‹ Histoire du Canada (volume 2)Chapitre 25 sur 95 · Expédition contre les Tsonnontouans · texte numérisé non relu

Expédition contre les Tsonnontouans

Afin d'humilier les Tsonnontouans, toujours hosiiles aux Illinois, Denonville leva une armée de plus de 2000 hommes, qu'il dirigea sur le fort Cataracoui(ll juin 1687). 800 Iroquois, voulant l'arrêter dans sa marche, furent culbutés pour ne plus reparaître. Les Tsonnontouans, eflfrayés, s'ensevelirent dans les bois ; leurs villages furent rasés et les moissons détruites. En parlant de ce fait, Charlevoix dit que les " Canadiens se battirent avec leur bravoure ordinaire." Ces désastres amenèrent la famine, qui réduisit de moitié la population de ce canton, laquelle s'élevait à 10,000 âmes.

Pour protéger les Illinois et empêcher de ce côté le commerce avec les Anglais, Denonville fit relever le fort Niagara.

109. Massacre de Lachine.— Pour se venger des désastres que l'expédition de Denonville avait occasionnés dans leurs cantons, 1400 Iroquois, à la faveur des ténèbres et d'un orage épouvantable, traversèrent le lac Saint-Louis, débarquèrent en silence sur l'île de Montréal, et entourèrent,san3 bruit, toutes les maisons du village de Lachine

94 PROGKÎvS. — TRENTE ANS DE GUERRE

(5 août 1689). Au signal de leur fameux cri de guerre, ils mettent le feu aux habitations et massacrent tous ceux qui osent apporter quelque résistance. On assomme, on scalpe, on tue de tous côtés ; hommes, femmes, enfants, personne n'est épargné. Les cruautés les plus inouïes furent exercées ; ainsi l'on força des mères à faire rôtir à la broche

Massacre de Lachine

leurs enfants tout vivants sur des brasiers ardents. Après cette cruelle boucherie, les Iroquois se répandirent dans l'île et dévastèrent toutes les campagnes, sans que le gouverneur put leur opposer aucune résistance. Enfin, las de promener le fer et le feu, ils se retirèrent dans leurs bourgades, emmenant 200 prisonniers, qu'ils livrèrent aux flammes.

110. Zèle des missionnaires. — Les missionnaires ne se laissèrent pas rebuter par les incursions iroquoises. Malgré la fin tragique des j'ères Garrecvu, et Mesnard, le 'père Allouez reprit leurs missions sur les bords du lac Supérieur^ et, puissamment aidé des pères Marquette et Jjablon, fonda Ica réductionp de Chagouamigon. du sault

Sainte-Marie et de la haie des Puants. Piégénérés par les eaux du baptême, les sauvages de ces bourgades substituaient à leurs mœurs dépravées et à leurs brutalités, rinnocence et la douceur des enfants évangéliques

Pour ne point perdre de vue les familles qui avaient embrassé le christianisme, les pères Jean et Jacques de Larnberville, Bruyas Millet, Carheil, Jîafeix et Garnier, habitaient les cinq cantons, au risque même de leur vie.

Les Iroquois convertis quittèrent les terrains humides de la missioyi de la Prairie pour aller s'établir au sault Saint-Ijouis. Ce village, qui prit le nom de Saint- François- Xavier, devint célèbre par les vertus

Catherine Tégahkouita

de la jeune vierge Catherine Tégahkouita, qui se livra à toutes les austérités de la pénitence et mourut à l'âge de vingt-quatre ans.

Après sa mort, un rayon de gloire orna son front, et tous ceux qui vinrent prier auprès de sa dépouille mortelle dirent dans leur admiration : Jm sainte est Tnorte ! Le ciel s'est plu à illustrer le nom barbare de cette jeune vierge par de nombreux miracles, qui l'ont fait appeler la Geneviève de V Amérique du Nord.

Près de Montréal, une autie misRion prenait naissance sous les auspices de MM. de Saint- Sulpice. La vénérable

Ecole de la Montagne

Marguerite Bourgeoys ouvrait une école au fort de la Montagne, dans une cabane d ecorce, pour les petites sauvagesses, et l'une des élèves, Marie- Thérèse- Gannansa-

gouas, entra dans la Congrégation de Notre-Dame, enseigna à l'Ecole de la Montagne, et mourut pleine de ferveur et de mérites (1695). Ses restes reposent dans une des tours du Séminaire de la Montagne auprès de son aïeul Thoronhiongo.

C'est aussi vers cette époque que les Hurons et les Abénaquis de Sillery, décimés par la maladie, quittèrent ce village pour aller s'établir au grand sault de la rivière Chaudière^ et que ceux de Sainte-Foy portèrent leurs pénates à la Jeune Lorette.

" Le prêtre catholique, dit avec raison M. "Washington Irving, a devancé (près des sauvages) les soldats et les marchands. De lac en lac, de rivière en rivière, les Jésuites s'avançaient sans jamais se reposer; et, prenant sur ces sauvages un ascendant que les autres missionnaires n'avaient pas au même degré, ils convertissaient les belliqueux Miamis comme les voluptueux Illinois."

Questionnaire. — 1. Que savez-vous du successeur du comte de Frontenac ? — 2. Quel acte odieux commit le marquis de Denonville ? — 3. Parlez des exploits de d'Iberville à la baie d'Hudson .—4. Que savez-vous de l'expédition de Denonville contre les Tsonnontouans ?— 5. Comment les Iroquois se vengèrent-ils de l'expédition de Denonville?— 6. Nommez quelques pères missionnaiies des cantons iroquois . — 7. Quelle jeune vierge illustra le village de Saint- François- Xavier ?

PROGRES.— trp:nte a>î3 diî guerre 9'

Devoirs. — l. Racontez le massacre de Lachine. — 2. Parlez du zèle des missionnaires et des progrès de 1" Evangile.

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