CHAPITRE II
Le général Jackson, administrateur. — Arrivée de sir Charles Bagot, gouverneur, le 10 janvier 1842. — Il se rend compte de la situation. — Il recherche la justice. — Mouvement ministériel significatif. — M. Hincks, ministre. — Session 8 septembre 1842. — Rôle de M. Draper. — Négociations avec M. Lafontaine. — Explications importantes. — Lettre de Bagot. — M. Lafontaine prend la parole en français. — Cabinet Lafontaine-Baldwin. — Adresse de félicitations de la Chambre au gouverneur. — Prorogation le 12 octobre. — Législation. — La conduite de Bagot appréciée en Angleterre. — Sa maladie. — Regrets universels. — M. Baldwin élu dans Rimouskl. — Mort de sir Charles Bagot. — Son successeur sir Charles T. Metealfe. — Sentiments différents. — Le nouveau gouvernement opposé à la doctrine de responsabilité ministérielle. — Ses lettres et ses dépêches au secrétaire des colonies. — Conduite de M. Lafontaine. — Le programme de réforme du cabinet.
— Mésintelligence entre Metcalfe et ses aviseurs. — Session 28 septembre 1843.
— Le discours du trône. — Débats sur l'adresse. — L'opposition de sir AUan McNab et des torys. — La question de la capitale.- — Montréal est choisie. — Projets de loi importants préparés par M. Lafontaine. — Travail de M. Baldwin.
— Le bill des sociétés secrètes. — La colonisation. — Tarif protecteur. — Metcalfe mécontent et inquiet de la perte de son autorité. — La question du patronage. — Résignation de M. Lafontaine et de ses collègues, le 27 novembre. — Explications ministérielles. — La mémoire de M. Lafontaine. — La Chambre désapprouve la conduite de M. Metcalfe. — M. D. B. Viger, son attitude et son isolement. — M. Neilson se rallie à M. Viger. — La, crise. — Véracité de lord Metcalfe mise en doute. — M. D. B. Viger et Draper forment une administration. —
Sir Richard Jackson, «énéral commandant les forces militaires de Sa Majesté dans les provinces, eut à remplir les fonctions d'administratenr jusqu'à l'arrivée du successeur de Sydenham. Il se borna à exécuter, pour ainsi dire, les dernières volontés de ce dernier ; il mit en vigueur la plupart des statuts passés par le parlement, organisa le Bureau des Travaux publics et fit des fournées de nominations d'employés; le seul numéro de la Gazette officielle, Canada Gazette du 1er janvier 1842, en publiait une liste de 113 pour le Bas-Canada seulement. L'Exécutif soldait les dettes contractées par Sydenham dans le cours de son règne.
Sir Charles Bagot, le nouveau gouverneur, arriva à Kingston, le 10 janvier 1842 ; le 12, il fut assermenté et prit
aussitôt la direction des affaires. Homme d'une soixantaine d'années, sir Charles Bagot n'avait guère d'antécédents politiques ; on le savait tory, c'était tout ; il avait d'ailleurs passé la meilleure partie de sa vie dans la carrière diplomatique où il s'était acquis une réputation enviable de modération, de sagesse et de bon jugement. Les citoyens de Kingston en firent les premiers l'expérience. Ayant présenté une adresse de congratulations au nouveau gouverneur, ils lui exprimèrent leurs vœux de le voir travailler à l'établissement d'institutions anglaises dans tout le pays ; sir Charles répondit que son plus vif désir serait de consacrer ses efforts au bien-être de tous les sujets de Sa Majesté, sans distinction de croyance et d'origine. Il accentua davantage cette déclaration dans ses réponses à d'autres adresses ; le parti réformiste se prit dès lors à espérer et le parti tory comprit, au contraire, qu'il avait lieu de s'alarmer.
Avant de convoquer une nouvelle session ou de consentir h aucun mouvement ministériel rendu nécessaire par la disparition de Sydenham, sir Charles Bagot voulut se rendre compte par lui-même de la situation et juger de la disposition des esprits. Il avait, avant son départ d'Angleterre, reçu les instructions de lord Stanley qui lui avait enjoint de ne faire aucune différence de race et de religion dans le choix de ses aviseurs, et de tâcher de s'entendre av(>c tous les partis pour faire disparaître les animosités dont la colonie avait eu tant à souffrir.
