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patriotisme. Cette langue si belle est en progrès dans la province de Québec, d'où elle déborde dans l'Ontario et autres régions limitrophes.
Le français parlé au Canada n'est pas un vulgaire patois, c'est la langue forte et expressive du grand siècle, et nous devons en être glorieux. On lit dans le roman Force et Faiblesse, de Paul Féval : " On m'a dit que le français se parle assez bien à Moscou et à Saint-Pétersbourg. ]\Iais si vous voulez entendre le vrai son de la langue de Bossuet et de Corneille, l'avis général est qu'il faut aller jusqu'au Canada, où verdit un rameau du vieil arbre de France." Plusieurs touristes français, écrivains de marque, ont partagé l'opinion du célèbre romancier précité. Pour ne pas défigurer le français et lui conserver les précieuses qualités de la netteté et de la clarté, évitons les anglicismes, les néologismes et les termes impropes.
Tenons à notre langue comme on tient au drapeau national ; qu'elle soit l'âme de notre race et la gardienne de la foi vive et ardente léguée par nos aïeux. C'est elle qui, sous nos climats farouches et salubres, a vu s'épanouir un foyer trois fois séculaire, dont la prospérité provoque l'admiration des plus grands peuples du monde.
388. Société Royale. — Pour encourager le mouvement littéraire et scientifique, le marquis de Lorne fonda la Société Royale, en 1882. Cette institution comprend deux sections : l'une française et l'autre anglaise. Les membres se réunissent à Ottawa, une fois par année. Les nouveaux travaux sont examinés et les meilleurs publiés.
389. Beaux-Arts.— Depuis la Confédération surtout, les arts fleurissent au Canada. Dans ces dernières années, plusieurs Canadiens ont brillé sur les scènes de l'Europe. Madame ^Z6am^, cantatrice célèbre, hautement appré-
1 Emma Lajeunesse, native de Chambly.
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ciée à la cour d'Angleterre, figure avec avantage dans les opéras les plus réputés de nos jours. Mentionnons entre autres professionnels, Calixa Lavallée, remarquablepianiste décédé avant d'atteindre l'apogée de son talent, et M. P. Hébert, sculpteur déjà illustre.
390. L'Alberta et la Saskatchewan. — Depuis plusieurs années, des flots d'immigrants, venant des Etats- Unis, des Iles-Britanniques et de divers autres pays européens, se précipitent vers le Nord-Ouest. Le gouvernement fédéral signala ce progrès de la population en taillant dans l'immense région des prairies, deux provinces nouvelles : l'Alberta et la Saskatchewan (1905). Ces provinces jouissent des mêmes privilèges que les anciennes. Leurs lois scolaires sont à peu près celles du Manitoba.
391. Progrès matériel.— Il y a de tout dans le Canada, ce beau pays de l'avenir, aussi vaste que l'Europe : plaines, montagnes, fleuves incomparables et lacs d'eau douce partout, forêts immenses, pêcheries des plus productives du monde, terres à céréales, mines de tout genre, précieuse réserve de l'avenir.
Jusqu'à la Confédération (1867), l'agriculture fut à peu près l'unique ressource économiqtie du Canada, dont le sol fertile, favorable aux prairies, est aussi une excellente terre à blé. Presque pa,rtout le climat est assez humide pour assurer le succès des récoltes.
La culture des céréales, occupant le premier rang, fournit plus de la moitié de la production totale de l'agriculture canadienne.
Les machines de tout genre ont diminué les frais de main d'oeuvre sur la ferme, et l'agriculteur peut se considérer comme un industriel.
L'arboriculture fruitière — surtout la culture des pommes— s'est considérablement développée. Le sud de l'On-
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tario se fait remarquer par la variété et l'abondance de ses fruits : pommes, poires, pêclies, raisin, etc.
L'élevage tient le second rang. On trouve d'immenses troupeaux dans les prairies de l'Ouest. Les races chevaline, porcine et galline se multiplient rapidement.
Depuis ces dernières années, l'industrie laitière a pris des accroissements considérables; il y a dans presque toutes les campagnes des beurreries et des fromageries, dont les produits s'écoulent surtout en Angleterre.
L'exploitation forestière, la plus ancienne industrie canadienne, après celle des fourrures, a notablement progressé depuis un quart de siècle.
Mentionnons, en terminant, les industries extractives, métallurgiques, manufacturières, et la mise en valeur des terres par le développement des voies de communication.
Les produits canadiens occupent aujourd'hui une large place sur certains marchés étrangers.
La colonisation du Canada est loin d'être achevée. A l'heure actuelle (1911), le gouvernement de Québec pourrait livrer environ six millions et demi d'acres de terres arpentées et divisées en fermes. Une bonne moitié de ces immenses territoires, accessible à la culture, est pourvue de bonnes routes.
Les principales régions colonisables, dans la Province, sont, sur le versant septentrional des Laurentides : le Témiscamingue, la contrée Labelle, au nord de Montréal, la Mattawanie, la vallée du lac Saint-Jean ; sur la rive sud du Saint-Laurent : la contrée de Témiscouata, la vallée de la Matapédiac et la région de la baie des Chaleurs.
Questionnaire. — l. Depuis quand le mouvement littéraire s'est-il accentué au Canada? — 2. Parlez du journalisme.— 3. Comment le*- Canadiens fraaçaà» des Etats-Unis gardent-ils l'esprib de leur nau»
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nalité ? — t. Quel est le but de la Société Royale ? — 5, Que savez-vous de la culture des beuux-arts au CanaJu ? — 6. Quelles sont les deux nouvelles provinces érigées au Xord-Ouest ?
Devoirs. — 1. Parlez de l'attachement des Canadiens pour la langue française. — 2. Décrivez le progrès matériel du Canada.