‹ Histoire du Canada (volume 2)Chapitre 72 sur 95 · LE VICOMTE MONCK RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

LE VICOMTE MONCK RÉSUMÉ

320. I^e vicomte Monck, gouverneur. — Head eut pour successeur le vicomte Monck (16G1;.

321. Le Trent et l'Alabama.— L'arrestation de Slidell et de Mason sur le paquebot Trente portant pavillon anglais, faillit amener une déclaration de guerre entre l'Angleterre et les Etats-Unis. De leur côté, les Etats- Unis réclamaient de l'Angleterre une indemnité pour les pirateries exercées sur la côte nord de l'Amérique par VAlabatna, pendant la guerre civile.

322. Organisation de la milice. — La possibilité d'un conflit entre l'Angleterre et les Etats-Unis, amena l'organisation de la milice au Canada.

323. Projet de Confédération.— En 18G4, des délégués des deux Canadas et des provinces maritimes se réunirent successivement à Charlottetown et à Québec, pour étudier \xn projet de Confêdératio7i.

324. Invasion des Féniens.— Une invasion de Fêniens, sur les frontières du Canada, en 1866, fut repoussée par une armée de réguliers et de volontaires.

DÉVELOPPEMENT

320. Le vicomte Monck, gouverneur.— Le vicomte Monck, irlandais de naissance, succéda à Head (1861).

Son administration fut surtout signalée par l'affaire du Trent et de Y Alahama, l'organisation de la milice, la discussion d'un projet de Confédération et l'invasion des Féniens.

321. Le Trent et l'Alabama— A l'époque de la guerre civile de quatre ans (1861-65), entre les Etata du'

Nord^ et les Etats du Sud de l'Amérique, pour l'abolition de l'esclavage^, ceux-ci envoyèrent Slidell et Mason en Angleterre, pour s'assurer ses sympathies.

Les deux délégués, montés sur le Trent, paquebot portant pavillon anglais, furent arrêtés dans le golfe de la Floride, et incarcérés dans les Etats du Nord, par ordre du gouvernement de Washington. Cette arrestation, contraire aux lois internationales, produisit une sensation profonde en Angleterre et au Canada. La métropole demanda au gouvernement américain de réparer l'insulte faite au pavillon anglais. Les Etats inculpés réglèrent l'affaire en s'excusant et en délivrant les deux prisonniers. En cas de rupture de paix, l'Angleterre envoya des troupes au Canada ; à cette occasion, le gouvernement canadien leva, des principaux centres, des bataillons de volontaires prêts à défendre leurs foyers au prix de leur sang.

De leur côté, les Etats-Unis réclamaient de l'Angleterre une indemnité pour les pirateries exercées sur la côte du Nord de l'Amérique, par l'^Zaôama, pendant la guerre civile. L'affaire ne fut réglée qu'après un délai de quelques années (1871), et l'Angleterre eut à payer $15,000,000 aux Etats-Unis.

322. Organisation de la milice— La possibilité d'un conflit entre l'Angleterre et les Etats-Unis, démontra la nécessité d'organiser la milice au Canada. Macdonald, l'un des ministres, proposa de former un corps actif de 50,000 hommes, un corps de réserve aussi nombreux que le corps actif, et de diviser le pays en districts militaires, ayant chacun son arsenal.

1 Les Etats du Nord, opposés à l'esclavage, accusèrent le Canada d'avoir servi de base d'opération à des bandes de réfugiés politiques du Sud, qui faisaient de fréquentes incursionj sur le territoire des Etats-Unis.

i» Les Etats du Nord furent victorieux, et l'escUivag^ abolL

LH CANADA UNITAIRK 26 <

Cette mesure, qui souleva de vif.s débat=< parlementaires et fit même tomber le ministère Cartier- Macdonald^, fut votée en 1863 et amendée l'année suivante.

323. Projet de Confédération. — L'esprit d'hostilité régnait toujours entre les deux provinces ; dans l'espace de trois ans, quatre ministères avaient été renversés, et deux élections générales n'avaient pu rétablir l'harmonie. Pour aplanir ces difficultés presque insurmontables, les principaux représentants des deux partis politiques exposèrent aux Chambres un projet de confédération de toutes les provinces anglaises de l'Amérique du Nord pour les intérêts généraux, lequel fournirait une occasion de séparer le Haut du Bas-Canada pour ce qui concernerait les intérêts particuliers. Afin de discuj;£r ce projet, des délégués des deux Canadas et des provinces maritimes se réunirent successivement, à Charlottetown (1er septembre 1864) et à Québec (10 octobre 1864). M. Taché"^ fut choisi pour présider les séances. Les députés se trouvaient en face d'une question de la plus haute importance ; car, tout en pourvoyant au bon fonctionnement du gouvernement général, il fallait sauvegarder les intérêts particuliersde chaque province. Les rivalités de races et les préjugés politiques furent mis de côté, et tout se passa avec calme. Le Haut

1 Les diflférents ministères sous Monck furent : Carfier-Macdonald (1861), Macdonaîd-SicoUe (1862-63), Macdonald- Dorio i {lS63-6i), Tdchê-Macdonald (l8Qi) ; coalition de Taché- Macdonald- Brown.

2 Sir Etienne- Pas'-.aZ Taché (1795-1865), politique des plus distingués, mourut peu après la convention, chargé de tous les honneurs que sa souveraine, le parlement et le peuple pouvaient conférer. Pendant sa noble carrière, il avait été deux fois chef de cabinet, colonel de l'armée régulière et chevalier. Sa mort causa un deuil universel, eh ses funérailles, à Montmagny, attirèrent un grand concours d'hommes de touf.es les positions sociales.

La mort frappa presque en même temps l'honorable monsieur Morin, juge éminent, noble vétéran de nos luttes nationales et peutêtre le plus profond peoseur de son temps.

Dères de la Confédératioo

et le Bas-Canada, et le Nouveau- Brunswick acceptèrent le projet Je confédération, que la couronne sanctionna. La Nouvelle- Ecosse protesta, et, à l'instar du Nouveau-Bruuswick, n'accepta qu'après un appel au peuple.

L'Angleterre favorisa la confédération, en cautionnant pour l'emprunt nécessaire à la construction du chemin de fer Intercolonial, et en votant $800,000 pour la restauration des fortifications de Québec.

324. Invasions des Féniens. — En mai de 1866, les Féniens^, dans le but d'obtenir l'indépendance de l'Irlande, franchirent la frontière des Etats-Unis pour faire du Canada la base de leurs opérations contre l'Angleterre. Un parti de 1,500 hommes, sous les ordres du colonel O'Neil, se répandit dans la province d'Ontario d'où, après quelques succès, il fat forcé de se retirer. Les tentatives féniennes dans la province de Québec furent repoussées par 8,000 réguliers, soutenus de 10,000 volontaires. Les Féniens firent en 1870 une nouvelle invasion qui n'eut pas plus de résultats que la première.

Questionnaire.— 1. Quel fut le successeur de Head ?— 2. Que savez-vous de l'aflFaire du Trent ?— de l'AIabaina ?— 3. Pourquoi organisa-t-on la milice au Canada ?— 4. Où se tinrent les conférences pour étudier le projet de confédération ?— 5. Que savez-vous des Féniens ?

Devoirs. — l. Racontez l'affiiire du Trent et celle de l'Alabama. — 2. Parlez du projet de confédération.

1 Nom d'un parti irlandais, sorte de société secrète, qui voulait soustraire l'Irlande au joug onéreux de l'Angleterre.

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