Bienveillant par nature, l'esprit tout à fait libre de préjugés, lord Bagot entreprit cette œuvre d'apaisement et de concorde non sans une intime et bien vive satisfaction : il y trouvait à exercer les plus nobles instincts de son cœur, et bientôt les hommes et les choses eurent pour lui un inté-
rêt passionnant. Il fut surpris du nombre et de l'importance des pétitions qui lui étaient envoyées du Bas-Canada. Non seulement c'était des milliers de citoyens qui se plai gnaieut des lois passées l'année précédente, mais c'était toute une population qui protestait contre l'injustice dont elle souffrait par l'acte d'Union. La presse française joignait sa voix à ces représentations, et le " Canadien " entr'autres parlait de la situation dans les termes suivants :
" Nos réclamations, disait-il, sont générales et particu- " lières. Les unes, telles que l'approbation faite pour ]a liste " civile et l'initiative des bills d'argent pour l'Exécutif, re- " gardent les deux sections de la province : d'autres sont " particulières à la section Est, comme la répartition entre " les deux sections et le paiement de la dette du Haut-Ca- " nada par la province unie : d'autres enfin sont particu- " lières à la population canadienne-française, qui, jusque "dans ses propres limites, s'est vue traitée de la manière la " plus indigne par le satrape éhonté qui s'est trouvé chargé " d'exécuter l'acte d'Union qu'il avait lui-même dressé. Per- " sonne n'ignore qu'il n'y a aucune proportion entre la re- " présentation des comtés anglais et celle des chefs-lieux " des comtés français. On n'ignore pas non plus que les " chefs-lieux ont été, partout où cela pouvait servir les vues " malveillantes de l'administration, placés à l'extrémité " des habitations, loin des centres de population ; on n'a "pas oublié le défranchissement en bloc de plus de la moi- " tié des électeurs qualifiés de Québec et de Montréal, et la " l^roscription de la langue de la majorité, ou pour le moins " de la grande moitié de la population du Canada Uni " comme la langue parlementaire et légale. Tous ces points " particuliers sont des sujets sur lesquels nous pouvons " nous adresser à l'administration pour en recevoir son
'* appui soit dans la législature locale, soit auprès des auto- '' rites impériales. Et, si cette administration nous refuse " cet appui, elle n'a pas droit à notre confiance ; et nous " nous ravalerions au-dessous de resclave africain, nous " nous rendrions justement méconnaissables aux yeux " même du pouvoir, si nous lui accordions notre concours " constitutionnel pour le maintien d'un état de choses qui " est une insulte constante pour nous,
" On peut nous maintenir dans un état d'infériorité poli- " tique, on peut nous piller, ou peut nous opprimer, on a " l'appui d'une armée et de toutes les forces de l'Empire à "sa disposition pour cela : mais, certes non, jamais nous " ne prêterons la main à notre asservissement, à notre dé- " gradation. On nous avertit de bien tout considérer avant " de décider. Nous pouvons assurer que nos réflexions sont " toutes faites. Nous avons bu la coupe jusqu'à la lie ; de- " puis un demi-siècle, nous sommes abreuvés d'amertume ; " on peut nous faire endurer plus que nous avons souffert, " nous sommes familiers avec les souffrances, et nous les " redoutons moins que le déshonneur. Ces réflexions ne " sont pas les divagations d'une imagination échauffée; c'est " l'expression fidèle et réfléchie du sentiment qui anime un "demi-million d'hommes dans le Bas-Canada. L'appât des " faveurs a pu amollir quelques courages, mais la masse de " la population ne fléchira jamais ; le soleil du pouvoir " pourra dessécher quelques branches, mais l'arbre conser- " vera toujours sa sève et sa verdure.
