GUERRE AVEC LES ÉTATS-UNIS
RÉSUMÉ
253. Sir George Prévost, gouverneur. — Sir George Prévost, qui remplaça Craig (l<sllj, sut, par sa loyauté, gagner l'estime des Canadiens français.
254. Déclaration de la guerre Anglo- Américaine. —En 1812, la guerre fut déclarée entre V Ayigleterre et les Etats- Unis.
255. Campagne de 1812.— Les Anglais furent victorieux à Détroit, à Queenstown et à Lacolle. Les Américains eurent l'avantage sur mer.
?*56. Campagne de 1813.— Les victoires de la campagne de 1813 furent partagées. Les Anglais eurent l'avantage à Ogdensburp^ , à Frenchtown , à Stoney-Creek, à Chrysler' s- Farm et à Chateaugiiay, tandis qu'ils furent battus au lac Erié, k Moraviantow7i, à Toro7iio, zn/ort George, à Queenstown, à Burlington et à Sackett' s-Harboiir.
257. Bataille de Chateauguay.— Z)^ Salaherry, à la tête de 300 Canadiens, remporta, à Châteaîigjiay, une célèbre victoire sur 7,000 Américains, commandés par Hampton.
258. Campagne de 1814.— Les victoires de la campagne de 1S14 furent encore partagées. Les Américains, battus à Lacolle, à Oswêgo, à Lundy's-Lane et à Washington, eurent l'avantage à Chippewa, zn/ort Erié et à la Nouvelle- Orléans,
259. Traité de Gand.- La guerre Anglo- Américaine se termina par le traité de Gayid (1814).
260. Rappel et mort de Sir George Prévost. — Prévost, accusé d'avoir été la cause de l'insuccès du plan de campagne de Plattsburg, passa à Londres pour se disculper, et mourut en y arrivant (1815).
DEVELOPPEMENT
253. Sir George Prévost, gouverneur. — Sir George Prévost, qui remplaça Craig (1811), sut, par sa sagesse, sa prudence et sa modération, gagner l'estime des
206 GOUVERNEMENT CONSTITUUIONNEI,
Canadiens. Il cicatrisa bien des plaies ouvertes par la rigidité et la partialité de son prédécesseur, en nommant Bédard, juge à Trois-Rivières, Bourdagcs, colonel de milice, et en travaillant à obtenir de Londres que Mgr Plessis portât officiellement le titre d'évêque de Québec. En prévision de la guerre américaine qui menaçait, le service militaire devint obligatoire. Pour subvenir aux dépenses occasionnées par la guerre à la veille d'éclater, des droits d'entrée furent prélevés sur toutes les marchandises importées, à part les denrées. Les négociants du pays devaient payer 2|- %, et les étrangers ou marchands forains, 5 %.
^i'4£S 254. Déclaration de la guerre Anglo- Américaine.— Dans sa lutte contre Napoléon 1, l'Angleterre s'arrogea le droit d'empêcher le commerce des Etats-Unis avec les pays soumis au blocus continental, et de visiter les vaisseaux étrangers suspects, pour s'assurer qu'ils ne portaient point de matelots anglais. Blessé de cette attitude, le congrès de Washington déclara la guerre à la Grande-Bretagne (18 juin 1812), confia la garde des frontières à 100,000 miliciens, et adjoignit un corps de réserve de 25,000 hommes à ses 50,000 volontaires^.
Les troupes anglaises au Canada ne comptaient p^.s même 6,000 hommes. Quant aux Canadiens, guidée par le clergé, ils embrassèrent la cause de l'Angleterre.
255. Campagne de 1812. — Trois corps expéditionnaires, désignée sous les titres pompeux d'armées de l'owesi, du centre et de Vest, se partagèrent les forces américaines, pendant la campagne de 1812.
1 Un émissaire du gouverneur Crai^, eu 1809, aurait, dit-on, vendu au gouvernement de Washington sa correspondance avec ce gouveineur ; ce serait l'une des causes de la guerre de 1812.
L'armée de Vouest, de 2,000 hommes commandés par le général américain HuU, fut repoussée, au Détroit, par le général Brock, n'ayant à sa disposition que 300 réguliers, 400 miliciens et 600 sauvages.
L'armée du centre, de 1,200 à 1,500 hommes commandés par le général araéricain|,Fa?i Rensselaerl&e vit forcée de poser les armes sur les hauteurs de Queenstown. L'honneur de la victoire revint au général anglais Sheaffe, qui avait remplacé Brock, tué au commencement de la bataille.
L'armée de Vest, de 10,000 hommes sous les ordres du général américain Dearhorn, s'avançant sur Montréal, rencontra le major de Salaberry, appelé le Léonidas canadien, campé sur le bord de la rivière Lacolle. Pendant la nuit, deux colonnes américaines, ayant voulu cerner le corps le plus avancé des troupes de Salaberry, se prirent réciproquement pour l'ennemi et se fusillèrent si bien que les troupes canadiennes n'eurent qu'à les laisser faire. Cette méprise détermina la retraite de Dearborn.
Sur mer, les frégates anglaises, quoique sûres de n'éprouver aucun revers, furent obligées de baisser pavillon devant les vaisseaux de guerre américains, commandés par le capitaine Huit et le commodore Decatur.
256. Campagne de 1813. — Les Américains suivirent les plans de campagne de l'année précédente.^^^jant l'hiver, les troupes anglaises s'emparèrenLde Ogaeiiisourg^ Le colonel anglais Proctor, qui battit à Frenclitowyi, près du Détroit, un détachement des troupes de Harrison, commandé par Winchester, assiégea sans succès les forts Meigs et Sandusky.
Pendant ce temps, le commodore Perry soutenait un combat naval de qua^e lieures, sur le lac Erié, et obligeait le capitaine anglais Barclay de baisser pavillon»
Après ce désastre, le colonel Proctor fut défait par Harrison, à I^aviaritownj sur la rivière Thames. C'est dans celte bataille que le fameux chef indien Tecumseh, allié des Anglais, trouva la mort. Son éloquence populaire et son influence sur la tribu des Cris, ont fait de lui un des héros de cette guerre.
Malgré les efforts du général anglais Sheaffe, Dem^horv. et Pike, avec 1,700 hommes, s'emparèrent de Toront^. Pike fut blessé mortellement, Dearborn délogea successivement le général Vincetit du fort George, ae Qiieenstown et de Burlington. Le colonel Harvey fit cependant subir un sanglant échec aux généraux ri^'^^ï ^^ Chandler, à \Stoney i/reekj Le gouverneur Prévost, voulant profiter de l'absence de la flotte ennemie pour attaquer Sackèit' s-Harbour, fut repoussé.
De son côté, le commodore américain Chauncey obligeait la flotte anglaise de otPVliAt. sir James Yeo à se rendre, sur le lac Ontario. ^ ,
vi^'^.'^ovty ,
Après ces brillants résultats, Wilkbison, s'iivançant avec 10,000 hommes, vers Montréal, fut complètement défait à Chrysler s- Farm, par le colonel anglais Morrison, dont les forces étaient quatre fois moins nombreuses que celles de son adversaire. Cette défaite n'empêcha pas Wilkinson de poursuivre sa marche ; il rebroussa cependant chemin au pied du Long-Sault en apprenant la défaite de Hampton, à Châteauguay.
Tecumseh
2lO GOUVERNEMENT CONSTITUTIONNEI,