INSURRECTION DE 1837 RÉSUMÉ
275. J/ord Gosford, gouverneur. — Lord Gosford remplaça Aylmer, en 1835. Le rapport qu'il fit à Londres sur l'état de la colonie fut défavorable aux Canadiens et suscita la révolte de 1837.
276. Rôle de l/ouis-joseph Papineau. — Papîneau parcourut le Bas-Canada pour soulever le peuple, et fut partout salué comme un libérateur,
277. Troubles à Montréal.— Des troubles éclatèrent à Montréal (novembre 1837) entre les Constitutionnels ou le Doric Club et les Fils de la Liberté.
278. A Saint-Denis.— A Saint-Denis, 800 insurgés, sous les ordres de Nelson^ repoussèrent les 500 hommes du colonel Gore.
279. A Saint-Charles.— 7"i^<7Wrt.y Brown, à la tête des insurgés retranchés à Saint-Charles au moyen d'abaiis d'arbres, fut défait par le colonel IVetherall : les insurgés comptèrent 125 morts, des blessés et des prisonniers.
280. A Saint-Eustache. — Le docteur Chênier et un nommé Girod, avec 250 Canadiens, barricadés dans l'église et le couvent de Saint- Eustache, furent délogés par Colborne, commandant 2,000 hommes de troupes : 70 insurgés trouvèrent la mort.
281. A Saint-Benoit et à Sainte-Scolastique. — Les insurgés furent également défaits à Saiyit-Benoit et à Sainte-Scolastique : le village de Saint-Benoit, fut réduit en Gendres.
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282. Soulèvement dans le Haut-Canada.- Les réformistes du Haut-Canada, ayant à leur tête Mackencie, furent mis en déroute à Navy Island et en plusieurs autres endroits.
283. Conseil spécial.— A la suite de ces désastres, la constitution de 1791 fut suspendue, et Colborne organisa un Conseil spécial.
DÉVELOPPEMENT
275. Lord Gosford, gouverneur.— Ayl mer, rappelé en Angleterre, fut remplacé par lord Gosford (1835). Dès son arrivée, le nouveau gouverneur sut, par sa politesse et son affabilité, gagner l'estime des Canadiens. Il venait en qualité de commissaire royal et était chargé de préparer un rapport très détaillé sur l'état de la colonie. Malheureusement son compte-rendu tout hostile aux Canadiens, eut écho dans les Chambres des communes anglaises. La destitution de Papineau et de plusieurs officiers de milice, exaspéra les mécontents et amena une révolte générale.
Les chefs des réformistes furent, dans le Bas-Canada, Louis-Joseph Papineau et le docteur Nelson ; dans le Haut, Rolph, Baldwin et Mackenzie.
276. Rôle de Papineau.— Z.- 7. Papineau, que son éloquence populaire a fait surnommer l'O'Connell du Canada, convoqua de tous côtés des assemblées qu'il excita à la rébellion. Il parcourut plusieurs paroisses du district de Montréal, se rendit à Québec, puis à Kamourasha, en s'arrêtant à Saint- Charles, à Saint- Thomas et à Ylslet. Son arrivée à Saint- Thoraas fut une véritable ovation • on le salua comme un libérateur.
La Fontaine, Morin et Girouard parcoururent les campagnes de la côte du nord et gagnèrent beaucoup d'hommes à leur cause. L'Assomption, Lachenaie, l'Acadie, Missisquoi, Deschambault passèrent des résolutions condamnant la politique anglaise.
Les jeunes gens de Î^Iontréal formèrent l'associatioii secrète des Fils de la liberté, dont le serment obligeait à se mettre à la tête du mouvement de résistance.
Pour calmer les esprits, Mgr Lartigue, premier évêque de Montréal, publia un mandement dans lequel il recommandait à ses ouailles de " ne pas se laisser séduire si "quelqu'un voulait les engager à la rébellion contre le " gouvernement établi."
Le Canadien, journal exprimant l'opinion du peuple, protesta hautement aux premières heures de la révolte.
Le gouverneur, effrayé, fit venir des troupes du Nouveau-Brunswick et arma 600 volontaires.
277. Troubles : A Montréal.— Le 7 novembre 1837, des troubles éclatèrent à Montréal entre les Constitutionnels ou Doric Club, partisans du gouvernement, et les Fils de la liberté. Plusieurs personnes furent blessées dans le tumulte. Des mandats d'arrestation lancés contre vingt-trois des coryphées de la révolte, obligèrent Papineau, O'Callaghan, Brown, des Rivières et Perrault à se réfugier à l'Acadie.
278. A Saint-Denis.— La révolte s'aggravait de joui en jour ; le clergé fit des efforts pour l'enrayer, mais il était trop tard: les digues du torrent révolutionnaire étaient rompues. Des députés des comtés du sud planté-' rent solennellement à Saint-Charles le 'poteau de la Hberté, et arborèrent le bonnet rouge et la cocarde tricolore. Un camp de 800 insurgés, sous le commandement de Nelson, se posta à Saint-Denis. Parmi eux, une centaine seulement avaient des fusils ; les autres étaient armés de faux, de fourches et de bâtons. Le colonel Gore, avec 500 hommes de troupes, les attaqua, mais il fut si vivement repoussé qu'il laissa derrière lui ses munitions.
