement, dans le plus vif et le plus sincère désir de concilier tous les différens, et de travuiller au bien public. Ce désir n'est pas diminué chez moi; mais je me suis vu forcé de défendre, contre des empiétemens, les principes les plus clairs de la constitution et les prérogatives les plus indubitables de la couronne. Vous pouvez être assurés que je ne dévierai point de ma conduite passée, dans l'assurance où je suis d’avoir finalement l'appni de tous

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les fidèles sujets de sa Majesté, et c’est de ma part justice d'ajouter, que dans cette classe je comprends la très grande partie du peuple, qui s’est laissé aveugler et égarer.” | Lord Dalhousie pouvait n'être plus disposé à restreindre l’'émigration des pauvres d'Angleterre et d'Ecosse, ni même, peut-être, celle des Etats-Unis; maisil ne douta jamais de la loyauté, de la bonne volonté de la masse de la population canadienne. Maïs cette population n'avait pas eu l'avantage d’un cours de leçons politique et constitutionnel ; nous dirions mieux peut-être, de droit métropolitain et de droit colonial, exposant les devoirs réciproques de la métropole et de la colonie, dont les principaux sont, de la part de la première, bienveillance, protection, équité, et de la seconde, fidélité, respect et subordination. Les gazettes, depuis longtems remplies des querelles, ou des prétentions exagérées des corps législatifs, et des déclamations passionnées des partisans poliques, n'étaient rien moins que des guides sûrs, même pour ceux qui en lisaient de différentes nuances politiques; et “ depuis l’extention qu'avait prise le journal, le genre de la brochure était délaissé.” Ce genre aurait pourtant été le plus convenable pour les leçons dont nous parlons. Les brochures qui avaient été publiées précédemment, adaptées à l’époque de leur publication, étaient peu applicables aux années 1827 et 28 ;* et celle qui paraissait alurs ne pouvait pas être un

* Il s'agissait, en 1809, de défendre contre “des écrivains anglais, les droits assurés aux habitans du Canada, de conserver leurs coutumes, d’être régis par la législation française ;” et c'est ce qu'a fait Un Canadien M. P. P.,” dans ses “ Considérations sur les effets qu'ont produits en Canada, la conservation des établissemens du pays,” &e. ; petit ouvrage où, quelques sacrifices faits à l'opinion du temps, sont amplement rachetés par les principes lumineux, les vues saines et les sages maximes qu’on y lit. Dans son “ Analyse d’un Entretien sur la Conservation des Eta-

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guide beaucoup plus sûr que les journaux politiques. Homme laborieux, instruit, mais esprit exalté, impatient du frein de l'opposition, ou de la contradiction, susceptible de se courroucer, à la vue d’abus réels ou apparents, en se les exagérant outre mesure, le docteur LABRiE devait voir tout bien, d’un côté, et tout mal, de l'autre; ne pouvait pas être un écrivain politique impartial, même en s’efforçant d’être équitable.*

La chambre d'assemblée du Iaut-Canada, qui, à la fin de la session de 1827, s'était séparée amicalement du lieutenant-gouverneur, au grand déplaisir des journalistes ultra-démocratiques, ou niveleurs, se Les réconcilia en 1828, en se querellant avec son Excellence.

blissemens du Bas-Canada,” &e., le même écrivain “a répété les argumens en faveur des droits reconnus par l’acte de la session.”

