‹ Histoire du CanadaChapitre 9 sur 27 · W. H. DRAPER · texte numérisé non relu

W. H. DRAPER

La publication de cette correspondance fit grand bruit et mit en pleine lumière l'élévation de vues et le désintéressement de M. Lafontaine. Sa lettre est un chef-d'œuvre de logique, de froide dignité et de patriotisme admirable. Il place immédiatement la question sur son terrain, et il demande à M. Caron si M. Draper est prêt à reconnaître le principe que le Bas-Canada doit être traité de la même manière que le Haut-Canada. Comme cette dernière province est représentée dans le cabinet par des hommes qui possèdent la confiance du parti qui y est en majorité, pourquoi en serait-il autrement pour le Bas-Canada ? Que l'on s'engage à appliquer aux deux provinces le même principe, et il est prêt à faire tous les sacrifices pour organiser et appu3^er une administration qui en serait l'expression.

Si, dit-il, M. Draper admet que la section bas-canadienne du cabinet ne représente pas le Bas-Canada, pourquoi la tient-il debout ? Pourquoi ne pas confier la tâche de la reconstituer à quelqu'un suivant l'usage constitutionnel ? Que signifie la démarche présente dont personne n'est responsable, qui ne peut que semer la division dans les rangs du parti canadien par l'appât des places et qui se poursuit sans que les plus intéressés, M. Viger et M. Papineau, en aient la plus légère connaissance ? Ce que Ton veut en haut lieu, c'est tout simplement s'adjoindre quelques Canadiens qui ^seraient suivis de quelques partisans afin de fortifier un ministère chancelant. Ces Canadiens y entreraient, non pa?» en vertu d'un droit constitutionnel ni comme représentants de l'opinion de leurs compatriotes, mais uniquement grâce à la faveur et au bon plaisir d'un gouverneur.

On sent au ton de cette lettre tout ce que l'auteur éprouve d'amertume devant l'irréflexion ou la faiblesse de caractère dont M. Caron fait preuve en acceptant d'être l'intermédiaire de M. Draper.

Lorsque M. Lafontaine eut fini la lecture des documents ce fut au tour de M. Draper de s'expliquer. Il le fit d'une manière embarrassée et laissa entendre que M. Caron s'était trompé sur le caractère de la mission dont il avait été chargé. M. Watts, un député des townships de l'Est, reprocha vivement à 31. Draper d'avoir voulu le jeter par-dessus bord lui et ses collègues anglais du Bas-Canada pour se procurer l'appui de la majorité française, et M. Caron se plaignit de la publicité que M. Lafontaine venait de donner à certaines lettres qui auraient dû rester privées. M. Lafontaine lui répondit que la raison politique l'emportait sur toute autre considération, qu'il s'agissait d'éclairer l'opinion sur la véritable signification des tentatives dont il s'était fait l'intermédiaire, et que d'ailleurs M. Caron avait annoncé son intention de publier lui-même les lettres en question. Plus tard, on s'aperçut avec peine que M. Caron, dans une communication du 8 septembre 1845, adressée à M. Draper, avait exprimé le désir de voir une réaction se faire en faveur du gouvernement de Metcalfe !

M. Baldwin approuva hautement la conduite de M. Lafontaine qui n'avait rien fait sans consulter son entourage et sans être guidé par les motifs les plus graves d'intérêt public. Les explications qu'il avait données étaient strictement conformes aux usages parlementaires, et l'orateur conclut en disant qu'il était prêt à assumer sa part de la responsabilité de cette démarche et même à la prendre tout entière pour lui.

Quand on songe que le but des tentatives de M. Draper était de rompre l'alliance qui existait entre M. Baldwin et les réformistes du Bas-Canada, on ne peut qu'avoir la plus profonde admiration pour la grandeur d'âme dont M. Baldwin donna une preuve nouvelle dans cette circonstance

mémorable. Car il n'y a pas à en douter, le parti canadien venait d'échapper à une crise redoutable, et si ses rangs ne furent pas brisés par les ambitions personnelles que M. Draper avait si habilement tâché d'éveiller, c'est que M. Lafontaine comprit du premier coup l'imminence et la gravité du danger. Il se refusa à discuter la question des places et ne voulut s'attacher qu'à la vérité et à la justice de la cause nationale qui se trouvait mise en jeu. Sa fermeté, l'ascendant que lui donnait une abnégation rare, et pardessus tout son langage si fier, si lumineux, si patriotique firent avorter de nouveau la misérable politique de lord Metcalfe et de M. Draper. Il voyait dans un avenir prochain le triomphe des idées que ces derniers représentants de l'oligarchie s'entêtaient malgré tout à combattre, et dans ce triomphe il apercevait distinctement celui de sa nationalité. Le parti se groupa plus fortement que jamais autour de son chef, et les choses reprirent leur cours accoutumé.

