TRENTE-DEUXIEME LEÇON
SUITES DE l'insurrection
RÉSUME
284. Lord Durham, gouverneur.— A^;-^^ Diirham, qui succéda à Gosfort comme gouverneur (1838), ne se distingua pas au Canada.
2ï>5. Amnistie.— Pour éluder des procès embarrassants, Durham accorda la liberté aux prisonniers politiques. Cet acte, désavoué en Angleterre, lui fit demander son rappel. Colborne le remplaça par intérim (1838-1839).
286. Emeutes : dans le Bas-Canada.— Montréal, Beauharnois, Caughnawaga, Terrebonne, Châteauguay, Rouville et Varennes, devinrent le théâtre d'émeutes dans le Bas-Canada.
287. Dans le Haut-Canada.— 400 Américains séditieux furent défaits à Prescott. Des insurgés exercèrent des ravages à Sandwich, près de Détroit ; le colonel Prince les mit en déroute. 1200 furent repoussés par les troupes, à Niagara.
288. Sort des prisonniers politiques.— Dans les deux Canadas, des insurgés furent condamnés à mort, et d'autres, à être déportés à Sydney, en Australie.
289. Courage de M. Parent.— M. Etie?ine Parent, publiciste distingué, eut le courage de protester hautement contre la sévérité outrée de Colborne, et les actes de vengeance exercés par les troupes anglaises.
290 Mesures de l'Angleterre après l'insurrection. — D'après le rapport de Durham, la Couronne trouva que le meilleur moyen d'angliciser le pays et de faire dispa-/ raître la population canadienne, était Vîi7iio7i législative des deux Canadas.
DEVELOPPEMENT
284. Lord Durham, gouverneur. — En présence des difficultée gouvernemeutales, Goaford demanda et obtint son rappel. Lord Durham, qui lui succéda (1838), remplaça par ses amis la plupart des membres du Conseil spécial, et ne se distingua pas au Canada.
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285. Amnistie. — Afin d'éluder des procès embarrassants, Durham profita de l'avènement au trône de la reine Victoria pour gracier les révoltés politiques, dont les prisons étaient remplies. Les vingt-quatre plus coupables seulement furent envo5'és aux Bermudes. Cette amnistie, qui causa une grande joie aux Canadiens, fut condamnée en Angleterre. Durham, blessé du désaveu de la Couronne, demanda son rappel.
Colborne, élevé plus tard à la pairie sous le nom de lord Seaton, le remplaça par intérim (1838-1839). Quelques déportés des Bermudes, aidés de Dodge et de ITieUer, deux prisonniers échappés de Québec, qu'ils rencontrèrent à New- York, se mirent à la tête des insurgés canadiens et d'Américains exaltés, et soulevèrent de nouvelles émeutes, dans les deux Canadas à la fois.
286. Emeutes : dans le Bas-Canada.— L'adresse de Colborne sut déjouer à Montréal une nouvelle insurrection, quand les soldats n'étaient pas sous les armes.
Beauharnois devint alors le théâtre de l'action. Une faction populaire surprit les partisans du gouvernement et les fit prisonniers (3 novembre). M. Ellice, fils dn seigneur de la place, et plusieurs personnes de considération subirent le môme sort. Tous les détenus furent mis en liberté par un corps du 71e régiment, aidé de 1000 hommes du régiment de Glengary.
Soixante-quatre insurgés, ayant cerné l'église de Caughnawaga pendant que les sauvages étaient à prier, furent faits prisonniers et amenés à Montréal liés deux à deux.
Les insurgés qui occasionnèrent des émeutes à Terrehonne, à Châteauguay, à Rouville et à Varennes, furent mis en déroute par Colborne, commandant 8,000 hommes, qui proclama la loi martiale et promena partout la torche incendiaire, n'épargnant pas plus l'innocent que le coupable.
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287. Dans le Haut-Canada.— Quatre cents Américains séditieux, de Sackett's-Harbour, furent défaits à Prescott, par le colonel Young et le capitaine Fowell, qui firent 156 prisonniers.
A Sandwich, près de Détroit, des insurgés mirent le feu à quelques vaisseaux, tuèrent plusieurs individus et massacrèrent le docteur Hurne à coups de hache et de couteau. Le colonel Prince, informé de ces atrocités, attaqua ces maraudeurs, qui prirent la fuite, abandonnant 25 morts et 26 prisonniers.
1,200 insurgés, venus à Niagara pour exciter le peuple à la révolte, furent repousî^és par les troupes, qui firent quarante prisonniers.
Pour tempérer ce souffle révolutionnaire, les trois meurtriers de Hume et six des prisonniers de Prescott furent condamnés à la potence, par la cour martiale^.
288. Sort des prisonniers politiques.— L'année 1838 s'éteignit dans le sang de nos compatriotes. Dans le Bas-Canada, 89 furent condamnés à mort, dont 13 j.érirent sur l'échafaud, et 47 furent déportés à Sydney, en Australie. Dans le Haut-Canada, il y eut 10 exécutions à Kingston, 3 à London, et 86 prisonniers furent déportés en Australie.
289. Courage de M. Parent. — La sévérité de Colborne envers les prisonniers politiques fut condamnée en Ano-leterre et dans tout le Canada. Dans cette circons-
tance, ]\[. Etienne Parent, publiciste distingué, eut le courage d'écrire que les actes de vengeance exercés par les troupes anglaises, dans le district de Montréal, étaient un autre genre d'excès aussi répréhensible que la levée de boucliers des patriotes. La hardiesse indépendante de Parent amena son arrestation, mais son procès n'eut pas lieu.
1 La cour martiale ne s'enquit que des crimes politiques et des rébellions arrivés après le 4 novembre 1838.