*“Quand le bien se fait, c’est parce que les gouverneurs 1 veulent, et que pour l'effectuer, ils n’ont besoin que de se van ; du côté de la constitution. Le contraire arrive-t-il? la ma ne des affaires est-elle interrompue, c’est qu’ils se sont unis au soil contre la chambre ; c’est que la constitution est lésée, et elle n'est lésée que parce qu’elle porte dans son sein les élémens d cette lésion, savoir la composition vicieuse de l’une de ses parti constituantes. Pourquoi cela, me dira-t-on ? Pourquoi Le into ; lésion ne résulte-t-elle pas de l’union de la chambre avec le me verneur ? ... Ja réponse est aisée à donner ; elle se trouve due la différence qui se trouve entre la chambre et le conseil. Pliable au désir des gouverneurs qui ie composent et l'entretiennent nour être les organes üe leurs volontés, le conseil suit leur dictée; et se porte au bien avec la chambre, lorsque le gouverneur y est iui-même enclin, et alors les trois branches étant d'accord, la constitution à son plein eñet. Mais le gouverneur est-il méchant, peu instruit, ou homme faible; prête-t-il une oreille docile aux conseils des ambitieux et des calomniateurs il en st tout de suite obsédé; il tombe dans leurs vues, et avec lui l'officieux conseil : tous deux alors s'unissent contre la chambre qui, forte et vigoureusement constituce, oppose une noble résistance, garantit ses constituans de mauvaises lois, mais ne peut faire le bien, ni apporter de remède efficace aux nombreux abus qui résultent de l’union des deux autres branches. Heureux encore, qu’elle ait eu ce courage et ce succès! Autrement composée, elle eut pu, en s’unissant à ses collaborateurs pour le mal comme, elle s’y unit pour le bien, elle eût pu, dis-je, opérer notre ruine, et nous réduire à l’état du plus horrible esclavage ”— Les pre niers Rudimens de la Constitution Britannique, &c, |

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Le différent commença par la prière faite à Sir F.Maitland, de transmettre au roi une adresse où sa Majesté était remerciée par la chambre d’avoir refusé son assentiment au bill de naturalisation, qu'elle avait elle-même passé, un an auparavant. Ce remerciment au roi, principalement l’œuvre du sieur RoLpx, était noyé dans une accumulation de protestations de loyauté, d’attachement et de reconnaissance, exprimées de la manière la plus humble, pour ne pas dire la plus servile, comme pour fasciner les yeux de sa Majesté, et l'empêcher de voir la manifeste contradiction où elle se mettait, Le ridicule insigne dont elle se couvrait.

Le lieutenant-souverneur répondit: ‘“ Je saisirai une occasion prochaine pour transmettre votre adresse à & Majesté ; et afin de justifier le gouvernement de cctte colonie des imputations sans fondement contenues dans la requête à laquelle lord Gopericrt fait allusion,* je croirai nécessaire de diriger l'attention du secréaire d'état sur ce fait, que les instructions que vous approuvez aujourd’hui si fortement, ne font que suggérer une mesure qui, de quelque manière qu’elle ait été proposée, fut rejettée par la chambre d’assemblée, dans la seconde session du présent parlement, dans le désir d’obtenir une loi déclaratoire, que sa Majesté a regardée comme toutà-fait inadmissible.”

Cette réponse fut regardéecomme une insulte par ceux qui venaient d’insulter indirectement, et qui ne firent pas difficulté d’insulter directement Sir P. Maitland,

* Il avait été envoyé en Angleterre, de la part de quelques millicrs d'individus de la dernière classe, une requête, à laquelle F. Coins, et surtout W. JT, McKENZzIr= avaient donné une teinte fort ressemblante à celle du sansculotisme, et à laquelle néanmoins le bon lord GopEricn avait porté une attention toute particulière, ou plus particulière que ne l’auraient voulu certains particuliers contre lesquels il pouvait bien y avoir aussi quelque chose à dire.

