CHAPITRE XXV
ÉVÉNEMENTS RELIGIEUX -.Swiïe. (1867-1917)
Inauguration du monument Laval, à Québoc : procession de la Fête-Dieu. Dévoilement de la statue ; la Saint-Jean-Baptiste ; iUuminations et feux d'artifice. -Premier concile plénier de Québec. -Congrès eucharistique de Montréal. -Chant national.
Inauguration du monument Laval, à Québec. : procession de la Fête-Dieu.—Les fêtes de l'inauguration du monument Laval (1908 J furent précédées de la grande procession de la Fête-Dieu : ovation solennelle à Jésus-Hostie sur les rives canadiennes. Dès l'aube du jour, les flots humains dégorgeaient de toutes parts et se pressaient en haies profondes sur le bord des rues, grimpaient sur les toits, ou pénétraient dans les maisons pour se grouper aux portes et aux fenêtres, comme des frappes suspendues,, afin de voir défiler le pieux et somptueux cortège eucharistique. La population Auébécoise : riches, pauvres, prêtres, rehgieux et laïtiues avaient rivalisé de zèle et mis tout à contribution pour les embeUissements. Quel spectacle éblouissant ! Les façades magnifiques et les humbles toits des ouvriers se dérobent sous les tentures ; les rues sont pavoisées de banderoUes, de guirlandes, de drapeaux et d'inscriptions ; les arcs de triomphe, brillant de milliers de lumières électriques, sont couronnés de troupes d'enfants de chœur qui lancent vers l'azur des nuages d'encens.
Vers huit heures du matin, le cortège se met en route ; les yeux ravis des spectateurs voient passer tour à tour chaque paroisse de la ville, divis e par groupes, parmi lesquels se trouvaient les congrégamstes précédés de leurs bannières et portant leurs insignes distinctifs. C'est un fourmillement d'uniformes variés, galonnés d'or ou d'argent, qui miroitent comme des perles aux rayons du soleil. Des fanfare.^ font retentir les airs de leurs notes triomphantes. Des chœurs de chant, disséminés sur le parcours, exécutent à l'envi des hymnes hturgiques. Voici l'état-major ! Les religieuses de tous les couvents, même les Ursulines et les Hospitahères, qui, en d'autres temps, ne cherchent que l'oubli derrière les grilles du cloître ; les religieux de tous les ordres, Récollets et Jésuites, qui rappellent nos premiers missionnaires
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et nos martyrs ; le clergé séculier, seize évêques du Canada et des États-Unis, le délégué apostolique, puis le dais recouvrant le Roi des rois, porté par le vénérable archevêque de Québec. A la suite du dais, on voit les hommes de profession, revêtus de leurs insignes et voulant témoigner hautement qu'ils se font honneur et g'oire de marcher à la suite de l'Homme-Dieu.
Dévoilemeîit de la statue. — -Le deuxième jour était caractérisé par r mposant - cérémonie du dévoilement de la statue Laval. Autour du monument, tout engu r andé de verdure, de fleurs, de banderolles et de drapeaux, s'élevaient des estrades oii les dignitaires de l'Église et de 'État, ainsi que l'é'ite de a population canadienne, accourue de tous les centres, figuraient avec éclat. Il était beau de voir chatoyer au soleil les cro:x épiscopales, les galons d'or et les casques argentés des militaires. Son Excellence le gouverneur général, lord Grey, dévoila la statue, et quand la grandiose figure de Laval se dégagea, des saVes de mousqueterie et d'enthousiastes acc'amations éclatèrent. Des orateurs élevèrent la voix pour proclamer hautement les vertus de celui qui fut à la fois un grand évêque et un grand patriote. Après chaque discours, six cents voix graves ou argentines, faisaient monter vers l'azur des refrains poétiques pleins d'inspiration. Des bombes lancées à une hauteur prodigieuse éclatent et laissent tomber des pluies d'étoiles aux couleurs de r arc-en-ciel, des mitres ou des drapeaux tricolores qui se déploient gracieusement en arrivant sur la terrasse. L'hymne nat onal 0 Canada ! chanté avec enthousiasme fut comme la synthèse des sen iments patriotiques débordant de tous les cœurs. Au chant de Dieu sauve le Roi les 60 000 personnes se levèrent pour attester leur loyale allégeance envers la couronne britannique, à laquelle la divine Providence a confié les destinées de notre pays, qui, né dans les lys a grandi dans les roses.
