‹ Histoire du Canada et des Canadiens sous la domination anglaise [microforme]Chapitre 38 sur 72 · Le refus du gouvernement de sa Majesté de · texte numérisé non relu

Le refus du gouvernement de sa Majesté de

* ® C'est en fe défendant qu'ils ont perdu la vie : * “Ils sont morts combattant pour notre liberté.”

t Loin de nous de vouloir plaisanter, à l’occasion d’un événement triste et regrettable; mais évidemment l'écrivain n'avait pas sa tête à lui, quand, en s'efforçant d’être énergique, il donnait à entendre que ces trois individus furent tués avant qu'on eût tiré sur la foule, ou qu'ils furent fusillés après leur mort,

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“ L'exposé ci-dessus,” est-il dit, dans la 85èmo résolution, démontre qu'à aucune époque les lois et les institutions de la province n’ont été administrées d’une manière plus contraire aux intérêts du gouvernement de sa Majesté que sous la présente administration. ……… et nécessité de la part de cette chambre a mise en accusation de son Excellence, M. W. Aylmer, gouverneur en chef de cette province, pour avoir, dans l'exercice des devoirs de sa chargo, en contravention au désir du parlement impérial, et aux directions qu’il a dû recevoir, à l'honneur et à la dignité de la couronne ; AUX droits et priviléges de cette chambre,..…...recomposé le conseil législatif, de manière à augmenter les dissentions qui détruisent la colonie ; mis des entraves sérieuses aux travaux de cette chambre, comme grande enquête du pays ; disposé du revenu public, de la province, contre le consentement du peuple, en contravention à la loi et la constitution, maintenu des abus existans et en avoir fait naître de nouveaux ; refusé de signer un writ d'élection ; etc,* et cette chambre attend de l'honneur, du patriotisme et de la

+ ( Ce qui a valu à lord Aylmer la désapprobation de messieurs les patriotes, c'est de n'avoir pas émané une commission nouvelle des magistrats, après le 21 mai ; c’est de n'avoir pas traduit à une cour martiale un brave soldat, obligé d’obéir à l'officier municipal, sous peine de perdre son épée, c’est d’avoir refusé sa sanction à

tous les troubles qui accompagnèrent cette funeste élection. La :

terrible accusation n’a cependant pas Ôsé parler de ce dernier grief crainte de démasquer aux yeux des citoyens loyaux des intentions qu’il était prudent de tenir secrètes, et cette accusation qui, dans la bouche du coriphée patriote, parle de tout, excepté de ses véritables motifs, cette accusation, si hautement, si solennellement commencée, si misérablement, si honteusement continuée, cette montagne en travail, qui aboutira à un enfantement ridicule, n’a été, et ne sera qu'une mystification pour le public, et peut-être, pour l’honorable accusateur lui-même’— Réflexions sur l’état actuel du pays.

208 fHitstotké

Justice du parloment réformé du Royaume-Uni, que les communes du parlement porteront des accusations parlementaires et les appuieront devant la chambre des lords, contre le dit Matthew lord Aylmer, par suite ot à raison de son administration illégale, injuste ot inconstitutionnelle du gouvernement de cette province, etc.

La 86ème est comme suit: “ Cette chambre espère et croit que les membres indépendants des deux chambres du parlement du Royaume-Uni seront disposés, autant par inclination que par devoir, à soutenir les accusations portées par cette chambre, et à veiller à la conservation de ses droits ot priviléges, souvent et violemment attaqués, surtout par l'administration actuelle, et À faire en sorte qu'on ne puisse pas, en Opprimant le peuple de cette colonie, lui faire regretter sa dépendance de l’empire britannique, et chercher AILLEURS un remède à ses maux.

Dans la 87ème, reconnaissance, louange et recours à Daniel O'Connell, etc.

Dans la 88ème, même confiance en Joseph Hume qu'en D. O’Connell, et méfiance du secrétaire colonial...…..

Dans la 89ème, invitation aux membres de la minorité du conseil législatif aux membres de la chambre d’assemblée, jusqu'aux prochaines élections, et ensuite à tous les membres élus, et à telles autres personnes qu'ils s’associeront, à former des comités de correspondance, pour correspondre avec l’hcn. D, B. Viger, agent de cette province, et avec les dits Joseph Hume et Daniel O’Connell, et autres.

