GRANT, L
W. B. FELseil législaivoyé par la
actes ‘‘ pour
régler la milice” et ‘ pour qualifier les juges de paix,” sont peut-être les plus remarquables de cette session, comme basés sur un plan nouveau, et dénotant des idées nouvelles dans le pays. La qualification, ou le cens exigé pour être magistrat, ou officier de milice, était un revenu très modique, mais provenant d'une propriété foncière: un revenu décuple, mais provenant d’une charge publique, ou d’une profession libérale, ne qualifiait pas. Ces actes restreignaient la prérogative royale, et quelques uns y crurent voir l'esprit de parti montré trop à découvert. On y pouvait blâmer aussi une prévoyance, ou une méfiance, tout opposée à la confiance du pouvoir exécutif dans les officiers qu’il nomme.* Mais ils avaient cela de bon, qu'ils fermaient l'entrée aux honneurs de la milice et de la magistrature à des hommes arrivant ou inconnus dans le pays.
Une longue dépêche de Kir George Murray à Sir James Kempt, publiée dans nos journaux, après la clôture du parlement provincial, contenait le paragraph : suivant :
‘ Il parait qu’on a exprimé beaucoup de mécontentement sur la manière dont ont été appliqués les revenus des biens de l’ordre supprimé des Jésuites. Sur ce sujet cependant je ne puis me procurer des renscignemens assez exacts et asscz étendus pour servir de base à une opinion précise. Votre Excellence aura donc la bonté de me faire rapport sur l'étendue et la valeur de ces biens; quelle en est la recette moyenne en gros; quelles sont les déductions auxquelles elle est sujette, et quel est le revenu moyen net, et à queis objets particuliers est appliqué cerevenu. Vous rapporterez en outre
* 4 C’est un tort très grave pour le législateur, de porter la prévoyance jusqu'à mettre en état de suspicion la moralité d’un peuple.”—M, LEeBrux.
Kk
quelle est la marche adoptée à présent pour l'éducation de la jeunesse, et si par quelque changement dans cette marche, on ne pourrait pas parvenir au même but plus cflicacement pour l'avantage général de la province, ct avec l'approbation plus générale de la masse des habitans. Il conviendra aussi d'examiner si on ne pourrait pas accroître le revenu lui-même, par la mutation de la tenure féodale par laquelle je suppose que ces biens sont à présent régis.”
Dans le cours de l'été, plusieurs des officiers destitués par le précédent gouverneur furent de nouveau commissionnés, et en plusieurs cas, promus.*
* Le comité spécial auquel “avait été renvoyée la partie du discours de son Excellence relative à l'organisation de la milice,” rapporta un projet d'acte, mais “il n’était pas d'opinion qu’il füt passé en loi dans cette session.” Il recommandait d'introduire, en attendant, un bill semblable à celui qui était expiré, le ler de mai 1827, et dy insérer une clause pour déclu-
rer nulles toutes les commissions de milice émanées postérieurement à la date ci-dessus ; maïs qui déclarerait valides toutes les commissions émances antérieurement, et comme elles étaient à cette date, pour être en pleine ; rce, jusqu'à ce qu’il y fût autrement pourvu par le gouverneur,” &c, Telle était aussi la teneur du projet d'acte rapporté.* Nous nous rappellons avoir entendu fredonner dans le temps, par un des officiers qui devaient être ainsi sans cérémonie mis à la porte, des couplets qui finissaient par ce refrein : * Bon, bon, bon,—le brave N.....n—n'y va pas de main morte.”
‘ Dans l'état de mécontentement qui régnait dans la province, en conséquences de nombreuses destitutions qui avaient eu lieu dans la milice, dans les années 1827 et 1828, dans lesquelles destitutions plusieurs des membres d'influence de la chambre étaient inclus, on ne pouvait guère s'attendre que le comité considérât absolument sans passion le sujet qui lui était ainsi renvoyé ; et vous observerez dans la copie imprimée du rapport qu’il a fait à la chambre, que j'ai l'honneur de vous transmettre ci-joint, qu’il a pris occasion, dans ce rapport, de faire des réflexions très sévères sur ces destitutions, déclarant qu’en conséquence de cette mesure, on était généralement dans le pays sous l'impression que la possession de commisssions de milice devait assujétir les officiers à se plier à des vues politiques, et consignant sa propre conviction qu’on avait eu recours à la mise en force des ordonnances de milice de 1787 et 1789 pour donner effet à ce systôme.”—Æxtrait d'une dépêche de Sir James Kempt à Sir George Murray.