Le 13 avril, sir Allan McNab ayant été forcé de s'absenter de la capitale, M. Morin fut élu pour le remplacer jusqu'à la fin de la session ; on observa qu'il avait été proposé à ce poste par M. Draper lui-même.

Le même jour, la Chambre reçut du gouverneur un message qui lui recommandait de voter un crédit de |18. 000.00 destiné à payer la réclamation de M. L. J. Papineau pour arriérés de traitement comme orateur de l'Assemblée du Bas-Canada. Le 29 mai suivant, la Chambre approuva cette réclamation, et démontra une fois de plus qu'elle était animée envers les Canadiens de sentiments bien différents de ceux d'autrefois. Ce fut également durant la même session que le parlement affirma par une déclaration solennelle son droit constitutionnel de disposer exclusivement des deniers publics, et vota les crédits nécessaires pour payer les

salaires d'employés supérieurs dont le bureau colonial avait dressé la liste et sur lesquels la province n'avait aucun contrôle. Dernier vestige de l'ancien régime, la fameuse liste civile ne disparut cependant du budget canadien qu'en 1847, après que le parlement impérial eut effacé de l'acte d'Union la clause qui l'en rendait maître. Cet acte de la législature aurait suffi à populariser sa mémoire si le ministère avait su s'affranchir en même temps des exigencestyranniques du chef de l'Exécutif ; mais le peuple ne se sentait pas libre tant que le gouvernement continuait à former à sa guise le Conseil exécutif. Cette liberté était la plus importante de toutes ; la constitution l'octroyait, le sentiment public le demandait, l'ordre et la paix l'exigeaient, la prospérité du pays la réclamait, et si l'électorat avait semblé vouloir en retarder l'avènement on savait que le gouverneur en était la cause. Il avait, en un mot, surpris sa bonne foi et exploité au profit de sa politique les préjugé* nationaux d'une partie de la population.

Une circonstance favorable s'offrit aux députés français du Bas-Canada de témoigner de leur attachement à la métropole et de démentir les bruits de désaffection dont leursadversaires avaient fait la monnaie courante de leurs attaques ; ce fut à l'occasion du bill de milice. Justement inquiète du ton belliqueux avec lequel M. Polk, président den» Etats-Unis, avait rouvert la question des frontières de l'Orégon, l'Angleterre avait, comme on sait, nommé lord Catbcart, militaire d'une grande distinction, comme administrateur, puis comme gouverneur du Canada. Or, l'un des premier soins de ce dernier en arrivant aux affaires fut de réorganiser les milices du pays et de pourvoir à la sécurité du territoire. Lorsque le ministère déposa son projet de loi à cet effet, il se fit comme une entente entre tous les partis.

et ce fut à qui montrerait le plus de zèle pour rendre la mesure aussi parfaite que possible. Le Dr E. P. Taché prononça en comité général un discours qui eut un grand retentissement, et il fut relativement facile de rendre la loi acceptable à la population du Bas-Canada.

Le bill de milice ne fut pas le seul à recevoir le concours sympathique de l'opposition, le projet de loi ministériel sur l'instruction publique fut sérieusement étudié et appuyé par tout le parti réformiste. M. D. B. Papineau avait préparé cette mesure qui consistait principalement en deux amendements à la loi existante : le premier abolissait la cotisation volontaire, et le second basait l'impôt scolaire obligatoire non plus sur le nombre des enfants en âge de fréquenter l'école, mais sur le chiffre de tous les enfants* fréquentant l'école, c'est-à-dire de cinq à quatorze ans. Quelle belle occasion s'offrait aux adversaires des ministres de les dénoncer comme des affamés de taxes, et de se poser en défenseurs du pauvre peuple ! Grâce à Dieu, nos représentants méprisèrent ces triomphes faciles pour s'unir et rechercher tous ensemble le meilleur système de propager l'instruction dans le pays. Ils jugèrent que le bien général devait l'emporter sur de mesquines préoccupations de popularité et ils donnèrent par là un exemple de patriotisme •et de désintéressement bien digne de notre admiration. La loi fut adoptée et malgré la sévérité apparente de ses dispositions elle put être mise en opération sans de trop grandes difficultés. La conduite de nos représentants avait frappé les esprits et déterminé un courant d'opinion dont profitèrent les amis de l'éducation.