" Nous n'attendons nullement par ces remarques jeter au- " cun doute sur les bonnes dispositions d'une administra- " tion qui s'annonce avec des vues conciliatrices, dont les " premiers pas sont des actes de réparation ; mais elles sont " destinées à ceux qui voudraient faire fléchir cette admi-
" nistration dans la voie de justice où elle semble disposée à " marcher, en lui faisant entrevoir des obstacles à sa " marche vers une justice pleine et entière. "
Lord Bagot, aj'ant eu à faire des nominations importantes dans le Bas-Canada, saisit cette occasion d'appuyer par des actes la politique qu'il avait annoncée lors de son arrivée. Il nomma ]M. Vallières de Saint-Réal juge en chef, et le remplaça aux Trois-Rivières par un autre juge canadien. C'était la première fois, depuis la conquête, qu'un des nôtres était élevé à une charge aussi éminente ; et d'ailleurs le choix était irréprochable à tous égards. Il confirma la nomination, comme surintendant des écoles de la Province, de M. le Dr Meilleur dont le zèle pour la cause de l'instruction était bien connue, et qui offrait en outre toutes les garanties que la population catholique avait le droit d'exiger de ce fonctionnaire. Le gouverneur, dans la constitution des bureaux et le choix des examinateurs pour l'enseignement se laissa également guider par les mêmes considérations et la même déférence ; aussi, lorsque, dans le cour? de l'été de 1842, il fit la visite du Bas-Canada, l'empressement que lui témoignèrent les Canadiens à le recevoir avec toutes les démonstrations possibles de respect et d'affection dut le convaincre de l'excellence de sa politique.
Cependant l'Exécutif, assemblage disparate d'hommes sans communauté de principes et d'opinions, craquait de toutes parts. Il fallait un remaniement, et ce qui montre combien peu on entendait la pratique du gouvernement responsable, chaque ministre parut y avoir travaillé chacun de son côté, dans l'espérance de faire probablement partie de la majorité qui l'emporterait. Ce fut une surprise générale quand, le 9 juin, on apprit que ;M. Hincks, un des chefs réformistes, avait accepté la place d'inspecteur des
comptes publics ; rétonnement redoubla, six semaines plus tard, lorsque M. Sherwood, un des chefs du parti tory, fut assermenté comme solliciteur général du Haut-Canada. Le premier était rédacteur de V Examiner de Toronto, organe du parti réformiste ; que signifiait son entrée dans un cabinet dont presque tous les membres étaient pour lui des adversaires irréconciliables ? On prononça tout bas le mot de " désertion ", mais les événements se chargèrent de démentir ce bruit. Presque au même moment, en juillet, à Québec, M. Sullivan, président du Conseil exécutif, rencontrait M. Lafontaine qui se trouvait là pour le terme de la Cour d'Appel, et lui faisait demander une entrevue. M. Lafontaine y alla accompagné de M, Morin. Au cours de la conversation, M. Sullivan offrit au chef canadien d'entrer dans le ministère ; les conditions mises par ce dernier à son acceptation furent telles qu'on se sépara sans rien conclure. De semblables tentatives eurent lieu auprès de M. Girouard, de Saint-Benoit, et de M. C. S. Cherrier; elles n'amenèrent pas plus de résultats. Evidemment l'influence de lord Bagot se faisait sentir, et on s'était aperçu tout à coup que, pour former une administration viable, le concours des Canadiens était nécessaire. De fait les élections partielles qui avaient eu lieu dans les derniers temps avaient eu pour effet d'assombrir davantage les espérances des anciens aviseurs de Sydenliam. Presque tous les comtés devenus vacants après la session avaient élu des réformistes. Dans le Bas-Canada, c'était toute une phalange d'hommes remarquables qui arrivait à la députation : on comptait M. L. M. Viger, M. D. B. Papineau, frère du célèbre tribun, M. James D. Leslie, M. Jacob DeWitt et M. Walker. Il était impossible au gouvernement de se présenter devant le parlement sans
s'exposer à une défaite certaine ; mais replâtrer un Exécutif comme celui-là, ou même le reconstruire à neuf n'était pas chose facile. M. Wakefield, dans une lettre à la Colonial Gazette de Londres, écrivait à ce sujet :
" Doué d'une rare habileté pour briser les parties, lord " Sydenham n'avait pas pris les moyens d'en élever un plus " fort et plus puissant sur les ruines qu'il a faites .... Il est " arrivé qu'à sa mort, et il en eût été de même après son dé- " part pour l'Angleterre, il n'a laissé derrière lui aucun " parti capable de fournir les éléments d'un gouvernement " stable. Celui qu'il avait composé était formé de maté- " riaux hétérogènes, manquait de cohésion et n'avait pas " cette uniformité d'opinions et de tendances indispensables " pour commander une majorité de l'Assemblée. C'était " un Exécutif suffisant pour Sydenham qui en était en " toutes lettres le premier ministre, mais il est absolu- " ment nul pour un gouverneur décidé à administrer les " affaires publiques par des ministres responsables. "
Sur ces entrefaites sir Charles Bagot convoqua la Chambre pour le 8 septembre 1842. Le discours du trône fit allusion en termes convenables à la mort de Sydenham et parla de la paix profonde dont jouissait le pays. La naissance du Prince de Galles, le traité d'Ashburton qui veuaii d'être conclu, la garantie impériale donnée à l'emprunt du Canada, une nouvelle loi de milice, des amendements à l'acte scolaire et à l'acte municipal, furent les principales questions signalées à l'attention et à l'étude du parlement.