La Saini-Jean-Baptiste. — ^Le troisième jour peut être appelé la fête de la patrie : c'était la grandiose démonstration de la Saint- Jean-Baptiste. Les rues avaient conservé leurs somptueux décors de la Fête-Dieu. Les élèves des écoles, des groupes de l'association de la jeunesse catholique et de nombreuses députations d'hommes, membres de la société du glorieux patron du Canada, revêtus de leurs insignes et déployant leurs drapeaux au vent, formaient la procession.
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Plusieurs fanfares faisaient résonner les notes vibrantes des airs nationaux. Le spectacle le plus imposant fut la messe célébrée en p'e n air par le délégué apostolique S entouré de vingt archevêques ou évêques, de centaines de prêtres, et d'une foule immense, respectueuse et recueillie. Vers la fin du saint sacrifice, leurs Excellences lord et lady Grey entrèrent solennellement, pour assister au sermon de Mgr Roy2, qui, par l'éloquence et la profondeur des pensées, souleva l'admiration,
I ruminations et feux d'artifice.— -Chaque soir des trois jours de fête, les édifices publics, les établissements religieux, des milliers de maisons et les arcs de triomphe furent illuminés. Le coup d'œil était féerique. A la tombée de la nuit, l'apparence des décors du jour devenait tout autre. Sous les chapelets de lumières aux couleurs variées, les blasons, les couronnes et toutes les tentures prenaient un aspect merveilleux Des- pièces pyrotechniques, représentant des souvenirs historiques, et des milliers de fusées éclatant dans les airs en gerbes de lumière, ravissaient les yeux des spectateurs.
C'est ainsi que l'Église et l'État se donnèrent la main pour fêter un apôtre et un héros dont nous avons l'espoir de voir briller le nom aux diptyques d'or des autels.
Premier concile plénier de Québec— Ce fut en 1909 qu'eut lieu le preinier concile de Québec ; il dura du 19 septembre à la fête de la Toussaint. Cette imposante réunion de tout l'épiscopat canadien montra combien est intense chez nous la vie chrétienne et nationale.
Pendant que les travaux du concile s'élaboraient dans le silence et la discrétion, les pères se rendaient dans les diverses églises de la viUe, pour faire entendre la parole apostoUque aux différentes catégories de la société deé fidèles.
Les manifestations extérieures se firent avec éclat et solennité. La cérémonie de clôture en fut le digne couronnement. Ce jour-là, la vieille basilique avait revêtu ses riches tentures pourprées, qui brillaient sous des milliers de feux électriques. Le spectacle le plus ravissant était celui des évêques, en chape et en mitre, et formant
1 Son Excellence Mgr Donat Sbairetti.
2 Évoque auxiliaire de l'aichevêque de Québec.
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une couronne étincelante d'or et de pierreries autour du représentant du Saint-Siège^, et du successeur du vénérable de Laval^.
Ce spectacle religieux, dont Québec était témoin trois siècles après sa fondation, se trouvait sans précédent dans les fastes de l'histoire de l'Église du Canada.
Il n'est pas téméraire d'avancer que dans cette circonstance inoubliable, Mgr de Laval dut se pencher avec amour vers les continuateurs de son œuvre dans la Nouvelle-France, et admirer la splendeur de l'arbre planté de ses mains inlassables en si bonne terre.
