DÉCOUVERTE DU CANADA
RESUME
16. Projets de François ler.-^f^w Veraz2am, envoyé par le roi de France Frayiçois 1er pour découvrir de nouvelles terres, visita les côtes de plusieurs contrées de l'Amérique du Nord, où il arbora le drapeau français (1524).
17. Jacques Cartier: Premier '\oyz.^ç..— Jacques Cartier, chargé de reprendre le projet de François 1er, quitta Saint-Malo le 20 avril 1534, et arriva le 10 mai au cap Bonavista, dans l'île de Terre-Neuve.
18. Exploration du golfe Saint-I/aurent.— Cartier sillonna le sud et le nord du golfe Saint-L,aurent, puis entra dans la baie des Chaleurs et se réfugia dans le bassi?i de Gaspé.
19. Prise de possession.— Cartier prit possession du pays en élevant une g'aude croix aux armes de France, à Gaspé. Le chef de la contrée s'en montra mécontent, mais Cartier le calma par des présents, et obtint d'emmener avec lui ses deux fils Taiguragny et Domagaya.
20. Deuxième voyage.— François 1er accorda à Cartier trois vaisseaux : la Grande Her7nine, la Petite Herniiiie et V Enierillo7i, pour entreprendre son deuxième voyage (1535).
21. Exploration du Fleuve Saint-I/aurent.— Cartier, parti du havre Blanc-Sablon, entra dans la baie Sainte- Geneviève (10 août), qu'il appela Saint-Laurent, reconnut l'île à.' Anticosti (15 août), qu'il nomma Assomption, mouilla à l'île aux Coudres et s'avança jusqu'à la pointe orientale de l'île d'Orléans (13 sept.), où il jeta l'ancre.
Il mit la Grande He?'mhie et là Petile Hermine dans la rivière Saint e-Crcix, et garda V Etnerilloîi -çonr remonter le fleuve.
22. Stadaconé.— Les sauvages de Stadaconê accueillirent favorablement les Français.
23. Hochelaga.— La petite population à' Hochelaga se porta sur le rivage pour recevoir les étrangers. Le chef Agouhanna, quoique malade, visita les Français. Cartier se rendit jusqu'au sommet de la montagne, qu'il nomma mont Royal.
24. Hivernage au Canada.— Cartier hiverna à Sainte- Croix, et une maladie cruelle, le scorbut, enleva 25 de ses hommes.
25. Retour en France. — Cartier partit de Sainte-Croix le 6 mai 1636, pour retourner à Saint-Malo.
DEVELOPPEMENT
16. Projets de François 1er. — François 1er chargea Jean Verazzani d'aller découvrir de nouvelles terres et d'en prendre possession au nom de la France (1523). Le 17 janvier (1524), Verazzani fit voile vers l'ouest, visita les côtes des Etats- Unis, depuis la Caroline-du-Sud jusqu'au Maine inclusivement, puis la Nouvelle-Ecosse, l'Ile du Cap- Breton et Terre-Neuve. Il arbora le drapeau français dans toutes ces contrées, et appela Nouvelle France les pays qu'il avait visités. François 1er, alors prisonnier de Charles- Quint, à Madrid, ne put s'occuper de l'expédition de Verazzani. Celui-ci fit encore deux voyages en Amérique. Dans le dernier, il fut pris, rôti et mangé par les naturels du Brésil.
17. Jacques Cartier : Premier voyage. — Les grandes richesses que les Espagnols tiraient du nouveau inonde, firent reprendre à François 1er le dessein d'y fonder une colonie. Jacques Cartier fut chargé de cette entreprise. Ce capitaine quitta Saint-3£alo, le 20 avril
Cartier.
1534, avec deux vaisseaux et GI hommes d'équipage. Le 10 mai, il arriva au cap Bonavista, dans l'île de Terre- Neuve. Ayant trouvé la côte couverte de glaces, il alla mettre ses vaisseaux dans la baie de Brest, où il fit dire la messe, le jour de la fête de saint Barnabe (11 juin).
18. Exploration du golfe Saint-Laurent. — Après s'être avancé sur des barques jusqu'à Chécatica, qu'il nomma port de Jacques- Cartier, le grand navigateur alla reprendre ses vaisseaux au port de Brest, fit voile vers Terre-Neuve, dont il explora une grande partie de la côte occidentale, reconnut les îles de Brion et de la Madeleine,et entra, le 3 juillet, dans une baie considérable à laquelle il donna le nom de haie des Chaleurs, à cause des chaleurs excessives qu'il y endura. Cartier quitta cet eTidroa pour se réfugier dans le bassin de Gaspé, où il ■demeura depuis le 16 juillet jusqu'au 25.
