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quelques milles du fort Saint-Charles, dans une ile du lac des Bois, Jean-Baptiste de La Vérendrye, le P. Aulneau et dix-neuf Français étaient surpris et massacrés jusqu'au dernier par les Sioux. Les Cris brülaient de venger la mort des Français, mais La Vérendrye repoussa énergiquement l’idée même d’une guerre capable de compromettre son œuvre sans profit pour personne, On crut prudent toutefois d’évacuer le fort du lac Pepin (1737), où commandait le Gardeur de Saint-Pierre,
Deuxième étape.—En trois ans, les La Vérendrye avaient franchi l'immense savane entrecoupée de lacs, qui, Sur un espace de cinq cents milles, s'étend du lac Supérieur à la rivière Rouge. Ils trouvaient à la marge de la grande plaine centrale leurs fidèles alliés les Assiniboëls dont le territoire se prolongeait vers le couchant le long d’une ri ‘ière qui porte encore leur nom. Unis aux Cris et aux Monsonis très nombreux alors, les Assiniboëls avaient pour ennemis les Sioux de même langue qu'eux, les Sauteux et, vers les montagnes de l’ouest, les Pieds-Noirs. Grâce à l'alliance avec les Assiniboëls, la route vers l'Ouest s’ouvrait donc toute grande devant les Français. La Vérendrye érigea un poste au confluent des rivières Rouge et Assiniboine (1738) : ce fut le fort Rouge, bâti sur le site actuel de la ville de Winnipeg. Quelques semaines après, il prenait possession du grand portage qui relie l’Assiniboine au lac Manitoba en érigeant le fort de la Reine (aujourd’hui Portage-la- Prairie), qui fut jusqu'à la fin du régime francais la seconde base d'opération des découvreurs de l'Ouest. On achevait ainsi de prendre possession du territoire actuel du Manitoba.
C’est alors que le grand explorateur tenta un effort suprême pour atteindre la mer de l'Ouest. Parti du fort la Reine e1 octobre 1738, il remonta la rivière Souris, fit l’ascension du vaste plateau qu'arrose la rivière Missouri, et arriva enfin chez les Mandanes. Les guides refusèrent d'aller plus loin. La Vérendrye dut rebrousser chemin et abandonner, au moment où il semblait toucher au but, une entreprise qui lui avait coûté tant d'années d’efforts et de luttes. Après quatre mois d'absence, il reve-
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nait au fort La Reine, laissant à ses fils le soin d'achever la découverte. Ceux-ci ne restaient pas inactifs. En deux ans, ils avaient Parcouru toute la partie méridionale du Manitoba, découvrant les lacs Manitoba, Winnipegosis, Dauphin, Bourbon, etc., élevant des forts aux
points stratégiques et aCCaparänt le commerce des fourrures.
Découverte des montagnes Rocheuses.-].es explorateurs devaient ériger des forts, maintenir les garnisons, solder et nourrir jes engagés, gagner par des cadeaux les chefs sauvages, et se frayer une voie à travers des pays inexplorés, habités par des nations toujours en guerre les unes contre les autres. Pendant que je ministre Maurepas s’étonnait de la lenteur de la marche en avant, les traitants accusaient La Vérendrye de négliger la traite au profit des découvertes, quittes à lui reprocher le contraire quand il s'agira de lui enlever son privilège de traite. Pourtant, l'œuvre des La Vérendrye s’achevait avec la découverte des montagnes Rocheuses, le 13 janvier 1743.
Le 9 avril 1742, Pierre de La Vérendrye, surnommé le Chevalier, fils aîné du découvreur, et son frère François quittaient le fort La Reine avec deux Français et des sauvages Assiniboëls pour leur grand voyage d’exploration. Ils suivirent la route qu'avait prise leur père, et furent bien accueillis des Mandanes du Missouri. Selon toutes les probabilités, ils remontèrent ensuite la rivière Yellowstone, et après plusieurs semaines de marche, ils arrivèrent en vue des contreforts des montagnes Rocheuses. Ce fut pour eux une déception cruelle. Au lieu de l’océan, ils voyaient se dresser devant eux une barrière infranchissable. Ce n'était Pourtant qu’un seuil de 50 milles de largeur et de 2,500 mètres d'altitude. Au delà coulent vers l’ouest les tributaires du fleuve Colombia dont l'embouchure n’est qu’à 400 lieues des sources de la Yellowstone. Soixante ans plus tard, les deux voyageurs Clarke et Lewis se firent un nom en traversan. les Ro-
cheuses après avoir remonté le Missouri jusqu’à sa source. Prenant la direction du nord, les fils La Vérendrye longèrent les montagnes et atteignirent la branche prin-
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Cipale du Missouri, Là s'accomplit, le 17 mars 1743, la prise de possession officielle des pays découverts. En 12 mois, les hardis Voyageurs avaient fait des centaines de lieues, visité plusieurs nations sauvages inconnues, ajouté à la Nouvelle-France une région immense.