Il semble que la manière dont l'opposition bas-canadienne avait traité cette mesure qui était ministérielle aurait dû lui attirer de la part du gouvernement quelques

égards, à tous le moins un peu plus de justice ; il n'en fut rien. M. Caylej, inspecteur général, introduisit une mesure ayant pour objet apparent de réunir aux recettes générales ou "fonds consolidé" le revenu provenant des Biens des- Jésuites dans la province de Québec, et qui, depuis 1832, était employé à suhsidicr l'instruction publique, catholique et protestante. L'acte de 1832 était inique parce qu'il affectait des biens catholiques au soutien d'écoles protestantes ; M. Cayley néanmoins conserva cette disposition, malgré la proposition que fit M. Morin de rendre ces biens à l'Eglise catholique. En outre, le bill en changeant la nature de cette recette spéciale, obligeait dorénavant les intéressés à devenir débiteurs du " fonds consolidé " pour la somme qu'il* touchaient en vertu de l'acte de 1832, et donnait par conséquent aux institutions du Haut-Canada le droit de retirer une subvention au moins égale. En d'autres termes, on dépouillait le Bas-Canada de sept à huit mille louis pour les: attribuer à la recette générale des provinces unies. M. Lafontaine proposa un amendement dans le sens de celui de M. Morin et le perdit également par une majorité de sept voix. Les débats furent très animés ; mais que pouvaient les arguments et l'éloquence de MM. Lafontaine, Morin, Drummond, Chauveau et Cauchon contre le gouvernement soutenu par toute la députation du Haut-Canada y compris M. Baldwin et le groupe anglais du Bas-Canada ?

Le ministère, s'autorisant du rapport de la commission qui avait été nommée pour s'enquérir des pertes encourues pendant les insurrections du Bas-Canada, fit passer une loi pour affecter le maigre produit des licences de mariage au paiement de ces réclamations. Comme le chiffre des dommages s'élevait à une somme considérable, la mesure fut à peu près sans effet. En revanche, la Chambre vota

neuf mille louis pour indemuiser un certain nombre de pri- Tilégiés et de favoris qui avaient été recommandés par une ancienne commission constituée par le Conseil spécial.

Parmi les adresses qui furent votées pendant cette session, nous remarquons celle qui, en prévision de la passation •de l'acte de libre-échange de sir Robert Peel, exposait au gouvernement impérial les craintes que cette mesure excitait dans la population du Canada sur les conséquences ruineuses qu'elle ne pourrait manquer d'avoir pour son commerce avec la Grande-Bretagne. C'était une révolutioii -complète dans le système colonial qu'inaugurait la métropole, car jusque-là les bois et les grains canadiens avaient joui sur les marchés anglais de certains droits différentiels qui leur permettaient de rivaliser avec succès avec les produits similaires étrangers; or, le bill,en abolissant ces dispositions de faveur, enlevait au commerce colonial tout espoir de profit, frappait l'agriculture au cœur et détournait fatalement l'immigration.

L'adresse exposait en outre que l'attachement du peuple à la mère patrie en recevrait un sérieux échec, et faisait observer que, quoique la Chambre eût déjà aboli les droits sur les marchandises américaines, in transitii, le gouvernement des Etats-Unis n'avait pas encore accordé le même avantage au Canada, et maintenait contre nos produits un tarif prohibitif. Enfin, le 9 juin, lord Cathcart vint proroger la législature et mettre fin à une session qui durait depuis près de trois mois.

Le 17, M. Viger se retira du ministère ; M. Sherwood, solliciteur général du Haut-Canada, le suivit de près, et fut tout aussitôt remplacé par M. H. Cameron, avocat de Toronto. En fait, lord Cathcart, qui avait tremblé plusieurs iois sur le sort de son cabinet pendant la session, s'appli-

quait énergiquement à le consolider. A part ces changement, la rumeur en indiqua d'autres tout aussi importants.

Vers ce temps parurent à l'officiel la nomination de M. E. P. Taché à un poste important dans la milice du Ba-î- Canada, et celle de M. C. E. Casgrain à la charge d'assi^tant-commissaire des travaux publics. Comment fermer l'oreille aux instances d'un homme qui se montrait si favorable aux Canadiens ? Aussi, M. Draper fut-il requis par le gouverneur de renouveler ses tentatives auprès des amis de M. Lafontaine. La bonne volonté dont M. Caron avait fait preuve l'année précédente laissait espérer qu'il serait peutêtre plus facile cette fois d'ouvrir une brèche dans l'entourage du chef. M. Draper écrivit dans le courant du mois d'août à MM. Morin et Caron se disant chargé par Son Excellence de leur offrir chacun un siège dans le Conseil exécutif.

M. Caron se rendit à Montréal pour en conférer avec M. Morin qui, à son tour, devait consulter les principaux membres du parti. L'attitude prise par tous fut la même que celle de M. Lafontaine l'année précédente, et M. Draper fut bientôt informé que les offres du gouverneur étaient déclinées par le parti libéral. Rebuté pour la deuxième foid, lord Cathcart se le tint pour dit et songea à d'autres combinaisons ; cependant, le désappointement de M. Draper lui fut d'autant plus sensible qu'il s'était cru plus assuré du succès, Sans avoir pu semer la division dans le parti canadien, il avait su habilement répandre des doutes sur la sagesse de ses chefs politiques ; car si le Bas-Canada n'avait pas sa part des travaux publics, à qui la faute, sinon à l'intransigeance de ]M. Lafontaine ? Tout le monde voulait le système de la double majorité ; est-ce que le gouverneur nt» s'y montrait pas favorable en offrant des portefeuilles à

quelques-uns des hommes les plus marquants du parti réformiste ? Et s'il paraissait aussi désireux de rendre justice aux Canadiens, n'y avait-il pas de l'ingratitude ou de l'aveuglement à lui dire non, toujours non ?

