‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 27 sur 120 · DÉS NN · texte numérisé non relu

DÉS NN

confection des vêtements : Ja haute botte de cuir appelée “botte sauvage”, le capot d'étoffe, la tuque de laine, autant de vêtements légués par les Canadiens du XVIIIe siécle. Les produits de l’agriculture suffisent déjà à l’alimentation de la colonie.

L'industrie, __] 2 Nouvelle-France possède la malière première d'une quantité d'industries: ses forêts sont immenses et d’essences variées, son sol peut donner tous les produits des PAYS tempérés. Et cependant, son industrie faute de bras ne se développe que lentement et se borne aux productions naturelles les plus faciles à transformer. De ses forêts, elle tire les bois pour la construction des navires à Québec. Le roi accorde (1732), une prime pour chaque navire et même fait construire pour Son compte des vaisseaux de guerre de fort tonnage. De 1740 à 1750, une dizaine de grands vaisseaux—toute une escadre légère—sortent ides chantiers du Saint-Laurent. Les pins et sapins fournissent la résine, le br: , le goudron.

Deux cultures industrielles, le chanvre et le lin. reçoivent à diverses reprises l’encouragement des pouvoirs publics. La colonie vend 44.000 livres de chanvre en 1727. La production du lin— 50,000 livres en 1719— monte à 120.000 quintaux en 1758. Sa fibre précieuse sert aux usages domestiques, à la confection des vêtements et même au gréement des navires. Le tabac canadien cultivé dès 1689 ne réussit Pas encore à supplanter le tabac importé, mais il se répand rapidement. Le travail des mines prend une grande extension avec l'exploitation du fer aux Grandes-Piles, près des Trois-Rivières. C’est

en 1734 que l'ingénieur Francheville commence l’extraction d’un excellent minerai qui donne en 1740 pour 600,- 000 francs de fer. La rareté de la main-d'œuvre et d’autres difficultés arrêtent l'élan de cette nouvelle industrie qui fut souvent abandonnée et souvent reprise.

Les pêcheries. ]] ne semble pas que les Canadiens aient pris une part considérable dans la grande pêche de Terre-Neuve et des côtes de l’Acadie et du Labrador. Pour l'entreprise il fallait des capitaux dont ils man.

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quaient complètement. Cependant une trentaine de petits bateaux s’y rendent chaque année et reviennent avec de la morue salée, Plus lucrative et moins hasardeuse est la pêche sédentaire, dont Nicolas Denys avait fait une spécialité. Au XVIIIe siècle, les postes des pêcheries s’échelonnent sur les rives du golfe Saint-Laurent, depuis les environs de Québec jusqu’au Cap-Breton. À Kamouraska seulement. en 1724, il y a 17 stations de pêche maritime: on v capture par centaines, marsouins, loups marins et baleines. Cette pêche est faite par les habitants. On eut même des marais salants: on les combla bientôt, sans doute Pour ne pas nuire à la gabelle de France.

Le commerce. ]es pelleteries constituent de riches monopoles exploités par des compagnies. Les 25 congés de traite sont supprimés en 1696 pour être rétablis en 1716. Les postes des grands Lacs rapportent de gros bénéfices bien que la concurrence anglaise soit plus active qu'autrefois. À Albany et à New-York, les sauvages obtiennent des prix plus élevés pour leurs pelleteries et préférent les étoffes communes qu'on leur offre aux écarlatines bleues et aux draps français qu'ils trouvent en Canada. Le castor seul rapporte en 1726 pour 60.000 francs; trente ans plus tard, il atteignait une valeur de 600,000. Iees autres bêtes à fourrures sont la loutre, la martre, le vison, l’hermine, le rat musqué, etc. Toutes ces fourrures vont en France, à Paris surtout, où l’industrie les transforme.

À l'exportation, la Nouvelle-France donne des bois de construction, du blé et des céréales après 1713, du fer du Saint-Maurice après 1737. enfin, le ginseng, plante médicinale très estimée des Chinois. En 1751, il se. exporta en Chine pour 500,000 francs.

À l'importation, le Canada reçoit des vivres, des objets manufacturés, des vins, de l'eau-de-vie, des étoffes, etc. En 1729, les exportations dépassent à peine le tiers des importations, soit 1,287.000 contre 3,000,000 de livres : 20 ans après, elles sont sensiblement égales —1,800,000 livres —€et dans les dix dernières années du régime français. le Canada acheta trois fois plus de marchandises qu’il n’en

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EXporta. La couronne avait Maintenu les condi vilégiées du commerce Canadien: jusqu’en 17 droit à la sortie ni à la rentrée des marchandis sur les liqueurs spiritueuses et les pelleteries.

La nationalité Canadienne, Après 150 ans de colonisation, les Canadiens Sont réellement une nation distincte. Chaque jour, ils s'adaptent mieux aux conditions générales climatériques et géographiques du pays. Une guerre Presque continuelle, Je voisinage des Indiens

l , le sol et la forêt, d'une immense région, la rareté des brusque rup- Çaises, tant d'in-

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retourner jamais dans la mére patrie, Les nalistes, administrateurs, officiers militai manqué d'observer de bonne heure les différences essen-

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A la recherche de la mer de l’Ouest.— Pendant qu'à l’est le Canada se morcelle, vers l’ouest il recule ses frontières et s’adjoint par droit de découverte l'immense territoire qui le sépare des montagnes Rocheuses. Deux motifs amènent ce résultat: l'intérêt et la curiosité scientifique. La baie d'Hudson, principal marché des pelleteries, venait de tomber au pouvoir des Anglais, alors que dans la région des grands Lacs le vieux comptoir de Michillimakinac continuait de décliner au bénéfice du poste de Détroit. Les traitants français se tournent alors vers la région inexplorée qui prolonge au nord la vallée du Mississipi. Ils connaissent les sauvages qui l’habitent, ce sont les Kristinaux, qu'ils ont attirés à la baie d'Hudson et qu’ils voudraient maintenant retenir. Le moyen le plus efficace est d’aller chez eux bâtir des postes de traite.

