‹ Histoire du Canada et des Canadiens, sous la domination anglaise [microforme] (volume 2)Chapitre 49 sur 56 · M. LEBRUN · texte numérisé non relu

M. LEBRUN

+ Elle s’est réunie en 1829, à la Société Littéraire et Historique,

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&e.: “M, P. LATERRIERE avait publié, à Londres, “An account of Canada.” “ Un Canadien” avait donné, dans une petite brochure, une “ Esquisse de la Constitution britannique:” M. A. N. Monix, dans sa ‘ Lettre à l'honorable Edward Bowen,” avait annoncé le talent d'écrire et de raisonner : “le docteur Tessier avait traduit en anglais la Thérapeutique, par M. Bégin, avec des notes. Adam Kipp, Irlandais, dont les essais sont estimés, avait publié, entre autres, son poëme du Z/uron Chief; M. Brsaup, son recueil, contenant des épitres, des satires, des odes et des chansons: des gazettes anglaises avaient recueilli des pièces de vers assez remarquables de M. W. Hawzey: M. le notaire Gar- NEAU avait déjà fait preuve de talent; M. W. V.... de verve ; un pseudonyme (Milthène), de goût.” Dans sa Dissertation sur le canon de bronze trouvé dans le fleuve Saint-Laurent, en 1826, M. A. Berthelot donnait l'exemple et le goût de la bonne critique: M. Valère GUILLET, par son ‘ Petit Traité d’Agriculture;” le docteur M£ILLEUR, et divers écrivains anonymes, par des articles publiés dans les journaux, portaient au désir de s’instruire, au goût des perfectionnemens dans la pratique des arts. D'autres Canadiens, hommes de talens et de mérite, MM. DuBEerGER, Louis CHARLAND, J. B. LaRuUE, Louis Guy, André Jomix, Jacques VIGER, se distinguaient, ou s'étaient distingués, à une époque un peu plus reculée, par des travaux d’un autre genre, des plans de villes, des cartes géographiques, des tables statistiques, &c.

Malgré cela, “la lecture n’était pas encore un goût répandu, suivant M. Lebrun, quoique les Français du Canada soient plus jaloux de s’instruire que ceux de la Nouvelle-Orléans, qui ont vu avec indifférence un in-

cendie dévorer leur bibliothèque publique.” Malgré cela

aussi, M. IT. DEesRIVIÈRES-BEAUBIEN annoncait la publication d’un “Traité sur les Lois Civiles du Bas-Canada;” M. le docteur Meilleur, un “Cours abrégé de Leçons théoriques sur les Principes de la Chymie,” et M. Bouchette, une “ Topographie du Canada,” ou des Possessions Britanniques de l'Amérique du Nord, beaucoup plus étendue que celle qu'il avait publiée en 1815,

Quoique la peinture ne fût pas encore parvenue parmi nous à son apogée, M. Aupy et M. LÉGARÉ faisaient, chacun, à l'envi l'un de l’autre, ou copiaient, un portrait de Georges IV, qui se trouva valoir mieux que plusieurs des tableaux que des peintres américains viennent nous montrer, de temps à autre, comme des chefsd'œuvre de l’art. Dans la sculpture en bois, M. Xavier Lerronox se distinguait, et M. BAILLARGÉ pouvait rivaliser avec ies meilleurs sculpteurs d'Europe. La sculpture en pierre s'était perfectionnée aussi, ou avait pris de l'extension: l'architecture faisait des progrès, ou devenait, pour ainsi parler, de plus en plus en réquisition: la ville de Mont-réal avait vu s'élever, en même temps, deux églises, dont l’une était destinée à devenir la cathédrale du diocèse de Mont-réal, et l’autre, (l’église paroissiale) était la plus grande de toute l'Amérique Septentrionale, depuis la baie d'Hudson jusqu'au golfe du Mexique.*

Cependant, “une médaille était décernée à madame SHEPPARD, auteur d'un Essai sur la Conchologie des environs de Québec.” On avait mesuré exactement l'étendue du lac Saint-Pierre, au moyen d'opérations trigonométriques: on avait exploré, ou lon explorait

*Ilest peut-être digne de remarque, que Sir Francis Burton assista à la cérémonie de la bénédiction de la première pierre, le 3 septembre 1824,et Sir James Kempt, à celle de la dédicace, le 15 juillet 1829.

