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LES AUTRES PROVINCES (1791-1812) LE HAUT-CANADA

Nouvelle province. A; temps de la conquête le vaste territoire des grands Lacs, dont une Partie forme

postes pour la défense du Pavs. Après la révolution américaine, le SOurverneur Haïldimand fit faire des arpentages à Cataracoui (Kingston) et le long de la baie de Quinté au lac Ontario. I] dirigea sur ce territoire 10,000 ou 12,000 loyalistes, anciens militaires pour la plupart. Un groupe important de familles Canadiennes habitait déjà aux environs du Détroit et se répandit surtout dans le comté d’'Essex. Les lovalistes américains, habitués à la vie active et agitée des États de l'Est, se sentirent plutôt mal à l'aise dans leur très nouveau métier de colons

établis au milieu des bois ; le gouvernement dut, pour les aider à s'établir, leur procurer argent, vivres et vêtements. Leur nombre s’accrüt cependant chaque année par l'arrivée de nouveaux contingents et en 1791 ils étaient de 30,000 à 35,000 sur les bords du haut Saint- Laurent et du lac Ontario. Ces gens, partis des États- Unis pour ne pas subir les institutions nouvelles, n'étaient pas davantage disposés à se soumettre aux habitudes sociales et aux mœurs politiques de cette province de mentalité française. Aussi leurs besoins particuliers et leur caractère propre déterminérent le gouvernement anglais à leur donner une organisation politique distincte et c’est surtout pour leur avantage que le Canada a été divisé en deux provinces en 1791.

Le parlement.—1l: constitution du Haut-Canada était identique à celle du Bas-Canada (1) Le premier parlement fut convoqué pour le 17 septembre 1792 à Navy Hall près du Niagara par le lieutenant-gouverneur, le colonel John Graves Simcoe.

Les Chambres se hâtèrent d'adopter la loi anglaise au civil comme au criminel comme le leur permettait d’ailleurs l’Acte constitutionnel. Sous la direction de Simcoe le parlement s’occupa tout de suite d'établir des voies de communication entre les divers groupes de colons. La province avait peu de revenus de douanes; on établit une taxe directe proportionnelle à l'évaluation mobilière et immobilière, on taxa aussi les commerçants ambulants venus pour la plupart des États voisins et qui parcouraient la province. Le “pedlar’s pack” s’est fait une renommée universelle dans la province sœur.

Le siège du gouvernement parut bientôt trop près des frontières américaines et York, (Toronto) ancien poste français établi par M. de Portneuf, devint la capitale de la province. (C'était un simpie hameau difficile d’accès par voie de terre; il n’y avait alors aucune ville digne de ce nom. Toronto, Kingston, London n'étaient que de très petits villages. La capita'e manqua longtemps d’édi-

(1) Pour la constitution du Haut-Canada voir chapitre précédent à l’article “Gouvernement constitutionnel”, page 313.

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grands Lacs. Le Haut-Canada fut longtemps sous la menace d’une guerre avec les États-Unis. Simcoe, qui ne manquait pas de moyens d’action, se P'épara en conséquence aux éventualités de l'avenir, I] s'occupa activement d'ouvrir des routes Militaires qui servirent admirablement plus tard au développement de la colonisation. Ses appréhensions ne se réalisèrent Pourtant pas et ses successeurs purent Continuer en tonte sécurité l'œuvre de progrès commencée de son temps.

L'affaire des postes d’en Haut. A4 traité de 1783, l'Angleterre avait cédé aux États-Unis tout le territoire situé au sud des grands Lacs. Ces vastes régions, où s'étaient réfugiés les Sauvages, fuyant devant l’envahissement des Européens, étaient alors considérées comme leur domaine Particulier. L’Indépendance américaine créait une situation nouvelle en faisant Passer ce territoire sous la domination des États fédérés. Les Sauvages, dont on avait négligé de discuter les intérêts à Ja confé-

qui voulait s'emparer des réserves sauvages. La guerre était inévitable, elle éclata en 1790, et les troupes du Congrès envahirent Je territoire indien, Le 4 novembre 1792 une première rencontre eut lieu à Wyoming près de Miamis. Les sauvages au nombre de 1,000 à peine firent perdre au général Sinclair, chef de l'expédition américaine,

près de 1,500 hommes qui furent presque tous tués sur

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place. Le général Wayne succéda à Sinclair ; mais il fut également très malmené par les sauvages.

Durant ce temps l'Angleterre refusait d'évacuer les forts de Niagara, Détroit, Michillimakinac, parce que le Congrès de son côté semblait faire peu d'efforts pour amener, comme il s'était engagé, les législatures locales à rendre aux loyalistes tous leurs biens confisqués durant la dernière guerre d'Amérique. On ne pouvait dégarnir les frontières canadiennes des troupes de garnisons en un temps où les Américains pouvaient tenter quelque entreprise contre le Canada.

Cependant, malgré une conduite provocante de nos voisins, le gouvernement anglais ne cessa de recommander à ses représentants une attitude conciliante tout en résistant avec fermeté aux prétentions américaines. L’Angleterre fit de nombreuses tentatives pour concilier les intérêts des sauvages avec les exigences de ses anciens sujets, mais sans grand succès. Les combattants en arrivérent cependant à un suspension d'armes en 1794, et à la paix définitive deux ans après. L’Angleterre évacuait pour toujours les anciens forts qui se trouvaient en territoire américain. Les sauvages passèrent presque tous en territoire canadien et leurs intérêts furent confiés au gouvernement du Haut-Canada.

Russell, Hunter, Grant.—Au départ de Simcoe la présidence du Conseil fut confiée à Peter Russell qui gouverna de 1796 à 1799. Le mouvement de colonisation était alors fort lancé et Russell n’eut qu’à continuer l’œuvre de son prédécesseur; il la continua même trop bien, paraïit-il, et on le disait capable de donner des terres au diable et à tous ses amis; en tous cas il se servit largement lui-même. Dans ce temps, de forts contingents d'immigrants écossais, américains, français et allemands vinrent s'établir dans l’ouest de la province. Le comte de Puisaye, avec quelques centaines de royalistes français tenta de fonder un colonie du côté d’Essex, mais l’entreprise échoua et ne laissa guère de traces dans l’histoire. Le général Hunter, en même temps chef des troupes pour tout le Canada, gouverna de 1709 à 1806. Son administration ne fut pas marquée d’événements importants.

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