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CHAPITRE XVIII

Arrivée du marquis de Montcalm. — Prise du fort Ontario et de Chouaguen. — Siège du fort George. — Massacre de soldats anglais. — Deuxième invasion du Canada. — Perte de Louisbourg. — Bataille de Carillon. — Capitulation du fort Frontenac. — Le fort Duquesne.

Arrivée du marquis de Montcalm.—Louis-Joseph, marquis de Montcalm, naquit au château de Candiac, près de Nîmes, le 28 février 1712. Ses ancêtres avaient su au besoin verser leur sang pour la France. Leur bravoure était reconnue dans leur pays par ce vieux dicton : "La guerre est le tombeau des Montcalm." L'éducation de Louis, confiée au célèbre Louis Dumase^, fut soignée. Dès l'âge de quatorze ans, le jeune Montcalm quittait l'école pour entrer dans l'armée. La lettre qu'il adressa à son père du camp d'Otrebach (1734), nous montre qu'il se livrait à l'étude avec ardeur : "J'apprends l'allemand, disait-il, et je lis plus de grec, grâce à la solitude, que je n'en avais lu depuis trois ou quatre ans^." Après avoir servi glorieusement la France en Bohême, et sur différents théâtres de l'Italie, Montcalm prit part à la bataille de Plaisance en qualité de colonel du régiment d'Auxerrois-Infanterie (1746). Il y reçut cinq coups de sabre. Son régiment, qu'il rallia deux fois, fut en partie détruit. A peine guéri, on le trouve à l'assaut du col d'Exilles, dans les Alpes, où le téméraire chevalier de Belle-Isle allait s'ensevelir avec 4,000 de ses soldats. Cette démarche insensée valut de nouvelles blessures à Montcalm.

M. d'Argenson, ministre de la guerre, qui avait découvert dans Montcalm de brillantes qualités et une haute intelligence, le fit nommer pour remplacer Dieskau. De simple colonel-brigadier, il fut élevé au grade supérieur de lieutenant général des armées du roi. Montcalm s'embarqua à Brest le 3 avril 1756, pour venir au Canada. Avec lui se trouvaient le chevalier de Lévis^, plus tard maréchal de France,

1 C'était l'inventeur du bureau typographique, curieux procédé qui, dans des mains liabilea, a plus d'une fois donné de prodigieux résultats : témoin le frère cadet de Louis-Joseph, mort à sept ans parlant l'hébreu, le grec et le latin.

2 Montcalm conserva toute sa vie ce goût prononcé pour les langues anciennes. Peu de lettrée ont mieux que lui possédé l'antiquité.

3 C'était l'élève de Montcalm ; il était alors brigadier et officier de grande distinction.

M. de Bougainville^ , alors capitaine de dragons, et M. de Bourlamaque', ingénieur et colonel d'infanterie. Après avoir couru les dangers des croiseurs anglais, des brumes, des banquises et d'une tempête de quatre-vingt-dix heures, Montcalm et son état-major, débarquaient à Québec le 13 mai 1756.

Aux 60,000 Anglais, à qui rien ne manquait, Montcalm n'avait à opposer que 12,000 à 14,000 hommes mal nourris, mal chaussés, mal payés et n'ayant d'autres munitions de guerre que celles qu'ils prenaient à l'ennemi. Les premières entrevues de Montcalm avec M. de Vaudreuil furent des plus sympathiques, mais l'indiscipline des troupes et le mauvais état des finances les brouillèrent bientôt.