L'écho des paroles vice-royales était à peine expiré que la rumeur do la chute certaine du cabinet courait partout. Il succomberait infailliblement sous le premier vote de non-confiance qui serait proposé, tout le monde en convenait; mais, au même instant, d'autres bruits non moins con-
sistants se répandaient sur l'ouverture de négociations avec certains députés dans le but de fortifier l'Exécutif. On se communiquait des noms étranges qui provoquaient l'épouvante ou l'incrédulité suivant les groupes. Non, jamais, le gouverneur n'oserait livrer le gouvernement entre des mains qui s'étaient autrefois levées menaçantes contre la Couronne ; le pays était anglais et devait être traité comme tel, sans privilèges pour aucune classe de la population. Mais ces mêmes noms soulevaient l'enthousiasme dans le gros de la députation. L'air était chargé de suppositions de toute sorte, et personne n'osait prédire la solution que le lendemain pouvait apporter à une situation quasi désespérée.
M. Neilson, dès la première séance, proposa la formation d'un comité chargé de s'enquérir sur les actes de violences commis pendant les élections de Montréal, Terrebonne, Chambly, Beauharnois, Eouville et Vaudreuil l'année précédente, et M. Leslie déposa un projet de loi pour rendre la franchise élective aux faubourgs de Montréal et de Québec et abroger le statut inique de lord Sydenham qui les en avait privés. Puis, entr'autres, M. Aj'lwin introduisit un bill pour assurer l'indépendance des juges, et M. Baldwin ramena le sien pour garantir la liberté des élections.
L-e 10 septembre, il se confirma que M. Lafontaine avait eu avec Son Excellence une longue conférence ; le 13, les débats s'ouvrirent sur l'adresse en réponse au discours du trône et une proposition de non-confiance fut aussitôt déposée en amendement par jM. Baldwin secondé par M. D. B. Viger. Mais M. Draper, procureur général du Haut-Canada et leader dans l'Assemblée, fit dès le début des révélations dont l'indiscrétion voulue confondit tous ceux qui n'étaient pas dans le secret des ministres. Après avoir émis l'opinion
que les Canadiens ne pouvaient pas être exclus du cabinet pendant longtemps et que leur concours était nécessaire au succès du nouveau régime, il dit que, poussé par un sentiment analogue, le gouverneur avait fait des démarches, auprès de M. Lafontaine afin de l'engager à entrer dans le gouvernement. Il lut alors à la Chambre la lettre suivante que Son Excellence venait d'écrire à M. Lafontaine :
" Hôtel du Gouvernement,
" Kingston, 13 septembre 1842.
" Monsieur,
" Après avoir de nouveau pris en considération les conversations qui ont eu lieu entre nous, je me sens toujours le même désir d'inviter la population d'origine française de cette Province, à prêter son aide et sa coopération sincère à mon gouvernement ; c'est pourquoi, et j'ai, au contraire, considéré jusqu'où il m'est possible de rencontrer les vues de ceux qui ont la confiance de cette partie de la population, de manière à rendre leur accession au gouvernement satisfaisante pour eux-mêmes, et la faire accompagner en même temps de cette confiance mutuelle qui ijeut seule la rendre avantageusement au pays.