* Le bon-sens politique du conseil législatif prit les devans, pour épargner à notre législation ce contre-bon-sens.
r l'éducation nt dans cette ème but plus province, ct se des habi- 1 ne pourrait utation de la es biens sont
iers destitués ‘eau commiIs-
‘e la partie du isation de la tait pas d'opi- recommandait celui qui était ase pour déclupostérieurement outes les cométaient à cette füt autrement si la teneur du bir entendu fre- \ient être ainsi issaient par ce va pas de main
ns la province, vaient eu lieu ruelle destireétaient inclus, rât absolument + vous observeà la chambre, a pris occasion, ïs sur ces destiesure, on était a possession de à se plier à des qu’on avait eu lice de 1787 et ‘une dépêche de
evans, pour épar-
Les élections, occasionnées par la mort du roi Georges IV, se firent d’après le nouvel acte de représentation, qui avait divisé le Bas-Canada en quarante comtés," et lui donnait quatre-vingt-quatre représentans.
Sir James Kempt avait recommandé, comme méritant d'être appellés au conseil législatif, MM. J, P. MDAVEUSE DE BEAUJEU, D. B. Viger et Samuel ITarr, et ils y furent appellés.
Lorsqu'on apprit que Sir James Kempt était rappellé, on s’empressa de lui présenter des adresses pour lui témoigner la satisfaction qu'avait causée son administration. Il avait eu “ Le secret de tempérer les animosités qui régnaient dans le pays, lors de son arrivée, et de laisser à son successeur l'espoir de terminer heureusement les difficultés qui avaient existé avec tant de chaleur. f
Sir James Kempt n'avait pourtant pas pu contenter tout le monde: ceux qui lui avaient supposé le pouvoir et la volonté de refaire tout ce que son prédécesseur avait défait, et de défaire tout ce qu’il avait fait, qui, en un mot, s'étaient attendus à une réaction complète, témoignèrent leur mécontement, en refusant de signer les adresses qui devaient lui être présentées. f
* Bonaventure, Gaspé, Rimouski, Kamouraska, l'Islet, Bellechasse, Dorchester, lu Beauce, Mégantic, Lotbinière, Nicolet,
’amaska, Drummond, Slierbrooke, Stanstead, Missiskoui, Shefford, Zichelieu, Saint-Hyacinthe, Rouville, Verchères, Chambly, Laprairie, l'Acadie, Beauharnais, Vaudreuil, de l'Outaouais, des Deux Montagnes, Terrebonne, Lachenaie, l’Assomption, Mont-réal, Ber-
thier, Saint-Maurice, Champluin, Portneuf, Québec, Montmorenci, Saguenay, Orléans.
+ M. PERRAULT
L'adresse de Mont-réal lui fut présentée par MM. L. J. Papineau, J. Leslie, F. A. Quesnel, D. B. Viger et G. Moffatt. M. Cuvillier avait été proposé, mais il avait refusé. “ Tout le mérite de Sir James Kempt, suivant M. Cuvillier, était purement négatif : il avait une loi de milice, qu’il devait mettre à exécution, et il ne l'avait pas fait: des officiers de milice, nommés en vertu des pré-
