‹ Histoire du Canada (volume 2)Chapitre 10 sur 95 · Champlain dans les régions de l'Ouest · texte numérisé non relu

Champlain dans les régions de l'Ouest

Champlain accompagné de deux interprètes et de dix sauvages partit de Québec pour aller visiter les pays de l'Ouest. Bendu chez les Hurons, il rencontra, au bourg Carhagoua, le père Le Caron, avec lequel il passa une dizaine de jours. Champlain prit part à un combat contre les Tsonnontouans et reçut deux blessures (1615). Il

Château Saint-Lpuis (1694-1831)

hiberna dans ces contrées, et découvrit les lacs Skiron, Ontario et Nipissing. Il chercha à se lier d'amitié avec les tribus du Petun et des Cheveux -Relevés et à les attirer vers lea Français. Dès que la navigation fut ouverte,

Iil retourna à Québec, et de là passa en France, pour se plaindre au roi de la nouvelle compagnie de marchands, qui ne s'occupait pas des intérêts de la colonie.

45. Château Saint-Louis. — Le prince de Condé céda sa vice-royauté au duc de Montmorency, amiral de France (1620). Le duc maintint dans ses pouvoirs Cliamplain, qui vint aussitôt au Canada, où il fit construire le fort et le château, Saint Louis^. Convaincu que la colonie allait entrer dans une ère de pros[)ériié, Cliamplain amena sa femme à Québec. Cette dame, du nom d'Hélène Boulé, remarquable par sa noblesse, fit l'admiration des sauvages, et consacra les quatre années qu'elle passa au Canada à catéchiser les femmes indiennes et leurs entants. Après la mort de son mari, elle entra chez les Ursulines, en France, fonda un couvent de cet ordre à Meaux, et mourut en odeur de sainteté.

46. Missionnaires du Canada : les pères Récollets.— Les pères Récollets furent les premiers apôtres du Canada. Ces religieux, ^ /^,^.

au nombre de quatre: s^^^T les pères Denis Jamay, Jean Dolheau, Joseph Le Caron et le frère Pacifique Duplessis, débarquèrent à Tadoussac, en 1615.

Le père Dolbeau vint aussitôt à Québec avec Champlain, pour y préparer un logement, tandis que le

Chapelle des Récollets en 1615

1 Ce château, réparé et augmenté à différentes reprises, a été la résidence des gouverneurs français ou anglais jusqu'en 1834, époque où il fut détruit par un incendia

père Le Caron se rendit à la mission du saut Saint-Louis, dont il fut chargé.

La messe fut célébrée à Québec pour la première fois (25 j uin) dans la chapelle que les pères avaient fait construire. Rien ne manqua pour rendre la solennité imposante : le canon gronda, et le Te Deuiii fut chanté au bruit de la fusillade.

Le père Jamay demeura à Québec et le père Dolbeau fut envoyé à Tadoussac, pour y fonder une mission montagnaise et alc^onquine.

47. Missions des Récollets.— De 1615 à 1623, les missions du Canada reçurent dix pères Eécollets. Parmi eux les principaux missionnaires furent les pères Biard, Le Caron et Viel ^ : le premier évangélisa les Caniba.«<; les deux autres poussèrent leurs courses apostoliques jusqu'au delà du lac Huron.

La vie des missionnaires était pénible à la nature. Pour conserver la foi de leurs néophytes, ils étaient obligés de les suivre dans leurs courses. Montés sur les frêles canots indiens, ils maniaient la pagaie, faisaient le portage ou servaient de portefaix, et couraient à chaque instant le danger de perdre la vie. Ils partageaient la nourriture des sauvages ; les meilleurs mets étaient du poisson rôti sur la braise ou séché aux ardeurs du soleil. Souvent ils n'avaient, pendant plusieurs jours, autre chose à manger que des bourgeons, des écorces tendres et une espèce de mousse appelée tripe de roche. Ils couchaient sur la terre nue, et, pendant l'hiver, dans des trous creusés dans la neige et recouverts d'écorces et de branches de sapins.

Comme on le voit, les missionnaires, en venant dans nos

1 Ce père fut jeté par les indiens dans un rapide au nord de l'île de Montréal (1624) : cet endroit porte le nom de Sault-au-RécolleL

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contrées, n'avaient d'autres intérêts que ceux de Dieu et la conversion des sauvages ; pour prix de leurs rudes travaux, ils n'enviaient d'autre récompense que la palme du martyre.

48. Les pères Jésuites. — Le duc cfe Montmorency céda sa vice-royauté à Henri de Lévis, duc de Ventadour, qui venait de quitter la cour pour entrer dans les ordres sacrés. Le nouveau vice-roi ne songeait qu'à propager la foi parmi les sauvages. C'est grâce à lui que les pères Jésuites, à la demande des pères Kécollets, vinrent au Canada en 1625.

La nouvelle recrue d'ouvriers évangéliques comprenait

les pères Charles Laleniant, Edmond Massé, Jean de

Breheuf, et les frères François et Gilbert. Le père Eé-

colîet, Joseph de la Roche d'Ailloyi les accompagnait. Les

enfants de saint François reçurent leurs coopérateurs dans

le bien sous le toit hospitalier de leur humble couvent. Le

duc de Ventadour concéda aux nouveaux missionnaires un

terrain situé au nord de la rivière Saint-Charles, auquel ils

donnèrent le nom de Notre-Darae-des- Anges. Les pères

Noirot et de la Noue amenèrent de France une vingtaine

d'ouvriers constructeurs qui, en peu de temps, donnèrent

une ré.-5idence aux Jésuites.

Questionnaire— 1. Pourquoi Champlain choisit-il le site de Québec pour établir sa colonie ? — 2. Qu'est-ce qui mit la colonie eu danger 7 —3. Avec quf^Ues tribus sauvages Champlain s'allia-t-il ? — 4. Où porta-t-il la guerre avec ses alliés ? — 5. Quels succès eurent-ils ? — 6. Pourquoi Henri IV refusa-t-il à M. de Monts la traite des pelleteries ? — 7. Parlez du deuxième combat contre les Iroquois . —8. Que savez-vous de la Compagnie de Rouen ?— 9. Racontez le voyage de Champlain dans l'Ouest . — 10. Que savez-vous du chcâteau Saint- Louis?— 11. Quels furent les premiers Récollets qui vinrent au Canada ?— les premiers Jésuites ?— 12. Parlez de madame Champlain .

Devoirs. — l. Racontez le combat du lac Champlain — 2. Parlez des premiers missionnaires du Canada.

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