GOUVERNEMENT CONSTITUTIONNEI,
279. A Saint-Charles.— Plus de 1,000 insurgés, retranchés à Saint-Charles derrière des abatis d'arbres jVtés à la hâte, furent attaqués dans leur camp par le colonel Wethcr ail, commàiiàsint 330 hommes, soutenus de deux petites pièces de canon. Tliomas Brown, leur chef, s'esquiva avant le combat. Les révoltés, forcés de vaincre ou de mourir, soutinrent un combat acharné pendant deux heures ; l'artillerie leur causa d'affreux ravages, et le major Ward emporta plusieurs positions à la baïonnette. Les insurgés eurent 125 morts, des blessés et des prisonniers.
On ne connaît pas au juste la pêne des troupes ; mais elle dut être assez considérable, puisque on entendit dire aux officiers que les Canadiens tiraient juste et ferme, et que, s'ils eussent été bien armés et bien dirigés, la victoire eût été à leur avantage.
Sur ces entrefaites, Colhorne publia la loi martiale, et les prisons regorgèrent bientôt de patriotes, victimes de projets insensés et séditieux.
280. A Saint-Eustache. — Le docteur Chéyiier avec Girod et 250 Canadiens ramassés de tous côtés, se readi-
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rent à Saiut-Eustache, et se barricadèrent dans l'église et le couvent pour y attendre les Anglais de pied ferme.
Plusieurs, n'ayant pas d'armes, s'en plaignirent à Cliénier, qui les rassura en disant : " Soyez tranquilles, il y eu aura de tués et vous prendrez leurs fusils."
John Colborne'^f surnommé le vieux brûlot, commandant 2,000 hommes de troupes royales, se chargea d'aller les déloger. Les édifices occupés par les rebelles furent cernés, canonnés et incendiés. Les infortunés qui voulurent échapper aux flammes trouvèrent la mort dans 1< s rangs pressés des assiégeants. Chénier tomba sous les balles, en traversant le cimetière. On vit de malheureuses victimes, à moitié brûlées, se sauver à toutes jambes sur la glace, braver une grêle de balles dirigées sur eux, puis enfin succomber au moment d'échapper aux vainqueurs. Les insurgés perdirent soixante-dix hommes, et les troupes, trois. L'incendie, qui dura toute la nuit, consuma la plus grande partie du village.
281. A Saint-Benoît et à Sainte-Scholastique. — Après les désastres de Saint-Eustache, Colborne marcha 3ur le village de Saint-Benoît, qu'il trouva désert ; la peur avait éparpillé les patriotes. Une députation d'habitants se poita au-devant de Colborne, ])0ur lui demander la paix; il la leur accorda, à condition de ne pas tirer un coup de fusil sur les troupes, autrement, dit le général, " tout sera mis à feu et à sang." Malheureusement, le mot d'ordre ne fut pas observé et le village fut incendié.
Les insurgés de Sainte-Scholastique s'attendaient à être sévèrement châtiés, pour avoir trop favorablement secondé les chefs de la révolte ; mais il n'en fut rien, Colborne se lai.-58:i fléchir et le village fut épargné.
1 ./o/iJi Co??>or;(e fut lieutenant-gouverneur du Haut-Canada (1826- IS.'îS), iuluiiiiistrateur du Bas-Canada (l!S;i8), et gouverneur en atteudaiit l'arrivée de lord Sydenham (1838-1839).
Pour ne pas tomber entre les mains de l'ennemi, qui le poursuivait, Girod se donna la mort.
282. Soulèvement dans le Haut-Canada. — Mécontent contre l'Angleterre, Mackenzie, chef des réformistes, souleva une émeute dans le Haut-Canada, forma la Conventio7i 'provinciale, attira un renfort d'Américains, et se réfugia à Navy Island, île située à deux milles au-dessus de Niagara ; mais McNab, malgré la vive résistance qu'on lui opposa, délogea bientôt Mackenzie de ses retranchements et captura la Caroline, vaisseau qui contenait les provisions. D'autres réformistes envahirent le Canada à Prescott et à Windsor, mais ils furent repoussés. Ce fut aussi sans succès que les insurgés attaquèrent Western District, Kingstoyi, et Fighting Island, au Détroit.
Un parti de factieux débarqué à la pointe Pelée, dans le lac Erié, fut mis en déroute par le colonel Maitland, après une lutte opiniâtre : on se battit même à la baïonnette.
Après toutes ces tentatives infructueuses, Mackenzie se retira aux Etats-Unis.
283. Conseil spécial. — Les troubles qui venaient d'éclater engagèrent l'Angleterre à suspendre la constitution de 1791. Colborne reçut l'ordre de former un Conseil spécial, chargé de pourvoir aux besoins les plus pressants. Sur vingt-deux membres, onze étaient canadiens.
Questionnaire. — l. Comment Gosford, dès son arrivée, gagna t-il l'estime des Canadiens ? — 2. De quoi était-il chargé ? — 3. Qu'est-ce qui amena la révolte ? — 4. Nommez-en les chefs. — 5. Ou y eut- il des troubles, dans le Bas-Ca,nada ? — 6. Parlez des émeutes dans le Haut- Canada. — 7. Que savez- vous du Conseil spécial ?
Devoirs. — l. Parlez de l'insurrection de 1837, des causesqui l'amenèrent, du rôle de Papineau, de l'attitude de Mgr Lartigue et du journal "le Canadien." — 2. Faites le récit des troubles à Saint- Denis et à Saint-Charles. — 3. Parlez des troubles à Saint-Eustache, à Saint- Benoit et à Sainte-Scolastique.