Par ia 90ème résolution, l’hon. D, B. Viger est prié de demeurer au siége du gouvernement de sa Majesté, sans se laisser décourager par les exceptions de forme

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DU CANABA, 209

de ceux qui ne veulent pas entendre les plaintes du pays.*

‘91ème, Résolu. Que les dépenses justes et rai-mnables des dits comités de correspondance, en exécution des pou- VOIRS QUE LEUR CONFIE OL,TE CHAMBRE, sont üne dette qu'elle contracte avec eux, et que les représentans du peuple sont liés d'honneur à employer tous les moyens constitutionnels, pour les rembourser, à cet égard, ainsi que ceux qui leur feront des avances pour les fins énumérées ci-dessus.”

“92ème, Résolu. Que le.message de son Excellence, le gouverneur en chef, reçu le 13 janvier dernier, relatif au writ pour le comté de Montréal, avec l'extrait d’une dépêche qui l'accompagne, le message du même, reçu le même jour, avec l'extrait d’une dépêche qui

l'accompagne, soient biffés des Journaux de cette chambre.

lelest le résumé d'une œuvre dont on n'aurait pu trouvor nulle part le pendant, l’eût-on cherché dans les annales de la plus grande démence révolutionnaire.

ennemie de *M. ue était mis là dans ce que les Anglais appellent an awkward predicament, aussi Parut-on douter qu'il ôsât se montrer au bureau colonial ou ailleurs, après la réception de la requête bâsée sur les 92 résolutions, en envoyant M. Morin en Angleterre pour les soutenir.

t Les centum gravamina présentés À la diète de Worms, par une partie du peuple d'Allemagne, succombant sous le poids, et le nombre de ses griefs, ne leur sont pas comparables, du moins quant au délire et à la furie du style.

Un ancien membre de la chambre d’assemblée, qui avait « signé de tout son cœur les 92 résolutions, en 1834, et qui aurait été prêt à les signer encore, en 1836” si les circonstances avaient été les mêmes, nous demanda, en souriant, la dernière fois que nous eûmes le paie de le rencontrer, ce que nous dirions des 92 résolutions, et d’après la réponse que nous lui fimes, il répliqua : “ Que voulezvous, quand l'esprit est malade ?”

“ Les résolutions sur l'état de ln province renferment beaucoup de vérités et d'erreurs, avec beaucoup d’extravagance et de folies, mais à notre avis, ce qui les distingue le plus, c'est le ridicule... On autorise des conventions, et ce qui est plus étonnant, on menace du secours de l'étranger, et par ce fait, on appelle l'étranger contre l'état. Le mot « légèreté ” du secrétaire colonial n’est plus le mot convenable. —Gazerte de Québec.

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La présente# à la chambre, c'était lui demander de sanctionner tout ce qui était sorti de la bouche de son orateur, depuis le commencement de la session de 1821, Les plus aveugles ‘partisans ou admirateurs de M. Papineau ne pouvaient s'être attendu que ces propositions deviendraient résolutions de la chambre, avant d’avoir subi de nombreuses et importantes modifications; peu d'hommes pouvaient croire qu'il füt décent, ou prudent, de dénaturer les faits, d'invectiver, d'insulter et de menacer d’une manière si folle et si furieuse ; tous devaient voirdans cet incongru verbiage, les efforts pénibles faits pour trouver les termes les plus injurieux, et léur donner la tournure 1a plus offen. sante: les passions concentrées de l'orgueil, de l’amour-propre blessé, de la haine invétérée et de l’aveugle esprit de vengeance, ne trouvant pas assez d'espace pour se déborder, d'issues assez larges pour s’exhaler ; l’effervescence cérébrale, enfin, le délire politique parvenir à son plns haut paroxysme. On verra ce qui en advint, contre toute attente raisonnable quand on aura vu quelque chose des débats qui eurent lieu avant l’adoptation finale.

Il faut d’abord remarquer que M. Bedard, qui s’est chargé d'introduire ces propositions dans la chambre, et qui avait bien voulu ‘en prendre sur lui la responsabilité” ne les présenta que par parties détachées, et de plus, qu’il put à peine dire quelque chose à leur soutien, n'ayant parlé un peu longuement qu’en une seule c*:sion ; que MM. de Bleury, Vanfelson et Lafontaine ii, + d'assez longs discours pour les faire trouver bonr:4 : contssables ; que M. Bourdages les APpUYA, Comme ! sppuyait, sit par pure complaisance, soit p&r unc identité singulière de sentimens et de vues, tout ce qui plaisait à M. l'orateur, et qu'il

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n'y eût que M. Papineau qui en parût connaître le fond, l'intention secrète, le mérite intrinsèque et caché, et qui les défendit, comme on ferait d'une œuvre chérie, chaleureusement, Passionnément, et quelquefois impérieusement, À la façon d'un fameux président de la convention nationale do France. Pourtant, son très long discours ne fût guère que la répétition de ses déclamations précédentes, ou la copie même des résolutions, avec de légères variantes, dénotant que les accès démagogiques, ont été plus où moins longs, plus où moins grands, en différentes occasions ou sous différentes phrases allant parfois jusqu’à lui faire vouloir, à l'exemple des indépendans du temps de Charles I, l'abolition complète de la monarchie et de l'aristocratie, et par conséquent, la démocratie pure ou l'anarchie.

