‹ Histoire du Canada (volume 2)Chapitre 9 sur 95 · FONDATION DE QUEBEC · texte numérisé non relu

FONDATION DE QUEBEC

RESUME

S>. Choix du site de Québec— L'échec de la petite coîoiiie en Acadie porta Champlaiu à tenter un autre essai dans l'intérieur du pays. Son choix tomba sur Québec (1608).

39. Combat du lac Champlain.— Champlain s'allia aux Hurons et aux Algonquins et alla avec eux, en 1609, combattre les Iroquois, près d'un lac auquel il donna son nom : les Iroquois, effrayés par les balles, prirent la fuite.

40. Champlain auprès de Henri IV.— Après avoir passé quinze mois au Canada, Champlain et Pontgravé retournèrent en France. Le roi Henri IV leur fit bon accueil. Ils frétèrent deux vaisseaux pour revenir au Canada.

41 . Deuxième combat contre les Iroquois.— Champlain se rendit une deuxième fois, avec les sauvages alliés, pour combattre les Iroquois, à l'embouchure du Richelieu (1610), qui furent encore mis eu déroute.

42. Champlain remonte l'Outaouais. — Champlain, voulant prendre connaissance des pays de V Ouest par l'Outaouais (1613), remonta cette rivière jusqu'à rz/^ûV^^4//z^meties o\x demeurait Tessouat, chef sauvage, qui lui assura

qu'on ne pouvait aller plus Iiaut. Champlain planta sur l'île une croix aux armes de France et retourna à Québec.

43. Compagnie de Rouen. — Pour soutenir les intérêts de la colonie, Champlain forma la Compao;nie de Rouen, composée de marchands, qui subsista de 1614 à 1620.

44. Champlain dans les régions de l'Ouest.— En 1615, Champlain se rendit dans les l'égions de V Ouest et hiverna dans ces contrées. Au printemps, il retourna à Québec pour passer en France.

45. Château Saint-l/ouis.— Champlain revint à Québec en 1620, y amena sa femme et s'occupa alors de faire construire \efori et le château Saint Louis.

46. Missionnaires du Canada : les pères Récollets. — Ces religieux de l'ordre de saint François d'Assise, au nombre de quatre : les pères Denis Janiay, commissaire, Jean Dolbeaji, Joseph Le Caron et le frère Pacijlque Duplessis, arrivèrent à Québ.c en 1615.

47. Missions des Récollets.— De 1615 à 1623, les missions du Canada reçurent dix Récol ets ; les principaux furent les pères Biard, Le Caron et Viel.

48. î<es pères Jésuites.— Cette nouvelle recrue évangélique, arrivée à Québec en 1625, comprenait les pères Charles Lalemant, Edmond Massé, Jean de BrébeuJ, et les frères François et Gilbert.

DEVELOPPEMENT

38. Choix du site de Québec— L'échec de la petite colonie en Acadie porta Champlain à tenter un autre essai dans rintér\eur du pays. Le promontoire de Québec, avec son port maritime et ses environs enchanteurs, fixa son choix. Le grand capitaine y arbora le pavillon fleurdelisé le 3 juillet 1608. Il mit aussitôt ses hommes à l'ouvrage. Un magasin et trois corps de logis, défendus par plusieurs canons et protégés d'un fossé large et profo:- 1, furent construits. Pour s'assurer de la fertilité du sol, Champlain sema des graines qui poussèrent à merveille ; il y planta aussi des vignes sauvage.^, afia den

tirer parti })lus tanî. Des esprits jaloux et turbulents conspirèrent contre la vie de Champlain. Jean Duval, qui s'était mis à la tête des mécontent^, fut condamné à la potence. Le scorbut enleva anssi piu.sieur.s colons pendant l'hiver.

39. Combat du lac Cha.niplain. — Ailn de s'nssurer le secours des Hurons et des Algonquins, qui se montraient assez froids envers les Français, Champlain s'allia

aven eux pour aller combattre ( j t^^^^^^i ' iT^' A les Iroquois. La petite armée pal tit de Québec (28 mai 1609) et se rendit à l'einboucliurc Champiaia

du Richelieu, où elle s'arrêta pendant deux jours, pour délibérer sur le plan de campagne à suivre. Elle poursuivit ensuite sa course jusqu'aux rapides du Richelieu, fit le portage et reprit la voie d'eau pour se rendre au lac. Au détour d'un cap, elle se trouva en présence d'une faction d'Iroquois, qui s'en allaient lever des chevelures. Cette rencontre fut saluée par des cris et des hurlements qui se perdirent dans les forêts. Les Iroquois gagnèrent le rivage et les Algonquins tirèrent au large. Les deux partis de guerre passèrent la nuit à s'insulter et à se braver mutuellement. Le combat eut lieu au lever du soleil. Quand les armées furent en f;ice, les Algonquins et les Hurons ouvrirent leurs rangs pour laisser avancer Champlain, qu'ils avaient jusque-là tenu caché. Les Iroquois demeurèrent stupéf;\its en voyant ce bel homme superbement vêtu. Champlain épaula son arquebuse, chargée de quatre balles,

