‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 2 sur 120 · LT · texte numérisé non relu

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qu'il nomma Helluland, une terre basse et boisée, le Markland, et l'année suivante il atteignit les rivages entrevus par Leif ou le Vinland. C'étaient le Labrador, Terre- Neuve et peut-être le Rhode-Island. Il s'établit dès lors des relations fréquentes entre le Groenland et tout le rebord oriental de l'Amérique dont on tira de riches cargaisons de bois.

D'autres navigateurs islandais, Aré Marsson, Bjorn et Gudlief, auraient, dit-on aussi, été poussés par les vents alizés vers une terre difficile à localiser, Huit man land (terre des hommes blancs) ou Grande Irlande, ce qui suppose une découverte plus ancienne faite par les papas irlandais qui, chassés par les corsaires norvégiens des Shetland, des Féroé et de l'Islande, se rejetèrent vers l'ouest et abordérent en Amérique, à Terre-Neuve ou méme au Saint-Laurent, où ils fondérent une société chrétienne dont les traditions se seraient conservées chez es Crucientaux de la Gaspésie, les Indiens du Canada et de l'ile de Terre-Neuve. D'autre part, le Huitmanland serait cette grande île que les frères Zéni, explorateurs vénitiens, désignèrent au XIVe siècle sous le nom d’Estotiland. Quoi qu’il soit de toutes ces conjectures, il est certain que Gudrid, la veuve de Thorfinn Karlsefne, a bien réellement visité Rome en 1028. Les descriptions du Labrador sous le nom de Helluland, et de Terre-Neuve sous le nom de Markland, sont aussi vivantes que celle du Vinland est artificielle. Après 1030, les traditions se font plus vagues, et des compilateurs sans scrupule, désireux de compléter les sagas primitives, ajoutent encore à la confusion.

Au milieu du XIVe siècle, les horreurs de la guerre de Cent ans jointes aux ravages de la peste noire et au refroidissement subit du Groenland. interrompirent ces relations américaines, sauf peut-être entre les bancs de pêche de Terre-Neuve et le littoral de l’Europe. En résumé, les découvertes des Islandais en Amérique n’ont eu d’autres conséquences que de mettre ceux-ci en rapports temporaires et lointains avec les indigènes d'Amérique. Les Européens n’ont pas pénétré dans le monde nouveau : ils n’ont pas même soupçonné l'existence des civilisations

brillantes du Mexique et du Pérou. En réalité, rien i’est fait, et toute l'Amérique reste à découvrir.

Causes de la découverte de l’Amérique.— Cette gloire était réservée à Christophe Colomb. Diverses causes, scientif ues, historiques et économiques, lv avaient préparé. Et w’abord les grandes découvertes scientiiques qui ferment le moyen âge et annoncent l'ère moderne: la poudre à canon, la boussole et l'imprimerie.

La première révolutionnait l’art militaire, amenait l'abandon des vieilles machines de guerre et la création de l’artillerie. Elle devait donner aux conquérants européens une grande supériorité militaire sur les indigènes des pays découverts et envahis. La boussole est employée dès le XITe siècle sous le nom de marinette ou calamite par les marins de la Méditerranée. Des améliorations importantes en rendirent bientôt l'usage universel. Désormais on ne se güide plus seulement sur la marche des astres, on peut sans danger perdre de vue les côtes et s'aventurer sur la haute mer. Les grandes découvertes géographiques deviennent possibles. Enfin l’imprimerie (1456) a permis la diffusion rapide des connaissances humaines et rapproché les savants de tous les pays.

I y a plus. Les Turcs, s'étant emparés de Constantinople (1453), avaient fermé la route qui, par la mer Rouge, reliait les Indes ou pays des épices à l’Europe occidentale. Du coup, Venise, Gênes et Pise, qui vivaient de ce commerce de transit, avaient été acculées à une ruine complète. Leur riche marine marchande se trouvait sans emploi, et l’Europe était privée des précieuses denrées de l'Orient, ou contrainte de recourir au Turc, l’ennemi séculaire. On réussit à tourner l'obstacle.

Au cap Saint-Vincent vivait alors le prince Henri, fils du roi de Portugal Jean Ier : il y tenait une véritable académie de géographes, de mathématiciens et d’astronomes. Sous son impulsion commence alors cette série de courses maritimes qui, d'étape en étape, se rapprochent du cap de Bonne-Espérance et de l’Inde insulaire en passant par les Canaries, les îles Madère et du Cap-Vert, le golfe de Guinée et la pointe méridionale de l'Afrique. C’était

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