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scientifiquement, les bords du Sanguenay, du Saint- Maurice et de l'Outaouais.

Le Canada méritait bien, en effet, d’être exploré et connu:* M. Joseph SKEY disait, dans une circulaire, en 1830: ‘ Les richesses, les ressources naturelles de ce pays étendu ne sont connues qu’imparfaitement. Le champ ouvert à l'observation est immense; car il comprend tous les objets que nous offre la nature animée et inanimée. Jci, on a découvert un calcaire facile pour la taille, et qui se durcit promptement ; là, de la pierre meulière. Les couches de chaux, les lits de gypse fourniront des engrais. Les minières de fer abondent, et peut-être les mines de charbon et de sel de roche. On trouvera, dans ce pays, depuis les plus grands quadrupèdes jusqu'aux insectes les plus petits. Des plantes qui, dans leur état de nature, sont très pernicieuses, soumises à une culture bien entendue, perdent leurs principes délétères, deviennent palatables. Ainsi, il est présumable que le riz sauvage (zizania aquatica,) qui n’est à présent qu’une ressource accidentelle pour les aborigènes, sera, par la suite, une source abondante d’aliment, et qu'il rivalisera, dans ces froides latitudes, avec son analogue des tropiques.”

6 En effet, ajoute M. Lebrun, la nature a gratifié les Canadas d'un grand nombre de plantes que dédaignent les habitans. Ils laissent emporter au vent une immense quantité d’apocin-ouateux : une dame du Haut-Canada

* Quel est le Canadien qui n’aimerait pas sa patrie, après l'avoir contemplée, pendant quelques heures, du bord d’une de nos barques à vapeur, sur la route de Québec à Mont-réal ? Quel spectacle enchanteur ! que de points de vue admirables ! quelle suite de campagnes riches, paisibles, heureuses, se déploie, sur l’une et l’autre rive, d’aussi loin que l’œil peut atteindre! La scène offre quelque chose de plus grand, de plus varié, de plus ravissant encore, peut-être, en descendant le fleuve, jusqu’au Saguenay.”—Nouvel Abrégé de Géographie moderne.

vient d'essayer la première de filer de cette espèce de coton. Le succès a été complet: des tisserands en ont fait une étofïe forte, déja recherchée par les gens de la campagne. Quelques échantillons de minéraux recueillis dans ces contrées pour les musées de Londres, et de Paris, indiquent les richesses géologiques qu’elles procureront aux explorateurs habiles. Les bords des lacs et desfleuves leur gardent sans doute des découvertes analogues à celles qu’a données le vaste bassin de l'Ohio.”

Mais si notre pays, si le Canada est digne d’être exploré, connu, apprécié; s’il mérite que, fuyant toute politique bruyante, ou de parti,* ses habitans se prévalent sagement des ressources, des avantages nombreux et variés qu'il leur offre, ces habitans, du moins la très grande majorité d’entre eux, méritent aussi d’être régis par de bonnes lois; de voir établie et suivie parmi eux une justice égale; de jouir d’un gouvernement constitutionnel, juste, impartial, et responsable; pourvu que par responsabilité, on n’entende rien d’incompatible avec la suprématie et les droits de la métropole ; avec les instructions, les fonctions élevées et la dignité du représentant du souverain.

* La politique de parti peut se reconnaître à plusieurs signes, dont le plus apparent consiste dans les cris, réputés magiques, ou cabalistiques : “ Vous êtes Canadiens !” ou, “ You are Englishmen, Then &c,

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lesfleuves alogues à | Caractère et Comportement de Cuvelier de La Sale.

‘ Cruel dans les punitions, inexorable pour les fautes ; d’être ex- souvent intraitable et de mauvaise humeur ; pendant

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