La rivière Saskatchewan. A1 lieu des récompenses et des hor..--‘4rs que sa belle conduite lui méritait, La Vérendrye trou: 4 à son retour à Montréal des créanciers avides et des envieux sans conscience. Blessé dans son honneur, malade, découragé, il remet Sa Commission à son ami et défenseur M. de Beauharnois. Le Capitaine Fleurimont de Noyelles, ancien Commandant à Détroit, lui succéda. Mais en homme avisé, il comprit que dans l'intérêt même de son Commerce, il fallait Jaisser aux postes de traite leur personnel accoutumé. C'est ainsi que les fils de La Vérendrye, Pierre et François, purent Continuer leur œuvre dans l'Ouest canadien et, par une autre route, s'avancer de nouveau vers la mer de l'Ouest, toujours si avidement recherchée, Après avoir rétabli les forts Maurepas et La Reine, ils érigèrent le fort Bourbon sur le lac Winnipegosis à la décharge de la rivière la Biche, et le fort Dauphin sur le lac du même nom. IS songèrent alors à s'enfoncer dans Ja grande prairie en remontant le cours de la rivière Saskatchewan ou Poskoyac. Dans le voisinage de Ja “grande fourche”. jonction des deux cours de a rivière, ils élevèrent un troisième fort qu'ils nommérent Poskoyac. Ils étaient arrivés au centre de la Province actuelle de Saskatchewan. Ce fut le dernier exploit de ces hardis et persévérants explorateurs. Leur père venait enfin d'obtenir justice. grace à la Galissonnière et à Beauharnois : réintégré dans Sa charge, nommé Capitaine et décoré de la croix de Saint- Louis, il s'apprétait à 64 ans à repartir pour l'Ouest quand la mort l’arrêta (1749). Ses fils réclamèérent l’honneur de succéder à leur admirable père : l'administration du Canada alors aux mains de Ja Jonquière et de Bigot, leur refusa iusqu’à la liberté d'aller chercher dans les postes de l'Ouest les marchandises qui leur appartenaïent. Désormais, les voyages de découvertes n’ont plus qu'un but: satisfaire la convoitise des marchands de pelleteries.
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Deuxième voyage aux montagnes Rocheuses.—Pour expluiter les sources de richesses ouvertes par le génie des La Vérendrye, le gouverner. la Jonquière, Bigot l’intendant, Bréard contrôleur de la marine, le Gardeur de Saint-Pierre, le chef de l’exploitation et quelques autres, avaient formé une puissante compagnie dont le premier soin fut d'écarter les découvreurs de l'Ouest. Le Gardeur manquait d'habileté dans ses relations avec les sauvages, mais il sut trouver des voyageurs capables de mener à bien l’entreprise commerciale. Son lieutenant, Boucher de Niverville. chargé d’aller construire un nouveau fort aux sources de la Saskatchewan, s'arrêta malade à Poskoyac:; dix de ses hommes remontèrent la branclie sud de la Saskatchewan et son tributaire, la rivière de l'Arc; après un voyage de plus de 300 milles, ils se trouvèrent en face des montagnes Rocheuses (1751). Ils érigèrent le fort Ja Jonquière à l'endroit qu'occupe aujourd’hui la ville de Calgary. Ainsi se trouvait achevée la découverte des prairies qui forment aujourd’hui la partie méridonale des deux provinces d’Alberta et de Saskatchewan. Une autre expédition, commandée par M. de Marin, se rendit de nouveau chez les Mandanes du Missouri. Pendant ce temps, les Assiniboëls se soulevaient contre le Gardeur, incendiaient le fort La Reine et forçaient les Français à évacuer le fort la Jonquière. La compagnie retira d'immenses bénéfices des voyages d'explorations. La part de M. de la Jonquière s’éleva, dit-on, à 300,000 livres. Repu cu lassé, le Gardeur de Saint-Pierre retourna à Montréal, remettant au chevalier Saint-Luc de la Corne le commandement des postes de l’Oues’. Celui-ci était un officier de mérite, bien capable de cortinuer l’œuvre des La Vérendrye. Il restaura le fort Poskoyac auquel il donna son nom, et fit dans la vallée de la rivière Carotte les Premier essais de grande culture. Son activité, son entente des affaires et, pardessus tout, l’habileté qu’il déploya dans ses relations avec les Indiens, inspiraient à tous les plus légitimes espérances de succès, quand il fut rappelé au Saint-Laurent, ainsi que tous les coureurs de bois. pour défendre la Nouvelle-France attaquée de toutes parts (1755). [I'Ouest
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Canadien ne revit plus le drapeau de Ja France flotter sur ses postes de traite.