400 IISTOIRE.
Sir James Kempt laissa le Canada avec une idée assez peu avantageuse, a-t-on dit, de la politique qu’il avait vu régner dans nos chambres, et hors de nos chambres lésislatives. Cette politique avait dû nous rabaisser un peu, en effet, dans l’opinion des hommes éclairés : si l’effervescence et l'irritation s'étaient un peu appaisées, il restait encore le ressentiment et la rancune, et par suite, un amour de la vengeance, un désir de représa’!les, chez ceux qui croyaient avoir eu à se plaindre, soit du pouvoir exéeutif, ou judiciaire, soit de l'opposition, ou de l'agitation 4 populaire, sous l’administration du comte de Dalhousie, | La politique partiale et bruyante de 1827 et 1828 avait fait rétrograder notre ordre social; fait disparaitre presque entièrement de nos conseils le sens rassis, le bonsens politique ; semblait avoir fait croire que les antipathies, les animosités, les dissentions publiques, étaient l'état naturel de la société civile; que le bruit de la politique était préférable à la tranquillité sociale: dans son adolescente ardeur, l'esprit de parti, pris par les deux populations pour le véritable patriotisme, n'avait plus connu de bornes, n'avait plus su respecter les convenances politiques, et en quelques cas, les relations sociales: l’égoisme, l’amour-propre, l'orgueil, ambition, l’infatuation, ou l'exaltation, de quelques particuliers, avait été par lui pris et donnés calomnieusement, ou absurdément, pour les opinions, les intérêts, les besoins et les vœux du
pays ou du peuple: il avait entièrement perdu de vue le résultat probable, ou plutôt certain, de l'enchainement des causes et des effets; méconnu le danger du progrès et de l'entrainement. Au milieu de scènes bruyantes,
tendues ordonnances, ne continuaient-ils pas à agir, chaque jour, en cette qualité ? c'était une désobéissance à la loi; l’administruteur s'était placé au-dessus de la loi,” &c.— Voir la Minerve du 27 septembre 1830,
e idée assez u'ilavait vu nbres légisser un peu, si l’effervees, il restait ar suite, un s, chez ceux ivoir exéCue l'agitation à Dalliousie, t 1828 avait disparaître 1ssis, le bonue les antiques, étaient bruit de Ia ociale : dans par les deux n'avait plus convenances
ciules: l’égo- Pinfatuation, it été par lui ément, pour es vœux du erdu de vue > l'enchainenger du proes bruyantes,
ete
r, chaque jour, ; l’administru-
la Minerve du
fascineuses etassourdissantes, ceux qui en creusant un torrent lui avaient imprudemment donné une pente trop rapide, devaient y être entrainés imperceptiblement, Cette bouillante effervescence, cette tourmente avait compromis notre population, qui ne fut sauvée de l’état social ou politique qu’elle appréhendait, et dont elle était menacée, que par le résultat inattendu, la tournure imprévue donnée en Angleterre aux affaires du Canada, à la fin de juillet 1828. Notre beau pays avait été troublé, une partie de notre intéressante jeunesse avait été détournée d’occupations utiles, de l'application aux études nécessaires à son avenir, par une malheureuse question de finances qui, de quelque manière qu'elle fût décidée, ne devait faire ni perdre ni gagner annuellement un denier à chacun des individus de la province, en supposant, comme on avait droit de le faire, que; tant d’une part que de autre, on avait la volonté d'agir raisonnablement. Notre politique indigène, déjà moins rationnelle que tranchante, particulièrement dans les résolutions de nos chambres législatives, semblait avoir fait perdre, par le recours à l’aide étrangère, dans ces chambres et hors de ces chambres, à nos mœurs et à nos habitudes sociales, quelque chose de cette franchise, de cette douceur et de cette amabilité, louées par presque tous les historiens, les écrivains et les voyageurs, qui ont parlé du Canada et des Canadiens : elle avait occasionné un surcroît de malveillance, d’antipathies, ou d'animosités individuelles, religieuses ou nationales, et elle généralisait des sentimens et des dispositions qu’elle aurait dû particulariser, ou si l’on pouvait ainsi parler, individualiser ; elle avait retardé les progrès de l'industrie, et particulièrement des arts, des sciences et des lettres, dont il nous convient de dire un mot, en terminant ce volume.
Kk 2
L'église du Canada avait vu s'éteindre, dans l'été de de 1825, son grand luminaire, monseigneur Joseph Octave Plessis : le séminaire de Mont-réal voyait aussi s'éteindre son vénérable et savant supérieur, messire Jean Henri Roux, vicaire-général du diocèse ; quelques uns des habiles professeurs venus de France n'étaient plus ; mais les études classiques n'avaient point été dérangées, aux florissants colléges de Québee, de Montréal, de Nicolet et d'Yamaska, demeurés isolés de la tourmente politique ; et au milieu même de cette tourmente, on avait vu s'élever les colléges de Sainte-Anne de la Pocatière et de Chambly, dus principalement, ou originairement, au zèle éclairé et patriotique de M. Paxxcuaup et de M. MIGNAULT, les respectables curés de ces lieux. Dans le même temps, un autre curé, non moins respectable et non moins zélé pour l'éducation de
la jeunesse, M. DUCHARME, établissait une école latine J L 2 à Sainte- T'hérèse de Blainville,
Dans !c même temps encore, deux hommes éclairés et patriotes, M. Viger, à Mont-réal, M. PLAMONDON, à à Québec, s’efforçaient d’inspirer aux jeunes étudians en loi, le goût de l'étude, lamour du travail et du savoir nécessaire à la profession qu’ils se proposaient d’embrasser, en leur donnant, de temps à autre, des lectures, ou lecons de droit civil Le docteur WiLxtE donnait à Québec, des lecons sur les arts et métiers. Le goût pour l’étude de la médecine et de la chirurgie semblait aussi être devenu plus dominant qu’autrefois, chez nos jeunes compatriotes, Canadiens et Anglais. Plusieurs jeunes médecins étaient revenus gradués des universités de Paris et d'Edinburg : de jeunes Canadiens y étudiaient encore, et d’autres y allaient étudier. Une Société de médecine avait été fondée à Québec, en 1827.