La guerre qu'allait entreprendre la France au Canada eut deux phases bien distinctes : la première (1756-1758), qu'on peut regarder comme offensive, et la seconde (1758-1760), qui fut défensive. [

Prise de Chouaguen.— Montcalm préluda à sa carrière glorieuse au Canada par un coup de maître : la prise de Chouaguen. "Ce poste, dit un mémoire du temps, mettait les Anglais à même d'envahir le commerce des lacs que les Français n'avaient partagé avec aucune nation européenne et qui formait leur principale richesse. De là il était facile de couper la colonie par le centre et d'arrêter immédiatement toutes ses communications avec les postes qui en dépendaient. Tous les pays d'en haut et la Louisiane entière se trouvaient ainsi complètement isolés. Les tribus sauvages de ces contrées, parmi lesquelles la France comptait des amis nombreux et fidèles, ne pouvaient plus se concerter avec elle, et le Canada devenait une conquête facile." Pour réussir dans cette expédition, il fallait à tout prix tromper la vigilance de Loudon, qui était à Albany avec 8,000 hommes. Afin d'attirer l'attention du général anglais sur le point où il était campé, Montcalm se porta à Carillon à la tête de 3,000 miliciens, puis, laissant le commandement de ces troupes à Lévis, il vola à Chouaguen où l'attendaient 3,000 hommes : soldats de ligne. Canadiens et sauvages sous la conduite de Bourlamaque.

Les fortifications de Chouaguen ou Oswégo, comprenant les forts George, Ontario ei Osît-égro proprement dits, étaient défendues par 1,800 soldats, sous les ordres du colonel Mercer. Le 10 août, l'armée débarquait

1 Ses travaux géométriques le firent admettre plus tard à l'Académie des sciences.

2 C'était un ofiEcier de beaucoup de mérite et très estimé de Montcalm.

Le marquis de Montcalm (1712-1759)

L'assiégeant se rangeait sur Vimmense plateau... Or Montcalm l'avait dit : — L'on me verra, plutôt

Que de céder au nombre, Jusqu'au dernier moment défendre sans pâlir Mes derniers bastions, et puis m' ensevelir

Sous leur dernier décombre !

Louis Fbéchette.

à une demi-lieue du fort Ontario. Bourlamaque, chargé de la direction de ce siège, s'avance en toute sécurité, cerne le fort et force les Anglais de l'évacuer (13 août). Le 14, à la pointe du jour, Montcalm ordonne à Rigaud de Vaudreuil, le frère du gouverneur, de passer à la nage avec son détachement la rivière qui sépare les forts Ontario et Oswégo ; et malgré la vive fusillade de l'ennemi, Rigaud occupe les hauteurs d'Oswégo: les Anglais perdent alors courage et parlent de se rendre. Mercer avait été tué. Son successeur, le ieutenant colonel Littlehales, du régiment de Pepperell, envoie demander aux Canadiens de cesser le feu. Pour réponse, on somme les Anglais de se rendre prisonniers de guerre et on ne leur donne qu'une heure pour délibérer. Littlehales réunit alors un conseil de guerre qui résolut unanimement de capituler. "Ils se sont rendus prisonniers de guerre au nombre de 1,780, dont 80 officiers, deux régiments de la vieille Angleterre, écrit ]\Iontcalm à sa mère. Je leur ai pris cinq drapeaux, trois caisses militaires d'argent, cent vingt-deux bouches à feu, y compris quatre-vingt-cinq pierriers, un amas de provisions pour 3,000 hommes durant un an, six barques armées et pontées depuis quatre jusqu'à vingt canons. Et comme il fallait dans cette expédition user de la plus grande diligence pour envoyer les Canadiens faire les récoltes, et ramener les troupes sur une autre frontière, du 15 au 21 j'ai démoli ou brûlé leurs trois forts, et amené artillerie, barques, vivres et prisonniers." Montcalm ne perdit que trente hommes tués ou blessés. Avant de quitter ces rivages, il fit élever une colonne portant l'écusson de France avec ces mots: "Apportez des lys à pleines mains."

A la suite de cette victoire, l'esprit clairvoj^ant de Lévis lui faisait écrire au ministre: "Malgré les succès de cette campagne, où s'il y a eu du bien joué, il n'a pas laissé que d'y avoir du bonheur, la paix est à désirer. . ."