" J'en suis donc venu, et cela non sans difficultés, à la conclusion de consentir, pour un tel objet, à la retraite du procureur général, M. Ogden, de la charge qu'il remplit maintenant, étant bien entendu qu'il lui sera fait une allocation (provision) proportionnée à ses longs et fidèles services.
" Cette retraite me met en état de vous offrir la place de
procureur général pour le Bas-Canada, avec un siège dans mon Conseil exécutif.
" La charge de solliciteur général du Bas-Canada a été tenue vacante depuis longtemps, dans l'espérance qu'il serait fait quelque arrangement qui pût contribuer au résultat que j'ai toujours eu en vue, et je serai fort aise de prêter l'oreille à la recommandation que vous pourrez me faire du nom d'un monsieur d'origine anglaise, dont la coopération avec le gouvernement nous aidera dans l'accomplissement de l'objet qui nous est commun.
" J'm soigneusement et sérieusement considéré le désir que vous avez exprimé d'avoir, dans votre adhésion à mon gouvernement, l'adjonction d'un nombre suffisant d'amis pour obtenir et vous assurer la confiance de ceux dont vous représentez les intérêts.
" Je trouve qu'on peut faire accorder avec vos vues un de mes plans pour l'avantage du Bas-Canada, à savoir : la distribution d'une partie de la population trop dense de vos établissements sur la frontière sur une plus grande étendue de territoire.
" On m'a parlé de M. Girouard comme d'un homme qui possède des facultés administratives d'un ordre élevé et, en même temps, la confiance de ses compatriotes.
" Il peut considérablement aider à l'avancement de l'objet que j'ai eu en vue à cet égard ; et je me suis en conséquence déterminé, si je puis vous induire ît accepter ma proposition, à lui offrir la situation maintenant occupée par M. Davidson, avec un siège dans le Conseil. Il est bien «ntendu que monsieur Girouard sera rétribué d'une manière convenable à ses justes prétentions, et qu'il obtiendra quelque part un siège dans l'Assemblée.
" Je me suis en outre déterminé à offrir le poste de con- ^ance de greffier du Conseil à quelque personne recomman-
dée par vous, et je suis porté à croire que la réputation dont jouissent M. Morin et M. Parent les désignerait comme se trouvant peut-être parmi les hommes les plus propres à obtenir votre recommandation.
" Le désaccord de iM. Baldwin avec le gouvernement étant, comme je l'espère, heureusement disparu, je serai disposé ii profiter de ses services.
" M. Draper m'a offert sa résignation. Je regretterai toujours la perte de l'assistance qu'il m'a invariablement donnée, et sentirai l'obligation impérieuse d'appuyer ses réclamations auprès du gouvernement à la première occasion qui s'offrira de les reconnaître convenablement.
" Cela laissera la charge de procureur général, avec un siège dans le Conseil, à ma disposition, et je suis prêt h l'offrir à M. Baldwin.
" L'absence de M. Sherwood me prive de l'occasion de m'assurer jusqu'à quel point il pourrait être disposé à accepter cet arrangement ou de connaître s'il est prêt à remplir une des conditions de sa nomination, en obtenant un siègt^ dans l'Assemblée. La disposition de sa charge, dans le cas où il se retirerait, devra être prise en considération plus tard.
" D'après la connaissance que j'ai des sentiments qui animent tous ceux qui composent maintenant mon Conseil ^ je ne vois aucune raison de douter qu'on ne puisse, sur la base de cette proposition, former un Conseil fort et uni.
" Dans cette persuasion, je suis allé aussi loin que possible pour rencontrer et même dépasser vos demandes, et si, après une telle ouverture, je trouve que nos efforts pour assurer la tranquillité politique du pays ont échoué, il me restera au moins la satisfaction de sentir que j'ai épuisé tous les moyens que le désir d'accomplir ce grand objet m'a mis en état d'imaginer. "
" J'ai l'honneur d'être, etc.,