Congrès eucharistique de Montréal. — ^Le vingt et unième congrès eucharistique se tenait à Montréal, du 7 au 12 septembre 1910. L'éminentissime cardinal Vincent Vannutelli était délégué par le pape Pie X pour présider ces fêtes solennelles. L'Amérique et peut-être le monde entier, n'avait jamais eu une démonstration plus enthousiaste et plus complète de la foi catholique.
Le cardinal légat et bon nombre de personnages distingues de France et d'Angleterre s'embarquaient à Liverpool pour le Canada (26 août) sur VEmpress of Ireland.
De Rimouski à Québec, le délégué du pape est l'objet de véritables ovations. Des pavillons flottent partout sur les rives du Saint- Laurent et sur les toits des maisons ; les cloches, à son passage, sonnent à toute volée, et le cliquetis des armes vole au vent. Son arrivée à Québec devient l'occasion d'un triomphé. Le soleil radieux et l'atmosphère sereine permettent aux vénérables visiteurs de contemples l'immense panorama qui se déroule sous leurs yeux.
Toutes les façades des maisons sont enguirlandées ; salves d'artillerie, carillonnement des cloches, sons éclatants des fanfares et chants populaires proclament la joie partout. Les autorités ecclésiastiques et laïques saluent le représentant du pape en termes pompeux et chaleureux, et celui-ci répond éloquemment à leurs hommages sympathiques. Le légat quitte la vieille cité de Champlain pour se rendre à Montréal, et sur son passage reçoit des ovations splendides de toutes les paroisses situées sur les bords du fleuve.
C'est le 3 septembre. De gros nuages gris cachent le soleil. L'œil le plus indiscret cherche en vain un lambeau d'azur. La pluie
1 Son Excellence Mgr Donat Sbarretti.
2 Sa Grandeur AFgr Bégin.
Le reposoir
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commence et dure, malgré notre espoir de la voir cesser. L'angélus de midi sonne ; la pluie continue. Pas un seul rayon d'or n'a paru depuis le matin. L'heure de l'arrivée du légat approche, et une pluie battante tombe toujours. La foule se rend au boi*d du fleuve. Les quais ont une pa ure de fête ; les drapeaux nationaux mêlent leurs flammes aux étendards du pape, et flottent à travers des guirlandes de verdure. La pluie fait rage ; qu'importe, qui donc voudrait manquer à l'arrivée de son Éminence ? Après deux heures d'anxieuse attente un l)ruit strident éclate ; à travers la brume épaisse, on aperçoit le Lady Grey, escorté de yachts parés de mille couleurs. D'enthousiastes cris : " Vive Pie X ! Vive Vannutelli ! " retentissent. Le légat apparaît en bénissant ; son éclat empourpré projette des reflets lumineux sur les milliers de personnes qui l'acclament.
Son honneur le maire Guerin^ l'accueille au nom de la ville. Le légat est conduit en voiture de gala à l'hôtel de ville ; des vagues humaines entourent le cortège somptueux. En termes éloquents, le maire souhaite, en français et en anglais, la bienvenue au délégué du pape ; ce dernier répond d'une manière élogieuse pour Montréal, et après avoir reçu les hommages des principaux personnages présents, se rend au palais archiépiscopal. Toutes les cloches carillonnent dans les clochers, qui semblent incliner leurs flèches altières pour saluer l'illustrissime légat et dire éloquemment : " Là où est le pape, là est l'Église ! "
Du 7 au 12 ont lieu les séances du congrès, les unes en français, les autres en anglais, permettant ainsi aux membres de prendre contact avec la population catholique tout entière. Les journées du légat n'ont aucun chômage : la première amène dans l'église de Notre-Dame 15,000 ouvriers avides d'entendre sa parole ; la deuxième voit défiler devant lui, en face de la cathédrale, 25,000 enfants des écoles, qui lui jettent des fleurs en retour de sa bénédiction ; le troisième réunit 30,000 jeunes gens, délirants d'enthousiasme, qui manifestent en sa présence leurs sentiments de foi et de patriotisme ; la quatrième est témoin d'une messe en plein air au pied du mont Royal, à laquelle assistent au moins 200,000 fidèles. Mentionnons également les réunions du soir, à Notre-Dame, où les saintes espèces ayant été enlevées, l'on pouvait entendre parler alternativement nos orateurs laïques les plus éloquents et les membres du clergé.