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LA LOUISIANE La vallée du Mississipi.-]: Louisiane n'est au
début qu'un prolongement de la Nouvelle-France vers le golfe du Mexique. C’est une immense plaine de deux Millions de kilomètres, l'une des plus fertiles du monde et la mieux articulée. Au centre l'incomparable Mississipi, “le Père des eaux”, grossi d'une multitude d'affluents, coule l’espace de 4,000 kilomètres jusqu'au golfe du Mexique où il se jette après avoir formé un immense delta. Ses affluents de droite conduisent aux montagnes Rocheuses : ses affluents de gauche l'Ohio, l'Illinois et le Wisconsin mènent aux grands Lacs. Au nord, c'est la faune et la flore des Pays boréaux : au sud, presque celles des pays tropicaux. C'est ceite immense région que la France après le traité de Ryswick (1697) entreprit de coloniser.
Depuis La Salle, rien n'avait été fait Pour mettre à profit les découvertes. Trappeurs et missionnaires avaient seuls maintenu les droits de la France sur ces régions. Henri de Tonty s'était offert pour continuer l'œuvre de La Salle afin de barrer de ce côté la route aux Anglais, et le sieur de Raimonville avait proposé la formation d’une Compagnie de colonisation. Maurepas, le ministre de Ja marine, choisit d'Iberville, C’est à ce glorieux marin canadien qu'il confia la tâche de retrouver Par mer les bouches du Mississipi et de jeter en Louisiane les fondements d’une colonie agricole.
Aux bouches du Mississipi.Ie 2; janvier 1699, d’Iberville arrivait en vue de la colonie espagno'e de Pensaco!a avec cinq navires Portant des soldats et des Co'ons. I] alla atterrir à la baie de Piloxi, à l'est de laquelle il é'eva un fort et des magasins ; ce fut la première
capitale de la Louisiane. Là, il apprit des Bayagoulas qu'il était dans le voisinage d’un grand fleuve. Il partit aussitôt à sa recherche. Au bout de trois jours, le 2 mars, il entrait dans l’une des bouches du Mississipi. Il en commença aussitôt l'exploration. Au retour, quittant l’expédition, il s'engagea avec quelques hommes dans le petit “bayou” Manchac qui le conduisit à deux lacs auxquels il donna les noms de Maurepas et de Pontchartrain. Après avoir exploré la baie Saint-Louis, il retourna à Biloxi, où il laissa une garnison de soixante-dix hommes sous la conduite de Sauvolle. Plus heureux que La Salle, d’Iberville avait découvert par mer l'embouchure du Mississipi, exploré l’intérieur du pays et jeté les bases d’une colonie. Il laissait pour continuer son œuvre trois de ses valeureux frères dont l’un, Le Moyne de Bienville, devait consacrer 45 ans à l'établissement de la Louisiane. Lors de son deuxième voyage,—décembre 1699 à mai 1700—d'Iberville remonta le fleuve jusqu'aux Natchez, fit élever, presque à l'endroit où devait être fondée la Nouvelle-Orléans, un petit poste appelé Maurepas. Bienville seconda puissamment les travaux de son illustre frère. Il continua l'exploration du pays et fit des alliances avec les tribus sauvages. Avec Juchereau de Saint-Denis qui devait s’y établir plus tard, il remonta la rivière Rouge jusqu’au pays des Natchitoches. À la mort de Sauvolle (1701), Bienville devint le gouverneur de la colonie, bien qu’il n’eût que 22 ans. Revenu dans l’automne de 1701, d’Iberville ordonna de transporter la colonie de Biloxi au fond de la grande baie de Mobile, Superbe pays situé à 18 lieues de la mer. D’Iberville quittait bientôt (19 mars 1702) la colonie pour n’y plus revenir. La guerre de la Succession d'Espagne était commencée. Sur l’ordre du roi, il alla croiser dans les Antilles anglaises. Il s’empara de l’île de Néris dont le butin alla en:ichir la Martinique. Il se préparait à attaquer les Carolines anglaises quand un accès de fièvre jaune l'emporta. Il mourut à la Havane en 1706, à l’âge de 45 ans.