19. Prise de possession. — Les sauvages de Gaspé, qui vivaient dans une extrême pauvreté, firent bon accueil aux Français. Cartier en profita pour planter, sur la pointe de l'entrée du port, une croix haute de trente pieds, sous le croisillon de laquelle était un écusson avec trois fleurs de lys, et, au-dessus, cette inscription taillée dans 1» bois : " Vive le roi de France!" Le chef se montra mécontent de ce que les Français avaient élevé une croix sur ses terres sans sa permission ; Cartier le calma par des présents et parvint même à obtenir deux de ses fils, Tai-
guragny et Dortiagaya, qu'il amena en France dans le but de leur apprendre la langue française et d'étudier lui-même l'idiome de ces sauvages. De la baie de Gaspé, Cartier retourna au Blanc-Sablon, d'oi^i il s'embarqua pour la France (15 août), après avoir entendu la sainte messe et nis son voyage sous la protection de la très sainte Vierge.
20. Deuxième voyage. — Le succès du premier voyage de Cartier engagea François 1er à lui donner une commission plus ample et un armement plus considérable. A la fête de la Pentecôte, trois jours avant le départ, Cartier et les siens communièrent et reçurent la bénédiction de l'évêque, dans l'Eglise de Saint-Malo. Le mercredi (19 mai), la flottille, comprenant la Grande Iier7nine, la Petite Herviine et Y Emerillon, mit à la voile. La traversée fut mauvaise; les vaisseaux qui s'étaient donné rendez-vous au havre de Blanc-Sablon, ne purent s'y réunir que le 26 juillet.
21. Fleuve Saint-Laurent.— Du havre de Blanc- Sablon, Cartier remit à la voile pour suivre la côte septentrionale et continuer les découvertes commencées l'année précédente. Après s'être avancé dans le petit havre de Saint- Nicolas, il entra dans la baie de Sainte- Geneviève (10 août), qu'il appela Saint- Laurent^,k cause de la fête que l'Eglise célèbre en ce jour. Il reconnut ensuite l'île à' Anticosti (15 août), qu'il appela Assomption, en l'honneur de la fête du jour. Après en avoir doublé la pointe occidentale, il se rendit aux environs de la rivière de la Trinité. Taiguragny et Domagaya lui firent remarquer que c'était l'entrée du royaume du Saguenay, d'où venait le cuivre rouge ; ils affirmaient aussi que c'était le
1 Ce nom, suivant Chailevoix, s'étendit à tout le golfe dont cette baie fait partie, puis enfin à la grande rivière de Canada.
commencement du grand fleuve de Hochelaga. Cartier mouilla à l'île aux Coudres le 6 septembre ; le 7, après avoir entendu la messe, il quitta l'île aux Coudres, " pour aller a-mont le dit fleuve, dit-il, et vînmes à quatorze Isles."^ Le 13, les vaisseaux jetèrent l'ancre entre la terre du nord et la pointe orientale de 1 île à' Orléans. Les sau-' vages, qui faisaient la pêche, abordèrent les chaloupes des Français où ils jetèrent du poisson et autres provisions. Le lendemain, Donnaco7ia (agouhanîia ou seigneur du Ca-
Vaisseaux de Cartier
nada) vint, accompagné de plusieurs canots, voir les Français. Cartier partit ensuite en barque pour aller chercher un lieu propre à l'hivernage de ses vaisseaux. Il côtoya l'île Bacchus (île d'Orléans) et entra dans le havre de Sainte-Croix (rivière Saint-Charles), oii il fit entrer la Grande et la Petite Hermine, et laissa YEmerillon en rade, pour remonter le fleuve jusqu'à Hochelaga, dont il avait entendu parler.
1. C'étaient les îles aux Grues, aux Oies, Madame, aux Rtiaux, Sainte- Marguerite, la Grosse île et d'autres de moindre importance.
22. Stadaconé. — La bourgade de Stadaconé avait la forme d'une aile d'oiseau. Le chef Donnacona y demeurait ordinairement. Les sauvages de ce lieu firent bon accueil aux Français, et demandèrent à Cartier de leur faire entendre la grosse voix de l'artillerie, dont leur avaient parlé Taiguragny et Bomagaya. Pour satisfaire Jeur curiosité, Cartier fit tirer une douzaine de coups à boulet. Les sauvages, qui crurent que le tonnerre tombait sur eux, se mirent à crier et à hurler si fort qu'il semblait qu'enfer y fut vidé,.