et renversa deux chefs et un autre guerrier. Deux Français, qui avaient accompagné Ghamplain, s'étant cachés derrière les arbres, tirèrent avec le même succès. Les Iroquois, épouvantés, s'enfuirent dans les forêts en criant : " Quels sont ces hommes, au costume étrange, qui portent la foudre entre leurs mains et la lancent à leur gré ? "

Ces farouches ennemis eurent des morts, des blessés, et une dizaine de prisonniers réservés pour les tourments. Les Algonquins et les Hurons reprirent le chemin de leurs foyers et torturèrent un prisonnier au premier campement. Le supplice fut si cruel, que Champlain crut devoir y mettre fin, en déchargeant un coup d'arquebuse sur ia malheureuse victime.

En s'alliant à ces tribus, Champlain s'assurait des amis qui lui furent fidèles, plusieurs fois même au prix de leurs plus chers intérêts. Mais les Iroquois devinrent, de ce jour, les ennemis des Français.

40. Champlain auprès de Henri IV. — Après un séjour de quinze mois au Canada, Champlain et Pontgravé confièrent la garde du fort à Pierre Chauvin et passèrent en France. Henri IV accueillit avec distinction le fondateur de Québec, qui lui présenta une ceinture brodée de poil de porc-épic.

En 1610, les plaintes des Normands, des Basques et des Bretons, portèrent le roi à refuser à M. de Monts la traite ^u'il demandait encore pour un an. Les amis de ce dernier vinrent à son secours, et frétèrent deux vaisseaux dont l'un, sous les ordres de Pontgravé, fit la traite des pelleteries à Tadoussac, et l'autre, commandé par Champlain, se rendit à Québec.

41. Deuxième combat contre les Iroquois. — Deux cents Algonquins et Hurons attendaient Champlain

PREMIERS ÉTABLISSEMENTvS COLONIAUX 41

â. l'embouchure du Piichelieu, pour aller de nouveau porter la guerre chez les Iroquois ; des Basques et des Bretons, faisant la traite dans cet endroit, refusèrent de les suivre. Une centaine d'Iroquois, retranchés sur un îlot, derrière des abatis, soutinrent une lutte acharnée. Les branches d'arbres des palissades empêchaient les balles de les atteindre, tandis que leurs flèches, pleuvant comme la grêle, semaient' la mort parmi les assiégeants. Champlain fut blessé. Un jeune Malouin, nommé Des Prairies, honteux d'avoir refusé de prendre part au combat, vola au secours de ses compatriotes : plusieurs marchands le suivirent. Les assiégeants parvinrent à faire une brèche aux palissades et mirent les Iroquois en déroute. Ces derniers eurent quinze prisonniers ; plusieurs furent hachés en petits morceaux et dévorés le soir même par les alliés indiens.

42. Champlain remonte l'Outaouais. — Champlain après avoir passé deux années eu France à s'occuper des intérêts de la colonie, revint à Québec au printemps de 1613, et se rendit ensuite au sault Saint-Louis pour y faire la traite. Sur de faux récits d'un nommé Du Vigneau, qui lui assura s'être rendu à la baie d'Hudson par l'Outaouais, Champlain remonta cette rivière pour aller au pays de l'Ouest, mais arrivé à Yîle des Allumettes, il y trouva Tessouat, chef sauvage demeurant sur cette île, qui le reçut très bien et le convainquit qu'on l'avait trompé. Du Vigneau fut forcé d'avouer publiquement ses mensonges. Avant de partir, Champlain planta une croix aux armes de France, sur l'île des Allumettes. En signe d'amitié, Tessouat le fit accompagner d'une soixantaine de canots, j usqu'au saut Saint-Louis. Après s'être arrêté à Québec, Champlain passa en France, où les intérêts de la colonie l'appelaient de nouveau.

43. Compagnie de Rouen.— Sous les auspices du prince de Coudé, vice-roi du Canada (1612-1620), Champlain forma la compagnie de Rouen, composée de marchands, qui promettait de prendre à cœur les intérêts de la colonie (1614). Cette compagnie, au lieu de coloniser le Canada, ne s'occupa guère que de la traite des pelleteries pendant onze ans.

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