Les discours de MM. Neilson, Stuart et Quesnel contre ces résolutions, furent ceux d'homnes sages etréfléchis, mais parlant peut-être trop bas, au milieu de la tempête, ou pour l'occasion. Le seul M. Gugy parut animé, nous dirions peut-être mieux impatienté par les longues, divagantes, mordantes, et souvent éloquentes diatribes de M. Papineau, Ce que ces diffé- 'ents orateurs dirent de mieux alors ne doit pas être beron pour 11 postérité.

M. NEILSON, “ Si je suis prêt à résister à toute attaque contre cette chambre, je suis prêt à en faire autant pour le gouverneur, Comment faire le bien commun en attaquant le représentant du roi ? N'est-ce pas nous mettre en inimitié avec les autorités sous lesquelles nous siégeons, et déclarer qu'il n’y en 8 pas d'autre que la nôtre? Ilest de même contraire à mes principes d'arrêter la marche du gouvernement, en refusant les subsides.....Je serai le dernier à con-

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212 Histoik£

sentir qu'on s’emporte en injures et en insültos contre celui qui nous communique les ordres de sa Majesté dans cette province, Dire que nous voulons rompre toute communication avec lui, que nous jetons sous la table les dépêches de M. Stanley, sont des idées que comportent les résolutions, qui jamais n’obtiendront mon assentiment. C’est nous qui avons mis des entraves à la “ réforme des abus.”

M. Sruarr: ‘ Loin de moi toutes ces distinctions nationales, ces expressions exagérées et injurieuses que s'est permises l’orateur de cette chambre. Ces expressions sont, extrêmement inconsidérées. Dans ce pays, il est impossible d'empêcher les inconvé. niens qui résultent du mélange de la population; mais est-ce à nous à semer des dissentions et à augmenter l'irritation? J'ai cru apercevoir dans la discussion plus de personnalités que de raisonnemens Nous sommes dans un moment de crise; nous convient-il d'adopter des mesures propres à augmenter l'embarras et à exciter l’irritation ? Est-il conforme aux règles de la raison et de la prudence de tourner contre nous toutes les autorités..…..Ce n’est pas le peuple qui est mécontent, ce sont ceux qui se mêlent des affaires. Où sont dans ce pays les esclaves dont on parle dans les résolutions? Peut-être y en aura:t:il un jour, si elles sont adoptées. Coux qui vantaient tant leur amour pour la liberté, qu'ont-ils fait pour le pays ? Ils ont suscité des mécontentemens, ils ont su exciter les passions... Il est de fait qu'autrefois il y a eu des abus......mais aujourd’hui, quelle nécessité y a-t-il de mettre la chambre en collision avec les autorités locales et extérieures ? Il n’y a pas un homme sensé qui ne convienne qu'une pareiile lutte nous serait funeste à tous. De bonne foi se persuade-t-on

que ces ré& du pays ? E l'esclavage.” M. Que:

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que ces résolutions sont de nature à consolider l’état du pays? Pour moi, j'y vois son malheur, sa ruine et l'esclavage.”

M. Quesner : “Le gant est jeté; la majorité a défié tous ses ennemis; elle a fait une déclaration de guerre...….[rons-nous en Angleterre, lorsque nous sommes en guerre avec toutes les autorités de la provinte? Contre les règles de la saine politique, nous entreprenons plusieurs guerres à la fois. Nous déclarons la guerre au gouverneur, lorsque uous savons qu'il sera soutenu par les ministres, qui ont déjà approuvé sa conduite. Nous déclarons une autre guerre au conseil législatif, qui, avec beaucoup de raison, 86 sent appuyé par l'acte qui le constitue. Nous déclarons la guerre à l'administration de la justice, sans Songer que c’est la fauto de la législature, si le système vicieux sous lequel elle gémit n’a pas été amélioré. Nous attaquons aussi les juges; s'ils ne sont pas aussi indépendants qu'on le voudrait, à qui la faute ? C’est nous-mêmes qui avons refusé de passer un bill pour assurer leur indépendance. Non contents d'avoir déclaré la guerre aux autorités du pays, nous passons de l’autre côté de la mer, et nous attaquons le ministre colonial lui-même..…..Je demanderai si nous ne devons pas tout appréhender du résultat de nos démarches. Eh! qui sont donc nos alliés dans une aussi grande entreprise ?....M. Daniel O’Connell ? M. Joseph Hume ?.…...J'ignore où ces résolutions peuvent nous conduire : s’il n’en résulte point de trop grands troubles, il en résultera au moins une bien grande réaction.”