La disette se faisait sentir de plus en plus dans la colonie, et l'alliance qu'accordait Louis XV à l'Autriche contre la Prusse, absorbait toutes ses forces. Alors, ni les hommes politiques, ni le public ne s'intéressaient au Canada. De Vaudreuil, qui demandait avec instances des renforts à la cour de Versailles, ne reçut que 1,500 hommes.

Siège du fort George ou William Henry. — L'hiver se passa en préparatifs pour la campagne de 1757. Le maréchal de Belle-Isle^

1 Ministre de la guerre. En 1742, il s'était illustré par la retraite de Pragv

envoj^a à la colonie deux bataillons du régiment de Berry, quelques artilleurs et les dragons de la Tour^ des munitions, des vivres et des chaussures^. Ces secours, quoique insuffisants, furent très utiles à l'armée. Dès les premiers jours du printemps, les troupes étaient sur pied. "Nous allons nous mouvoir dans quelques jours pour l'ouverture de la campagne, écrivait Montcalm à sa mère (25 avril 1757); un corps de Canadiens part pour la Belle-Rivière (l'Ohio), à trois cents lieues d'ici; des troupes de terre, qui ont passé l'hiver à cent vingt lieues, pourront les suivre. M. de Bourlamaque part aussi avec des troupes pour le fort Carillon, que j'avais mis hors d'insulte et approvisionné; le reste s'avance sur la frontière." — ^MM. de Vaudreuil et Montcalm décidèrent que la majeure partie des forces de la colonie serait dirigée sur le fort George ou WilUam-Hennj. Ce poste important, situé à la tête du lac Saint-Sacrement, permettait aux Anglais de tomber à l'improviste sur les forts Saint-Frédéric et Carillon, les deux principaux points de défense de cette partie de la frontière, pour les Français. Déjà, pendant l'hiver, un fameux coup de main "à la française" avait été opéré. Par un froid intense, le 23 février, un détachement de 1,400 Français, Canadiens et sauvages, raquettes aux pieds, sac au dos et fusil en bandoulière, s'étaient mis en marche pour le fort George. Rigaud de Vaudreuil en était le commandant. Après avoir parcouru soixante lieues, au prix de fatigues incroj^ables, ils arrivèrent le 18 mars au lieu désigné. Le plan de Rigaud de Vaudreuil était d'escalader le fort, mais ayant trouvé les Anglais sur leurs gardes, il se contenta de brûler les magasins et les chantiers qui les entouraient. Les Anglais perdirent ainsi trois cents barques de transport, six frégates, des approvisionnements de bois de construction et une quantité considérable de farine et d'objets de toutes sortes pour l'armement et l'équipement des troupes.

Rigaud de Vaudreuil se retira sans être inquiété par les assiégés. Cette attaque lui coûta vingt-sept hommes tués ou blessés.

En juillet, Montcalm faisait, sous les remparts de Carillon, les préparatifs de départ pour la prise du fort George. Les sauvages alliés, au nombre de 2,000 vinrent se joindre à son armée, ce qui en porta l'effectif à 7,500 hommes. L'un des orateurs indiens salua ainsi Montcalm: "Nous voulons essayer sur les Anglais le tomahawk de nos

1 En tout, 1341 hommes, dont 70 officiers.

2 Une partie des vivres et des chaussures furent pris par les Anglais.

pères, afin de voir s'il coupe bien." Ayant hâte de combattre, les sauvages, montés sur leurs frêles canots d'écorce, prirent les devants, enlevèrent un certain nombre de chevelures anglaises et faillirent par là même faire échouer le plan de campagne. Selon Bougainville, le curieux historiographe de cette expédition, "leur esprit superstitieux et inquiet à l'excès jonglait, rêvait et se figurait que tout délai pouvait leur être fatal."

