LOUISBOURG
RÉSUMÉ
157. Reprise des hostilités.— La succes-ion an trÔMé d'Autriche amena la rupture du Iraité d' Utrecht (1740). et fit renaître les hostilités entre le Canada et les Ajiglo- Aniéricains.
158. Prise de Louisbourg. — Peppercll et IVarreti, à la tête de 4000 Anglais, attaquèrent Loui^bourg (1745) ; Duchaynbon, n'ayant que 1400 hommes à leur opposer, dut se rendre.
159. Projet des Anglo-Américains. — Enhardis par la prise de Louisbourg, les Anglo- Américains résolurent de s'emparer de toutes les possessions françaises en Amérique.
160. Escadre du duc d'Anville. — Leduc d' Anville fut chargé de reprendre Louisbourg, mais des vents impétueux firent sombrer plusieurs de ses vaisseaux (1746).
161. Combat des Mines. — Les Canadiens, sous le; ordres du chevalier de la Cor?ic, remp -rtèrent à Grand- Pré une victoire sur les Anglais (1747;.
162. Combat naval du cap Finistère. — Le marquis de la Jonquiere^ venant sur une encadre de six vaisseaux pour reprendre les possessions françaises au Canada, engagea la lutte, au cap Finistère^ contre une flotte anglaise de 17 voilas, et dut baisser pavillon après un combat opiniâtre de cinq heures (1747).
163. Le comte de la Galissonnière. -Le comte de la Galissonnière, homme de science très distingué, gouverna le Canada pendant deux ans, eu attendant l'arrivée de M. de la JoJiqiiiere, prisonnier en Angleterre et destiné à remplacer M. de Beauhar7iois (1747).
164. Traité d'Aix-la-Chapelle —Par le traité d'Aix-la- Chapelle (1748), la France recouvrait Louisbourg et l'île du Cap-Breton.
DÉVELOPPSMENT
157. Reprise des hostilités. — La succession au trône d'Autriche (1740) amena la rupture du traité d' Utrecht et devint la cause de luttes san^ilantes au Canada^. Les Anglo- Américains, après plusieurs pourparlers, décidèrent d'attaquer d'abord Louisbourg. New-York se chargea de l'artillerie, la Pensylvanie des provisions, et les états du Massachuetts, du Connecticut et de New-Hampshire, promirent de mettre sur pied une armée de 4,000 hommes.
Le fanatisme puritain ne rêvant que la dévastation des couvents et des églises, présida à cette espèce de croisade dirigée contre les "papistes" de Louisbourg. Le chapelain général de l'armée portait une grosse hache destinée à briser "tous les signes de l'idolâtrie," c'est-à-dire les statues et les images des saints.
158. Prise de Louisbourg. — Pepperell, nommé commandant de l'expédition, se rendit à Louisbourg et débarqua ses troupes heureusement. Le commodore Warren vint unir ses forces aux siennes. A l'armée angloaméricaine, comprenant 4,000 hommes, Duchambon, commandant de la place, n'avait à opposer que 1400 soldats, abattus par les privations d'une extrême pauvreté. La batterie royale fut enlevée dès le lendemain. Quoique sans art militaire, l'armée indisciplinée de Pepperell dressa d'instinct des batteries revêtues de fascines. Le:î assiégeants traînèrent leurs canons dans la boue jusqu'aux genoux. Seule l'aventure présidait au siège. Les campements étaient irréguliers. Les soldats couchaient sur la
1 En se déclarant en faveur de Marie-Thérèse, qui succéda à son père Charles VI, empereur d'Allemagne, l'Angleterre ouvrait avec la France une guerre dont le contre -coup devait se faire sentir au Canada.
terre nue ; des cabanes de gazon et de branchages les protégeaient des brouillards et des rosées. Cependant le siège languissait : les Anglais en étaient irrités. Cinq ou six attaques avaient échoué. Quelques centaines d'hommes entreprirent d'enlever la place pendant la nuit, mais ils furent vigoureusement repoussés. De nouvelles batteries s'élèvent pour surprendre à la fois l'île et la porte ouest de la ville ; mais cette tentative échoue encore. Alors on tente un effort suprême : Warren bombardera la place tandis
que les troupes prendront la batterie d'assaut. Duchanibon aurait pu encore résister à ce double effort, mais la jirise du Vigilant, vaisseau français amenant des vivres, des munitions et un renfort de 560 hommes, rendit l'abattement universel. Duchambon livra la place (17 juin 1745) et l'île entière tomba au pouvoir des Anglais.
C'est ainsi qu'une armée indisciplinée de fermiers, d'ouvriers et de pêcheurs obligea Louisbourg à capituler. Plusieurs vaisseaux de la compagnie des Indes, trompés par le drapeau français que les Anglais laissèrent à dessein flotter sur la citadelle, tombèrent au pouvoir de l'ennemi.
159. Projet des Anglo- Américains.— La prise de Louishourg détermina les Anylo- AméricoÀns à s'emparer de toutes les possessions françaises en Amérique. L'Angleterre promit son concours ; mais des lenteurs retardèrent l'exécution de ce gigantesque projet.
160. Escadre du duc d'Anville— La France, voulant reprendre Louisbourg, conlia au duc d'Anville une flotte de onze vaisseaux de ligne et de trente transport^, portant 3,000 hommes de guerre (174G). Chibouetou fut désigné pour le lieu du rendez-vous. Des vents impétueux dispersèrent les vaisseaux et en firent sombrer plusieurs. Pour comble de malheur, de Conflans, commandant trois vaisseaux de ligne et une frégate, n'ayant aperçu aucune trace de la flotte à Chibouetou, retourna en France. Frappé de ces désastres, le duc d'Anville mourut d'une attaque d'apoplexie foudroyante. DEstourmel, qui le remplaça, vivement peiné de ce que le conseil de guerre refusait de retourner en France, tomba dans un accès de délire et se perça de son épée.
De la Jonquière, venant remplacer de Beauharnois, prit le commandement et fit voile sur Port-E,oyal; mais une violente tempête le repoussa en peu de jours sur les côtes de France. Cette malheureuse expédition coûta la vie à 2,400 hommes.
161. Combat des Mines.— De Kamesay partit de Québec avec 600 Canadiens, pour ralher le duc d'Anville à Chibouetou. Ayant appris le désastre de la flotte française, il s'arrêta aux Mines, y laissa 300 hommes sous les ordres de Coulon de Villiers, et se retira à Beaubassin. Intrigués de l'attitude des Canadiens, 500 Anglais lie Port-Royal, commandés par le colonel Noble, se rendirent au Grand-Pré'^ , pour épier leurs mouvements. De
1 Grand-Pré était situé vis-à-vis les Mines, sur la rive opposée de la baie de Fondy.
Villiers, qui s'y porta pour les déloger, éprouva une vive résistance et fut grièvement blessé. Le chevalier de la Corne le remplaça, et les Canadiens demeurèrent victorieux (1747).
Les Anglais perdirent 130 hommes ; Noble était du nombre des morts.
Combat iiaviil