‹ Histoire du Canada (volume 2)Chapitre 71 sur 95 · SIR EDMUND HEAD RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

SIR EDMUND HEAD RÉSUMÉ

314. Sir Edmund Head, gouverneur.— En 1854, Sir Edmund Head remplaça Elgin.

315. Administration de Head.— Les faits les plus saillants de l'administration de Head sont la décentralisation judiciaire, la codification des. lois civiles du Bas-Canada, la sécularisation des réserves du clergé protestant et le rachat définitif de la teuure seigneuriale.

316. Ottawa, capitale fédérale.— D'après le choix de la reine Victoria, la ville d'Ottawa (Bytown) devint la capitale fédérale du Canada (1857).

317. I^a Capricieuse. -M. de Belvèze, commandant de la Capricie'use , vint au nom de la France fonder un consulat général à Québec (1855).

318. Monuments nationaux. — Québec eut de grandes fêtes (1855), à l'occasion de la pose de la pierre angulaire du monument élevé à la mémoire des soldats anglais et français tombés dans la dernière bataille des plaines d'Abraham (1760). La France coopéra à cette œuvre nationale en donnant la statue Bellone^ qui couronne le monument (1863). La même année, Montréal élevait aussi un monument à la mémoire des victimes de l'insurrection de 1837-38.

319. Visite du prince de Galles.— La visite du prince de Galles^ plus tard Edouard VIÎ. occasionna des fêtes splendides, et fut une véritable marche triomphale à travers le Canada (1860). •

314. Sir Edmund Head, gouverneur.— Elgin, rappelé en Angleterre pour aller en Chine en qualité de ministre plénipotentiaire, fut remplacé par sir Edmund Mead (1854), qui, sans avoir les talents brillants de son

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prédécesseur, possédait néanmoins les qualités requises d'un homme d'Etat.

Peu de temps après son arrivée, les deux chefs du ministère, Hincks et Morin, remirent leurs portefeuilles : cette démission donna lieu à la formation du cabinet MacXah- Morin'^.

315. Administration de Head. — Plusieurs faits saillants se passèrent sous l'administration de Head :

1. La décentralisation judiciaire divisa le Bas-Canada en dix-neuf districts, dont douze nouveaux.

2. Pour favoriser la colonisation, la Chambre décida de faire le retrait des immenses terrains concédés au clergé protestant. Il fut décidé que les sommes provenant de l'aliénation formeraient un fonds spécial devant être réparti entre les municipalités, pour le développement de l'instruction, l'ouverture ou l'entretien des chemins. Les traitements annuels et autres allocations précédemment octroyés aux ministres du culte leur furent conservés leur vie durant.

3. La grande question de la tenure seigneuriale, tant de fois débattue dans les chambres, reçut une solution définitive pendant la session 1854-1855. Des indemnités s'élevant jusqu'à $1,500,000 furent votés en faveur des intéressés. La liberté du sol fut ainsi proclamée, et cette révolution économique s'effectua sans secousse et sans troubles.

4. L'abolition du système seigneurial amena une révohition légale qui fit sentir le besoin de préparer un code des lois civiles et judiciaires. Ce code, basé sur ceux de Justinien et de Napoléon, fut mis en vigueur le 1er août

1 La solution des grandes questions changea alors le nom des partis ; désormais les libéraux seront désignés sous le nom de conservateurs ^t ces derniers sous celui de libéraux. Les autres cabinets sous Head sont : Mac N^ab- Taché (1855), Taché -Macdcmald (1857), Macdoiudd-Cartie.r(\Si^'!^ f^'-^ttm-Vorion tl858\, Cartier- Macdonaid (1858).

LrK CANADA UNITAIRE

5. Sous Head encore, le Conseil législatif devint chambre élective'^ ; plus des deux tiers des chemins de fer qui sillonnent la province furent construits ou terminés, et la navigation, améliorée ; des relations commerciales s'établirent avec la France et plusieurs autres pays, et celles qui existaient déjà avec les Etats-Unis furent presque doublées par le traité de réciprocité.

