‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 1 sur 120 · CHAPITRE I AVANT CARTIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE I AVANT CARTIER

L'ancien monde. Avant la découverte de l’'Amérique par Christophe Colomb, la navigation gravita autour de la Méditerranée. cette grande mer intérieure qui unissait les trois parties de l’ancien monde : l'Europe, l'Asie et l'Afrique. Les besoins du commerce, Je goût des aventures, Ja Curiosité scientifique et d’heureux ha- Sards agrandirent dans la suite le champ des découvertes géographiques et peu à peu l’univers se révéla à l’homme. Bientôt les navigateurs et les marchands des nations riveraines de la Méditerranée s’aventurèérent au sud et trouvérent la route des Indes par la mer Rouge, s'enfoncérent dans l’Asie par la dépression des mers Noire et Caspienne, ou franchirent Je détroit de Gibraltar et côtoyérent les rivages de l'Atlantique au nord et au sud, en Europe et en Afrique. Cependant le faible tonnage des navires, la nécessité de se ravitailler et de se reconnaître sur mer, le danger des tempêtes, fermaient à cette navigation de cabotage l'accès de l'Océan qui toujours restait impénétrable : c'était la mer ténébreuse.

La curiosité populaire, dans son désir de résoudre ce problème, accueillait avec avidité les récits des navigateurs ou des aventuriers qui prétendaient avoir dépassé les limites du monce Connu. Au contraire, les Marchands qui revenaient de leurs voyages avec de riches Cargaisons

O CITAPITRE 1

gardaient pour eux et leurs pays d'origine, le secret de leurs découvertes. C'étaient des iles perdues dans les brumes de l'Atlantique, peuplées, disait-on, de monstres Marins, assaillies de furicuses tempétes, où les lois naturelles n'étaient pas les mêmes qu'ailleurs. Ainsi naquirent les traditions, légendes, contes extraordinaires qui se rapporte aux iles de l'Atlantique et que les écrivains de l'antiquit et du moyen-âge nous ont transmis. Après des siècles de progrès géographiques, les historiens et les géographes ne s'accordent pas encore sur la localisation de la Thulé de Tacite, de l'Antille de Piaton, de l’Atlantide d’Aristote. Les textes du géographe Strabon, de Sénèque le Tragique, de Diodore de Sicile et de bien d’autres écrivains anciens, ne parviennent pas davantage à mettre en lumière la découverte des terres—archipels ou continent —situées à l'occident de l’Europe.

L'Islande et le Groenland. Les Sagas.- On connait les incursions des Normands au moyen âge. Elles durérent plusieurs siècles, et s'étendirent à toutes les iles du nord de l'Europe, aux fleuves de la France et jusqu’à la Méditerranée, Les profits de la pêche entrainérent des Normands de Norvège vers le nord-ouest. Ils occupérent d’abord les îles Féroé, et, à la fin du IXe sièc'e, Naddod, un des émigrants, découvrit l'Islande qui devint deux siècles plus tard une république chrétienne très florissante où le vieil idiome allemand et les habitudes féodales se sont perpétuét jusqu'à nos jours. Er: 982, Erik le Rouge, un exilé d'Islande, aborda au Groenland dont il colonisa la côte occidentale. On attribue à Leif, un de ses fils, les premicres expiorations méthodiques sur la côte orientale de l'Amérique du Nord. Chargé par le roi de Norvège a'organiser des missions chrétiennes au Groen'and, il partit avec un prêtre pour l'Occident. Entrainé hors de sa course par les vents, le navire qui les portait aurait abordé un littoral où la vigne et le blé mürissaient sans culture. Leif revint et répandit l’heureuse nouvelle. Un marchand d'Islande, Thorfinn Karlsefne, réso'ut d'en profiter. Il équipa trois navires et rencontra successivement une terre stérile et abrupte

Page 1