De Bienville. La colonisation canadienne.
—Les premières années de la colonisation furent parti-
culièrement pénibles. Au lieu de s'établir sur les riches terres d’alluvions du Mississipi, la colonie s'était fixée sur les côtes sablonneuses du golfe du Mexique, loin du grand fleuve qui conduit jusqu’au cœur du continent. Biloxi est pauvre et difficile d'accès. Mobile est trop éloignée du Mississipi. Il n’est donc pas étonnant que l’histoire de la Louisiane commence par des récits de famines, de maladies épidémiques et, par suite, de discordes intestines. L’acclimatation des colons fut lente. En 1704, une trentaine de personnes, parmi lesquelles Henri de Tonty, mouraient de la fièvre jaune ; à ces malheurs s’ajoutaient des dissensions graves entre le gouvernement et quelques fonctionnaires. Bienville, qu‘ fut le véritable organisateur de la Louisiane, voulait fonder l'avenir de la colonie sur la culture du sol afin de prendre solidement possession du pays. Le commerce des pelleteries ne devait qu'ajouter à la prospérité géné-
des officiers de garnison, des marins, des groupes d’aventuriers et jusqu’à des jeunes filles ont passé du Canada en Louisiane. Le prestige de d’Iberville et de ses frères était suffisant à lui seul pour leur amener de nombreux collaborateurs. Bienville acquit l’estime de tous les colons et gagna la confiance et l'amitié de plusieurs tribus indiennes avoisinant les établissements français.
Après la mort de d’Iberville, la lutte entre Bienville et le commissaire ordonnateur ou sub-délégué de l’intendant, Nicolas de La Salle, éclata avec violence. Le ministre de la marine, sans faire enquête, destitua Bienville et le remplaça par un autre Canadien, de Muy, qui mourut avant d'arriver à Biloxi. Mais Diron d’Artaguette, le nouveau commissaire, chargé d’enquêter, conclut en faveur de Bienville qui fut rétabli dens ses pouvoirs jus-
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La période commerciale.
lac.—De Bienville n'avait pu encore réussir à fonder une colonie agricole capable de se suffire à elle-même. La
Lamothe-Cadillac, le nouveau gouverneur de la Louisiane toujours en quête d’une nouvelle fortune. Le but exclusif de la Compagnie était la recherche des mines et l'exploitation d’un monopole commercial qui devait durer quinze ans (1712). L’épuisement de la France pouvait seul excuser une aussi £Tave erreur. [Lamothe-Cadillac arrive en 1712 avec des marchandises d'échange d’une valeur de 400,000 livres : la liberté commerciale est enlevée aux colons qui ne peuvent vendre ni acheter sans l’intermédiaire de la Compagnie. Le territoire était trop vaste pour qu’on püût rassembler en un seul point tous les articles d'échanges. Ce que beaucoup avaient prévu arriva. Les traitants allèrent vendre leurs pelleteries aux Anglais de la côte est ou par l'intermédiaire des Illinois aux marchands du Canada. Nul navire ne vient des Antilles et des colons prennent
“La colonie est Pauvre, écrit Lamothe en 17 14, les Canadiens s’en retournent au Pays; et cependant sans eux on ne peut faire aucune entreprise”. Le monopole de Crozat passe (1717) à la Compagnie d'Occident, dirigée alors par l’aventurier Law pour l’exploitation des mines imaginaires du Mississipi. Un fort courant d’émigration fran- Gaise entraîne vers la Louisiane des centaines de personnes de tous âges et de toutes conditions : gentilshommes, officiers galonnés, artisans. laboureurs et colons partent de La Rochelle au nombre de 800, en 1718. Des convois amènent des Allemands et des Suisses, colons où chercheurs de trésors. Ils s’échelonnent par petits groupes sur les deux rives du grand fleuve jusqu'aux Illinois. M. de l'Espinay avait succédé à Lamothe-Cadillac, (1716). et au bout d’un an avait été remplacé par de Bienville.