Afin de les grouper avec ses soldats, ]\Iontcalm convoqua un conseil auquel chaque orateur porta la parole. ^Montcalm se leva à son tour, et, s'inspirant des usages indiens, montra à l'assemblée un collier de rassade, et dit, en élevant la voix : "Pars, m'a dit notre roi, va audelà du grand lac défendre mes enfants et les rendre invincibles. Ce collier que je vous offre de sa part est le gage sacré de ma parole, la cohésion de ses grains est l'image de notre union et de notre force." Puis il lança le collier au miheu d'eux; ils l'accueillirent en poussant des cris de joie et promirent à Montcalm de se conform.er à ses désirs. La troupe indienne se mit ensuite en marche en chantant sur un rythme lent et d'un accent guttural : "Manitous, Manitous, vous tous qui êtes dans les airs, sur la terre et sous nos pieds, détruisez nos ennemis, livrez-nous leurs dépouilles et ornez nos cabanes de leurs sanglantes chevelures." Des hurlements et des cris épouvantables couronnèrent ce refrain. Montcalm pouvait alors compter sur ses alliés obsédés par la fureur guerrière.

L'armée française partit de Carillon le 30 juillet ; le 3 août elle se trouvait en face du fort George, où le colonel Munro tenait garnison avec 3,0C0 soldats. Dès le même jour, M. de Bourlamaque ouvrait la tranchée et le canon d'alarme du fort faisait retentir l'écho des montagnes. Le 9 août, les tambours anglais battaient la chamade et le fort se rendait. Les Anglais perdirent dans cette circonstance, quarante-trois canons, trente-six mille livres de poudre, des projectiles, des vivres et vingt-neuf bâtiments. Les Français n'eurent que cinquante-huit hommes tués ou blessés.

Massacre de soldats anglais.— Après avoir signé l'acte de capitulation, Montcalm, qui ne pouvait pas nourrir les 3,000 prisonniers de guerre faits au fort George, les renvoya avec armes et bagages, à condition de ne pas porter les armes contre la France pendant dix-huit mois. Les sauvages acceptèrent d'abord mais regrettèrent, le

lendemain, ces dispositions, à cause du butin dont elles les privaient. Pendant la nuit, les Anglais, pour tâcher de se concilier les Peaux- Rouges, "dont ils avaient une peur inconcevable", leur versèrent du rhum et de l'eau-de-vie. Par là, ils activèrent en eux tous les sentiments brutaux, qui sous le délire de l'ivresse, ne connaissaient aucun frein.

Le lendemain, dès l'aube du jour, la colonne anglaise se met en marche pour gagner le fort Edouard}. Dès qu'elle est en mouvement, les Indiens l'attaquent: c'est d'abord aux bagages qu'ils courent, puis aussitôt retentit dans la forêt l'horrible cri de guerre. Les Anglais, au lieu de faire bonne contenance, prennent l'épouvante et s'enfuient à la débandade, jetant sur la route leurs armes, leurs bagages et même leurs habits. Les Indiens en massacrent plusieurs. Ces clameurs éveillent l'attention de Montcalm et des principaux officiers qui accourent, hors d'haleine, pour désarmer les sauvages. Ces derniers, rugissant de fureur comme des bêtes fauves, tombent sur les Français et en tuent un bon nombre. Ils ont déjà fait quatre cents prisonniers que Montcalm leur rachète, remet en liberté et fait conduire sous bonne escorte au comte Loudon, en lui expédiant le récit fidèle de la catastrophe.

Sa lettre se terminait ainsi : "Je m'estime heureux que le désordre n'ait pas eu de suite aus,si fâcheuses que j'étais en droit de la craindre. Je me sais gré de m'être exposé personnellement, ainsi que mes officiers, pour la défense des vôtres, qui rendent justice de tout ce que j'ai fait dans cette occasion."

Pour toute récompense de sa loyauté, on accusa Montcalm, à Londres, d'avoir livré les vaincus à la fureur des hordes sauvages, et en conséquence, l'acte de capitulation du fort George fut annulé par le gouvernement britannique.