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dans une série de résolutions, dont la teneur était, autant que nous avons pu la débrouiller, ‘ Qu'il était évidemment inutile, irdécent, ct hors de propos, de censurer l'assemblée, et surtout de représenter sous un faux jour, les actes passés de cette chambre ;—que son Excellence avait recommandé à la législature provinciale de statuer sur un sujet d’une importance vitale, quand la chambre ne pouvait pas constitutionnellement s'en occuper ;—que son Excellence avait eu tort, ou avait induit le peuple en erreur, en donnant l’assentiment royal à un bill de la 58ème annéc de Georges III, au lieu de le réserver pour la sanction royale ;—que la marche adoptée par cette chambre (dans sa seconde session) n'avait été que la conséquence des circonstances critiques et embarrassantes où elleétait préciptée;—que la pétition mentionnée par lord Goderich ne contenait pas d'inculpations sans fondement contre le gouvernement de cette colonie ;—qu’il convenait de présenter au roi une adresse, priant sa Majesté ‘ de donner à la conduite de ses fidèles communes l'interprétation la plus favorable.*

De ces résolutions surgit une adresse au roi, par laquelle sa Majesté était priée de donner l'interprétation

* Elle semblait faire pitié, en effet, et avoir grand besoin d’indulgence, Mais il ne faut pas condamner sans entendre la défense, bonne ou mauvaise. ‘“ Il peut paraître étrange aux personnes éloignées, dit le Canadian Freeman, que la chambre vote dans cette session, une adresse de reconnaissance et de remerciment à sa Majesté, pour avoir refusé sa sanction royale au bill qu’elle a passé elle-même, dans sa dernière session ; en d’autres termes, que d’honorables membres remercient, dans cette session, sa Majesté, d’avoir condamné leur propre mauvaise conduite, dans la session dernière. Nous avouons que c’est un cas qui va pas son semblable, dans les annales de la législation ; mais il est aisé d’en rendre raison: la majorité de la chambre était opposée au bill odieux de la dernière session; mais l’auteur du piége a guetté une occasion favorable, a profité des circonstances, et d’une manière inconstitutionnellef l’a pressé dans la chambre, à un période avancé de la session, et pendant l'absence de ses membres, après qu’il eut été rejetté, à une troisième lecture.”

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ia plus favorable à la conduite de la chambre, nonobstant toute fausse représentation qui pourrait lui être faite, au préjudice du peuple de la province, ou de ses repré. sentans, et le lieutevant-gouverneur fut prié de la transmettre au roi, avec les résolutions sur lesquelles elle était basée. Sir P. Maitland promit de le faire, en observant néanmoins, que ‘des motifs publicslui faisaient regretter le langage insolite qui s'y faisait remarquer, et qui ne pourrait manquer d’être mis par sa Majesté en contraste avec les témoignages approbateurs qu’il avait constamment recus de la législature et du peuple, dont il s'était étudié à avancer les intérêts ; que lorsqu'il avait eu occasion de faire allusion aux procédés de la chambre, afin de disculper son administration, il avait la satisfaction d’être persuadé qu’il lui suffirait de renvoyer le gouvernement au témoignage décisif de ses jourpaux ; qu'il avait toujours eu raison de s’en rapporter avec trop de confiance au bon-sens de la grande masse du peuple, pour appréhender quelque effet injurieux de la tentative d’exciter le soupçon mal fondé qu’il était capable de faire sur son compte de fausses représentations à son souverain,” &c.

Le 8 mars, les grand-jurés de la cour du banc du roi de Mont-réal,* rapportèrent comme fondées les accusations pour libelles contre l'éditeur et l’imprimeur du Canadian Spectator, reçues par un magistrat, le 18 décembre précédent. Les accusés obtinrent que les procès fussent remis au terme de septembre, en renou-

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* MM. Louis Guy, président, George Simpson, Jean Bouthiller, John Molson, Jacques Hervigux, G. H. Moxk, George AUBREY, R. B. DE LABRUERE, C. O. ERMATINGER, C. C. DELE- RY, R. Froste, N. B. Dovcer, Wm. Porteous, dJ. L. de Martigny, John M'KExzrE, P..J. Lacroix, L. G. Browx, Félix SouLiGny, Benj. Harr, Louis MarcHanD, C. PENNER, P. GRISE”, T, M'VEY, Benj. BEAUPRE’.

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