Cartier se prépara ensuite à remonter le fleuve. 1j Einerillon quitta Stadaconé le 19 septembre. Les riantes rives du grand fleuve, avec leurs champs encore couvert de maïs, et les beautés naturelles du pays l'enchantèrent. Çà et là des sauvages s'approchèrent des vaisseaux avec confiance, pour troquer du poisson contre des bagatelles. Eendu au lac Saint-Pierre, Cartier enfila le chenal du nord, moins profond que celui du sud, et fut obligé d'y laisser Y Emerillon. Il poursuivit sa route sur des barques jusqu'à Hochelaga, où il arriva le 2 octobre.
23, Hochelaga. — La petite population indienne se porta sur le rivage pour recevoir les étrangers. L'allégresse était à son comble. Les naturels chantèrent et dansèrent en présence des Français, qu'ils prirent pour des êtres supérieurs, Cartier manifesta sa reconnaiss- nce en leur distribuant des objets de fantaisie. Sur le déclir du jour, les Français se retirèrent dans leurs barques povr s'y reposer tandis que les sauvages passèrent la nvV- à se divertir autour de grands feux allumés sur le bo?'/ du fleuve.
Le lendemain, Cartier, escorté df quelques gentilshommes et de vmgt matelots, visita 1? bourgade d' Hochelaga. Cette bourgade renfermée dans une triple enceinte
de pieux entrelacés à la pai Lie supérieure, comptait une cinquantaine de cabanes, longues de cinquante pas chacune et larges de douze à quinze. Au centre de chaque cabane se trouvait un endroit pour le feu, et des tablettes étaient pratiquées sous le toit, pour y conserver le maïs. Le chef Agouhanna, quoique malade, tint à voir Cartier, et, po'. :
Cartier sur le Mont-Royal
l'assurer de son amitié, déposa sur sa tête le bandeau rouge qu il portait comme signe de distinction. Cartier se renditensuite jusqu'au sommet de la montagne, qu'il nommf* mont Royal, à cause du beau panorama qui se déroulait sous ses yeux.
Cartier quitta Hochalaga pour retourner à Sainve-Croîi^ où il trouva ses gens occupés à élever un retranchement
muni d'artillerie, afin de se protéger contre les naturels, qui semblaient mécontents.
24. Hivernage au Canada.— Cartier hiverna à Sainte-Croix : 25 hommes moururent du scorbut et luimême en fut atteint. Privé du secours humain, Cartier tourna ses regards vers Marie et fit vœu de faire un pèlerinage à Notre-Dame de Hoc-Âmadour, s'il revoyait sa pa,trie.
Peu de temps après, Domagaya, relevant de cette maladie, apprit au grand navigateur qu'une décoction d'épinette blanche en était le remède spécifique : tous ceux qui en usèrent furent guéris en peu de temps.
25. Retour en France. — Dès que la navigation fut ouverte, Cartier retourna en France. Il emmena de force Donnacona et quelques-uns des principaux sauvages. Le récit de son voyage intéressa François 1er, qui après avoir vu les sauvage3 amenés, les envoya eu Bretagne, où ils reçurent le baptême. Tous y moururent dans l'espace de quelques années.
Les seuls souvenirs du deuxième voyage de Cartier, furent la petite Hermine, laissée dans la rade, et une grande croix plantée sur le bord du fleuve, et sur le croisillon de laquelle se détachait un écusson aux armes de France, avec cette inscription : François ler, par la grâce de Dieu, roi des Français, règne.
Questionnaire. — 1. Parlez de l'expédition de Verazzanî. — 2. Quel célèbre navigateur reprit le projet de François 1er? — 3. En quelle année fit-il son premier voyage?— son deuxième vo\'age? — 4. Quelles places visita-t-il dans le premier ? — dans le deuxième? — 5. Comment prit-il possession du pays, à Gaspé ?— 6. Comment fut-il reçu à Stadaconné? — 7. Parlez de sa visite à Hochelaga . — 8. Quel nom donna-t-il à la montagne ? — 9. Où hiverna-t-il ? — 10 Quelle «ïialadie éprouva ses gens?
Devoirs. — 1. Faites le récit de l'exploration du Saint-Laurent par Cartier. — 2. Racontez la visite de Cartier à Hochelaga et son hivernage à Sainte-Croix.