Le général Prescott, gouverneur. — Le
général Prescott vint remplacer lord Dorchester en 1796. Quelques mois après son arrivée, il ouvrit le parlement, et, malgré les récriminations des Anglais, M. Panel fut encore
élu président. La chambre arrêta qu'un huitième du revenu des douanes retournerait au Haut-Canada, et que le pilotage des vaisseaux se ferait jusqu'au Bic. Dans une des sessions suivantes, elle décida la construction de palais de justice à Québec, à Montréal et à Trois-Rivières.
240. Exécution de McLane.— L'enthousiaste Américain McLane, accusé par un nommé Black de soulever les Canadiens contre la couronne, fut condamné à la potence (1797). Après l'exécution, on montra la tête du coupable au peuple en disant : " Voici la tète du traître." Des incisions furent faites aux membres du supplicié et on arracha ses entrailles qu'on fit brûler. Cette conduite barbare jeta l'épouvante parmi le peuple.
241. Concession des terres. — Les abus graves qui se glissèrent dans la concession des terres, forcèrent les Canadiens à s'établir sur les frontières des Etats-Unis. Les membres du Conseil législatif, qui avaient ainsi favorisé leurs amis au détriment de la justice, furent blâmés par le gouverneur et le duo de Portland, ministre des colonies.
242. Robert Shore Milnes, gouverneur.— Le lieutenant-général du Canada, Robert Shore Milnes, qui reçut le titre de baronnet peu de temps après sa nomination, remplaça le général Prescott (1799). Sous son administration, £1,000 furent votés pour faciliter la navigation entre (Montréal et Lachine ; une barrière de péage fut établie sur Ile chemin du Coteau-du-Lac ; une loi, prohibant la vente des boissons, des articles d'épicerie et de mercerie, le dimanche, passa à l'unanimité. Malgré les réclamations de la chambre, la couronne s'empara des biens des Jésuites (1800)1.
1 La jouissance des biens des Jésuites avait été laissée à la Compagnie jusqu'à la mort du père Cazot, deruier membre de cet ordre .eligieux au Canada.
243. Institution royale-— L' Institution royale, spécialement établie pour faire disparaître la langue française, fonda des écoles anglaises sur tous les points de la colonie. Portland affecta une partie des biens des Jésuites à l'établissement de ces écoles, dont l'évêque protestant était le président. Loin de se laisser prendre dans ce piège, les Canadiens établirent les écoles paroissiales, où l'on enseignait en français le catéchisme, la lecture, l'écriture et le calcul. A force de démarches, Mgr Plessis obtint (1822) que les catholiques n'auraient pas à contribuer pour le soutien des écoles protestantes.
244. Le Mercury. — Les débats parlementaires avaient leur écho dans la presse. Le Mercury, journal fondé par M. Cary en 1805, prit bientôt des allures d'indépendance, en blâmant les actes de l'assemblée législative et en ne cherchant qu'à amoindrir l'influence des Canadiens.
245. La Canadien. — Le Canadien, s'occupant surtout de défendre nos institutions, notre langue et nos lois, pensait tout haut dans l'intérêt du peuple, et mordait en badinant. Ses quolibets exaspérèrent souvent le Mercury, qui lui répondait par des bourrasques et des gros mots, dénotant sa mauvaise humeur.
Questionnaire. — 1. Parlez de l'organisation des nouveaux parlements.— 2. Par qui furent-ils organisés? — 3. Que se passa-t-il à l'élection de M. Panet ? — 4. Sur quoi roulèrent les principaux débats parlementaires ?— 5. Pourquoi l'Angleterre envoya-t-elle de nouveau lord Dorchester comme gouverneur ? — 6. Quels furent les principaux actes de sa dernière administration ? — 7. Qui remplaça Dorchester ? — 8. Pourquoi McLane fut-il pendu ? — 9. Quand et pourquoi la Couronne s'empara-t-elle des biens des Jésuites ? — 10. Parlez de l'institution royale .—11. Que savez- vous des journaux d'alors ?
Devoir. — Parlez de l'élection de M. Panet et des principaux débata par lemantairaw.
200 GOUVERNEMENT CONSTITDTTONNKI.