Tous ceux qui aimaient l'instruction, qui voulaient
8 l'été de r Joseph yait aussi , messire quelques n'étaient point été de Montlés de la ette tourinte- Anne ment, ou ue de M.
bles curés curé, non ucation de ole latine
es éclairés HONDON, à tudians en du savoir d’embrasctures, ou donnait à Le goût e semblait , chez nos Plusieurs iniversités ons y étu- Une Sociin 1827.
voulaient
du bien à la génération actuelle et à celle qui la devait suivre, durent lire avec plaisir l’article suivant, publié dans nos journaux, au commencement de novembre
‘ Il a été formé une institution importante, en avril dernier, par une partie des avocats de Mont-réal, sous le patronage du juge en chef du district (l’honorable James Retp), à l'effet de former une bibliothèque de livres de loi. Cette société, qui compte parmi ses membres M. le juge en chef, M. le juge PyKe#, plusieurs des avocats, le schérif, les protonotaires (ou greffiers) du district, a fait des progrès qu'on aurait pu à peine espérer. Les livres de la société consistent déja en 155 volumes in-folio, 112 in-4to, et 268, d’un plus petit format La bibliothèque francaise surtout est précieuse, contenant presque tous les auteurs estimés, tant anciens que modernes. Ce nombre a été augmenté, depuis le terme d'octobre, de plus de 100 volumes in-folio etin-4to.
‘ Les médecins de cette ville possèdent, depuis plusieurs années, une bibliothèque de valeur, qu’ils ont formée pour l'avancement de la science médicale à Mont-réal ; et ils ont de plus institué un collése médical, où des hommes de talens, dont les certificats sont maintenant reçus aux universités d'Edinburg et de Paris, donnent des lecons pendant l'hiver, sur les différentes branches de la médecine et de la chirurgie.”
‘ Dès 1822, suivant M. Lebrun, la bibliothèque de Mont-réal contenait déjà 8,000 volumes, la plupart bien choisis.” A Québec, la nombreuse bibliothèque de Ja chambre d’assemblée était à l’usage du public, ou d'une partie du public, durant la levée du parlement.
Quelques disputes ecclésiastiques, ou cléricales, quoiqu’autant à regretter, peut-être, que furent déplo-
rables les querelles du Nord-Ouest et de la Baie d'Hud-
son, avaient néanmoins, en donnant lieu à la publication d’un nombre d’articles de gazettes et de brochures, inspiré le goût, ou mis dans la nécessité d'étudier, plus qu'on n'avait fait jusqu'alors, le droit canonique.
Lesimprimeries s'étaient multipliées, particulièrement pour l'impression de feuilles politiques, et plus dans la province supérieure que dans l’inférieure ; mais non toujours pour le véritable avantage du public, ou le bien de la société: car, si “la liberté de la presse, retenue dans les bornes légales, est le plus noble flambeau de la civilisation,” elle devient le fléau de la société civilisée, quand, tombée en des mains ineptes ou puériles, * ou sous la direction d'hommes dépourvus de principes fixes, en morale comme en politique, elle dégénère en licence : alors elle trouble plus qu'inutilement l’ordre social, fomente les querelles publiques ou domestiques ; crée la dissention et le mécontentement là où régnaient la paix et le bonheur; fait naître des sentimens hostiles, donne lieu aux altercations bruyantes, en partageant les citoyens d’une même ville, les habitans d’un même village, en coteries, ou petites factions ennemies implacables les unes des autres.