316. Otta^wa, capitale fédérale. — Les députés, fatigués de se promener d'une ville à l'autre depuis dix ans demandèrent de fixer le siège du parlement, d'une manière définitive. Les opinions étaient partagées entre Québec,

Parlement d'OLl;i\va

Montréal et Ottawa ; cette dernière ville fut choisie par la reine Victoria (1857), à cause de sa prétendue position centrale et de l'accroissement considérable qu'elle prenait depuis quelques années.

317. La Capricieuse. — Voulant établir des relations commerciales avec le Canada, la France envoya son repié-

1 Les anciens membres demeuraient conseillers à vie, comme par le passé, tandis que les nouveaux devaient être élus par les divisions électorales récemment formées.

sentant, M. de Belvèze, commandant de la Capricieuse, qui fonda un consulat général à Québec (1855)^. Cette corvette française, la première qui visita nos rives depuis la conquête, resta 42 jours dans le port de Québec et reçut des Franco-Canadiens l'accueil le plus sympathique.

318. Monuments nationaux.— Ce fut pendant que la Capricieuse était à Québec qu'eut lieu la pose de la première pierre du monument élevé à la mémoire de la deuxième bataille des plaines d'Abraham. Head, Belvèze et l'élite de la ville assistèrent à cette imposante cérémonie. Le discours prononcé par M. Chauveau^ laissa la plus vive impression.

La France voulut coopérer à cette œuvre nationale en donnan. la statue Bellone, qui couronnne le monument (1863). De son côté, Montréal élevait un monument à la mémoire des victimes de l'insurrection de (1837-38). La Voix de ses œuvres nationales publiait que les luttes du passé étaient oubliées, et, qu'à l'avenir, chaque race était libre de se développer selon ses mœurs, ses usages, sa religion, sa langue et ses droits,

319. Visite du prince de Galles.— La visite du prince de Galles, qui f;\it époque dans les annales de notre histoire, ne fut qu'une marche triomphale à travers le Canada (1860). Head et tous les ministres se rendirent à Gaspé pour souhaiter la bienvenue à l'hôte royal. Québec' le reçut avec enthousiasme ; le maire le complimenta, et il y eut banquet, lever officiel, illumination, feu d'artifice.

1 he h&ron Gaudrée-Boileau iut ïe premier consul général (1859).

2 M. Chauveau, après avoir laissé sa marque dans la politique, remplaça le Dr Meilleur comme surintendant de l'instruction publique (1855) . Il y avait alors 2,869 maisons d'éducation ouvertes à la jeunesse.

etc. Les Conseils exécutif et législatif, et l'Assemblée législative lui présentèrent des adresses ; leurs présidents, MM. Belleau et Smith, furent faits chevaliers.

Une ovation aussi brillante attendait le prince à Montréal, Son altesse présida à l'inauguration du pont Victoria^ et visita l'exposition provinciale des industries. Après s'être arrêtée à Trois-Rivières, à Saint-Hyacinthe et à Sherbrooke, elle se rendit à Ottawa pour présider à la pose de la première pierreldes nouveaux palais législatifs^ .

Le prince se rendit ensuite dans le Haut-Canada. Ayant visité Brockville, il passa à Kingston et à Belleville sans s'y arrêter^. Toronto, London et Hamilton reçurent pom^ peusement l'hôte royal.

Après avoir parcouru, incognito, les principaux centres des Etats-Unis, le prince retourna en Angleterre.

Questionnaire. — l. Quel fut le successeur de lord Elgin ? — 2. Que savez-vous de son administration ? — 3. Pourquoi la ville d'Ottawa futelle choisie comme capitale fédérale ? — 4. Pourquoi la France envoyât-elle la Capricieuse au Canada? — 5. Quels monuments nationaux le Canada fît-il élever vers cette époque ? — 6. En quelle année k prince de Galles vint-il au Canada ? — 7. Quelles sont les villes qu'il visita ?

Devoirs. — l. Parlez de l'administration de Head. — 2. Racontez la visite du prince de Galles au Canada.

1 Le pont Victoria, ayant 9184 pieds de longueur et 50 pieds de hauteur au centre, est un des plus considérables de l'univers.

2 Le coût des édifices parlementaires avait été de $4,960,654.

3 Les démonstrations que les orançiistea voulurent, faire, malgré les ordres du duc de Newcastle et les protestations dis» catholiques, en furent cause.

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