Deuxième invasion du Canada.— L'Angleterre ne déclinait pas seulement au Canada; Minorque lui était ravie dans la Méditerranée; les Anglo-Hanovriens capitulaient à Closter-Seven; et, martelée sous les coups des Russes, des Français, des Autrichiens, la dernière armée de Frédéric de Prusse, l'insigne alhé de Georges II, semblait écrasée. Alors, Horace Walpole disait en badinant "que l'Angleterre n'avait qu'à couper ses câbles et à voguer à la dérive vers quelque

Le général Webb, qui avait 4000 hommes au fort Edouard, refusa de secourir le Colonel Munro

océan inconnu". A cette heure de détresse pour l'Angleterre, ;;£i/Z, son nouveau ministre, accablé sous le poids d'infirmités précoces, prenait cet engagement solennel en présence de la chambre des communes: '^iesauyerai cepays^t moi seul le peux." En 1758, pour écraser les 5,781 soldats français Sû^Ca^ïmâflnconfiait au général Abercromhy, 22,000 soldats et 28,000 miliciens ; un corps de réserve de 30,000 hommes était aussi organisé. Lord Chesterfield, écrivait à son fils le 8 février : "II est très certain que nous sommes assez forts, en Amérique, pour manger les Français tout vifs au Canada, à Québec et à Louisbourg, si nous savons faire usage de nos forces avec habileté et vigueur." ^Malgré la disette^, la disproportion du nombre et la rareté des munitions, le Canada ne désespérait pas de la lutte. Les Anglais, plus disposés que jamais à vaincre ou à mourir, pour s'assurer les possessions françaises, concentraient toutes leurs forces à cet efïet sur Louisbourg, les forts Carillon et Duquesne. La première opération fut le siège de Louisbourg.

Perte de Louisbourg-. — -Dans les premiers jours de juin, l'amiral Boscawen, parti d'Halifax avec 24 vaisseaux de ligne, 18 frégates et 150 transports, débarqua dans l'île Royale 15,000 soldats, 65 pièces de canon de gros calibre et 42 mortiers. L'armée de terre était aux ordres du général Amherst, qui avait succédé à Loudon. La garnison de Louisbourg comptait à peu près 7,000 soldats exténués de fatigue et de privations. De ce nombre 2,400 seulement étaient en état de combattre. Cependant M. de Beaussiers, un des meilleurs officiers de la marine française, était parvenu à faire entrer dans le port une escadre de trois vaisseaux et de deux frégates, qui am ena toutes les provisions nécessaires. ]\Iais Louisbourg n'avait que ces cinq vaisseaux à opposer à l'énorme flotte anglaise. De plus les fortifications de la ville, malgré les représentations réitérées de ^I. Drucourt au ministère, avaient été laissées en mauvais état et incomplètes; une partie même était écroulée. La lutte était impossible. Boscawen se trou-

1 M. Doreil écrivait, le 26 féviier : "Le peuple périt de misère. Les Acadiens réfugiés ne mangent depuis quatre mois que du cheval ou de la meriuche (morue sèche), sans pain. Il en est déjà mort plus de trois cents. ... Le peuple canadien a un quart de livre de pain par jour. . La livre de cheval vaut six sols ; on oblige ceux qui sont en état d'en manger de prendre de cette vàande par moitié. . . Le soldat a une demi-livre de pain par jour : pour la semaine, on lui donne trois livres de bœuf, trois livres de cheval, deux livres de pois et deux livres de morue.'' Malgré cette cruelle famine. Bigot, à Québec, jouait "un jeu à faire trembler les plus déterminé.? joueurs".

2 Le Dunkerque de l'Amérique.

vait maître de la mer, de sorte que par siège et par blocus, les Anglais ne pouvaient manquer de s'emparer de la place. Le 8 juin ils tentèrent un débarquement, mais ils furent repoussés. Quelques jours après ils eurent plus de succès dans un endroit mieux choisi. La bravoure de Drucourt s'élevait à la hauteur du danger. Mme Drucourt le secondait énergiquement, en venant chaque jour sur les remparts mettre le feu aux trois pièces de canon des batteries les plus exposées. De leur côté, les soldats déployaient aussi beaucoup de courage. Malgré l'énergique résistance des assiégés, le 26 juillet, les forti-

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