‹ Histoire du Canada [microforme]Chapitre 26 sur 120 · LA VIE ÉCONOMIQUE · texte numérisé non relu

LA VIE ÉCONOMIQUE

Le peuplement. ] métropole se désintéressait de sa colonie, ne faisait aucun effort sérieux pour l’augmenter. Ce soin restait aux autorités coloniales. ‘Tous les ans arrivaient de France un certain nombre de familles recrutées par les seigneurs et les communautés religieuses. En outre, les navires marchands étaient toujours tenus de transporter gratuitement “de 3 à 6 engagés par vaisseau”; cette règle fut généralement observée, D'autre part une propagande active se poursuivait dans les garnisons auprès des soldats réguliers pour les engager à se fixer au pays. Le clergé favorisait le mouvement. Sous Vaudreuil et Beauharnois, la colonisation gagne bien de ce chef une trentaine de colons par an, et le double sous les gouverneurs subséquents. î ces soldats très vite transformés en colons, s'ajoutent des prisonniers, braconniers et faux-sauniers envoyés de France et dont le premier contingent arriva en 1723 Tout compte fait, on croit qu’en vingt ans, 1728-49, leur nombre ne dépassa pas 1,000 individus. C'’étaient des contrebandiers souvent très respectables par ailleurs et qu’il serait injuste de confondre avec les criminels. Ils s’acclimatèrent rapidement et, pour la plupart, firent d'excellents colons. Enfin à ces quatre catégories de nouveaux colons, il convient d'ajouter les prisonniers de guerre libérés, anglais ou autres, qui refusèrent de retourner dans leur pays d’origine, se firent naturaliser et prirent des terres, le commerce leur étant interdit. L’immigration des esclaves se borna à une centaine de sauvages Panis. C'était en trente ans de paix toute l'immigration canadienne : 4,000 à 5.000 nouveaux chefs de familles. Mais, depuis longtemps la fécondité des familles était devenue proverbiale : les familles de 12, 15 où 20 enfants étaient nombreuses et la mortalité réduite à l'extrême, même chez les enfants trouvés où, sur un chiffre de 300 en 1736, l’on ne compte que 12 décès.

Mibhes eng 1456

En sh ne

DE et tes je énssote still vous étés

Eparpillement de la Population.-Mais cette faible population n’est Stable que dans la vallée du Saint- Laurent et en Acadie, Le commerce des pelleteries, la navigation maritime ou de cabotage, les pêcheries, les découvertes de l'ouest, la colonisation de la Louisiine, Ja défense de la colonie et Pour plusieurs le goût des aventures, sont autant de causes qui dispersent la jeunesse et affaiblissent la colonie laurentienne. De 1720 à 1740, la Louisiane enlève au Canada de 100 à 400 personnes par année ; la petite vérole en 1703, enlève 2,000 à 3,000 personnes, et 1,800 en 1733. Malgré tout, la opulation double presque de 1713 à 1730, passant de 19315 à 34,118 habitants. En 1739 elle atteint 42,701 äâr

vo,

Concessions terriennes, Pour cette faible population, l’espace est immense dans la seule vallée du Saint- Laurent, Mhis il faut conquérir le sol sur la forêt, Quinze ans après le traité d'Utrecht, la superficie des terres cultivées a plus que doublé et les seigneuries doivent être agrandies, En 1730, on fait de nouvelles distribution de fiefs et l'on augmente l'étendue des anciens vers l’intérieur des terres. Sur le Richelieu, l’endroit le plus menacé de toute la Nouvelle-France, les seigneurs sont trop pauvres Pour se maintenir et la colonisation est plutot Stationnaire, La vallée de la rivière Chaudière au contraire attire un grand nombre de colons ; son sol est fertile, et, située en dehors des routes militaires, elle profite du voisinage de Québec. Sur les deux rives du Saint-Laurent, les seigneurs ont bientôt pris toutes les concessions disponibles ; il faut maintenant s'éloigner du fleuve Pour se tailler un domaine convenale. Les seigneurs répugnent à donner des titres de pro-

Priété : ils préférent la Concession en roture—ordinairement 3 arpents de front e::. ‘0 de profondeur.

Après le Saint-Laurent et Ja Louisiane, c’est la colonie de Détroit qui donne les plus belles espérances. Le climat Y est plus doux qu’à Montréal, et la terre d’une grande fertilité, Frappés de son excellente situation stratégique, les gouverneurs Y augmentent les concessions pour fixer une nombreuse Population agricole. I] n'y a en-

nes; en 1754,

core au Canada que deux villes dignes de ce nom : Québec, la capitale, à 8,000 habitants en 1754; Montréal, 4,000. Le gros de la Population se trouve dans le voisinage de Québec, à la côte de Beaupré, dans l'ile d'Orléans et sur la rive sud. Ailleurs elle est disséminée le long des rivières où des chemins publics qui relient les unes aux autres les concessions seigneuriales (1).

La culture, Jeux obstacles s'opposent à l'asrieu’ture : la guerre et la traite des pelleteries. Tour à tour supprimée ou rétablie, Ja traite apparaissait sous des formes diverses, mais Presque toujours avec des résultats malfaisants. Depuis la guerre de Hollande, les subventions royales accordées à l'agriculture, aux familles nombreuses, aux cultures industrielles, avaient été supprimées ou singulièrement altérées. Abandonnés à leurs propres ressources, les colons. laboureurs et soldats, soutinrent leur double rôle avec énergie et persévérance, Mais c'est sur leurs terres qu'ils apparaissent dans toute leur grandeur. C’est avec raison qu'on les a souvent représentés tenant d’une main le mousquet, de l'autre la charrue.

Les premières moissons mt des moissons de blé. Puis viennent les céréales, avoine, orge, sarrazin, pois, etc. Les pommes de terre sont une ressource importante pendant la grande guerre. Dans les années de sécheresse, 1737, 1738, 1742, le blé manque et c'est la famine: dans les années mauvaises, l'exportation des farines est interdite et des mesures sont prises contre les accapareurs toujours prêts à profiter de la misère publique. L'élevage est en progrès : les pâturages sont abondants sur les deux rives du Saint-Laurent et dans les îles du golfe. Aussi, les troupeaux de bêtes à cornes et à laine, les porcs, les chevaux, s’augmentent rapidement et l'usage de la viande devient général et quotidien dans les plus pauvres maisons. Les sous-produits, cuirs et laine, etc., servent à la

(1) Lanouiller de Boisclerc, grand voyer, acheva en 1734 Île premier chemin Ccarrossable construit sur la rive nord du fleuve entre Québec et Montréal. Des ponts avaient été jetés sur toutes les rivières, à l'exception des rivières des Prairies, Saint-Maurice et Jacques-Cartier que l’on traversait en bac.

MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)

Page 1