Celui-ci pendant toute la crise n'avait pas quitté la colonie un instant. Il contribua à fortifier les travaux de protection et sur cinq forts dont le ministre décrète l’établissement, quatre ont été l’œuvre de Bienville.
Fondation de la Nouvelle-Orléans (1718).
—De Bienville transporta le siège du gouvernement militaire sur les bords du Mississipi, où il fondait à trente lieues de la mer, la Nouvelle-Orléans, ainsi appelée en l'honneur du Régent. L’empressement du gouverneur à quitter Mobile manifeste son ferme désir de favoriser les établissements agricoles et de faire de la région fertile du bas Mississipi le centre de la colonie. De là il pouvait également mieux surveiller les allées et venues sur le grand fleuve, contrôler le commerce et communiquer avec l’intérieur de la colonie. La Nouvelle-O;léans fut bâtie sur la rive gauche du Mississipi à la source du petit “‘bayou” Saint-Jean par lequel on pouvait communiquer avec le Jac Pontchartrain. “La ville se réduit à une centaine de baraques et à un magasin, disait Charlevoix en 1722”, Plus tard, M. de Pauger dressa le plan d'une ville régulière et l’on fit des travaux de dessèchements rendus nécessaires par les inondations périodiques du Mississipi. Les développements qu’a pris de nos jours la Nouvelle-Orléans prouvent la justesse des prévisions de son sage fondateur.
Administration de de Bienville.- I: guerre d’Espagne (1719-1720), eut sa repercussion jusque dans le golfe du Mexique. Bienville et ses frères Sérigny et Châteauguay, secondés par de vaillants Canadiens, Ca jetèrent avec toute leur ardeur ordinaire. Leffort des opérations se concentra autour de Pensacola, colonie espagnole voisine de Mobile qui, dans l’espace de quatre mois, changea trois fois de maîtres. À la fin des hostillités elle fit retour à l'Espagne. À l'intérieur, de Bienville consolide Ja politique indienne, pacifiant les Chicachas soulevés par les Anglais, châtiant les Natchez coupables d’avoir assassiné des Français, et maintenant dans l’obéissance les tribus les plus rapprochées. L'exploitation des affluents du Mississipi se poursuivait et de
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nouvelles tribus sauvages entraient en relations commerciales avec la Louisiane. En 1719, le Canadien du Gisné revient d’un voyage dans le haut Arkansas et Bernard de la Harpe remonte la ri ière Rouge jusque chez les Cadalaquias où il fonda un poste de traite. Un autre Canadien, Juchereau de Saint-Denis, aussi bon administrateur que brave officier, était établi dans le voisinage, chez ses fidèles Natchitoches. Pour aller en Canada on passe du Mississipi dans l'Ohio, puis dans le Ouabache qu’on remonte jusqu’au portage qui conduit à la rivière des Miamis et au lac Érié.
L'organisation administrative se complète d’un conseil Supérieur primitivement formé de Canadiens. Il siège à Biloxi, puis à la Nouvelle-Orléans quand, en 1722, cette dernière ville devint la Capitale de la Louisiane, L’immigration d’un millier de colons, de 1,000 nègres, de 200 Allemands du Palatinat (1721), dans le bas Mississipi justifie bien d’ailleurs ce changement de capitale, Une puissante cabale, cette fois encore soutenue par le commissaire-ordonnateur, M. de la Chaise, s'élève contre de Bienville qui est rappelé à Versailles pour rendre compte de son administration. Malgré sa belle défense, que la postérité a ratifiée, de Bienville est remplacé par M. Périer, et plusieurs officiers Canadiens de la Louisiane, y compris de Châteauguay, sont relevés de leurs fonctions.
Périer. — La guerre des Natchez (1729).
érier, marin expérimenté, soldat énergique et adminisla Lo jamais menacée par les Indi grandi depuis le départ des Canadiens. La plus nombreuse et la ‘:« guerrière des tribus du Mississipi, les Natchez, de ., temps hostile aux Français, avait été forcée de ba. ans un de ses villages un fort auquel les
de la femme de l’ancien ministre Pontchartrain. Quand les Anglais pénétrèrent chez les Chicachas, ils eurent vite Ils représentaient les rançais comme des voisins avides, qui les dépouilleraient tôt ou tard de leurs territoires. Les Chactas et les
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