M. Guay: “ Une foule d’accusations vagues et hasardées, une multitude d'expressions peu mesurées et injurieuses, l’exagération dans les sentimens, les

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erreurs dans les faits, qui se trouvent dans le discours de M. l’orateur, mo forcent à élever la voix pour lui répondre. Je n’entreprendrai pas de le suivre dans toute cette longue chaîne d’argumentations soignées et travaillées depuis longtems, renfermant une foule immense de considérations, dont les unes, pour lui rendre justice, sont vraies et lumineuses, et les autres pernicieuses et désorganisatrices, Je ne les ai pas encore toutes lues, ces résolutions, mais il y en a une ou deux que je dois signaler. Elles contiennent des doctrines nouvelles pour ce pays, et qui lui devront être fatales. Je mé doutais que les résolutions seraient violentes, emportées, mais je ne croyais pas qu'elles le seraient jusqu’à l’exaspération et la démence. Dans les 49ème et 50ème résolutions, il est clairement énoncé que si l’on ne fait pas comme il est demandé, on veut la guerre, et on en appelle aux Etats-Unis. Il est dangereux de déclarer la guerre ct d’en appeler aux Américains... La passion domine quelquefois les hommes publics, c’est cette passion qui leur fait dire : ‘ Ote-toi de là que je m’y mette”... Jo veux occuper la place de cette misérable “ faction anglaise”... Voilà les sentimens de l'orateur, quand il parle d’hommes qui sont morts et qu’on ne connaît pas; et ce sont encore ses expressions, quand il parle de griefs. Pour exciter les passions et nous précipiter dans ces écarts, il s’en vient nous parler du peu d'humanité de gens morts il y a cent ans. Mais qu'est-ce que cela a à faire ici? Nous coupe-t-on les oreilles aujourd’hui ? Nous jotte-t-on dans des vaisseaux pourris? Nous donne-t-on la bastonnade? Y a-t-il une preuve plus convaincante de notre liberté que les termes envenimés etinsultants dont il se sert contre ce qu’il appelle

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une faction, quand elle met un frein à ses projets d'aggrandissement ? Il y a un fait que tout le monde connaît, un fait qui nous a tous afigés ; je veux parler du 21 mai: je le demande à ceux qui viennent d’entendre cette philippique inflammatoire, si M. Papineau est aussi violent x Montréal qu'il l’est ici, est-il bien difiicile de s'expliquer le 21 mai? Je dirai que les passions d’un homme qui croit que tout est fait pour lui sont danger: ::se8 et funestos. On nous parle de la confusion mise dans nos lois, et pour cela on veut tout bouleverser, On crie contre les menaces et le ton du secrétaire colonial, et qu'est cela auprès des discours de M. Papineau, et de résolutions qui comportent la menace de se joindre aux Etats-Unis ?..…. Ces résolutions qu'on nous présente comme lo fruit de tant de recherches, sont un chef-d'œuvre de démence, Les Canadiens sont vertueux et loyaux, mais que deviendront leur vertu et leur loyauté, si de telles mesures proposées par des têtes chaudes, * précipitent le pays dans une lutte avec l'Angleterre? Les bienfaits de la mére-patrie envers ceux sont écrits en gros Caractères. Elle leur a conservé leur religion, quand les Washington et les Franklin lui reprochaient de favoriser dans ses colonies un culte impie et blasphématoire. Depuis ce ëmps, nous avons eu tous les avantages de sujets britanniques, Constitution, presse libre, procès par jury, ete. On nous dit que la minorité du conseil n'y veut pas siéger : eh bien, c’est à ceux qui, pouvant s'y trouver-se sont absentés, que nous devons attribuer l'adresse du consoil de l’année dernière.……...L'orateur de la chambre a un avantage sur Don Quichotte, c’est

* Les Canadiens de la nouvelle école sont vifs, cherchant linge tuction, yn peu têtes chaudes.” —Amury Ginop,

= creer

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