1 M. le docteur Guérin a été fait depuis chevalier de l'ordre de Saint-Grégoire le Grand.
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Le 8, dans une salles de l'hôtel Windsor, un dîner officiel fut offert par le gouvernement de la province de Québec au légat, aux évêques et à diverses personnalités ; on y comptait quatre cents convives. Il y eut deux toasts : celui du légat au roi George V, et celui du premier ministre^, au pape. Le soir de ce même jour, le gouvernement fédéral donnait également au Windsor, une réception en l'honneur du légat et des personnages distingués venus à Montréal, à l'occasion des fêtes eucharistiques. Le maire et les échevins recevaient aussi officiellement le légat à l'hôtel de ville.
Le spectacle le plus éblouissant du Congrès fut l'immense procession du Saint Sacrement.
C'est le 11 septembre. La journée est idéale : grand ciel bleu, soleil d'or et brise fraîche. Montréal a doublé sa population. De nombreuses députations arrivent des villes et des campagnes du Canada. Les États-Unis sont fièrement représentés par 30,000 hommes de New- York et 10,000 d'Albany. Avant deux heures, les rues où doit passer la procession, les balcons et les estrades élevées pour la circonstance, sont encombrés de SDectateurs. Les maisons sont pavoisées, des drapeaux flottent partout et de grandioses arcs de triomphe, flamboj^ant d'inscriptions religieuses et patriotiques, se dressent artistement. Le pieux cortège, formé d'hommes seulement, part de Notre-Dame et s'avance majestueusement au bruit des prières, des chants, dej fanfares et des cloches. C'est une interminable chaîne humaine de 100,000 figurants. On compte 3,000 prêtres et rehgieux. La marche tromphale se déroule depuis plus de cinq heures, quand arrivent plus de cent évêques en chape et en mitre, précédant le dais sous lequel le légat porte l'ostensoir. Gouverneurs, ministres, juges, sénateurs, députés, et autres hommes de profession suivent le Saint Sacrement. Sept heures viennent de sonner. Le soleil est caché derrière la montagne. Les étoiles s'allument tour à tour au firmament pour former à la lune une couronne de diamants. Des milliers de maisons s'embrasent de milliers de feux. Le légat gravit lentement les degrés du reposoir et y dépose Jésus-Hostie. Le canon tonne, les cloches sonnent, les fanfares résonnent, les clairons se répondent, des Magnificat et des Te Devm s'entremêlent, et un Tantum formidable éclate. La foule, 300,000 personnes, s'agenouille. Le légat, élevant
1 Sir Lomer Goiiin.
l'ostensoir, la bénit. Un Laudate retentit dans les airs, et Mgr de Montréal, d'une voix vibrante d'un bonheur inexprimable, s'écrie : " Le Congrès est fini. Gloire à Dieu ! "
Chant national. — Les chansons Vive la Canadienne et A la claire fontaine,irès populaires, finirent par être regardées comme nos airs nationaux. En 1880, il y eut à Québec un congrès des Canadiens français, et M. Ernest Gagnon^, secrétaire du comité d'organisation, i^rit la louable initiative de doter le Canada d'un vrai chant national. Pour atteindre son but, il proposa à M. Calixa Lavallée, célèbre pianiste canadien, d'en composer la musique. Celui accepta et présenta bientôt à M. Gagnon plusieurs mélodies. L'une d'elles a^^ant été choisie, il restait à y adapter des paroles. L'honorable juge A.-B. Routhier, président du congrès; s'acquitta de cette tâche dans des stances pleines d'envclées patriotiques. L'éditeur fut M. Arthur Lavigne. L'heureuse et louable entreprise se trouvait alors accomplie.