À ce motif d'intérêt, se joint la curiosité scientifique qui de plus en plus s’éveille sur la nature et la configuration des terres occidentales de la Nouvelle-France et sur le littoral de ce que l’on appelle encore “la mer de l’ouest”. Était-ce bien vrai, comme l’écrivait le savant Bobé en 1718, qu’en marchant vers l’ouest “entre le 47e et le 70e degré de latitude, on arriverait au golfe de l'Amour au delà duquel se trouvait la Bourbonie, contrée qui devait joindre l'Amérique à l’Asie”? Plusieurs Cartographes avaient déjà délimité toute cette côte occidentale, en supposant que le continent boréal, comme celui du sud, se terminait en pointe, ce qui diminuait singulièrement la largeur de l'Amérique.

En possession de la partie septentrionale du continent, la France était donc bien placée pour éclaircir ce mystère. En 1720 elle envoyait le Père de Charlevoix à la découverte de la route vers l’ouest. Presque à ce moment le navigateur danois Behring, choisi par Pierre le Grand, empereur de Russie, pour diriger une expédition scienti-

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fque dans les mers du Kamtchatka, acquérait la certitude Le

(728) que le continent asiatique ne se joignait point au continent américain.

Les routes de l'Occident, — Deux routes s’ouvrent alors devant les chercheurs de la mer de l'Ouest.

dans la prairie à travers le pays des Sioux dans la direction des sources de la riviè

Elle présente, on le voit, le grave

compter sur les promesses des Sioux, ces Iroquois de l’ouest, de toutes les tribus qui si rie centrale, la plus turhulente et Ja plus féroce. La deuxième route est beaucoup plus au nord: commen- Çant au fort Kaministiquia, sur le lac Supérieur, elle atteint le lac des Bois et débouche dans le pays des Assiniboëls. Cette route passe à travers des nations amies, Monsonis, Kristinaux, Assiniboëls, et contourne le pays des Sioux. À ce Premier avantage s’ajoute celui de pouvoir détourner le courant d'échanges qui se dirige de ce

Le gouverneur de Beauharnois, crut pouvoir combiner les deux projets. Dans ce dessei:1, ii envoya construire au lac Pepin, sur le haut Mississioi un poste de traite dans le voisinage duquel se forma un village de Sioux (1727). C'était exaspérer les Outagamis, en ruinant leur commerce avec les Sioux, en empêchant ceux-ci de leur

donner asile, Mais les Outagamis n'étaient plus guère à craindre.

Une famille de découvreurs,— Pour accomplir ce grand dessein de traverser l'Ouest canadien et d’atteindre la mer, il se trouva un homme que l'énergie et la persévérance rendaient Capable de surmonter tous les obstacles. C'était Pierre Gaultier de Varennes, sieur de La Vérendrye. Fils de l’ancien gouverneur des Trois- Rivières, il avait servi dans les guerres de Terre-Neuve

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et de l’Acadie, et en 1709, à la bataille de Malplaquet, il recevait neuf blessures et était laissé pour mort sur le champ de combat. Privé de sa solde comme tous les officiers de son rang, il revint en Canada et s'engagea, pour vivre, dans le commerce des fourrures. En 1727, on le trouve au lac Nipigon, en charge du poste de la Tourette. C'est là qu'il recueillit de la bouche des sauvares les premiers renseignements sur l'Ouest inexploré, sa topographie et ses habitants. Établi au fort Kaministiquia, Gaultier de La Vérendrye reçut du gouverneur Beauharnois une commission lui accordant au nom du roi de France le monopole de la traite des pelleteries dans tout le pays situé au couchant du lac Supérieur, à la condition expresse de chercher un passage vers la mer de l'Ouest. Frappé de la grandeur de l’entreprise, il mit tout en œuvre pour en assurer le succès. Ses meilleurs collaborateurs furent ses quatre fils: Jean-Baptiste, qui périt assassiné par les Sioux en 1736, Pierre et François, les découvreurs des montagnes Rocheuses, et Louis-Joseph, le cartographe de l’entreprise. Son neveu Christophe Dufrost de La Jemmeraye fut avec lui l'organisateur de la découverte. À tous, il demanda le sacrifice de leur fortune et de leur avenir: jusqu’au bout, tous restèrent fidèles à l’idéal des premiers jours.

Première étape (1731-1736) «—Quand La Vérendrye part en 1731 pour l'Ouest, son plan est bien tracé. Prenant par la route du nord qu’il jalonnera de postes, il S’'avancera jusqu’au lac des Assiniboëls, et de là, ira par voie fluviale jusqu’à la mer de l'Ouest. Pour réaliser ce plan il aurait fallu le concours efficace :iu gouvernement. Or, à celui qui offrait au roi d'ajouter un immense domaine à la Nouvelle-France déjà si étendue, le roi n’accordait que le secours aléatoire d’un privilège de traite sur les pavs à explorer. (C'était imposer au découvreur la double tâche de parcourir une immense route et de défrayer les dépenses nécessaires. Aussi, à côté de ses admirables fils, La Vérendrye place-t-il des associés, intéressés ceux-là, qui fournissent les marchandises de traite à condition de contrôler le produit des échanges avec les Indiens. Avec 50 hommes, en mai 1731, il quitte enfin

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