TREIZIEME LEÇON
GUERPwE AVEC LES ANGLO-AMÉRICAINS
RÉSUMÉ
111. Retour du comte de Frontenac. — En 1689, de FroJitenac rev^enait à Québec comme gouverneur, avec la double mission de réduire les Iroquois et de porter la guerre chez les Anglo- Américains.
112. Triple corps expéditionnaire dans la Nouvelle- Angleterre.— Trois partis de guerre battirent les Anglo- Américains ri690) à Corlar (Schenectady), à Salmo7i- Falls et à Casco.
113. Première invasion du Canada: Acadie.— En revanche des succès de Frontenac, Phipps vint attaquer Port- Royal (1690) et s'en empara : c'est ainsi que l' Acadie tomba au pouvoir des Anglais.
114. Siège de Québec— La conquête de l' Acadie détermina Phipps à assiéger Québec (1690), oii il éprouva une
honteuse défaite.
115. Combats de la Canardière et de Beauport.— 300 Canadiens repoussèrent 1500 Anglais sur le rivage de la Canardière ; les troupes anglaises furent aussi mises en déroute sur la côte de Beauport, par 200 Canadiens sous les ordres de Longueziil et de S ahite- Hélène.
116. Retraite des Anglais.— /V^z)^/>5 se retira de Québec avec une perte de 600 hommes, en y laissant son artillerie et ses munitions.
117. Combat de I^aprairie. — Le viajor anglais Schuyler, commandant 300 hommes, fut repoussé à Laprairie par l'intrépide de Chassaigne (1691).
118. Reprise de 'Port-'Royal.— Villedon reprit Port- Royal aux Anglais qui, pour conquérir les territoires du sud, négligeaient l' Acadie.
DEVELOPPEMENT
111. Retour du comte de Fro^tenac. — Eu 1689, de Frontenac arrivait pour la seconde fois à Québec, en qualité de gouverneur, avec la double mission de réduire les Iroquois et de porter la guerre chez les Anglo-Américains. La population québécoise, qui voyait en lui un homme ferme et énergique, l'accueillit avec joie, malgré ses défauts de caractère.
112. Triple corps expéditionnaire dirigé dans la Nouvelle-Angleterre. — Le faux brillant d'éphémères triomphes mettait Louis XIV dans l'impuissance de veiller aux intérêts sérieux de la Nouvelle-France. De Frontenac, n'ayant que 1300 hommes de troupes régulières pour tenir en échec les colonies de la Nouvelle-Angleterre, fut vigoureusement secondé par les Canadiens et les sauvages alliés. Afin de venger l'honneur des armes françaises, il organisa trois petits corps d'armée.
Le premier, composé de 200 hommes, sous les ordres de d' Âilleboust de Maniet, de Sainte-Hélène et d' . berville, quitta Montréal (février 1690) pour aller attaquer Corlar (Schenectady). Après avoir parcouru une centaine de lieues dans d'épaisses forêts couvertes de neiges, ces braves guerriers arrivèrent à Corlar pendant la nuit, emportèrent le fort d'assaut et revinrent à Montréal chargés de butin. Une soixantaine d'Anglais trouvèrent la mort, autant furent faits prisonniers, et ceux qui réussirent à s'échapper répandirent la terrifiante nouvelle du côté d'Albany.
Le second corps, de 52 hommes, commandés par le vaillant Hertel, se dirigea de Trois-Rivières sur SaUnon-Falls (janvier 1690). Ce fort, malgré la résistance des défenseurs, fut enlevé et livré aux flammes. Deux cents Anglais, venus d'un bourg voisin pour couper la route aux
Triple attaque de Frontenac
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vainqueurs, furent défaits, et Hertel opéra sa retraite avec un bon nombre de prisonniers.
Enfin le troisième corps d'armée, composé de 50 Français sous les ordres de Portneuf, partit de Québec pour Casco (janvier 1690). Ce bourg, muni de huit canons et défendu par 100 hommes, perdit la moitié de ses défenseurs dans une embuscade tendue par deux Français et quatre sauvages. Une tranchée pratiquée par les assiégeants dans un rocher garantissant le fort, obligea le reste de la garnison à se rendre sans coup férir.