Par la presse licencieuse, ou par la licence de la presse, les autorités constituées sont vexées, et par là même quelquefois détournées de la route ordinaire du bien et de l'intérêt public; par elle des particuliers peuvent être exaspéiés, et portés à des excès auxquels ils ne se livreraient pas de sens rassis; par elle, des maximes fausses et pernicieuses sont introduites dans la politique et dans la société ; par elle la passion fait taire la raison ; par elle il arrive que les idées et les
* Il n’y a qu’au Canada, croyons-nous, où des jeunes gens, à peine sortis de l’adolescence, aient entrepris de rédiger des journaux politiques, avec la prétention de diriger l'opinion publique.
a publicarochures, idier, plus ue.
ilièrement is dans la mais non ou le bien e, retenue imbeau de iété civipuériles, * principes pénère en nt l'ordre nestiques ; régnaient S hostiles, ageant les un même les impla-
nce de la et par là inaire du rticuliers auxquels elle, des tes dans ssion fait ées et les
es gens, à r des jourà publique.
opinions s’exaltent, ou s’égarent; que les têtes tournent, et que tout tombe dans la confusion et l'insécurité. La presse périodique licencieuse, ou factieuse, pervertira les idées au point que des hommes sans mérite et sans aveu, mais turbulents, des aventuriers, des boutefeux politiques, domestiques ou étrangers, seront préférés à des hommes de mérite,philanthropes et véritablement patriotes.* Si à la licence, aux offensentes personnalités, elle joint une violence incessante et implacable, elle fanatisera les esprits prédisposés à l’exaltation. Mais le résultat, l'effet le plus funeste de la licence de la presse, c'est une mauvaise éducation morale, politique et sociale, regrettable pour la population adulte, ou d'âge màr, déplorable pour la génération croissante.
Dans le Bas-Canada, M. Etienne PARENT et M. J. B. FRECHETTE, rétablissaient, à Québec, le Canadien, sur un pied amélioré ; la Bibliothèque Canadienne continuait à être publiée à Mont-réal : on publiait aussi dans la même ville, le Afontreal Magazine, journal littéraire mensuel, et le Canadian Review, trimestriel ; mais le Journal de Medécine de Québec, et le Constitutionnel, qui avait succédé à la Gazette des Trois-Rivières, avaient cessé de paraitre. Quelques nouvelles brochures, les unes en français, les autres en anglais, avaient paru récemment ; et l’on continuait à publier des livres élémentaires, grammaires, géographies, arithmétiques, histoires abrégées, &c:f
# La convention nationale de France, montée au comble de l’exaltation, ou plutôt de la fureur politique, par la licence effrénée de la presse parisienne, appelle dans son sein Murat, et reçoit à bras ouverts, comme auxiliaires utiles, Thomas Payne et Anacharsis Cloots ; après avoir sacrifié Lavoisier, Bailly, Phélippeaux, Brissot, Guadet, Vergniaud, Gensonné; proscrit Lafayette, Barthelemi, Lanjuinais, et une foule d’autres hommes de mérite et estimables sous tous les rapports.
Par MM. Lemourr et PoreL, J. A. BourmiLziEr, M. Bibaud, J. F. Perrault, et des écrivains anonymes.
Le vommerce de librairie avait pris de l’extention, à Québec et à Mont-réal,et s’établissait aux Trois-Rivières. M. FABRE continuait, sur un plan étendu, du moins pour le Canada, celui que son beau-frère, M. IH. Bossange, avait commencé en 1817; et il facilitait aux amateurs le moyen de faire venir de France des livres de leur choix, ou des journaux politiques, littéraires ou scientifiques.*
Un Américain qui se trouvait à Québec, en 1829, écrivait : ‘“ Les sociétés respectables pour la littérature, les sciences et les arts, et un musée d'histoire naturelle, encouragé dernièrement par le gouvernement provincial, méritent toutes sortes d’éloges, et sont un échantillon de lesprit d'amélioration qui règne dans ce pays.”
Une “ Société pour l’encouragement des Arts et des Sciences” avait été établie à Québec, en 1827 ;f la Société Littéraire et Historique avait publié le premier volume de ses Transactions : le savant juge en chef de la province avait ‘“ considéré, dans son ÆEssay on the Juridical, &c., la jurisprudence française par rapport aux lois civiles du Canada.” Le docteur François Blanchet avait publié son ‘ Appel au Gouvernement Impérial,” &c.: dans une autre brochure, “M. Viger avait répété les argumens en faveur des droits reconnus par l'acte de cession :” l’ex-capitaine A. G. Dovucras, et M. Jacques Labrie avaient fait paraître, le premier, des
“Leçons de Chimie appliquée à l'Agriculture,” le second, “Les premiers Rudimens dela Constitution Britannique,”
*Ily a de l’inexactitude, ou de l’exagération dans le paragraphe suivant: “A Mont-réal, M. Fagre a joint à sa librairie française et anglaise, un cabinet de lecture assez bien pourvu de
journaux, de nouveautés, de recueils périodiques et étrangers.” —.