‹ Histoire du Canada et des Canadiens sous la domination anglaise [microforme]Chapitre 39 sur 72 · ST DRE · texte numérisé non relu

ST DRE

que celui-ci se battait avec des moulins qu'il trouvait tout faits, au lieu que le premier les fait et les combat. Ces moulins de l'honorable orateur, c'est le conseil législatif, recomposé tel qu'il est aujourd’hui, des actes duquel il forme une foule immense de maux, qu'il attribue toujours à ceux qui ne sont pas de son opinion. Les Canadiens ne sont pas les seuls dans le pays, si l’on restreint ce nom à ceux qui sont d’origi ne française. C’est une idée de distinction qui n'en tre pas même dans la tête des habitans de nos paisibles campagnes. C'est une idée de trouble et de dissen tion, qui n’est née que dans cette chambre ; et les conxtquences funestes qui en résulteront, nous vivrons assez pour les attribuer à l'orateur. Quant à la cons. titution, je conviens qu'il faut une réforme, mais sans précipitation, sans l’étourderie de la jeunesse, avec réfloxion et prudence ; mais la suite de ces résolutions

incendiaires sera qu’on en aura pas du tout. Nous

avons entre les mains une dépêche que j'ai prédite, an sujet des résolutions de l’année dernière, Cette dépeche, nous dit-on, contient de dures menaces : qu'avons nous fait, de notre côté, noûùs qui avons refusé ce que nous offrait le roi par la dépêche de lord Goderich ?.… Dans un pays où l’on voit l’orateur d’une des brun: ches en appeler si souvent aux passions, et où se trouve une majorité d'habitans d’origine française, si le conseil législatif était électif, qui est-ce qui repré: sentorait nos co-sujets qui viennent d'Angleterre, ct qui ont los mêmes droits que nous? On aurait un conseil et une chambre qui seraient mus par les mé mes sentimens, par des sentimens comme ceux qui ont déjà été énoncés. Quelle confiance pourrait avoir une partie considérable de la population dans deux

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corps ainsi Constitués ?*.... Jo no Vois pas dans le conseil législatif un Corps qui soit un Opprobre, mais qui a servi et servira d'échec à l'eflorvescence des passions qui règnent quelquefois dans cette chambre-ci, Si les rois ont leurs flatteurs, les Peuples ont aussi les leurs. N'est-ce pas une flatterie faite au peuple que de chercher à lui donner des institutions plus démocratiques que celles que nous avons? Ces flatteurs du peuple veulent lui faire croire qu'il est malheureux quand il est heureux, Ce sont Ces flatteurs de mauvaise foi qui le perdent. Les Canadiens sont heureux, contents, pa’ ibles. Comment le peuple, dont les neuf. dixièmes sont agricoles, souffrirait.il des petites injustices et des cabales que font la chambre et le conseil. J'appellerai encore l'attention des membres à la 50ème résolution, qui va à dire, faites ce que nous deman:dons, ou attendez-vous à nous voir nous ruer contre vous, et imiter l'exemple des Etats-Unis, N'est-ce pas là une déclaration de guerre ? De quelles autres ex. pressions se servaient les Américains, quand ils so sont révoltés, eux qui étaient si bien gouvernés ? Nous, qui sommes plus mal Jouvernés qu'eux, nous avons sans doute de plus fortes raisons d'adopter leur démarche. En bonne foi, est-il prudent d'adresser un pareil langage à la mère-patrie? Quelles sont les ressources du pays? Et quand mêmé on ne voudrait pas recourir À ces moyens extrêmes, il n’en est Pas moins vrai que ces résolutions devront exciter des soupçons con.

tre la loyauté des Canadiens, Je nie Pourtant qu’on

y ait exprimé leurs vœux et leurs sentimens. I] n'ya a ne = en

* ‘ Dire que ia minorité ” doit être en tout et partout soumise à la volonté de la majorité, c’est un principe qu’

U On pourrait tourner contre nous, si l'union des provinces avait lieu, où Si, par l'(mivra-

tion des fles Britanniques, ou des Etats-Unis, la opulation de Jan- Be auglaise devenait la plus nombreuse.—/} Ami du Peuple,

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