Ce chant national, qui aujourd'hui a beaucoup de vogue parmi nous, fut exécuté, pour la première fois, à l'ouverture du congrès (24 juin 1880), en présence de son honneur Théodore Robitaille, lieutenantgouverneur -de la province de Québec, de MM. Claudio Jannei et du comte de Foucault, représentants de la France, et des délégués des principaux centres canadiens et acadiens des provinces maritimes et des États-Unis. Ce chant a été traduit en anglais.
Heureux les peuples qui ont à chanter des gloires nationales comme les nôtres !
LECTURE. —Salut au Canada-. — " Notre splendeur littéraire est faite de notre vigueur morale, comme notre histoire est faite du christianisme. Avec lui, notre race aura retrouvé les grandes routes de l'idéal.
Ces routes, Messieurs, nous ramènent chez vous. Vous n'avez jamais cessé de garder intactes les mœurs, la foi et la langue que vous avez reçues du passé. Elles se sont conservées ensemble dans leur pureté.
Les traditions, seul trésor que vous ayez de l'ancienne patrie dans la nouvelle, vous ont gardé la sagesse dans la volonté et l'ordre dans l'action Vous avez à accomplir une tâche immense : peupler et cultiver un continent. Vous avez compté sur la fécondité d» la race, sur sa persévérance au travail, vous vivez en paix sous un
1 Auteur d'un ouvrage intitulé : "Chansons populaires du Canada."
2 Cette lecture est un fragment du brillant discours prononcé par M. Etienne Lamy, au congrès de la langue française à Québec (1912).
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pouvoir d'autant plus respecté que vous ne lui demandez pas de remplacer soudain et d'autorité, les œuvres de l'effort personnel et du temps. Et vous accepez les charges de la famille disparue, et vous savez être les collaborateurs d'un grand avenir parce que vous n'avez pas oublié la foi la plus essentielle de votre race. Elle vous a appris les longs sacrifices et les longs espoirs Vous regarder n'est pas- seulement pour nous une joie, mais un exemple. Vous êtes nos frères, mais mieux préservés que nous contre les expériences où s'égarent les énergies. Tandis que nous parcourions nos destinées comme l'enfant prodigue, vous êtes restés dans la maison paternelle et nous en goûtons le charme en y étant reçus par vous. Nous y voyon i quelles vertus conservent une race. Vous êtes ce que nous avons été : nous apprendrons de vous à redevenir ce que vous êtes. La France en voulant se faire nouvelle, vieillit ; en ne vous détachant pas de vos traditions, vous avez perpétué votre jeunesse. Et tandis que chez nous les vivants ont fait presque œuvre de mort, vos morts vous ont transmis le secret de la vie. Et notre commune langue est plus belle dans votre bouche, parce que tout y est sain, les mots et les pensées.
Canada, petite colonie d'hier, nation d'aujourd'hui, empire de demain ; séparé de la France avant que la France se séparât de son pa&sé, et qui as gardé la plénitude de nos traditions anciennes ; Canada, terre de fécondité, fertile en blé, fertile en hommes, fetile en avenir, qui multiplies par le travail les moissons dans tes tes plaines et les enfants dans tes foyers et qui, dans les .solitudes immenses où se perdaient les premiers explorateurs, verras ur jour ta race à l'étroit ; Canada, terre de constance qui as affermi la sagesse de tes mœurs et de tes lois sur ta foi catholique, et tiens pour ta plus précieuse liberté d'être à un Être surhumain ; Canada, qui as trouvé dans la fidéUté la récompense et qui offre au monde le modèle d'une société où les vertus privées et les vertus publiques rendent hommage à Dieu ; Canada, la France t'aime, t'admire et te salue.