DÉVELOPPEMENT — PROGRÈS
RÉSUMÉ
385. I/ittérature française.— C'est depuis 1860, mais surtout sous la Confédération que la littérature française a pris son essor au Canada. La poésie a eu de fervents adeptes ; Xq. prose s'est particulièrement occupée de l'histoire nationale.
386. Journalisme.— Le journalisme, presque entièrement livré à la politique, a subi les évolutions des partis auxquels il était attaché.
387. IVangue française.— La lajigiie frayiçaise , qui n'est pas un vulgaire patois au Canada, est en progrès dans la province de Québec, commence à déborder dans plusieurs comtés de l'Ontario, et est précieusement conservée parmi les Canadiens français émigrés aux Etats-Unis.
388. Société Royale.— Pour encourager le mouvement littéraire et scientifique, le marquis de Lorne fonda la Société Royale (1882).
389. Beaux-Arts.— La miisiqîie, la sculpture et Xz. peintw-e sont avantageusement cultivées au Canada, depuis la Confédération.
390. Alberta et Saskatchewan.— Deux nouvelles provinces, Albcrta et Saskatchewan, ont été érigées dans le Nord-Ouest, en 1905.
391. Progrès matériel.— Il y a de tout dans le Canada, ce beau pays de l'avenir, aussi vaste que l'Europe: plaines, montagnes, déserts glacés au nord, fleuves incomparables et lacs d'eau douce partout, forêts immenses, pêcheries les plus productives du monde, terres à céréales, mines de tout genre, précieuses réserves de l'avenir.
DE VELO PPEMENT
385. Littérature française. — Dèa les premières années de la Confédération, on vit apparaître des revues
LE CANADA FÉDéRATlP 319
périodiques qui coutribuèrent à favoriser les ambitions littéraires et suscitèrent des œuvres nouvelles^.
Tout en gardant d'abord sa forme traditionnelle, la poésie a eu de fervents adeptes dans Adolphe Poisson, Itérée Beauchemin et William Chapman. Une œuvre de ce dernier : les Aspirations, porte au front les lauriers de l'Académie française. La jeune école, pleine de promesse, s'inspire surtout de Verlaine, de Beaudelaire et de Rollinat.
Nos meilleurs prosateurs se sont surtout occupés de riiistoire nationale. Plusieurs, en des écrits intéressants et instructifs, ont sorti de l'oubli quelques gloires du passé pour les faire rayonner à nos yeux. L'un d'eux, Thomas Chapais, a vu son Jean Talon couronné par l'Académie française. Benjamin Suite a creusé un sillon profond dans l'histoire de notre race.
386. Journalisme. — Jusqu'à présent, le journalisme politique a généralement subi les évolutions des partis auxquels il était attaché. Les journaux indépendants n'ont guère pu subsister, par le manque d'abonnés^.
387. Langue française. — Les Canadiens de souche française tiennent à conserver la langue de leur ancienne mère patrie. Les groupes nombreux de notre race disséminés çà et là aux Etats-Unis la parlent, tâchent d'avoir des prêtres de leur nationalité, font face au fanatisme qui trop souvent s'y oppose, fondent des écoles françaises pour la perpétuer, et célèbrent chaque année, la Saint-Jean- Baptiste, pour cimenter leur union et réchauffer leur
1 Le mouvement des études historiques date de 1840, et celui des vtudes littéraife», de 1860.
2 Nos plus anciens journaux sont : La Oazetle (177~)), Montréal ; \& Montréal Herald (1811; ; La Patrie (1879J, Montréal; La Vérité (1881), Québec; La Presse a^^\), Montréal.