‹ Histoire du Canada (volume 2)Chapitre 53 sur 95 · CANADA · texte numérisé non relu

CANADA

Le Conseil législatif se forma de douze membres, choisis par le gouvernement impérial : le juge Smith en fut élu président.

235. Election de M. Panet.— Quand le parlement fut formé, on procéda à lelection d'un président. Les Canadiens proposèrent pour cette fonction ^L Jean- Antoine Panet, avocat distingué, tandis que les Anglais étaient partagés entre MM. Grant, MeGill et Jordan, trois hommes plus experts dans les affaires mercantiles que dans la politique. Malgré l'opposition anglaise, 'Si. Panet fut élu avec dix votes de majorité. Aux Anglais, qui contestèrent

l'élection de Panet, parce qu'il ne parlait pas leur langue, Joseph Papineau, déjà bien connu par son talent oratoire, répliqua : " Eh quoi, parce que les Canadiens, devenus sujets de l'Angleterre, ne savent pas la langue parlée sur les bords de la Tamise, ils seront privés de leurs droits ! Privez-en donc les habitants des îles de la Manche qui parlent français et vous appartiennent depuis les jours de Guillaume le conquérant." Clark ratifia l'élection de M. Panet, et recommanda la bonne intelligence entre les deux partis, afin de travailler avec plus d'efi&cacité au bien y)ublic. L'assemblée décida que les registres seraient tenus dans les deux langues et vota une adresse au roi, pour le remercier d'avoir donné aux Canadiens une constitution semblable à celle d'Angleterre.

236. Sessions des Chambres. — Les principaux débats parlementaires de la chambre du Bas-Canada eurent pour objet l'instruction publique et les subsides.

Le comité chargé de l'éducation proposa d'établir des écoles élémentaires dans toutes les paroisses et une école supérieure dans chaque comté.

La chambre déclara que l'imposition des subsides appartenait à elle seule. Cette question, c'est-à-dire le droit de voter toutes les sommes nécessaires au gouvernement pour le service public, suscita pendant plusieurs années l'antagonisme entre le conseil législatif et les représentants du peuple. Pour subvenir aux besoins de la législature, la chambre imposa des droits sur l'importation des vins.

^IM. J. Papineau, Bédard, Panet, de Lotbinière et de Bonne montrèrent aux Anglais qu'ils étaient passés maîtres en éloquence parlementaire.

Les membres de la chambre du Haut-Canada avaient si peu d'aptitudes politiques qu'ils tinrent plusieurs séances

avant de songer à élire un président. Ils firent tant de bévues pendant la session, que les historiens en ont fait des gorges-chaudes.

237. Retour de lord Dorchester. — En 1793, la France atteignait le point culminant de son effervescence révolutionnaire. L'Angleterre, n'ignorant pas les sympathies des Canadiens pour l'ancienne mère-patrie iâ-ha de les attacher à la couronne en renvoyant lord Dorchester comme gouverneur. Les Anglais, qui n'avaient jamais pu le gagner à leur cause, l'accueillirent froidement. Pour se conformer aux ordres reçus, lord Dorchester foi'ma un conseil exécutif de neuf membres, dont quatre Canadiens. L'Angleterre venait aussi de régler que les nominations aux charges publiques ne dureraient que selon le bon plaisir de la couronne, que les terres seraient divisées en cantons (townships), que les séminaires de Québec et de Montréal, et les communautés defemm,es continueraient à se recruter suivant leurs règles ou constitutions.

238. Départ de lord Dorchester.— Au grand regret des Canadiens, lord Dorchester fut rappelé en Angleterre en 1796. Les principaux actes de sa dernière administration furent l'organisation de la milice et de la justicti, l'augmentation des revenus publics par des droits imposés sur les épiceries, l'adoption de la monnaie sterling^, l'abolition de Y Haheas corpus, l'ouverture de chemins., la construction de quelques ponts, et l'ordonnance d'un deuil public de deux mois à l'occasion de la mort de l'infortunée Marie- Antoinette.

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