Abraham Martin
Marguerite Langlois, sa femme,
Anne, âgée de vingt-cinq ans, ]
Marguerite, âgée de cinq ans, } leurs enfants.
Hélène, âgée de deux ans, J
4. — 'Adrien Duchesne, chirurgien, et sa femme. 5. — Le Baillif, d'Amiens, commis de Louis Kertk.
Etienne Bruslé, de Champigny, interprète des Hurons.
Nicolas jNIarsolet, de Rouen, interprète des Montagnais.
Pierre Raj^e, de Paris, charron.
Le Coq, charpentier.
Froidemouche.
Gros-Jean, de Dieppe, interprète des Algonquins.
LECTURE. — Les origines chrétiennes de Québec et du Canada. — ]1 est indéniable que les rois de France, en envoyant des expéditions dans le nord de l'Amérique n'eurent pas seulement en \'xie d'agrandir leur royaume, mais que les principaux motifs qui les animèrent furent l'extension du règne de Jésus-Christ.
En parlant de la lettre de commission qu'il tenait de François 1er, Lescarbot disait : "Les nobles sentiments qui y sont exprimés ne respirent que l'avancement de la religion chrétienne sans aucun profit présent."
D'ailleurs, nous trouvons aussi les sentiments des rois très chrétiens inoculés dans les esprits des explorateurs et des fondateurs de la colonie. L'honneur revient d'abord à Jacques Cartier. Partout où il s'arrête sur nos rives, il arbore comme vestige de son passage et comme prise de possession l'étendard du Christ avec le
drapeau de la France. Dans le récit de son deuxième voyage, il disait au roi : " Le grands avantages du pays que je viens d'explorer au Canada donnent une espérance certaine de l'augmentation future de notre très sainte foi."
C'est en Champlain surtout, le véritable fondateur de la Nouvelle-France, qui vint au Canada plus d'un demi-siècle après Cartier, que l'on trouve les sentiments religieux le plus nettement exprimés. Pour s'en convaincre, nous n'avons qu'à lire ces belles paroles où il affirmait que "ni la prise des forteresses, ni le gain des batailles ni la conquête des pays ne sont rien en comparaison du salut des âmes, et que la conversion d'un infidèle vaut mieux que la conquête d'un royaume." Plus tard, en implorant de Louis XIII quelques secours pour la colonie, il invoquera comme premier motif d'intérêt "l'établissement de la foy chrétienne parmy un peuple infini d'âmes."
Néanmoins, les calvinistes contrariaient beaucoup le fondateur de Québec en a'ingérant dans les affaires de la Nouvelle-France. Ces adeptes du protestantisme par leurs agissements injustes envers les catholiques, étaient loin de favoriser l'évangélisation des sauvages. La difficulté pour le roi de les mettre de côté, venait des capitaux considérables qu'ils possédaient dans les compagnies.
La Providence, par un de ses coups inattendus, se chargea de mettre ordre à la situation. En 1629, pendant que la France et l'Angleterre se trouvaient en pleine paix, les trois Kertk, sur des vaisseaux anglais, s'emparaient de Québec. Alors les Français de cette viUe, à part quelques familles, retournèrent dans la mère-patrie.
Trois ans après la prise par les Kertk, la colonie, rendue à la France, se repeuplait par l'entremise de la compagnie des Cent-Associés, fondée par Richelieu, ministre de Louis XIII. Selon les statuts de cette compagnie, les catholiques seuls étaient autorisés à s'établir au Canada, et cette condition demeura toujours en vigueur sous la domination française
La date mémorable de 1759, où l'on vit flotter sur la citadelle de Québec le drapeau britannique, au lieu du drapeau fleurdelisé, peut être regardée comme le moment où le ciel intervint pour la conservation de la foi en notre contrée. Par là même nous avons échappé au tourbillon des erreurs révolutionnaires, sceptiques et modernistes où notre mère-patrie a vu sombrer, en grande partie, les croyances religieuses reçues de ses ancêtres.
Champlain, à la fois fondateur du Québec administratif, politique et religieux, avait de la science, du tact et du génie. Les colons français l'aimaient, l'estimaient et le vénéraient ; les sauvages l'admiraient comme une idole, et mettaient en lui la plus entière confiance.
Vingt-quatre ans après la mort de l'illustre fondateur de Québec, Mgr de Laval établissait siir des bases solides l'Église canadienne et l'attachait au Saint-Siège par des liens si forts que rien ne pourra jamais les dénouer.
Les noms immortels de Laval et de Champlain figurent ensemble et brillent d'un même éclat en tête de la liste des grands hommes que la patrie, qui se souvient, honore.