Ces idées étaient de nature à faire leur chemin dans le peuple dont la pensée ne franchit guère les préoccupations de la vie matérielle. La doctrine du gouvernement responsable, abstraite comme toutes les formules, ne pouvait pas Fenthousiasmer ; le concret, les actes, les faits seuls passionnent la masse, parce qu'elle aperçoit une conséquence, un résultat, une preuve qui tombe sous ses sens. M. Lafontaine ne voyait pas ce travail dangereux de l'opinion sans appréhension. A cette quasi-défaillance qui se manifestait jusque chez les plus constants, il comprit la nécessité d'opposer l'affirmation plus solennelle, plus absolue, plus irréductible que jamais du principe fondamental de la liberté et de la responsabilité ministérielles. Il n'était pas du domaine du gouverneur de nommer tel ou tel ministre à son gré : ce droit appartenait au peuple dont les représentants exerçaient l'autorité. M. Draper, comme chef de la majorité haut-canadienne, n'avait qu'un seul devoir à remplir, qui était non pas de se faire le messager royal auprès de celui-ci ou de celui-lît, mais bien d'aviser le gouverneur sur le choix du chef de la majorké bas-canadienne. Puis, ces deux hommes à leur tour aviseraient, chacun de son côté, sur le choix des autres ministres qui deviendraient leurs collègues : telle fut la thèse que la presse canadienne s'employa alors à développer et à traiter sous toutes ses faces. Nous devons lui rendre ce témoignage qu'elle s'acquitta de sa tâche avec une chaleur de convictions, un savoir constitutionnel et une intelligence qui lui firent le plus grand honneur. L'acte d'Union, le but du mariage forcé de deux pro-

vinces, dissemblables de langue, de religion et de tendances, la déviation imprimée dès le début au nouvel organisme politique, riiistoire des événements sous Sydenham, sous Bagot, sous Metcalfe et sous le gouverneur actuel, rallianco des deux partis réformistes du Haut et du Bas-Canada, les chances d'une combinaison des Canadiens avec les torys, l'importance nationale du principe du gouvernement responsable, toutes ces questions furent passées en revue, discutées et pour ainsi dire popularisées. La note patriotique que donnaient les journaux canadiens n'empêchait pas la presse anglaise dévouée à M. Baldwin de nous aider de toutes ses forces ; nous voulions la même chose, qu'importait la différence des motifs qui nous faisaient agir ?

Un autre sujet préoccupait l'attention publique dans le même moment et inspirait à plusieurs les craintes les plus sérieuses pour l'avenir. La question touchait aux ressources économiques du pays dont le libre-échange proposé dans le parlement anglais allait bouleverser la condition de fond en comble. M. Gladstone, membre du cabinet de sir Robert Peel, avait répondu le 3 juin à l'adresse votée le 12 mai précédent par la législature du Canada et ne lui avait laissé aucun espoir. Au contraire, il examinait les appréhensions manifestées par la Chambre, les discutait une par une, eu montrait le mal fondé, ajoutait que Sa Majesté ordonnerait volontiers à son ambassadeur à Washington d'attirer l'attention du président des Etats-Unis sur le grief dont elle se plaignait, et disait en terminant que le gouvernement de Sa Majesté en serait aux plus vifs regrets s'il était amené à croire que l'union entre la mère patrie et sa colonie ne reposait que sur l'échange de privilèges commerciaux.

Ce langage mécontenta les torys et les marchands anglais, et leurs journaux se demandèrent sérieusement si

l'indépendance ne serait pas plus avantageuse à notre négoce que l'union avec la mère patrie dans de telles conditions.

Ce qui ne fit aucun doute pour personne, ce fut l'impossibilité d'empêcher le bill de devenir loi. Dès que l'opinion en fut bien persuadée, les chefs politiques et les grands marchands s'adressèrent au gouvernement impérial, non pas cette fois pour demander la continuation d'un tarif de faveur, mais pour solliciter la même somme de liberté commerciale pour le Canada que celle qui était accordée au peuple de la métropole.

Ainsi, la situation s'embrouillait autant par les difficultés croissantes qu'éprouvaient M. Draper et ses collègues à se maintenir que par le dérangement dont tout notre système économique était menacé par la conversion de TAnsrleterre au libre-échange.

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